ROBERT, Christophe. Éternels étrangers de l’intérieur ? : les groupes tsiganes en France. Paris : Desclée de Brouwer, 2007. 452 p.

couverture revue du CRE n° 18

"Qui sont vraiment les «Gens du voyage » ? Peu satisfaisante, cette appellation renvoie à un ensemble de petits groupes de traditions, de religions et d'histoires souvent différentes qui s'auto-désignent Roms, Gitans, Manouches ou Yéniches. Quatre cent mille en France, les Tsiganes, qu'ils soient sédentaires ou nomades, intriguent, suscitent de la fascination, provoquent le rejet. Comment les définir ? Pourquoi ces populations se sont-elles distinguées de celles qui les entourent ? Comment s'approprient-elles les réalités du monde auquel elles participent ? Quelles sont la nature et l'origine du rejet dont les populations tsiganes sont victimes ? C'est tout l'objet de la recherche présentée ici par le sociologue Christophe Robert, pour mieux s'interroger sur l'affirmation de modes de vie et de positionnements en rupture avec le reste de la société." (Présentation éditeur).

Table des matières

Préface d'Alice Ferney
Préambule

INTRODUCTION
I. DIVERSITÉ ET HOMOGÉNÉITÉ: ENTRE IDENTITÉ ET COHÉRENCES SOCIOCULTURELLES

A. De l'origine commune au processus de diversification communautaire
1. La diversité des parcours géographiques
2. Les revendications politiques et culturelles d'une unité Rom
3. La pluralité des désignations
4. L'uniformité des perceptions extérieures

B. De la diversité culturelle à la cohérence d'un ensemble
1. La socio-anthropologie comme projet d'articulation théorique
- Une nouvelle approche du monde contemporain
- Premier aperçu des concepts socio-anthropologiques

2. Convergence de dynamiques socioculturelles et cohérence d'un « ensemble populationnel »
- Prééminence de la dimension familiale et communautaire
La famille comme première unité de regroupement et de référence
L'organisation Productive communautaire
- L'opposition Tsigane/Gadjé comme partage du monde social
- Entre cohérence et identité

II. L'ITINÉRANCE: ERRANCE POUR LES UNS, DYNAMIQUES SOCIALES POUR LES AUTRES
Pourquoi isoler la pratique du nomadisme ?
A. Les conditions « juridiques» de l'exercice de l'itinérance en France
 1. Une histoire marquée par le rejet et la volonté de contrôler des groupes minoritaires
- Du carnet anthropométrique ...]
- [...] aux lois de 1990 et 2000 qui se concentrent sur la question de l'habitat mobile
L'instauration d'une politique d'espaces réseroés pour les nomades
La loi Besson de 1990 et sa faible application
La relance juridique de la loi Besson

2. Les limites de la réponse juridique aux besoins des populations itinérantes
- Un contexte de rejet permanent qui ne cesse de rendre plus conflictuelles les relations entre sédentaires et itinérants
- Une multiplication des aires qui ne présage en rien des conditions d'habitat des groupes itinérants
- L'aire d'accueil comme espace de contrôle social
- Les effets pervers de mesures juridiques inadaptées

B. Entre ancrage et mobilité
1. Des modes alternatifs d'insertion dans l'espace
- La difficile appréhension de l'opposition entre sédentarité et nomadisme
- Quand l'itinérance se détache de l'errance pour se structurer en « polygones de vie »

2. Les difficultés rencontrées par les populations fixées localement en habitat mobile
3. L'articulation ancrage/mobilité comme condition d'une meilleure inscription dans l'espace

III. QUAND LES GROUPES TSIGANES RÉINTERROGENT LE PRINCIPE DE COEXISTENCE CULTURELLE
A. Un modèle politique français peu enclin à l'expression des différences culturelles
1. Un cadre sociopolitique qui conduit soit à effacer les différences et les dynamiques culturelles ...
2 ... soit à isoler les particularismes culturels

B. Des représentations sociales négatives qui dépassent la seule méconnaissance des pratiques tsiganes
1. Des biens jugés illégitimes
2. Le mythe de la menace et son corollaire: la réponse sécuritaire
3. En toile de fond, une volonté explicite de sédentariser

 

IV. L'« ENSEMBLE POPULATIONNEL TSIGANE» EN MOUVEMENT
A. Entre participation et appropriation tsiganes
1. Éléments de participation au monde contemporain
2. Les modes d'appropriation tsiganes et l'instauration de sens : l'exemple de l'institution scolaire
- Dimension historique et sociale de l'instruction publique des Tsiganes
- La hausse de la fréquentation scolaire : une dynamique contemporaine
- Le positionnement scolaire des jeunes filles gitanes

B. Les limites du processus de détachement/résistance des Tsiganes
 1. Le cas de la scolarisation de jeunes garçons au sein d'un groupe de gitans sédentarisés
- Quand la fréquentation scolaire se détache de l'appropriation gitane
De la scolarisation des jeunes garçons gitans...
... à l'émergence d'un «construit»
- Continuité ou perte de vitesse des principes actifs productifs communautaires ?
Savoir-faire et transmission des savoirs
Confrontation des principes éducatifs scolaires et de l'organisation socioculturelle gitane

2. Les implications négatives d'une sédentarisation « forcée » au regard d'une sédentarisation « choisie »

C. De la force de l'entre-soi à l'émergence de nouvelles affirmations

EN GUISE DE CONCLUSION
Annexes méthodologiques
Bibliographie

A lire :

- Extrait de la préface d’Alice Ferney :
http://www.fondation-abbe-pierre.fr/_pdf/eternels_etrangers.pdf

- Les Tsiganes, « éternels étrangers de l’intérieur » ? entretien avec Christophe Robert sur le site de l’Observatoire des inégalités
http://www.inegalites.fr/spip.php?article889

Centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage
Centre académique de ressources pour l'éducation prioritaire
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