[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Mise à jour : octobre 2006
Les relations école/famille sont marquées par une série de discours et de représentations stéréotypés et sclérosés de part et d'autre .
- Regards des enseignants sur les familles : elles sont souvent taxées de démissionnaires, consuméristes, laxistes, absentes ou au contraire trop présentes, se mêlant de tout et surtout de ce qui ne les regarde pas, exigeantes, voire envahissantes, contestant le pouvoir et le savoir de l'enseignant.
- Regards des familles sur les enseignants : ils sont souvent perçus comme trop laxistes ou autoritaires, absentéistes ou j'm'en foutistes, fonctionnaires accomplissant à peine leurs heures de cours, privilégiés car bénéficiant des vacances scolaires, peu ou pas à l'écoute des élèves et des familles. Mais beaucoup de parents se déclarent satisfaits de l'école et des enseignants.
Tant que l'on restera dans les caricatures, le devenir individuel, scolaire et professionnel des enfants aura peu de place dans les liens école/famille. Il s'agit avant tout de se préoccuper de leur éducation.
La relation école/famille est valorisée depuis quelques années comme un des éléments majeurs de la réussite scolaire. L'objectif des 80 % d'élèves au niveau Bac est déjà atteint dans les catégories socioprofessionnelles moyennes ou aisées, mais ce seuil est à peine franchi par 30% des enfants d'ouvriers [1].
On voit donc que l'école bute toujours sur la question des enfants de milieu populaire, concentrés dans les quartiers d'habitat social et dans lesréseaux d'éducation prioritaire.
Dans un environnement social et économique défavorisé, les enseignants ont à travailler avec des familles populaires précarisées, quelles que soient leur origine (française ou étrangère) et leur trajectoire. Ces familles vivent une certaine relégation sociale, corrélée à la relégation économique et territoriale.
La question des inégalités sociales est souvent en relation directe avec les inégalités scolaires. On ne sait pas exactement de quelle nature est ce lien, mais il existe, pas systématiquement mais assez massivement.
En réseaux d'éducation prioritaire où l'on trouve une forte concentration de population défavorisée, on a introduit l'idée de la discrimination positive : "donner plus à ceux qui ont moins".
L'objectif, c'est la démocratisation de la réussite scolaire mais l'école ne peut agir seule pour l'atteindre, d'où l'idée de partenariat et d'implication des familles.
L'implication des parents est plus visible et plus fréquente dans les milieux aisés que dans les milieux populaires où elle semble peu présente. Pourquoi ? Comment analyser ce phénomène et surtout que proposer pour tenter d'impliquer les familles ?
La plupart des chercheurs insistent depuis une décennie sur le malentendu entre le milieu scolaire et les milieux populaires. Les enseignants, les partenaires, les familles elles-mêmes le constatent, sans pouvoir en déterminer clairement la cause.
Afin d'essayer de resserrer les liens entre l'école et les familles populaires, il semble indispensable au préalable de se questionner sur les points suivants :
- ce qu'on entend par l'implication des familles à l'école
- les attentes des enseignants par rapport aux familles
- la nature des actions déjà entreprises dans les établissements et les classes
mais également
- ce que sont les familles populaires
- en écoutant leur parole, leur rapport au système scolaire par leur voix ou celle des partenaires du secteur associatif ou social travaillant avec elles.
Essayons de prendre du recul, d'interroger nos pratiques, nos représentations, nos manières de voir à la lumière des débats et des éclairages de quelques chercheurs, dont la parole n'est pas parole d'évangile, mais contribution à l'analyse et à la réflexion.
Rappelons que le champ des recherches est ouvert et trés large, et que le savoir théorique et pratique sur le partenariat école/familles populaires est en construction.
Acceptons enfin de débattre sur la professionnalité de l'acte enseignant dans la relation école/famille.
Présentation rédigée par Catherine Colnot, formatrice au CASNAV - CAREP
[1] Statistiques de 1995 citées par Gérard CHAUVEAU dans A l'école des banlieues, ESF, 1996.