Gérard LORICH, mémoire des morts d'Oradour
Il
était le gardien de la mémoire des victimes d'Oradour-sur-Glane.
Gérard Lorich, neveu de l'abbé Jacques Lorich et d'Angélique
Lorich, victimes de la barbarie nazie, vient de s'éteindre dans sa 74e
année.
Gérard Lorich voit le jour le 11 février 1931 à Metz. Terriblement
marqué par la guerre, dans laquelle disparaît une partie de sa
famille, il consacre une partie de sa vie à entretenir le souvenir de
ce terrible 10 juin 1944. De retour à Metz, il passe son bac au lycée
Fabert, puis intègre l'Ecole Normale de Montigny-lès-Metz, où
il brille. Enseignant deux ans, il est ensuite mis à disposition de l'office
national des Anciens combattants. Onze années durant, il enseigne à
l'école de rééducation professionnelle de Metz. Il est
ensuite directeur du même établissement à Roubaix, puis
à Limoges, avant de terminer sa carrière professionnelle à
celui de Metz en 1991. Chevalier des Palmes académiques en 1976, puis
promu officier, et également chevalier de l'ordre national du Mérite,
Gérard Lorich était aussi le dernier représentant des familles
des victimes lorraines au sein de l'association des martyrs d'Oradour. Chaque
année, à l'approche du 10 juin, il était pris de fébrilité
et recherchait dans l'immense documentation qu'il s'était constituée,
un élément susceptible d'éclairer le drame vécu
par les siens. Son mot d'ordre était "ne jamais oublier". Tous
ceux qui ont côtoyé ce personnage attachant ne l'oublieront jamais.
Marié et père de cinq enfants qui lui ont donné quatorze
petits-enfants, Gérard Lorich s'était retiré à Saint-Sauveur
(54).
Sa messe d'enterrement a été célébrée ce
mercredi 26 novembre en la chapelle de Saint-Sauveur et il a été
inhumé au cimetière local aux côtés de l'un de ses
fils qu'il avait eu la douleur de perdre, voici quatre ans.
A son épouse et toute sa famille, nous présentons nos condoléances
attristées.