Appelé à tort Le Sommeil d'Antiope, ce tableau représentant Vénus, Cupidon et un satyre a été peint vers 1530. Le paysage à l'arrière plan, sombre, contraste avec la blancheur éclatante du corps nu de Vénus. L'ensemble est organisé selon une composition dissymétrique .La lumière baigne la scène d'une chaleur blonde et sensuelle, inspirée des peintres vénitiens. La douceur et le" flou vaporeux ", le sfumato, empruntés à Léonard de Vinci, nimbent les visages des trois personnages. Les corps sont disposés suivant des courbes sinueuses ; on reconnaît là en Corrège le maître du raccourci qui donne aux poses des personnages une certaine instabilité , et suggère le mouvement. Le dessin raffiné, presque maniéré, plein de légèreté, annonce déjà l'esthétique baroque.
Le Corrège dépeint ici, avec des " nuances suaves et tendres " , ainsi que l'a dit Stendhal, une scène érotique : Vénus se livre à la volupté, au plaisir sensuel, suggéré par les arabesques de son corps.
photo Erich Lessing ©[Louvre.edu]
 
 Le Corrège : Le sommeil d'Antiope  "Boche et Bibi -la-Grillade ricanaient, en se montrant du coin de l'oeil les femmes nues ; les cuisses de l'Antiope surtout leur causèrent un saisissement."