"The dawn of man : L'aube de l'humanité"

Découpage
Eléments d'analyse
Savoir plus


AUTEURS : Xavier REMIS, Dominique COUJARD, professeurs au Lycée Henri Poincaré, Nancy


Construction / Film religieux ou matérialiste ? / L'aube de l'humanité à la lumière de l'histoire de l'Evolution / A propos de la musique de 2001

Construction

L'analyse du découpage permet de diviser L'aube de l'humanité en deux parties séparées par l'arrivée du monolithe. Elle comporte 106 plans et le monolithe intervient exactement au plan 53, hors champ, il est visible dans les quatre plans suivants.
Avant l'arrivée du monolithe le montage utilise à quatre reprises des fondus au noir assez longs. Kubrick provoque ainsi une impression de durée, de lenteur, de routine. Les jours se suivent et se ressemblent. Il ne peut rien se passer. La vie se limite à manger ou à être mangé, à boire, à gesticuler inutilement pour un point d'eau. Les singes vivent dans l'angoisse et le danger. Ils sont montrés pendant une longue scène nocturne dans leur abri (le rugissement de la panthère qui a tué un singe dans le plan 24 est entendu off).
Les singes voient le monolithe en se réveillant. Ils sont inondés de lumière, comme si elle émanait de ce surprenant visiteur. Il est montré dans quatre plans fixes successifs, de plus en plus près grâce à des raccords dans l'axe. Les singes hésitent à s'en approcher et, en serrant le cadrage au fur et à mesure qu'ils s'en approchent, Kubrick assimile les spectateurs aux singes. Nous ne sommes pas plus évolués qu'eux comparés à l'intelligence qui a conçu le monolithe. (Quand le monolithe est trouvé sur la Lune, le docteur Floyd tourne autour et hésite à le toucher).

Après l'apparition du monolithe il n'y a plus de fondus au noir comme si l'histoire, enfin, s'accélérait. Le montage devient plus rapide. La durée des 50 plans qui suivent n'est que de 5 minutes, alors que les 52 plans qui ont précédé l'arrivée durent plus de 8 minutes.
Les scènes qui suivent le monolithe répondent souvent à celles qui précèdent, parfois les cadrages sont les mêmes. Ainsi le singe qui apprend l'usage de l'os comme arme se trouve à l'emplacement même ou un de ses compagnons a été tué par la panthère. Les plans où les singes mangent avidement de la viande répondent aux plans où ils cherchaient d'improbables insectes pour se nourrir. Kubrick avait montré l'angoisse de la nuit dans une suite de 9 plans nocturnes d'une durée totale de plus d'une minute juste avant l'arrivée du monolithe. Après sa disparition il ne montre qu'un seul plan nocturne de 5 secondes comme si toute angoisse avait disparu.

La scène du meurtre pour le point d'eau annonce toutes les guerres futures (plans 91 à 105). Elle est symétrique à la scène de dispute autour de la mare (plans 28 à 40). Kubrick est très pessimiste : l'histoire et le progrès de l'humanité ne sont possibles que par l'usage des armes, donc par la violence et par la guerre. Quatre millions d'années d'histoire sont résumés par une ellipse vertigineuse : l'os lancé en l'air par le singe, arme du premier meurtre, se transforme en satellite tournant autour de la terre. Nous passons à la deuxième partie du film. Aucun carton ne le signale comme si nous n'avions pas, en 2001, quitté l'Aube de l'humanité.




Film religieux ou matérialiste ?

2001; l'Odyssée de l'espace est à la fois un film de science-fiction et un conte philosophique. Il a l'ambition de donner une explication à toute l'histoire de l'humanité (" D'où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous "?). Lors de sa sortie en 1968 les élèves de terminale en discutaient pendant des heures dans les cours de philosophie. L'interrogation principale portait sur la nature du monolithe noir.

Assistant à une projection au studio de la Contrescarpe, à Paris, nous avions pour voisin un père et son jeune enfant d'une dizaine d'années. Lors de la première apparition du monolithe, devant la grotte où dorment les singes, l'enfant demande à son père " qu'est-ce que c'est papa ? ". Le père qui a certainement déjà vu le film répond, sans l'ombre d'une hésitation : " Dieu ! ".

Le choix de la musique et l'analyse détaillée des 16 premières minutes que dure la première partie, l'Aube de l'humanité, permettent de démentir totalement l'affirmation du père. 2001 est sans discussion possible un film évolutionniste et athée.

La musique du générique, on l'entend également à chaque intervention du monolithe, est le début du poème symphonique Ainsi Parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Le choix de Kubrick prouve que 2001 est un film profondément nietzschéen. Il l'est également par son scénario puisqu'il raconte l'histoire de l'humanité du singe au surhomme et, comme dans l'œuvre de Nietzsche, le surhomme est un enfant. Nietzsche est un philosophe matérialiste, athée, hostile à toute métaphysique. Zarathoustra le dit : " Dieu est mort ! ".

L'évolutionnisme est prouvé par la bande sonore des premiers plans. Kubrick ne montre les singes qu'au 13è plan. Dans les douze premiers plans, images de levers de soleil puis de paysages désertiques écrasés par le soleil, le spectateur attentif entend des bruits d'insectes, d'oiseaux avant de voir des squelettes de mammifères. L'évolution de la vie est ainsi résumée...



L'aube de l'humanité à la lumière de l'histoire de l'Evolution

Dans La Plus Belle Histoire du Monde1, que découvrons-nous avec Hubert Reeves, Joel de Rosnay, et Yves Coppens ? L'être humain résulte d'une longue évolution de l'univers et de la vie qui, depuis 15 milliards d'années, pousse dans le sens d'une complexité croissante : les atomes, les molécules, les cellules, les êtres vivants et nous, les hommes, qui ne cessons de nous demander d'où nous venons... Tous unis comme les maillons d'une même chaîne, du Big Bang à l'intelligence humaine. Nous descendons ainsi des singes et des bactéries, mais aussi des étoiles et des galaxies...

Revenons au film : Stanley Kubrick nous propose dans l'aube de l'humanité une représentation poétique et imagée de l'Evolution de la Vie à la surface de la Terre : une représentation à la fois proche et lointaine des théories actuelles.
Le titre " 2001 Odyssée de l'espace" apparaît en surimpression sur l'alignement des planètes...
Le soleil se lève dans un bruissement de vent et d'insectes (seule trace de vie : le film n'est pas muet au sens strict) sur un paysage désertique où le rouge domine : le rouge de ces régions d'Afrique, berceau de l'Humanité. Le sous-titre "The dawn of man", -L'Aube de l'Humanité- (plan 2) apparaît en surimpression puis des cris d'oiseaux émergent des rochers. ( plan 8)
Quelques traces de cours d'eau asséchés témoignent d'un lointain climat plus humide... (plan 11). Un matin le jour se lève dans la savane : la caméra dévoile des ossements restes de repas d'un prédateur. (plan 13). Les singes apparaissent alors accompagnés d'autres mammifères inoffensifs (phacochères). Tous cherchent de la nourriture et se battent pour se nourrir de la maigre végétation que propose la savane. Le prédateur(un félin) arrive et se nourrit à son tour...
Autre matin (matérialisé par le fondu au noir), autre bataille : cette fois autour du point d'eau : deux bandes de singes se disputent un territoire vital. La bataille conduit à la victoire d'une des bandes savourée par le chef. (plan 40) Puis le soleil se couche dans la savane : une bataille vient d'avoir lieu : le prédateur veille sur sa proie (un zèbre), (plan 43). La nuit tombe alors sur une caverne. Les singes sont désormais dans un abri sous roche. Le groupe veille et semble sur le qui vive. (plan 44). Les singes (Hommes-singes ?) effrayés découvrent le monolithe et l'entourent avec des gestes d'adoration pendant que les lamentations du Requiem de Ligeti envahissent l'espace sonore.(plan 53)

L'Homme-singe découvre l'utilisation qu'il peut faire d'un os : un outil, une arme : il devient dès lors un chasseur (plan 67). La musique d'D'ainsi parlait Zarathoustra accompagne la découverte.
L'Homme s'acharne sur une proie avec son arme qu'il jette en l'air (plan 82). La musique s'interrompt brutalement. On n'entend plus que les cris des singes puis le bruissement du vent.
L'Homme lance son arme (l'os) dans le ciel : elle devient satellite (par une ellipse fulgurante) et entame une valse dans l'espace sur le ryhtme du "Beau Danube Bleu"...(plan 107).

Ainsi La Terre, d'abord un désert aride, se peuple d'insectes puis d'oiseaux et de mammifères qui luttent pour la vie dans la savane... Ainsi le singe devient-il Homme en découvrant l'outil et le Sacré...De cueilleur il devient chasseur...
Stanley Kubrick a certainement été influencé la théorie développée par une équipe de chercheurs en Préhistoire anglais prévalant dans les années 60, l'ostéodontokératiculture2" : selon cette théorie, les premiers hommes auraient travaillé l'os pour en faire un outil, les paléontologues ayant trouvé en abondance des os dans les premiers foyers humains : on penche aujourd'hui pour une autre hypothèse : l'abondance des ossements s'avére être plutôt le reste de repas de prédateurs et de charognards (hyènes etc...) qui ont gravité autour des foyers abandonnés par les hommes lorsqu'ils se firent voyageurs...























A propos de la musique de 2001

- 2001 : un poème symphonique ?

Le poème symphonique est une oeuvre orchestrale construite sur un argument littéraire, philosophique, etc. C'est une forme musicale 3"affranchie des contraintes de la symphonie, susceptible d'inventer une forme originale pour chacun des "sujets" déclinés le long de la partition. Le poème symphonique vise à exprimer des impressions, une atmosphère, des sentiments, voire des idées avec des moyens musicaux, éventuellement soutenus par des éléments verbaux extérieurs à l'oeuvre.". Le premier musicien à avoir effectivement composé 4dans ce sens est Franz Lizst fortement impressionné par la "Symphonie Fantastique" qu'Hector Berlioz a écrite en 1829 : Berlioz y avait pris -déjà- beaucoup de liberté ...D'autres ont excellé dans ce genre musical comme Richard Strauss qui composa notamment "Ainsi parlait Zarathoustra (1896). "

"2001" lui aussi construit5 autour de cinq sujets déclinés le long du film, cinq blocs narratifs :
- Le prologue préhistorique : l'aube de l'humanité
- La station spatiale avec la découverte du monolithe sur la lune.
- Le voyage vers Jupiter.
- Le voyage "vers l'infini".
- L'épilogue du foetus astral.
Ces cinq blocs sont très lâchement connectés d'un point de vue logique. Le dialogue est peu abondant, sauf dans la seconde partie; de très longs moments sont muets ou accompagnés de bruits qui tout étant discrets n'en sont pas moins signifiants (ex. bruits d'animaux du prologue préhistorique). La musique est omniprésente, toujours étroitement connectée aux situations et aux images. Impressions, atmosphères, mouvements (valse), idées (le monolithe) trouvent ici une expression proprement musicale et poétique : rien n'est explicite mais tout est suggéré. En ce sens 2001 est très proche du poème symphonique ...
- La genèse de la partition musicale, une "histoire" étonnante

Stanley Kubrick fait appel à Alex North pour composer la musique de 2001 : North, compositeur de musique à base -principalement- de jazz a déjà travaillé pour Kubrick. Il est à l'origine notamment de la partition musicale Des "sentiers de la gloire", de "Spartacus " et n'est pas étranger au gain de crédibilité qu'a enregistré le réalisateur notamment auprès des producteurs. C'est donc tout naturellement que North s'attelle à la musique de 2001...

Dans un premier temps il est enchanté : 2001 est un film qui contient peu de dialogues : le travail à faire n'en est que plus passionnant ! Kubrick met au courant le compositeur du fait qu'il utilise des musiques provisoires, les "temporary tracks" comme beaucoup de réalisateurs le font pour avancer dans le montage de leur film. Stanley choisit ses musiques temporaires dans sa discothèque personnelle. North veut les retravailler mais très rapidement se rend à l'évidence : " Il fut, 6raconte-t-il, honnête et direct avec moi sur son désir de conserver les éléments de musique "temporaire" qu'il avait utilisés dans les années passées. Je me rendis compte qu'il les aimait, mais je ne pouvais accepter l'idée de composer des éléments de partition destinés à être interpolés au milieu de musiques d'autres compositeurs. Je pensais que j'étais capable de composer une musique qui avait tout à fait l'esprit de ce que Kubrick voulait, et qui lui donnerait consistance, homogénéité et modernité"
North se met au travail : travail entrecoupé d'échanges téléphoniques avec le réalisateur, (Kubrick travaillait beaucoup par téléphone...). Ils assistent ensemble à l'enregistrement d'une partie de la musique écrite par North. " Kubrick me fit des très bonne suggestions sur le plan musical. J'avais écrit deux séquences pour le début, et il était complètement acquis à l'une d'entre elles, qui était aussi ma préférée. Je supposais donc que tout allait bien. Mais quelque part j'avais le pressentiment que tout ce que j'avais écrit pour remplacer le Zarathoustra de Strauss ne pourrait pas satisfaire Kubrick, bien que j'aie utilisé la même structure musicale, en la transposant dans un langage plus moderne, et en lui donnant un impact dramatique plus fort. Mais comment pourrais-je lutter avec le scherzo du Songe d'une nuit d'été, de Mendelssohn -une musique qui n'est pas dans la partition finale du film mais devait donc faire partie des "temporary tracks"- Il n'empêche que je pensais avoir fait un excellent travail".

Un beau jour Kubrick annonce à son compositeur qu'il n'a plus besoin de musique supplémentaire puis North reste sans nouvelles du réalisateur jusqu'à la sortie du film où il découvre que tous les morceaux de musique temporaire ont été conservés. Finalement Kubrick n'a pu accepter une partition qui était pour partie le travail original de North, pour partie des extraits de musique qu'il avait lui même choisis dans le "répertoire classique" .

Quelque soit la motivation de Kubrick, sa décision d'utiliser de la musique classique prééxistante est relativement inédite pour un film de ce genre. Avant 2001, les partitions musicales des films de science fiction étaient plutôt conventionnelles quoique les meilleures d'entre elles aient souvent fait l'objet d'expérimentation musicale futuriste comme la partition de Bernard Herrmann pour " The Day The Earth Stood Still" - "Le jour où la terre s'arrêta", celle de Luis et Bebe Barron pour "Forbidden Planet" - "Planète interdite"
avec une musique à base de theramin7, un instrument de musique électroacoustique : cette musique est rapidement devenue un cliché musical...

- Contenu de la partition musicale

  • "Ainsi parlait Zarathoustra" de Richard Strauss (1896)

    Kubrick a choisi pour les moments clés du film (alignement des planètes, bond en avant intellectuel dans l'aube de l'humanité, épisode du foetus astral...) le prologue du poème symphonique composé par R. Strauss "Ainsi parlait Zarathoustra" : Kubrick n'a en fait exploité que la brève introduction au vaste et ample poème orchestral écrit par R. Strauss , poème dans lequel le compositeur, par ailleurs peu préoccupé par des spéculations philosophiques et métaphysiques rend hommage à Nietzsche en mettant en musique l'ambitieuse parabole du surhomme.

    L'introduction8 fait appel à une fanfare de cuivres qui, fonctionnant comme "un indicatif" joue le motif musical sur un rytme de valse ( à trois temps) : ce motif est construit sur une basse très grave, proche du bruit, de laquelle se détache un arpège ascendant tonique/dominante/tonique, suivi de deux accords passant violemment du majeur au mineur dans le même ton."Associé à la manifestation d'un mystérieux esprit cosmique favaorisant l'éclosion de l'intelligence, il symbolise, par son mouvement ascendant d'un son à l'octave supérieure, la dignité humaine de la verticalité conquise..." accompagnant le triomphe du singe devenu homme lorsqu'il découvre la puissance de l'os qui peut être un outil et une arme.

    Le choix de l'interprétation n'est pas neutre et joue beaucoup dans la perception que nous avons de cette musique : Kubrick a choisi l'interprétation de H. Von Karajan à la tête de l'orchestre philharmonique de Vienne : le chef dirige l'orchestre de façon magistrale avec une pompe cérémonielle qui lui est propre et que Kubrick affectionne particulièrement.

    "Ainsi parlait Zarathoustra" n'était pas une oeuvre très connue avant son utilisation par Kubrick dans 2001 : dès la sortie du film, cet élément clé de la partition musicale fut pris, repris, parodié dans d'autres films y compris les dessins animés, dans les médias, dans les TV commerciales, la NASA l'utilisa comme indicatif. Dans l'esprit des spectateurs et des auditeurs, cette musique est désormais associée à l'image de l'univers stellaire.

  • Le Requiem de Ligeti

    La musique la plus expérimentale de la partition de 2001 est sans conteste celle de György Ligeti, musicien contemporain hongrois, émigré aux USA que le grand public découvrit en voyant le film, pensant à tort que cette musique était LA musique du film. Kubrick n'avait pas prévenu le compositeur qui lui intenta un procès ...et le gagna. Trois pièces de Ligeti figurent dans le film : le Lux Aeterna, pour choeur a capella, le Kyrie du Requiem, pour deux choeurs mixtes et orchestre, et le mouvement symphonique pour orchestre Atmosphères.

    Dans l'aube de l'humanité le Kyrie8 du Requiem, un choral atonal, accompagne l'apparition d'un évenement inexplicable : le monolithe et reflète la fureur et l'angoisse qui enveloppent la bande d'Hommes-singes : chaque phrase musicale du choral surpasse la précédente, créant ainsi un empilement de lamentations.

    L'interprétation est très caractéristique de celle des années 60, période durant laquelle la musique contemporaine développait une esthétique que l'on pourrait qualifier de spatiale faisant appel notamment largement aux techniques de réverbération.

  • "Le beau Danube bleu" de Johann Strauss fils

    Cette valse déjà connue du public, contrairement aux autres pièces musicales citées précédemment reçut une nouvelle vie lorsque Kubrick décida de l'empoyer dès la fin de l'Aube de l'Humanité lorsque la station danse dans le silence de l'espace, à l'arrivée sur la lune à tel point qu'aujourd'hui on peut difficilement écouter cette musique sans voir cette image et inversement.

    "Le thème8 de Johann Strauss, par son rytme ternaire (le même que celui de "Ainsi parlait Zarathoustra"), évoque au contraire de ce dernier à la fois un mouvement éternel, une giration à la fois mondaine et cosmique - mais il faut tout de même rappeler que son début est construit thématiquement sur un arpège d'accord parfait majeur ascendant, rappelant le motif de Zarathoustra dont il est la contraction dans l'espace d'une quinte. Son caractère euphorique et positif est aussi lié à cette ressemblance. D'autre part il est précédé d'effets de trémolo créant une atmosphère d'indécision primitive, de genèse.
    Tout comme l'arpège de trompette de Richard Strauss se détache sur une basse grave proche du bruit, le thème de la valse émerge d'une grisaille orchestrale frémissant dans le médium aigu. Dans les deux cas, il y a affirmation d'une figure simple sur un fond confus."
    CHION Michel, La musique au cinéma, Fayard, 1995, p.348-349

    Kubrick a d'ailleurs repris le motif musical pour le générique de fin, la mélodie au ryhme familier supplantant la dérangeante fin ouverte.




































Ecoutez ! 213 KB - 1:35 Téléchargez fichier MP3 !

Ouverture du poème symphonique Ainsi Parlait Zarathoustra de Richard Strauss.



















Ecoutez la première partie 513KB  - 5:18
Le début du Requiem de Ligeti















Ecoutez ! 702 KB - 5:45
Premières mesures du Beau Danube bleu de J. Strauss.

note 1 : REEVES Hubert, de Rosnay Joel, Coppens Yves La plus belle histoire du monde, Seuil, 1996,
note 2 : ostéodontokératiculture : terme employé par Raymond DART, éthymologiquement culture de l'os, des dents et de la peau.
note 3 :ESCAL Françoise, Contrepoints, Méridiens-Klincksieck, 1990.
note 4 : Franz Lizst compose ses douze poèmes symphoniques entre 1849 et 1858 : les titres de ces oeuvres très picturales sont éloquents " Ce que l'on entend sur la montagne", Bruits de fête, Bataille des Huns" etc...Lizst est un innovateur qui désire s'écarter des sentiers battus et pose des jalons : emploi de la gamme par tons, évasion hors des portes fermées, besoin d'échapper au système tonal...Il souhaite d'ailleurs carrément "la suppression de la tonalité" en 1873 devant le jeune Vincent d'Indy qui 40 ans plus tard suffoquait encore au souvenir de ce propos destructeur !
note 5 :VANOYE Francis, Scénarios modèles, modèles de scénarios, Ed. Nathan, 1991, p. 118.
note 6 : AGEL Jérôme, The Making of Kubrick's 2001, p. 198-199
note 7 : instrument mis au point par Theramin, compositeur russse.
note 8 : CHION Michel, La musique au cinéma, Fayard, 1995, p.348-349