[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Janvier 2003
Il peut l'utiliser pour se faire obéir (donner des ordres, imposer, menacer) avec les moyens qu'il a à sa disposition : les récompenses et les punitions. Il le fera d'autant plus naturellement qu'il a été lui-même soumis à ce même pouvoir lorsqu'il était élève
Dans les deux cas, l'élève est en réaction par rapport à l'enseignant et ne se positionne pas par rapport à la tâche.
Exemple : un élève qui refuse obstinément de travailler ; l'enseignant peut le contraindre par des menaces, des punitions ; ou il se soumet ou il se révolte mais dans les deux cas son choix va se jouer par rapport à l'enseignant et non par rapport à son travail.
Exemple : dans une classe où l'enseignant est autoritaire, s'il quitte la salle un instant, les élèves vont se défouler, faire n'importe quoi ; ils n'ont pas appris l'autodiscipline.
(autorité : du latin "auctor" = auteur)
- n'est pas innée ;
- ne se réduit pas à un charisme ;
- se décompose en comportements observables qu'il est possible d'acquérir par un travail permanent sur soi-même ;
- ressemble à la « séduction de l'être » (Mireille Cifali) qui n'abuse pas de l'autre car elle ne joue ni sur l'emprise ni sur la rouerie ;
- repose sur la cohérence entre le dire et le faire.
1. Devenir auteur de soi-même au sens de s'autoriser à..., c'est-à-dire développer sa propre personnalité, acquérir des compétences, « faire autorité ».
2. Permettre aux autres de devenir « auteurs » d'eux-mêmes (au sens de « augere » : faire croître) c'est-à-dire d'acquérir la responsabilité de leurs actes, d'être autonomes, soit progressivement d'acquérir eux-mêmes de l'autorité.
3. Exercer une relation d'influence supposant du respect et de l'estime, visant à obtenir l'adhésion sans faire appel à la force. C'est donc le contraire d'être autoritaire, c'est-à-dire d'utiliser son pouvoir pour contraindre.
4. Vaincre sa peur : se faire confiance mais aussi faire confiance à l'élève.
se faire confiance = oser être soi-même, authentique, sans vouloir jouer un personnage ou se cacher derrière un masque professionnel ; accepter de se tromper sans se sentir menacé. C'est paradoxalement quand l'enseignant se montre le plus humain donc vulnérable, qu'il se situe comme une personne respectant les élèves, qu'il se fera lui-même respecter.
faire confiance à l'élève : pas de confiance aveugle, mais confiance qui s'accompagne de discernement : c'est la capacité à prendre des risques en les ayant mesurés, c'est-à-dire aussi en ayant déjoué les pièges possibles.
5. Établir son autorité par une manière d'être, un « être présent » à la classe (regard - voix - tonicité - posture - look)
6. Être à l'écoute de ses sentiments, émotions, attentes.
7. Être capable de repérer les enjeux de pouvoir, les stratégies personnelles présents dans la classe, de les suspendre pour un moment, c'est-à-dire être capable d'arbitrer, de rassembler, en prenant en compte le désir de grandir qui habite chacun.
8. Être garant de règles définies ensemble, être juste dans leur application et renoncer ainsi à la violence.
9. S'outiller par l'acquisition d'un ensemble de moyens d'intervention pour gérer les perturbations.
10. Avoir une bonne perception d'autrui (filtrage régulé).
11. Reconnaître explicitement la souf France de l'élève (écoute empathique).
12. Apprendre à s'excuser en tant qu'adulte lorsque des propos non respectueux nous échappent.
13. avoir de l'attention aux différentes manifestations de la classe.
14. Accepter les conflits et apprendre à les réguler.
Ces compétences sont nécessaires pour « faire autorité ».
L'autorité c'est poser une valeur dans la relation.
Pour une synthèse de situations de pouvoir - autoritarisme - autorité dans la classe, consulter le document :
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Synthèse réalisée par Monique FRANCK, CASNAV-CAREP de Nancy-Metz, 2003
Sources
Elèves « difficiles », profs en difficulté, M.-Th. AUGER, C. BOUCHARLAT, Chronique sociale, 2001.
Classes difficiles, J.-F. BLIN, C. GALLAIS-DEULOFEU, Delagrave, 2001.