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Maternelle : L’observation et la production d’images (extrait)
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L’enfant découvre très tôt les images avec beaucoup d’intérêt.
Elles font partie de son univers de vie. Il les contemple, les collectionne,
les consomme et va les utiliser pendant toute sa scolarité; elles ne
sont pas un simple auxiliaire de l’écrit.
L’école a un rôle d’apprentissage vis-à-vis de cet objet
de connaissance particulier qui interagit avec d’autres ; il est déclencheur
d’émotions et de pensées et porteur de messages. Cet apprentissage
relève d’une éducation du regard (voir et comprendre) qui incite
l’enfant à passer progressivement d’une perception uniquement sensible
à une perception guidée par la connaissance. Il a aussi des visées
culturelles et
citoyennes ; l’école doit aider les enfants à accéder à
une pensée autonome, informée des effets visuels et apte à
discerner au-delà des apparences. Il s’agit progressivement d’identifier
de quels types de signes les images sont constituées et comment ces signes
dialoguent,
quelles sont leurs qualités techniques et expressives, leur provenance
et leur contexte de production, les effets qu’elles produisent selon celui qui
regarde, en déjouant les pièges de la fascination. Par son questionnement,
l’enseignant provoque les mises en relation, il aide à mettre en doute
certains sens «premiers ». Les verbalisations qui accompagnent toutes
ces activités aident au « recodage » et à leur mise
en mémoire. Un choix et un tri sont opérés parmi différentes
images, fixes et animées : les photographies, liées ou non à
l’expérience vécue en classe,
les affiches et les images de l’environnement, les dessins et les illustrations,
les images documentaires, les dessins animés, les différentes
images de l’ordinateur.On peut comparer les illustrations d’un album et l’adaptation
du même récit à l’écran, à la télévision
ou sur cédérom. Les réalisations sont présentées
puis classées, collées dans les cahiers-mémoires ou les
carnets de bord des enfants.
Les instruments de capture et d’enregistrement de l’image peuvent être
manipulés par l’enseignant ou les enfants. Dans le coin de jeu, par exemple,
on peut laisser un appareil photographique reflex (sans pellicule) pour faire
l’expérience du cadrage, de la visée, de l’arrêt du regard
sur l’image ; ce qui est vu dans le viseur, c’est une image. Elle est parfois
modifiable par effet de zoom. On peut se rapprocher, reculer,
chercher à placer un objet dans le cadre ou à exclure un personnage.
Lors d’une sortie dans le quartier, en forêt, au parc écologique,
l’enseignant peut confier des appareils jetables pour conserver la mémoire
des choses vues. Dans une démarche plus encadrée, on
peut envisager de réaliser de véritables prises de vue : portraits
d’enfants déguisés, photo de la classe à partir des portraits
individuels, portraits croisés (avec d’autres classes ou le club du troisième
âge venant dans l’école, chacun prenant le portrait de l’autre).
L’usage des appareils photo numériques permet de nombreuses manipulations,
des choix sur l’écran de l’ordinateur, des tirages dans différents
formats, différentes qualités de papier, le jeu avec les couleurs,
la reprise en photocopie noir et blanc.
Des appareils moins sophistiqués de recherche d’effets visuels et de
capture de l’image peuvent être fabriqués :
un cadre découpé dans une feuille cartonnée, un miroir
placé dans le coin de la classe, un miroir déformant fait avec
du papier d’aluminium, un thaumatrope (un disque avec une image différente
sur chaque face, qu’on fait tourner, phénomène qui utilise la
persistance rétinienne). Avec l’enseignant, les plus grands peuvent fabriquer
un tube pour regarder dans les coins, une chambre noire (avec un sténopé,
petit trou ménagé
dans une boîte obscure et servant d’objectif).
Avec les petits, il n’est pas question de faire une analyse formelle qui laisserait
de côté la question du sens. Toute activité de «lecture
d’image» doit contribuer à améliorer la perception de messages.
Les élèves sont invités à exprimer ce que les images
évoquent :
description des éléments narratifs et repérage des éléments
plastiques (lignes, formes, couleurs, matières...); ils nomment ce qu’ils
voient et comparent différents types d’images. Les activités de
collection et de tri sont privilégiées. Pour comprendre les différents
aspects de l’image, l’enfant les observe, les manipule puis en fabrique :
- en intervenant sur des images existantes (ajouter un morceau qui manque, associer
des éléments appartenant à plusieurs images pour en construire
une nouvelle...) ;
- en utilisant des techniques plus traditionnelles comme le dessin, le collage
ou la peinture ;
- en ayant recours à des moyens techniques tels que la photocopie, la
photographie (analogique, numérique), le scanner et l’ordinateur.
Pour les plus grands, il s’agit de repérer dans les images
ce qui permet de les comprendre, de s’interroger sur des procédés
de fabrication, de dégager progressivement l’implicite, de distinguer
les images selon les rapports divers qu’elles entretiennent avec la représentation
du réel et la fiction (convergence ou divergence).
Les affichages de la classe (qui constituent un «mur d’images »
ayant diverses fonctions) sont choisis et renouvelés pour procurer une
stimulation visuelle organisée et de qualité.
Exemples
- Choisir une image : après avoir assisté à un spectacle
de danse, de théâtre, à la projection d’un film... l’enfant
choisit,
dans un ensemble d’images sélectionnées par l’enseignant, celle
qui lui rappelle le plus ce qu’il vient de vivre.
- S’initier à la prise de vue : prendre des photos liées à
une expérience vécue collectivement : un orage, une chute de neige
vus à travers les vitres de la classe... Comparer et distinguer la photo
d’un dessin réalisé sur l’instant (pas forcément par les
élèves), d’une peinture réalisée de mémoire
quelques jours après.
-Fabriquer une image: autour de sa photo d’identité collée sur
un support papier, l’enfant ajoute des images d’objets, de personnes, d’animaux
qu’il affectionne particulièrement.
- L’enseignant propose à chaque enfant une image papier (journal, magazine,
publicité, mode, etc.). Il donne ensuite comme consigne : « Il
arrive un accident à cette image. Imaginez-le. » Les réponses
possibles sont multiples : image déchirée, raturée, tachée
d’encre, pliée, mouillée, froissée, trouée, etc.
On s’interroge alors sur les effets que produisent ces actions et sur le sens
donné à ces nouvelles images.
- Chaque enfant reçoit deux images différentes représentant
une maison. Sur une des deux images, il ajoute des éléments de
l’autre pour créer une maison imaginaire. (Variante : associer une image
photographique et un dessin.)