AVRICOURT - Il était de cette lignée d'instituteurs formés à l'Ecole de la République, de ceux qui sont passés tout naturellement à une fonction élective. Parents d'élèves ou habitants des villages reconnaissaient alors en eux les garants de la justice en même temps que les défenseurs de l'égalité des chances des enfants devant le savoir.
Fernand
Charlier n'est plus. Le maire honoraire, conseiller général du
canton de Réchicourt, est décédé hier matin à
Sarrebourg. On le savait malade. Depuis quelque temps, il était absent
des principales manifestations de son canton et, toujours, il était cité
avec les voeux de prompt rétablissement des uns et des autres... En vain.
Fernand Charlier avait débuté sa carrière d'enseignant à Hultehouse à 22 ans. Trois ans plus tard, à Barchain, titulaire de la classe unique, il est élu maire, l'un des plus jeunes de France. Il en restera le premier magistrat jusqu'en 1983. Directeur d'école primaire à Héming, il prend ensuite la tête de celle de Moussey-Bataville. Un poste qu'il occupera jusqu'à sa retraite. Et quand il quittera Barchain pour habiter Avricourt, c'est en qualité de conseiller général (élu en mars 1982) puis de maire que ce village l'accueillera. En 2001, après quatre mandats, Fernand Charlier ne se présentera plus aux municipales, conservant seulement son siège au conseil général où il aura été tour à tour vice-président chargé de l'animation et du tourisme, de l'environnement et de la qualité de la vie, délégué aux espaces naturels, délégué au centre d'expérimentation fruitière de Laquenexy et au domaine du Lindre.
Il avait aussi été conseiller régional de 1982 à 1986, et des années durant, président du conseil d'administration du centre hospitalier spécialisé de Lorquin et président du conseil d'administration du collège des Etangs à Moussey.
Conscient depuis longtemps des difficultés économiques de son canton - et de Bata en particulier -, conscient que le tourisme pouvait compenser, ne serait-ce que très partiellement, une perte d'activité, il s'est toujours, comme le dit son épouse, "battu pour son canton et son arrondissement". Avec cette particularité de n'avoir jamais accepté d'intégrer un groupe politique précis. Classé "non inscrit", puis "sans étiquette" ou "indépendant", Fernand Charlier avait gardé de sa formation d'instituteur un attachement sincère aux valeurs de la laïcité, de la République. "Intègre et droit", disent ses amis.
Officier dans l'ordre des Palmes académiques, titulaire de la médaille régionale, départementale et communale d'or, Fernand Charlier était aussi chevalier du Mérite agricole, titulaire de la médaille de bronze du Tourisme et de la médaille d'honneur du Mérite du sang.
Et Fernand Charlier avait une autre passion, qui le ramenait au coeur de la nature, la chasse. Il avait été vice-président des chasseurs de l'arrondissement de Sarrebourg. Une autre manière encore de mieux connaître ce milieu rural.
Né à Metz le 2 janvier 1927, le futur enseignant avait eu un père chef de gare, à Héming puis à Avricourt. C'est dire si le secteur lui était familier et cher à son coeur. Le 8 septembre 1960, à Saint-Quirin, il a épousé Anne-Marie Aimé. Quatre enfants sont nés de cette union: Sylvie, épouse d'André Bertrand (demeurant à Strasbourg), Jean-Marc (à Dunkerque), Franck, époux de Nicole De Louise (à Saint-Denis de la Réunion), et Laure (à Nouméa). Son petit-fils Victor, 6 ans, fils de Sylvie, faisait aussi sa joie.
Les obsèques de M. Fernand Charlier ont été célébrées samedi 21 juin, à 10h, en l'église d'Avricourt.
A son épouse, à ses enfants ainsi qu'à
toute la parenté, nous présentons nos sincères condoléances.