HayangeTranchees.jpgPar Emilie V (3ème A) – Illustration « L’hiver dans la tranchée » Pierre B (5ème B) Collège J. Monod Hayange

Ils avaient vingt ou vingt-cinq ans. Ils sont partis à la guerre en août 1914 sans savoir ce qu’ils allaient trouver. On les a surnommés les « poilus » et du fond de leurs tranchées ils ont écrit des lettres bouleversantes, témoignages forts de ce qu’ils ont vécu pendant quatre longues années. Leur correspondance* est riche en émotions.

Ils y font leur testament et l’envoient à leur mère, leurs sœurs ou leur femme. Ils racontent ce qu’ils endurent. Certains d’entres eux mentent pour ne pas faire souffrir les gens qu’ils aiment. En lisant leurs lettres, on se rend compte de leur détresse et de leurs souffrances. Ils y critiquent légèrement leurs supérieurs. Légèrement puisqu’ils ont peur d’être censurés. Ils demandent à leurs familles de leur envoyer de la nourriture, du tabac, des habits mais surtout des nouvelles.

Les soldats qui n’avaient plus de famille ou pas de fiancée ont eux, écrit à leur « marraine de guerre ». Ces marraines étaient des jeunes filles célibataires qui ont accepté de correspondre avec des soldats qu’elles n’avaient jamais vus pour leur apporter amitié et réconfort au fond de leur tranchée. Certains d’entres eux se sont mariés avec elles à  la fin du conflit.

En lisant leurs lettres, on constate que leur quotidien était rythmé par les saisons.
En été, les poilus avaient chaud, rêvaient de leur famille et en avaient assez de cette guerre. Les permissions étaient rares. Les blessés et les morts se faisaient de plus en plus nombreux. Les poilus étaient gênés par les guêpes, les mouches et les moustiques. Ils sentaient l’odeur des cadavres enterrés non loin d’eux. Il faisait jour plus longtemps et cela les empêchait d’attaquer sans se faire repérer.

En automne, les poilus devaient affronter la pluie, la boue, l’effondrement de leurs tranchées et la mort. Puisque les jours raccourcissaient, il fallait beaucoup plus surveiller car les « boches » pouvaient les attaquer durant leur sommeil. Pourtant l’automne avait des avantages : certains obus piégés dans la boue n’éclataient pas.

En hiver, les soldats souffraient du froid, déprimaient et se consolaient avec l’alcool. Leurs pieds étaient gelés, leurs lèvres gercées. Ils attrapaient des poux, des puces, des parasites et des maladies. Ils fêtaient Noël loin de leurs familles, – sans feu de bois, sans chaleur humaine. C’est aussi en cette saison que s’est passée la fusillade de Vingré : six hommes d’un régiment ont été exécutés pour avoir reculé face aux Allemands !
   
Enfin, le printemps n’apportait pas le réconfort tant attendu malgré le retour de la chaleur,  des bourgeons et du soleil. C’était toujours le cafard, le découragement, la lassitude. C’est à cette période que des mutineries ont éclaté, mais elles n’ont servi à rien d’autres que la mort des meneurs décidés par leurs supérieurs pour servir d’exemple.
   
On peut tirer comme conclusion qu’une guerre fait beaucoup de dégâts sur le plan humain, matériel, économique mais surtout psychologique.

*Texte rédigé à partir de la lecture de Paroles de poilus, Librio n°245

PRODUCTION ECRITE : Lettres de poilus : Au fil des saisons dans les tranchées
Emilie V (3ème A , Collège J. Monod)
ILLUSTRATION : L’hiver dans la tranchée
Pierre B (5ème B, Collège J. Monod)