En l'absence de La Vierge, transférée au Prado, Le jeune Mendiant nous fera comprendre ce que Zola, ami de Manet, qui s'inspira si souvent des gamins des rues du peintre espagnol, pouvait aimer chez Murillo. Ce tableau représente un enfant de la rue avec une souriante désinvolture dans une observation bienveillante et un manque d'intention moralisatrice. Le jeune garçon est représenté dans la lumière du crépuscule.
Murillo a joui d'une renommée internationale du début du XVIIIe jusqu'à plus de la seconde moitié du XIXe. Il fut pratiquement à cette époque l'unique maître de la peinture espagnole connu à l'étranger. Aujourd'hui, pourtant, il est tombé dans un relatif oubli. Murillo fit son entrée au XVIIIe dans toutes les collections de l'aristocratie anglaise, et de tous les peintres espagnols ce fut celui qui tenta le plus les maréchaux de Napoléon au moment de l'invasion française en Espagne. Cela tient à ce que son art, tendre et délicat, préfigurait le rococo et un certain sens académique qui domina le goût des collectionneurs jusqu'à l'apparition de l'impressionnisme.
photo Erich Lessing ©[Louvre.edu]
 
 Murillo : Le jeune mendiant  "Et, tout au bout,le ménage Gaudron, l'homme la bouche ouverte, la femme les mains sur son ventre, restaient béants, attendris et stupides, en face de la Vierge de Murillo."