............B - La momification
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la mort d'un égyptien, ses proches prenaient le
deuil pour au moins soixante dix huit jours. Ils renonçaient
à toute occupation active et demeuraient à la maison,
prostrés et silencieux. S'ils devaient sortir, ils se barbouillaient
la figure de limon et se frappaient continuellement la tête
avec les deux mains.
.......Les proches remettaient le
mort à l'embaumeur afin d'assurer sa protection et la conservation
perpétuelle de son corps, afin qu'il puisse continuer à
vivre dans la tombe et que les principes immatériels de
sa personnalité puissent trouver en lui un support permanent.
Ce souci de conservation amène à la momification,
avec des rites matériels pour soustraire les chairs à
la putréfaction et avec des rites magiques pour faire appel
aux puissances supérieures.
...La momification était pratiquée
vers 2700avant JC. Réservée d'abord au roi et à
ses proches, elle s'étendit à toute la population
et resta en honneur jusqu'au Vème siècle de notre
ère. Pour être momifié, le cadavre était
remis à des prêtres spécialisés qui
enlevaient tous les éléments susceptibles de se
corrompre : le cerveau était retiré du crâne
par les narines au moyen de crochets et d'un dissolvant végétal
; les poumons, le cur, les intestins étaient enlevés
par incision de l'abdomen. La cavité était rituellement
lavée et purifiée puis recousue. On recouvrait ensuite
le cadavre de natron (carbonate de sodium) pendant soixante dix
jours. Il était alors lavé, les cavités (crâne,
poitrine, abdomen) étaient remplis de résine et
de tissus imprégnés d'aromates de façon à
redonner au corps les formes de la vie. Les organes étaient
placés dans les vases canopes.
Le corps, après le lavage était enveloppé,
membre par membre, dans des bandelettes de lin imprégnées
de gomme. Les doigts, particulièrement fragiles, étaient
enfermés dans des doigtiers d'or ou d'argent. Pour finir,
le corps était enveloppé dans un ou plusieurs linceuls
bien ficelés, puis on plaçait un masque sur le visage
à l'image du mort. Avant d'envelopper le mort, on plaçait
entre ces jambes un exemplaire du Livre des Morts, guide
indispensable de l'autre monde. Ces papyrus permettaient au mort
de rejoindre, par un voyage chaque jour renouvelé, dans
un cycle éternel, son père éternel : Râ.