La veillée ou

LE COUARAIL

 

La veillée ou le couarail, deux mots qui désignent une coutume ancestrale du folklore Lorrain, où quelques personnes se réunissaient pour causer, pour échanger les nouvelles familiales concernant les naissances, les mariages, les morts et les nouvelles locales.

Les veillées débutaient au début de l'automne lorsque les vendanges étaient terminées ainsi que les travaux des champs. Elles cessaient le vendredi saint avec les changolos (voir Pâques).

A la fin du jour, familles et voisins se réunissaient souvent, autour de l'âtre, assis sur des bancs, des chaises ou simplement par terre. L'auditoire formait un cercle au centre duquel trônait l'aïeul.

Le conteur sollicité par l'entourage n'était pas n'importe qui, il fallait bien sûr de la mémoire et un certain talent pour raconter.

Dans les contes vivaient les fées, les sorcières et les chevaliers. Que d'enchantements, de maléfices et de beaux coups d'épée ! Le diable, souvent, entrait en scène, mais il était toujours berné ! Le loup malgré sa férocité était bon sire. La belle sirène aux yeux verts attirait au fond de l'eau les jouvenceaux et les sotrès, petits bons hommes familiers, hantaient les maisons et y faisaient mille farces.

Les fiauves étaient de courtes histoires, pétillantes de malice.

On disposait de bien des ressources pour occuper les heures de couarail. Causer était l'occupation principale mais il y en avait d'autres : - croquer des noix et des noisettes, - piller les fèves, - trier les lentilles, travaux agrémentés de papotages et de plaisanteries.

La maîtresse de maison préparait de la tisane. Les jours de bombance, on dégustait un verre de vin chaud ou un brûlet de mirabelle.

Dans la compagnie, se trouvaient toujours des musiciens jouant du violon ou de l'épinette, ce qui permettait aux jeunes gens de danser une polka ou une soyotte et d'unir leurs voix quand l'envie leur en prenait.

N'oublions pas que sans les veillées pour les campagnes ou les bals populaires pour les villes, notre folklore au point de vue musique et danses n'existerait pas de nos jours.

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