| Haumont près Samogneux pendant la guerre | ||
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Le 22 Février 1916 6 heures du matin Des gros obus éclataient de toute part, fouillant le sol, abattant les arbres, démolissant les maisons. A 8 heures Fait qui nous paraissait impossible, la débauche de munitions redoubla. Nos guetteurs virent alors l'ennemi attaquer les tranchées du bois de Consenvoye avec des "flammenwerfer" et descendre dans le ravin Ormont, marchant vers la lisière ouest du bois d'Haumont. Mais le barrage était tel, devant le village, qu'il nous était absolument interdit de déboucher. Inutile d'ajouter que nous n'étions en communication ni avec l'avant, ni avec l'arrière. Le réseau téléphonique avait été haché, et quant à faire des signaux d'optique, il n'y fallait pas compter. Cependant, sous ce feu d'enfer, les troupes de la garnison d'Haumont s'installèrent dans ce qui restait des ouvrages défensifs, sur les deux flancs et à l'avant du village, et quelques réserves qui avaient pu nous rejoindre prirent leur place au débouché sud de Haumont. Stoïques sous la mitraille, officiers et soldats attendirent l'attaque. |
A 15 heures Les éléments des huit compagnies du 362ème R.I. terrés dans Haumont ne présentaient pas un effectif de plus de 500 hommes. La plupart des officiers étaient tués ou blessés ou avaient disparu, ensevelis sans doute. De tous côtés, parmi le fracas des explosions, des cris déchirants, des plaintes sourdes et des râles sortaient des gravats. Terrassés par la fatigue, privés de sommeil depuis plus de 48 heures, sachant qu'aucun secours ne pouvait leur parvenir, ne disposant comme munitions que des cartouches restées dans leurs cartouchières ou dans celles des mort. fusils, d'ailleurs tordus ou remplis de terre pour la plupart, les survivants étaient bien, dans ce cataclysme, hors d'état de résister à une attaque sérieuse.
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A partir de 10 heures. Les gros obus se succédèrent à la vitesse de 8 à 10 coups à la minute. Ils battaient non seulement Haumont même, mais encore le ravin au sud d'Haumont nous étions parfaitement encadrés. Vers 14 heures. Le roulement atteignit 20 coups à la minute tous nos hommes, néanmoins, conservaient une merveilleuse placidité. Les ruines s'amoncelèrent sur les ruines. On peut dire que le village s'effondrait sans cesse sur lui-même, il s'enfonçait sous terre. Le réduit bétonné sur lequel nous comptions le plus céda à son tour sous les coups de bélier répétés de l'artillerie ennemie, plaçait dans une situation précaire, et personne ne broncha. Nous ne tenions plus qu'un village rasé, retourné, crevassé, sans aucun abri à l'épreuve. Seul un réduit où se trouvait le poste de commandement du colonel fut miraculeusement épargné. |
A 17 heures les allemands attaquèrent Haumont. La valeur d'un bataillon déboucha en trois colonnes à la fois par le nord, le nord-ouest et l'est... Ceux de nos hommes qui survivaient se redressèrent pour les contenir et arrêter la manuvre enveloppante. Les mitrailleuses intactes entrèrent en jeu par des feux continus, fauchant les rangs ennemis. La gauche allemande fut obligée de s'arrêter devant un de nos réseaux de fil de fer, resté à peu près intact, mais le centre et la droite progressèrent. Au nord et à l'est, où tout est détruit, l'ennemi s'infiltra dans les ruines. Ils étaient trop tournés, désarmés, la plupart des nôtres se replièrent ou furent enlevés. Se glissant dans le presbytère, les Allemands atteignirent à revers le poste de commandement du Lieutenant-Colonel Bonviolle. Par les soupiraux, ils y projetèrent des flammes. Le lieutenant colonel sortit avec son état-major et, encore une fois, il passa indemne, avec sa capote brûlée et des balles dans ses vêtements, au travers des baïonnettes et du barrage des mitrailleuses. |
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A 18 heures.
Il fut à Samogneux avec 5 officiers et 12 soldats. La retraite s'opéra sans qu'on eût à déplorer d'autres pertes dans cette poignée de braves. On disposa finalement les mitrailleuses intactes de manière à barrer le chemin de l'ennemi du ravin de Samogneux au sud d'Haumont et la lutte continua. Si le village fut évacué, l'horreur resta sauf. La plupart tombèrent glorieusement plutôt que de trahir leur consigne. Une cinquantaine d'homme put se glisser vers le sud, par le ravin du Bois des Caures : les seuls survivants du 362ème R.I. |