[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Mai 2007
Source
Tozzi, Michel (coord.). Vers une socialisation démocratique. Cahiers du CERFEE n° 15, 1999.
Notes de lecture par Monique Franck, CASNAV-CAREP de Nancy-Metz
I - Par un certain rapport à la loi
La loi organise les règles du « vivre-ensemble » : la loi est donc socialisatrice dans un pays, une classe.
La loi organise les règles du « vivre-ensemble en apprenant » et articule un rapport au savoir : la loi est donc scolairement socialisatrice.
La loi doit être expliquée et l'intention du législateur explicitée pour qu'elle n'apparaisse pas comme une transcendance opaque à laquelle il faut d'autorité se soumettre.
La base du contrat social démocratique qu'un éducateur doit expliquer et faire vivre est : la loi ne peut interdire à tous que parce qu'elle permet à chacun.
II - Par un certain rapport au savoir
Un processus scolaire démocratiquement socialisateur implique l'ouverture d'un espace d'expression, y compris des conflits, de discussion, de propositions, de négociation et de décisions ou de compromis acceptables par les parties.
Un fonctionnement démocratique de la classe implique :
- Des procédures : ce sont les règles explicites de fonctionnement.
Ex. : On lève la main pour parler, on ne coupe pas la parole, on a priorité si l'on n'a pas encore parlé.
- Des processus : ils opèrent une régulation des conflits interpersonnels et groupaux , instaurent une confiance mutuelle et autorisent des désaccords sans entamer le respect des personnes.
- Un cadre spatio-temporel : ce sont les temps pour la discussion, la décision, la régulation.
III - Par un certain rapport à l'éthique
Ce qui donne un sens démocratique à la loi et aux règles, ce sont des valeurs qui s'incarnent dans les droits de l'homme et du citoyen.
La socialisation démocratique vise des attitudes finalisées par ces valeurs.
IV - Par un certain rapport au langage
Le langage, oral et écrit, comme moyen de communication et véhicule de la culture, est socialisateur car il relie à autrui et ouvre à l'humanité par l'accès à une pensée et un savoir collectifs.
Il l'est démocratiquement s'il détermine un espace communicationnel où se partagent le pouvoir et le savoir. Partager la parole, c'est partager le pouvoir : qui parle ? et combien de temps ? pour quoi dire ? C'est par l'inter-action langagière que l'individu fait l'expérience d'un pouvoir et que se structurent la pensée et le rapport au savoir.
V - Par un certain rapport au savoir
Le rapport au savoir est socialisant dans la mesure où il donne les clefs humaines de la compréhension du monde.
Une scolarisation démocratique cherche à donner du sens au savoir humain, pour qu'il soit désirable.
Le savoir n'est démocratiquement socialisateur que si l'éducateur sait faire partager sans l'imposer.
Il doit mettre en œuvre des méthodes de co-construction du savoir et de co-construction des règles.
Les éducateurs doivent être des référents-adultes crédibles ; ils doivent faire-vivre la démocratie et pas seulement en parler de façon injonctive ou moralisatrice.
L'exigence de démocratie à l'école est le symptôme dans une société dont le tissu social s'affaisse, de la nécessité de refonder le lien social.
Viser à plus de démocratie à l'école est aussi une avancée qualitative dans la pratique éducative.