| Les élèves ont effectué untravail de documentation (choix et place dans le discours) et par la suite, de numérisation, de traitement et d'insertion des documents. |
RECONSTITUTION DE L'INAUGURATION
DE LA MAIRIE-ÉCOLE ET DU MONUMENT AUX MORTS
DE FORGES-SUR-MEUSE.
Souvenons-nous. Il y a exactement 70 ans, jour pour jour, nous étions le 14 septembre 1930. La mairie-école et le monument aux morts de Forges allaient être inaugurés sous la présidence du Président Raymond Poincaré. Un événement d'importance pour le nouveau village, reconstruit à un kilomètre à 1 'est de l'ancien,devenu zone rouge.
Dès le début de la guerre, en septembre 1914, Forges connut les horreurs de l'invasion et son bois devait devenir un champ de batailles parmi les plus meurtriers.
L'annuaire de la Meuse daté de 1930 nous apprend que 59 maisons ont été reconstruites abritant 62 ménages. 198 habitants sont revenus. C'est peu par rapport aux 838 du siècle précédent, mais c'est mieux que les 143 de 1921. 67 électeurs sont inscrits sur la liste électorale, les femmes n'ont pas encore le droit de vote.
Depuis dix ans la vie renaît . 18 agriculteurs propriétaires exploitent le territoire-, le corps des sapeurs-pompiers commandé par le lieutenant Fernand BEAUGEOIS comprend 18 hommes; 4 aubergistes ouvrent leur établissement; le maréchal ferrant Albert LAIME est aussi forgeron; la sage-femme Zoé BIGOT est bien occupée; le facteur passe à 7 heures du matin; le ruisseau redonne des truites renommées; le terroir produit blé, seigle, orge, avoine, foin, fruits et on y fait commerce de petits porcs, deux foires aux bestiaux sont organisées, l'une le 1 er avril, l'autre le 1 0 août; les batteries à moteur font leur apparition et remplacent l'antique fléau. Mais n'ont pas repris leurs activités d'avant-guerre le tonnelier CHRISTOPHE, le tourneur sur bois PHILBERT, la modiste Mme LOMBARD, les meuniers PEUREUX et THOMAS, le charpentier ÉLARD, les charrons CAILLEUX et GUEUSQUIN, le tisserand LEGAY, le barbier ÉLARD ... ; les ruches en paille perfectionnées de la mère DULPHY ont disparu de même que l'usine pour l'éclairage électrique du père THOMAS et la scierie hydraulique PEUREUX.
Ce dimanche 14 septembre 1930 va marquer la renaissance du village et c'est par un temps gris et pluvieux que la commune s'apprête à inaugurer ses bâtiments publics. Le village ayant été édifié sur un nouvel emplacement, le Conseil municipal avait pensé avec juste raison qu'il fallait construire un édifice.moderne et pratique. Il ne voulait plus voir 3 ou 4 bâtiments publics dispersés dans le bourg. Il tenait à grouper sous le même toit la mairie et les écoles. Pour des raisons financières, certes, mais surtout pour faire de l'imposant bâtiment le centre de la vie locale.
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La Mairie-école |
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Un logement pour chaque instituteur et institutrice, attenant à chacune des classes, est construit. Chaque logement se compose de 4 pièces avec aménagements modernes, eau sur l'évier, WC avec chutes d'eau et fosse septique.
Quant à la mairie, elle comprend un vaste vestibule appelé la salle des pas perdus, pour les élections et les adjudications, une salle du conseil et un cabinet du Maire pouvant servir d'archives.
L'éclairage et l'aération des classes ont été particulièrement bien étudiés par les architectes HUGOT et PALANGUE de Doulcon. Cinq grandes baies inondent d'air et de soleil l'intérieur. Avant d'entrer dans leur salle, les élèves pénètrent dans un vestiaire où sont installés des lavabos avec eau sous pression, des porte-manteaux et des casiers numérotés dans lesquels se trouvent la brosse à dents et le gobelet de chacun. Les classes dont la plus grande de 51 M2 pourra accueillir 40 élèves communiquent également dans le couloir des logements, I'Înstituteur pouvant ainsi aller directement de chez lui à sa classe. La cour est séparée en deux parties, une pour les filles, l'autre pour les garçons. Les WC sont à l'extérieur; ils sont conçus dans l'esprit le plus moderne, sièges à la turque, avec chasse d'eau automatique, urinoirs avec eau courante. Derrière le préau se trouve une salle de douches, entièrement carrelée.
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L'entrée de l'école |
Depuis le matin, une vive animation règne un peu partout. Toutes les rues et la place sont pavoisées de drapeaux et décorées de branchages. La base du monument aux morts est joliment fleurie de dahlias multicolores. Des ampoules électriques donnent également une note agréable. Deux cabines téléphoniques, directement reliées à Verdun, installées pour la presse par l'administration des PTT, attendent les journalistes de l'Est Républicain, de l'Éclair de l'Est, du Bulletin Meusien et du Journal de Montmédy. Le programme de la cérémonie est paru dans le Bulletin Meusien du 13 septembre 1930. On sait que la société de musique de Sivry-sur-Meuse prêtera son concours.
Un service d'autobus Dun-gare, Brieulles, Vilosnes-gare fonctionnera à destination de Forges. Deux départs auront lieu, le premier à 12 h 45, le second à 14 h 15 arrivant à Forges à 13 h 30 et 14 h 45; les places sont à retenir auprès de Monsieur Schmitt à Mouzay.
Le service d'ordre sera assuré par Monsieur MASSON, commissaire spécial à Verdun, et le lieutenant BÉZÉGHER, commandant la gendarmerie de l'arrondissement.Venant de Verdun, il faudra éviter d'emprunter le raccourci par Regnéville, car le pont en bois construit, en 1918, par les Américains pour franchir la Meuse à hauteur de Samogneux, donnent des signes de faiblesse. D'autre part, les pluies incessantes de ce début septembre ont transformé le chemin de Regnéville à Forges en véritable bourbier. D'ailleurs, la Meuse est en crue. Les eaux ayant submergé les prairies emporteront les tas de regains qui ne sont pas rentrés. En ce qui concerne le pont de bois, on parle sérieusement de le remplacer par un beau pont en béton. Le sénateur LECOURTIER de Bras-sur-Meuse s'en occupe très sérieusement et il a convaincu le Président POINCARÉ. Vous savez bien, Achille BERTHÉLÉMY, notre premier adjoint, a remplacé notre maire le dimanche 12 janvier 1930 à la réunion à Verdun avec le sénateur, pour en parler.
Mais revenons à Forges. L'organisation de la double cérémonie a été soigneusement préparé par le dynamique et dévoué monsieur BÉRARD, instituteur à Sivry-sur-Meuse, véritable chef du protocole en la circonstance, soigneusement secondé par monsieur CROS, conseiller municipal.
Les jeunes filles des employés de la gare de Consenvoye, située sur le territoire de Forges, ont eu l'ingénieuse idée d'édifier sur le passage du président POINCARÉ, à l'entrée du territoire de la commune, un superbe arc de triomphe fleuri avec un goût parfait.
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