......A - La pesée des actions
..........Souvent, les égyptiens
disent qu'au moins dans l'autre monde, ils sont débarrassés
de leurs rivaux et ennemis et qu'ils connaissent enfin le repos.
.........Pour entrer dans l'au delà,
une étape redoutable attend tous les défunts, c'est
les pèsement des actions.
Setna, fils du roi Ousimarê, eut la chance extraordinaire
de pénétrer vivant dans l'Amentit. Il y aperçut
Osiris, le grand dieu, assis sur son trône d'or fin et couronné
d'un diadème à deux plumes, Anoup, le grand dieu
à sa gauche, le grand dieu Thot à sa droite, les
dieux du conseil de l'Amentit à sa gauche et à sa
droite, la balance dressée au milieu en face d'eux, où
ils posaient les méfaits contre leurs mérites tandis
que Thot remplissait le rôle d'écrivain et qu'Anoup
leur adressait la parole. Il y avait trois grands principes d'inculpés
:
. ceux dont les méfaits étaient plus nombreux que
les mérites ; ils étaient livrés à
la chienne Amaït
. ceux dont les mérites l'emportaient sur les méfaits
; ils étaient amenés parmi les dieux du conseil.
. ceux dont les mérites équivalaient aux fautes
; ils uvraient à servir.
...........La salle du tribunal s'appelle
la salle des deux vérités. Osiris y trône
dans une chapelle et ses deux surs, Isis et Nephtys sont
debout derrière lui. Les assesseurs s'alignent au fond.
Au milieu se trouve une grande balance dont le support est orné
tantôt de la tête de la vérité tantôt
de celle d'Anubis ou de celle de Thot. Le défunt, vêtu
d'une robe de lin est introduit par Anubis. Il salue son juge
et tous les dieux présents. Puis, il prononce une longue
déclaration d'innocence composée de phrases négatives
: " je n'ai pas fait de pêchés contre les
hommes, je n'ai pas calomnié dieu, je n'ai pas brutalisé
le pauvre... "
..........Comme il craignait
de ne pas être cru, il recommençait sa déclaration
d'innocence en s'adressant successivement aux quarante-deux dieux
qu'il avait salués en entrant et qui portaient des noms
terrifiants : "briseur d'os", "mangeur de sang",
"annonceur de combat"...
Il affirmait ne pas craindre le jugement final et prétendait
avoir fait ce que disent les hommes et qu'approuvent les dieux.
..........Il ne restait plus qu'à
tirer la solution de cette épreuve en mettant, sur un plateau
de la balance, le cur du défunt et,sur l'autre, une
statuette de la vérité. Le chapitre XXX du Livre
des morts a été écrit contre le danger
probable que le cur puisse contredire et démentir
son maître. La lecture du chapitre CXXV suggère que
le mystère du jugement comportait deux actes. Tout d'abord,
c'est Osiris qui faisait reconnaître son innocence : s'adressant
au dieu Râ, il prouvait par trente-six phrases qu'il n'avait
à aucun moment de l'année commis de mal.
Un cur de lapis-lazuli (pierre précieuse), gravé
au nom du candidat était mis sur un plateau de la balance;
l'image de vérité sur l'autre, chacun pouvait alors
constater que les deux plateaux se faisaient équilibre.
Le candidat était ainsi solennellement reconnu juste de
voix et enregistré. Il pouvait regagner sa demeure, sûr
qu'on ne lui fermerait pas les portes de l'autre monde.