Scolarisation des adolescents du voyage. Rachid, Maria et les autres, 2000, n° 26. 23 p.


couverture


Edito

Aller au collège pour mieux vivre le voyage

"Si la grande affaire de chaque personne est de réaliser en lui un être autonome, celle d'une société est de mettre en place une organisation donnant à chacun les moyens nécessaires pour devenir celui qu'il a choisit d'être."Albert Jacquard, Extrait de "Inventer l'homme" Ed. Complexe

Plus d'un siècle après la loi Ferry, la grande majorité des enfants tsiganes et voyageurs ne fréquentent pas l'école. Les raisons en sont multiples (de l'évident problème du stationnement aux difficultés de l'Ecole visà-vis des cultures minoritaires en passant par les représentations stéréotypées...). Cependant, des changements s'amorcent et les parents que je rencontre semblent s'intéresser de plus en plus à l'école et lui reconnaissent un rôle de transmission de certains apprentissages nécessaires pour affronter un environnement où la connaissance de divers codes s'avère indispensable. Les enjeux économiques de la société actuelle obligeront les nouvelles générations à prendre position face à l'école. Le marché du travail traditionnel est de plus en plus réduit pour les populations tsiganes et voyageurs. Il s'agit souvent de régler un problème de survie. L'accès à l'écrit, aux technologies nouvelles, à une qualification (réglementairement imposée) est nécessaire pour que ces populations ne se sous-prolétarisent pas. Grégorio RUIZ, président de LANSO (association tsigane), l'affirme : "repartir sur les routes sans avoir un métier, c'est pas possible".
Il ne s'agit pas plus de prendre la scolarisation comme prctexte pour sédentariser les nomades que d'invoquer le nomadisme comme prétexte pour ne pas scolariser. L'Ecole doit répondre à un double défi : accueillir et former pour donner les moyens d'un nomadisme actif et dynamique, et permettre aux enfants de construire leur identite tsigane en conciliant tradition et modernité. Chaque jour, des enseignants, des élus, des associations (tsiganes ou non) des travailleurs sociaux oeuvrent ensemble pour lutter contre l'exclusion. Les divers comptes-rendus d'actions qui vous sont présentés ciaprès démontrent que la nécessité de penser la souplesse dans chaque dispositif s'impose au regard de la problématique complexe de la relation à l'Ecole. Il s'agit de dépasser les clichés, d'admettre la variété d'une population qui, de fait, résiste aux stéréotypes réducteurs.

En rendant compte dans sa publication de projets innovants concernant la scolarisation au collège, le CEFISEM du Nord-Pas-de-Calais participe pleinement à la mutualisation d'expériences, partage nécessaire et utile, car il est important que tous les acteurs possèdent une information suffisante qui les conduise à substituer aux attitudes de méfiance, d'abstention et de rejet, une démarche plus conforme aux droits de l'homme et à notre Ecole républicaine : accueil, compréhension et solidarité.

Jean-Pierre MOLLIERE

Chargé de mission Scolarisation des Enfants du Voyage,
Inspection Académique du Nord

 

Sommaire

Edito, J.P. Mollière

Qui es-tu Gitan ?, CEFISEM de Strasbourg

L'enfant Tsigane, Marie Patrice Meurisse

Historique de la scolarisation des enfants tziganes dans le département du Nord, Martine Watrelot

L'antenne Scolaire Mobile, Yves Michel Bontink

L'accueil des adolescents tziganes au collège Camus de Lille, Martine Watrelot

La classe d'accueil du collège Camus de Lille, Maryline Depret

L'accueil des adolescents du voyage au collège St Exupéry d'Hellemmes, Dossier collectif

L'expérience du collège Littré de Douchy, Alain Colin

Textes et circulaires
Références