LE QUAI DES IMAGES

 

Travail interdisciplinaire autour de l'esclavage

 

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  • L'héritage de l'esclavage

 

retour au plan20/02/99
  1. Les quatre courants de représentation des Noirs
  2. La place du Noir dans l'imaginaire occidental
  3. Des stéréotypes qui ont la vie dure...
  4. La saga "Banania"
  5. La chanson française coloniale : un "concentré" de stéréotypes "

  pucej.gif (1020 octets) La chanson française coloniale : un "concentré" de stéréotypes "
Travail effectué en partie à partir du disque " Chansons coloniales et exotiques "EPM music" 983312 ADE 798

Catalogue Pathé 1931

Moi tout faire pour te plaire  204 ko
- Simone Simon - Orchestre M. Cariven
extrait de l'Opérette "Toi et moi "
(Bertal-Maubon- Chamfleury - M. Simons)
Columbia DF 1607 ( CL 5043-1) 10 octobre 1934

Refrain

" Moi tout faire pour te plaire ...toujours
La cuisine, la vaisselle ...l'amour "


Moi savoir repasser plein de mouchoirs
Et chasser et pousser les idées noires.
Moi faire bons petits plats
Retourner matelas...

Moi savoir taper tapis
Moi savoir bien cracher sur chaussures
Moi bien faire la tambouille
Les chatteries, les chatouilles
Les parquets, les bafouilles

Moi avoir petits mollets pas laids
Et beaux ptits macarons tout ronds
Moi chanter la chansonnette
Souffler dans clarinette
Et claquer castagnettes "

Refrain


 

Le grand voyage du pauvre nègre 149 ko
- Germaine Sablon - Orchestre Wal-Berg -
Texte d'Edith Piaf
( R.Asso - R. Cloarec) Gramophone K8400(OLA 3139-1) 16 juin 1939

Soleil de feu sur la Mer Rouge
Aucune vague rien ne bouge
Dessus la mer un vieux cargo
Et dans la soute pleure un nègre
Un pauvre nègre maigre, maigre
Un nègre maigre dont les os
Semblent trouer la peau

Ohio ! Ohio !

Monsieur Bon Dieu, vous n'êtes pas gentil
Moi pas vouloir quitter pays

Moi vouloir voir le grand bateau
Qui crache du feu et marche sur l'eau
Et sur le pont, moi j'ai dormi.
Alors bateau il est parti
Et capitaine a dit comme ça
Nègre au charbon il travaillera


Monsieur Bon Dieu, vous n'êtes pas gentil
Moi pas vouloir quitter pays
Ohio ! Ohio !

Toujours plus loin au bout du monde.
Le vieux cargo poursuit sa ronde
Le monde est grand encore des ports
Toujours plus loin, encore des ports.

Ohio ! Ohio !
Monsieur Bon Dieu, vous n'êtes pas gentil
Y en a maintenant perdu  pays

Pays à moi très loin sur l'eau
Et moi travailler au fond bateau
Toujours ici comme dans l'enfer
Jamais voir danser la mer
Jamais voir grand ciel tout bleu
Et pauvre nègre malheureux


Monsieur Bon Dieu, vous n'êtes pas gentil
Y en a maintenant perdu  pays
Ohio ! Ohio !

Au bout du ciel sur la mer calme
Sur la nuit claire il voit des palmes
Alors il crie c'est mon pays
Et dans la mer il a bondi
Et dans la vague chante un nègre
Un pauvre nègre maigre, maigre
Un nègre maigre dont les os
Semblent trouer la peau

Ohio ! Ohio !

Monsieur Bon Dieu, toi bien gentil
Ramenez moi dans mon  pays

Et viens Bon Dieu, vine au secours
Moi pas pouvoir nager toujours
Pays trop loin pour arriver
Et pauvre nègre tout fatigué
Ca y est, fini, Monsieur Bon Dieu,
Adieu pays, tout le monde adieu

Monsieur Bon Dieu !
Monsieur Bon Dieu !
Oh !
Oh !
Oh !
....










 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nénufar 188ko
- Alibert -
Marche officielle de l'Exposition Coloniale 1931 !!!
( M. Roger - R.Feval- J. Monteux)
Pathé x 940003 (N 203907 A-1)

Quittant son pays
Un p'tit négro
Vint jusqu'à Paris
Voir l'exposition coloniale

C'était Nénufar
Un joyeux lascar
Pour être élégant
C'est aux pieds qu'il mettait ses gants

Nénufar
T'as du r'tard
Mais t'es un p'tit rigolard
T'es nu comme un ver
Tu as le nez en l'air
Et les ch'veux en paille de fer
Nénufar
T'as du r'tard
T'as fait la conquête des Parisiennes
T'es leur fétiche
Et tu leur portes veine !

Faut pas croire toujours
Tout c'que Nénufar raconte
Ainsi l'autre jour
Il m'a dit
Quand je fais mes comptes
A la craie j'écris
Sur l'dos d'ma chérie
Et d'un coup d'torchon
Après j'efface les additions

Nénufar
T'as du r'tard
Mais t'es un p'tit rigolard
Yu as le nez en l'air
T'es nu comme un ver
Et les ch'veux en paille de fer
Nénufar
T'as du r'tard
Mais t'es quand même débrouillard
T'as fait la conquête des Parisiennes
T'es leur fétiche
Et tu leur portes veine !

 

Un jour Nénufar
Entra dans une grande parfumerie
Il voulait des fards
Pour sa p'tite amie
Donnez-moi qu'il dit
Du rouge en étui
J'en veux trente kilos
Car c'est une négresse à plateaux

Nénufar
T'as du r'tard
Mais t'es un p'tit rigolard
T'es nu comme un ver
Tu as le nez en l'air
Et les ch'veux en paille de fer
Nénufar
T'as du r'tard
Mais t'es quand même débrouillard
T'as fait la conquête des Parisiennes
T'es leur fétiche
Et tu leur portes veine !
....
T'as fait la conquête des Parisiennes
T'es leur fétiche
Et tu leur portes veine !

 

 

A la Martinique ("chanson nègre") 172ko
-Charlus-
(Christiné - Cohan)
Pathé N° 2742 (1101) Vers 1913

Y avait un négro
Tout jeune et déjà costaud
Qui venait de la Martinique
Entra comme sa sœur
Chez une marchande de fleurs
Qu'avait une jolie boutique
Il eut comme vêt'ment
Un costume tout éclatant
Elle lui dit
C'est épatant
Ca t'rend plus joli
Que l'costume de ton pays
Le p'tit négro répondit

Yaf Yaf Yaf A la Martinique, Martinique, Martinique
Icizagici, icizagici, Icizagici
Pas de veston
Pas de pantalon
Simplement un petit caleçon
Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malade yoh, jamais mourir, yoh !
On ôte le caleçon
Pour dîner l'soir
Et tout le monde est en noir
Yaha ! Yaha ! Yaha!

Au bout de quelques jours
Il avait le cœur plein d'amour
Pour sa patronne
Mam'selle Blanche
Mais n'ayant pas d'espoir
Il avait des idées noires
Qui lui causaient des nuits blanches
Et tout en se moquant
Elle lui dit
Mets des gants blancs
D'mande la main à mes parents
Et puis à la mairie
Tu deviendras mon mari

Il lui dit
Yaf Yaf Yaf A la Martinique, Martinique, Martinique
Icizagici, icizagici, Icizagici
Pas d'gants blancs
Ne mairie, ni de parents
Si t'es décidé
T'y passes dix francs
Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malade yoh, jamais mourir, yoh !
L'soir on s'embrasse sous les palmiers
Ca y est on est mariés
Yaha ! Yaha ! Yaha!

L'négro malheureux
De plus en plus amoureux
Répétait à sa patronne
Moi beaucoup chagrin
Vouloir tenir ta main
Allez dis-moi oui mignonne
Elle disait grand fou !
Faut d'abord gagner des sous
Des robes, des chapeaux
Viens chez moi
Répond l'négro

Yaf Yaf Yaf A la Martinique, Martinique, Martinique
Icizagici, icizagici, Icizagici
Les p'tites femmes
Se mettent simplement
Une feuille de palmier
Par devant
Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malade yoh, jamais mourir, yoh !
Laisse la feuille
Ca sert à rien du tout
On sait bien c'qu'y a dessous

Yaha ! Yaha ! Yaha !

 








 

 

 

 

 

 

Un petit negro (ou amour en noir et blanc) 167ko
-Michel Simon-
( A. Willemetz - H. Christiné)
Columbia DF 1472 (CL 4741-3)

4 mai 1934

"- C'est une histoire assez curieuse, Amélie n'avait  rien voulu savoir avec un blanc. Au bout de quinze ans de fidélité conjugale, elle a marché avec un nègre"
-  Comment ? Un nègre ? "

- Oui avec un petit porteur de parasol, un cadeau de Louis XV amoureux, sacré Louis XV "


Mon arrière grand-maman
N'avait pas de tempérament
Et bien qu'elle fût très belle
Pas une fois elle ne trompa
Mon grand-papa
Oui c'est une vertu
Comme on n'en voit plus

Mais depuis la Du Barri
La grande mode à Paris
C'est d'avoir un petit
Nègre de Tahiti
L'roi Louis XV très galant
Quand vint le jour de l'an
En offrit un aussi
A Amélie

C'était un petit négro
Tout ce qu'il y a de plus rigolo
Il avait des histoires
De jolies dents blanches
Dans une grande bouche toute noire
Quand Amélie recevait
C'est lui qui servait
Et l'joli négro
Passait les bonbons en disant aux gens
Ya bon !

" - Dites don(c), elle est banale votre histoire !"
" - Oui mais attendez c'est pas fini ! Eh ! Eh !

Oui mais un soir qu'Amélie
Allait pour se mettre au lit
En retroussant sa chemise
Elle vit surprise
Au milieu de ses draps blancs
Le petit nègre tremblant
Moi y'en a avoir froid
Toi réchauffer moi !
Elle entra vous pouvez l'croire
Dans une colère noire
Mais sa colère finie
Elle entra dans le lit
N'ayant pas le cœur inhumain
Elle réchauffa l'gamin
Vous devinez après ça
Ce qui se passa...

Amélie et son négro
firent méli mélo
Elle passa, dit l'histoire
Des tas de nuits blanches
Près de sa passion noire
Elle acquit en peu de temps
Du tempérament
Et chipant le jargon
De son négrillon
Elle criait dans le noir
Ya bon !

Eh ! Eh ! Eh !

 


 


Carnaval Y'a bon   167ko
- Perchicot - Orchestre G. Andolfi

Pour faire une p'tite balade
Carnaval un jour Alla
Au pays où les peuplades
dansent la bamboula
Les petites négresses
Devant le roi de l'allégresse
Dirent tout à coup
Sou ! Hou ! c'est Boudoubadabou !
C'est c'lui de la cabane de bambou !
Qui jouait d'la flûte en acajou
A Nice où s'amusent les nababs
Il a fait la nouba

Refrain
Viens danser sur ce p'tit air
Qui jase
Comme Joséphine Baker
Ca gaze
Carnaval ce soir
Blanchit les idées noires
Ya bon !
Ya bon !
C'est le refrain des négrillons

Sous les palmiers
Sous les dattes
C'est le carnaval négro
On veut voir
Ca vous épate
Tout noir même Pierrot
Et les jouvencelles
Habillées de beau naturel
Disent non vraiment
Carnaval, c'est p(l)us ce qu'on prétend
Que les femmes portent de la peau de serpent
Et qu'elles dansent le tutupanpan
C'est le jazz avec ses rythmes fous
Qui te ramènent chez nous

Refrain

Sur le corso le dimanche
Qu'est-ce-qu'on trouve
Un africain
Qu'avait passé la nuit blanche
Pour faire pâlir son teint
Venu d'Amérique
Afin d'visiter les tropiques
En fait quelle histoire !
Tant de ratafia se mit à boire
Qu'il disait "j'suis noir, j'suis noir !"
Sous les bananiers je voudrais voir
Celle qui m'disait dans un bécot
T'es ma noix de coco

Refrain