La jeune fille est au centre de la composition, tout semble s'organiser autour d'elle : à sa droite, un homme lui tend un petit miroir rectangulaire afin qu'elle puisse apercevoir le reflet de sa coiffure dans un second miroir, ovale et de plus grande taille. Le corps de l'homme, éclairé et vêtu de rouge, semble se fondre dans le décor, tandis que celui de la jeune fille, d'une blancheur éclatante, est mis en relief. Le reflet lumineux au creux du miroir vient ponctuer le tableau, avec les vêtements et le visage de la jeune fille, de taches de lumière. L'homme, dissimulé dans le fond du tableau, incitant la jeune femme à se complaire dans les apparences, pourrait être vu comme une incarnation du Trompeur, du Diable qui entraîne la jeune femme dans le pêché de vanité. Le Titien a en effet voulu faire de ce tableau une allégorie de la Vanité, et lui conférer une valeur morale mais on peut y voir aussi une célébration sensuelle de la beauté féminine. Au XIXème, les impressionnistes reconnaîtront en Titien le premier peintre à avoir compris que la couleur possédait une valeur propre. La qualité de la lumière, du dessin et de la composition indiquent qu'il s'agit là d'une des oeuvres de maturité du Titien.
photo Erich Lessing
 

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La Maîtresse

 "Comme [Mme Lorilleux] s'intéressait à la maîtresse du Titien dont elle trouvait la chevelure jaune pareille à la sienne, [M. Madinier ] la lui donna pour la Belle Ferronière (...) "