[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Mise à jour : juillet 2006
Présentation de quelques difficultés qui peuvent se présenter lors de l'apprentissage du français par les élèves dont la langue d'origine est l'albanais, l'allemand, l'arabe, l'italien, le romani, le russe, le turc.
Pour des raisons techniques, l'écriture phonétique (API)
n'a pas pu être respectée dans ce document. L'écriture entre parenthèses correspond à une transcription proche du français. L'écriture entre crochets correspond à une écriture phonétique.
Par Patrick Dugand, Annie Huvet (pour le romani)
Visualiser les voyelles françaises
« Il semble que tous les enfants du monde, lors de l'acquisition définitive de leur système phonologique, apprennent en premier les voyelles et les consonnes communes à toutes les langues du monde, les plus universelles, et apprennent en dernier les phonèmes qui se singularisent davantage. La première voyelle acquise est une voyelle ouverte , le / a /, suivie d'une voyelle fermée d'avant, le / i /, puis d'une voyelle d'arrière également fermée, le / u /. Ces trois voyelles forment le système minimal, les autres venant se situer par rapport à elles, et ce, en nombre infiniment variable d'une langue à l'autre ».
- Ne pas faire travailler les oppositions é / è (opposition menacée).
| En albanais | - y est voisin du [u] français mais plus sourd; - ë est un [e] français court, comme celui de petit, il est souvent parfois très proche d'un [a] |
|---|---|
| En allemand | 18 voyelles Le système phonologique des voyelles toniques est dominé par une opposition de quantité: l'allemand possède sept voyelles brèves, huit voyelles longues et trois diphtongues (ai) (au) ( y). Les voyelles brèves sont toujours moins fermées et moins tendues que les longues. En Allemagne du Nord on ne distingue pas entre lege et läge. Les voyelles s'allongent par l'addition d'un h ou d'un e [ex : Meer (mer) ou mehr (plus)]. |
| En arabe | 3 voyelles : [ ae ], [ ie ] et [ ue ] Triangle vocalique minimum Nombreuses confusions : voyelles ouvertes et voyelles fermées Exemple : [ e ] = [ ie ] (dériger / diriger ) [ ye ] = [ ie ] (bureau / bireau) Les voyelles nasales n'existent pas : Confusions : on / an |
| En italien | L'italien n'utilise pas de voyelles nasales (sauf cas des dialectes). Le n "tombe" dans les mots comme ispettore (inspecteur) istrumente (instrument). Absence du [y]. E (é)(è) Elena (élèna), Hélènebello (bèl-lo), beau U (ou), même après g ou q utile (outilé), utilequattro (kouatro), quatreguerra (gouèrra), guerre AI (aï) aiuto (aïouto), aide EU (éou) Europa (éouropa), Europe OI (oï) noi (noï), nous voyelle + consonne pas de son "nasal" : chaque lettre est prononcée séparément vento (vè-nto), vent |
| En romani | C'est une langue orale avec de nombreuses variantes de prononciation selon les groupes. Pas de son : (an), (on) (ain) [ ye ] et (eu) |
| En russe | En ce qui concerne les voyelles, il faut noter : • l'absence de U rendu par IOU - Politbiouro : bureau politique • l'existence d'un I sourd, entre le I et le U français, souvent transcrit par un Y. Le système phonétique russe présente, parmi les langues indo-européennes, la particularité d'une grande souplesse d'emploi des voyelles pour former différents dérivés à partir d'une même racine. Par exemple : “ sloushat ” : écouter ; “ slyshat ” : entendre |
| En turc | 8 voyelles Un cas particulier : l'harmonie vocalique. Si la voyelle de la première syllabe d'un mot turc est une voyelle antérieure, les voyelles des syllabes subséquentes sont également antérieures; si elle est postérieure, les autres sont également postérieures. Exceptions : Les mots d'origine étrangère. Attention lors de l'apprentissage du français : Insister sur les mots où l'on trouve une alternance des voyelles antérieures et postérieures. |
Visualiser les consonnes françaises
" (...) Parallèlement, les premières consonnes sont occlusives et labiales, c'est-à-dire prononcées avec les lèvres et la première distinction acquise est celle qui sépare les nasales ( / m / ) et les orales (/ p / et / b /), la seconde, celle qui sépare les labiales ( / p /, / b / et / m /) des dentales (/ t /, / d / et / n /) et l'on reconnaît là évidemment les consonnes initiales des premiers mots de tous les enfants du monde, le nom du père et de la mère : anglais mummy et daddy, serbo-croate mama et tata, russe matuska et bat'uska, etc."
| En albanais | - c se prononce à l'italienne (ts) ; - ç se rapproche du (tch) ; - dh a la valeur du th anglais dans they ; - gj est proche du (g) dur de gare ; - h est toujours aspiré ; - nj correspond au (gn) français de pagne ; - q se prononce (ky) - th a la valeur du th anglais de three ; - x équivaut à (dz) ; - xh se prononce comme le français (dj) - zh correspond au (j) français ; |
|---|---|
| En allemand | Dans le système des consonnes, des fortes s'opposent à des douces; les douces ne sont vraiment sonores qu'entre voyelles, et les occlusives fortes sont aspirées à l'initiale; en fin de mot et devant une consonne forte, l'opposition est neutralisée au profit de la forte (Held = hält ) |
| En arabe | 28 consonnes Les consonnes françaises " p, r (grasseyé) h et v" manquent en arabe. "gu" existe en dialecte. Confusion fréquente entre "p" et "b". |
| En italien | S (s) ou [z] Z [ts] ou [dz] CE (tché) celeste (tchélèsté), bleu ciel CI (tchi) Cina (tchina), Chine GE (djé) gelato (djélato), glace GI (dji) giraffa (djiraffa), girafe GIA (dja) giallo (djallo), jaune GLI ( lyi) très mouillé figlio (filyio), fils GN (gn) agnello (agnèl-lo), agneau CHI (ki) chiave (kiavé), clé CHE (ke) poche (poké), peu GHI (gui) ghirlanda (guirlanda), guirlande GHE (gué/guè) spaghetti (spaguèt-ti), spaghettis SCE (ché/chè) scelta (chèlta), choix SCI (chi) sciare (chiaré), skier consonnes doubles se prononcent très fortement sono (sono), je suis -sonno (son-noo), le sommeil |
| En romani | (j) proche du (j) espagnol (r) roulé comme en italien Importance des sons : (ts), (tch), (tj), (dj), (chj)... Différences entre (t) et (th) et entre (p) et (ph) (fortement aspiré) |
| En russe | Parmi les différences les plus frappantes pour nos habitudes phonétiques, la plus connue est l'existence du R roulé — en fait, un son très différent du R grasseyé. La présence de nombreuses chuintantes CH, TCH, CHTCH frappe également l'oreille. Le russe pratique très largement les mutations de consonnes qui sont un phénomène extrêmement répandu dans de nombreuses autres langues de tous les groupes. Par exemple : 'O adoucissement de G en J (beg : course, donne bejat : courir) -, utilisation de chuintantes : ST se transforme en CHTCH (prostit, prochtchat : pardonner). |
| En turc | 21 consonnes ( 13 sonores et 8 sourdes ) Toutes les lettres se prononcent toujours et de la même façon. Le "h" est toujours prononcé. |
En français, il n'existe pas sur le mot mais sur la phrase ou le groupe de mots.
Langues d'Asie du Sud Est : possibilité d'avoir plusieurs accents pour le même mot.
| En italien | L'accent italien tombe le plus souvent sur l'avant-dernière syllabe au lieu de la dernière en français. L'italien utilise systématiquement l'accent pour distinguer les homonymes. Ex : e : et - è : est da : de la - dà : donne |
|---|---|
| En romani | Généralement placé sur la dernière syllabe pour les mots d'origine indienne et sur l'avant dernière pour les autres mots. |
| En russe | La position de l'accent tonique est variable |
Posent un problème de segmentation : un avion - le n'avion.
Il faut isoler le mot, le passage à l'écrit clarifie.
Jeux d'articulation et de prononciation : par Eva DANYSZ.
[pdf
- 119 ko - 4 pages]
Acquisition d'autres phonétismes : par Patrick DUGAND.
[pdf
- 54 ko - 1 page]
Phonétique et phonologie du français : par Patrick DUGAND.
[pdf
- 490 ko - 6 pages]
Le site « Phonétique » s'adresse aux apprenants étrangers en français. On y trouve des présentations sonores (de l'alphabet français et de l'alphabet phonétique international) ainsi que des exercices de discrimination et des jeux pour aider à appréhender les nouveaux sons et rythmes du français.
Consulter le site
| En albanais | Adoption de l'alphabet latin en 1908. L'alphabet albanais compte 36 lettres. Le système graphique est purement phonétique. Toutes les lettres se prononcent. |
|---|---|
| En allemand | L'orthographe exige que tous les noms communs commencent par une majuscule. Absence d'accents sauf ü. Présence du estset qui a la valeur de ss. (N'existe qu'en minuscule). |
| En arabe | Système graphique très différent du système latin (lettres, sens de l'écriture). 6 lettres semi-isolées. |
| En romani | Actuellement, des travaux d'élaboration d'une langue écrite standardisée sont en cours |
| En russe | Pour qui aborde l'univers culturel russe, l'alphabet cyrillique est certes dépaysant. En fait, apprendre les lettres n'est pas hors de portée, mais ce qui rend difficile l'écriture russe est le fait que la plupart des lettres restent comprises entre deux lignes parallèles sans descendre en dessous de la ligne inférieure (comme p, q, j, g en alphabet latin), ni monter au-dessus de la ligne supérieure (b, d, h). L'aspect de l'écriture est donc d'une grande compacité qu'accentue encore la rareté des mots courts.
On insistera davantage sur l'écriture des lettres p, q, j, g, z, y, b, d, h, f. |
| En turc | Adoption de l'alphabet latin en 1928. Le système graphique est purement phonétique. Il n'existe pas d'association de lettres pour avoir un seul son comme en français. Les signes diachritiques ( 6 signes ) : • ( ^ ) : marque la quantité ( l'allongement ). Exemple : hala ( tante ) hâlâ ( encore) • Accent d'amollissement (se place sur g) • ( ¨ ) : le tema permet de distinguer o / ö et u / ü • ( . ) : le point distingue i / l • La cédille distingue "c" (dj) de "ç" (tch) et "s" de "s" (ch) • ( ' ) : l'apostrophe permet de séparer les nombres et les noms propres de leurs suffixes. Exemple : Erol'un kalemi (Le crayon d'Erol). |
Neuf fois sur dix, l'expression de l'article pose problème.
Tout nom est précédé d'un article (sauf locutions verbales : avoir faim... Et vieilles locutions : amour est...)
Si un enfant élide l'article, on peut penser que dans sa langue maternelle on ne met pas l'article.
L'article est nécessaire en français, il faut insister sur ce point. Donner toujours le nom précédé de l'article. On préférera l'article indéfini (problème du « l' »).
| En albanais | L'albanais connaît un article défini suffixé. Exemple : mal = montagne , mali = la montagne. |
|---|---|
| En allemand | Présence d'articles (indéfinis et définis) mais possibilité de ne pas avoir d'article (en présence d'un adjectif épithète). |
| En arabe | Les difficultés se manifestent surtout là où le français omet l'article. Ex : Il est médecin - Il est un médecin |
| En italien | Voir le tableau |
| En romani | Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il détermine. |
| En turc | Pas d'article dans la langue turque. Les élèves ont tendance à l'oublier en français. |
Le genre est tout à fait arbitraire.
Exemple : Le soleil en allemand : Die Sonne ( "Die" est féminin ).
Il ne faut pas "sacrifier" le problème du genre pour aider l'enfant.
| En albanais | Les noms se déclinent : il y a cinq cas : • Nominatif : personne ou chose • Accusatif : la personne ou la chose qui subit l'action. • Ablatif : point de départ de l'action, l'origine, l'éloignement. • Datif : point d'aboutissement de l'action • Génitif : exprime la possession Les déclinaisons sont peu différenciées : le génitif, le datif et l'ablatif se marquent généralement par une finale -s, parfois -t, et l'accusatif par un -n. |
|---|---|
| En allemand | Particularité : déclinaisons (4 cas)
• Nominatif : cas du sujet et de l'attribut du sujet (en allemand Werfall) • Accusatif : cas de l'objet du verbe transitif (Wenfall) • Datif : cas du complément d'attribution et de l'objet indirect (Wemfall) • Génitif : cas du complément déterminatif (Wesfall) |
| En arabe | Comme en français. Erreurs d'ordre générique, par exemple : • sont féminins en arabe : village, jardin, incendie, mouchoir, cartable, arbre, légume, ventre, langage, avion, cahier, minaret, état, soleil... • sont masculins en arabe : lune, patrie, herbe, radio, mosquée, clef, fenêtre... |
| En romani | Déclinaison selon 8 cas :
• Nominatif : sujet • Vocatif : pour interpeller quelqu'un • Accusatif : objet des verbes • Datif : complément d'attribution et objet indirect Prépositionnel : après une préposition ou sans préposition : cela équivaut à un locatif (lieu, temps) • Instrumental : accompagnement, instrument (avec) • Ablatif : point de départ de l'action, l'origine, l'éloignement, la séparation) • Génitif adjectif : possession |
| En russe | Les déclinaisons qui comportent 6 cas rappellent les difficultés du latin, mais elles sont facilement reconnaissables à l'oreille. |
| En turc | Pas de genre grammatical.
Le cas en turc : (6 cas) • Nominatif : personne ou chose • Accusatif : la personne ou la chose qui subit l'action. • Ablatif : point de départ de l'action, l'origine, l'éloignement. • Locatif : lieu ou se trouve quelqu'un ou quelque chose • Datif : point d'aboutissement de l'action • Génitif : exprime la possession |
| En allemand | Le pluriel est marqué par -(e)n. Les noms masculins, féminins et neutres forts ont plusieurs types de désinences au pluriel : -e, e, er. Les masculins se terminant par -el, en, er n'ont pas de désinence particulière au pluriel sauf n du datif pluriel pour ceux qui ne se terminent pas par n (ex : der Wagen Þ pl. die, der, den, die Wagen / der Lehrer pl. die, der, die Lehrer, den Lehrern). Certains prennent une inflexion au pluriel : der Vogel / die Vögel. |
|---|---|
| En arabe | Certains noms contenant l'idée de paire sont au singulier en arabe : Exemple : " Il porte un soulier noir ", " Un long manteau couvre son pied " Certains collectifs sont parfois traduits au singulier. Exemple :" Il a le cheveu noir" D'autres noms au pluriel en arabe correspondent à un collectif français. Exemple : " Les argents que le père gagne". |
| En italien | Voir le tableau |
| En turc | Deux marques du nombre : singulier et pluriel. Le pluriel est marqué une seule fois dans un énoncé par les suffixes "ler" ou "lar" (selon l'harmonie vocalique), ou par un mot tel que l'adjectif numéral, l'adverbe... devant le nom. Exemples : bir at (un cheval) ; bu at (le cheval) ; bes at (5 chevaux) ; bu atler (ces chevaux). |
Le verbe est précédé du sujet (sauf à l'impératif) : rares sont les langues où l'on a cette obligation : français, anglais.
Certaines langues "sautent" la troisième personne qui n'est pas marquée (ex : le khmer, le japonais, le basque...).
| En albanais | Le sujet se place en position initiale et précède le verbe. |
|---|---|
| En allemand | L'allemand compte un nombre très important et toujours accru de verbes à particule. Les particules sont des éléments invariables. Elles s'associent au verbe : - comme particule inséparable (ex :be, emp, ent , er,ge,ver... - comme particule séparable : les deux éléments sont unis par le sens (ab, an,auf, aus, bei...) Le verbe prend la marque du pluriel, il s'accorde en nombre mais non en genre. |
| En arabe | Cela dépend (cf. : la phrase). |
| En italien | Le verbe prend la marque du pluriel, il s'accorde en nombre mais non en genre. |
| En turc | Le sujet se place en position initiale et précède le verbe. Le verbe se trouve à la finale. |
On commencera par le féminin car il est plus simple de retrouver le masculin à partir du féminin.
Ex : blanche / blanc
L'accord et la place de l'adjectif posent des problèmes :
- En français, il peut se trouver devant ou derrière (sens différent) : Ex : Un pauvre homme et un homme pauvre.
- Les adjectifs de couleur sont toujours postposés.
| En allemand | Les adjectif peuvent être employés substantivement. Ils prennent alors une majuscule et se déclinent suivant la règle de la déclinaison de l'adjectif épithète. Ex : Der Kranke, ein kranker. Le comparatif se forme avec le suffixe -er, le superlatif avec -st |
|---|---|
| En arabe | Le genre de l'adjectif possessif dépend de la personne qui détient l'objet.
Exemple : Il a perdu son stylo - Elle a perdu sa stylo. On travaillera sur l'adjectif par imprégnation. |
| En italien | Il existe deux classes d'adjectifs : - ceux qui se terminent par o au masculin singulier et par a au féminin singulier (simpatico, simpatica), - ceux qui se terminent par e au masculin et au féminin singulier (facile, fragile). Au pluriel, ils s'accordent comme les noms. Il peut être placé devant ou derrière le substantif (souvent derrière). Le superlatif est souvent utilisé (piccolissimo, bellissimo...). |
| En romani | Accord de l'adjectif possessif avec le possesseur et avec l'objet possédé.
Adjectif qualificatif : Epithète : Il peut être placé avant le nom : s'accorde en genre et en nombre, ou après le nom : on répéte l'article (il s'accorde en genre, en nombre mais aussi en fonction du cas). Le génitif des substantifs ou des pronoms est un adjectif qui s'accorde en genre et en nombre avec le substantif déterminé. Il peut se placer avant lui. Exemple : La fille de mon frère ou ma (de mon frère) fille. |
| En russe | L'adjectif épithète est toujours avant le nom et le génitif (complément de nom) après le nom lui-même, comme en français. |
| En turc | L'adjectif est toujours placé avant le nom. Il est toujours invariable (ne s'accorde jamais ni en genre, ni en nombre). Si l'adjectif se trouve après le nom ou le substantif, il remplit la fonction du verbe. Exemple : güzel kadin (belle femme), kadin güzel (la femme est belle) |
Le temps de base est le présent (indispensable de savoir conjuguer dans ce temps).
Il faut raisonner de façon analogique (c'est comme...) et contre-exemple.
Les notions temporelles sont très différentes suivant les cultures (à travailler avant la conjugaison).
Cultures islamiques : Ce qui est important, c'est moi et maintenant. Le futur est soumis à la volonté de Dieu (Inch Allah...).
| En albanais | Les verbes se conjuguent, leurs terminaisons marquent le temps et la personne. Verbe être : je suis : jam tu es : je il est : ështe nous sommes : jemi vous êtes : jeni ils sont : janë On remarque l'analogie de ështe avec son homologue français "est". D'une manière générale, la terminaison -ni est celle de la deuxième personne du pluriel. L'infinitif existe en albanais : certains verbes se terminent par j. |
|---|---|
| En allemand | Les verbes allemands se divisent en deux groupes : - les verbes faibles (qui forment le prétérit en ajoutant le suffixe "te" au radical du présent), - les verbes forts (qui forment le radical du prétérit en changeant la voyelle de la syllabe principale). |
| En arabe | Modes et temps : C'est dans le domaine des modes et des temps que nous trouvons les erreurs les plus importantes : problème de distinction entre passé - présent - futur. 3 modes en arabe : - le fait accompli - le fait inaccompli - l'impératif Ces modes correspondent plutôt à des aspects : - l'aspect irréalisé (présent, futur), - l'aspect réalisé (passé) On peut introduire des variations modales et temporelles à l'aide de : - changements vocaliques et consonantiques du verbe, - mots outils qui précèdent le verbe, - affixes verbaux. Le verbe : ETRE - AVOIR et les auxiliaires : Le verbe ETRE n'existe pas. " Il m'a dit que ma mère malade " Dans la conjugaison, être et avoir font défaut, d'où les nombreuses erreurs dans le choix de l'auxiliaire aux temps composés : "J'ai venu - J'ai retourné". Difficultés de l'emploi correct du verbe devenir... Exemple : " Je deviens en colère "... et d'autres verbes tels : faire, laisser, devoir, pouvoir... Exemple : "Il m'a donné un coup qui m'a laissé tomber". |
| En italien | Voir le tableau |
| En romani | Pas d'infinitif et de temps composés.
Etre : se conjugue au présent et à l'imparfait. Au futur, subjonctif, impératif et conditionnel, il est remplacé par les formes correspondantes du verbe venir (devenir) Avoir : n'existe pas. Il est remplacé par la 3e personne du verbe être (présent et imparfait) ou venir (autres temps) suivi de l'accusatif du possesseur. Exemple : j'ai = est (à) moi. |
| En russe | Le principal problème provient des verbes qui, s'ils se conjuguent de façon ni plus ni moins simple qu'en français, expriment des nuances que notre propre langue ignore. Ces différences sont au nombre de deux :
- En premier lieu, chaque verbe russe est en quelque sorte double : le verbe perfectif et l'imperfectif. On utilise l'un ou l'autre d'entre eux selon les cas. A l'impératif, par exemple, le perfectif exprime la politesse, l'imperfectif une certaine rudesse. Exemple : - sadities : asseyez-vous ; - siadtie: asseyez-vous, avec la brutalité que pourrait avoir l'ordre français "assis !" A l'indicatif, les deux verbes, perfectif et imperfectif, se différencient l'un de l'autre par un simple préfixe (po le plus fréquemment), mais parfois il s'agit de deux verbes de racines différentes. Exemple avec le verbe "prendre" : - perfectif vziat ; - imperfectif brat - Je prendrai : ia vazmou - Je prends : iaberou On remarque que le temps présent du verbe perfectif a un sens de futur - L'autre particularité concerne les verbes de mouvement (eux aussi sont doubles), et cela s'ajoute à ce qui vient d'être dit sur les verbes perfectifs et imperfectifs. L'un exprime le mouvement en général : l'oiseau vole ; l'autre un mouvement précis : l'oiseau vole vers sa proie. Dans le premier cas, on utilisera le verbe letet'. Dans le second, le verbe letat. Il en est de même pour les verbes aller, venir, porter, etc. Rares sont les langues ayant une telle particularité. Elle se retrouve cependant en géorgien, qui n'appartient pas au groupe indo-européen. La proximité géographique peut laisser supposer qu'une langue locale antérieure possédait cette caractéristique, transmise ensuite aux deux langues. |
| En turc | Un temps du futur en plus. L'infinitif : pas de groupe de verbes dont la désinence change selon le groupe auquel il se rapporte mais : MEK ou MAK exemple : sevmek (aimer) ; savmak (laisser) ETRE et AVOIR : Le verbe être proprement dit n'existe pas. Pas de verbe avoir en turc, mais il est rendu par le mot VAR (invariable) qui tient office de verbe. La forme négative de VAR est exprimée par son contraire YOK qui se conjugue. |
Sud Est Asiatique : pas de conjugaison. Le système d'appréhension du temps n'est pas du tout le même (système circulaire).
En général, on dit de quelqu'un qu'il parle mal le français lorsqu'il commet des erreurs d'ordre syntaxique et non d'ordre phonologique.
En français, l'ordre des mots est très pertinent.
On rencontre plusieurs structures possibles :
- S + V + C
- V + S + C ? C'est une structure qui va poser beaucoup de problèmes (même chez les petits français).
- S + C + V
| En allemand | Dans la phrase allemande, il ne peut y avoir avant le verbe plus d'un membre de la phrase. Deux positions du verbe : -la deuxième place : Der Lehrer kommt jetzt in die Schule. -la première place : Jetzt kommt der Lehrer in die Schule. (construction normale) A la première place peut se trouver toute une proposition subordonnée (qui remplit la fonction d'objet, de complément circonstanciel). La subordonnée est toujours séparée par une virgule de la principale. Le groupe verbal est placé à la fin. |
|---|---|
| En arabe | Les limites sont plus floues qu'en français (absence de majuscules, phrases longues...). La conjonction "et" peut avoir la fonction du point ou du point virgule. L'élève a tendance à lier des "phrases" par : et... et... et... 2 Types de phrases : - La phrase nominale : phrase qui commence par un nom (le verbe est ressenti comme un complément). Exemple : " Mohamed il vient " ; "Mongi et Hedi ce sont des amis". Les élèves commettent beaucoup d'erreurs du double sujet, du sujet répété. - La phrase verbale : commence par un verbe. Elle est considérée comme étant la plus belle. Exemple : " Vient Mohamed " ; " Il vient Mongi ". Dans une phrase verbale, le verbe est toujours au singulier, même quand le sujet qui suit est au pluriel Beaucoup d'erreurs d'accord. Exemple : " Travaille les élèves ". |
| En romani | L'ordre peut être le même qu'en français. Le verbe peut être mis en valeur en commençant la phrase. |
| En russe | L'ordre des mots russes est très proche de celui du français et montre la même souplesse. |
| En turc | Les phrases sont de type : Sujet + groupe prédicatif. Le déterminant précède toujours le déterminé. |
A l'oral, on n'a pas forcément les deux éléments" ne... pas" (parfois seulement "pas").
On trouve pas après le premier élément verbal (et non derrière le verbe : je n'ai pas mangé - je ne veux pas que tu parles).
Dans certaines langues, l'indice négatif se met en tête de phrase.
| En allemand | La négation est marquée par un seul élément (nicht) . |
|---|---|
| En arabe | La forme négative est obtenue par une particule unique - Omission de "ne" en français. |
| En italien | La forme négative (ne... pas) s'obtient en mettant non devant le verbe : non capisco [je ne comprends pas]. |
| En romani | L'élément qui exprime la négation se place avant le verbe. |
| En turc | On exprime la négation en ajoutant "mi", mi (sans point), "me", "ma" entre le radical du verbe et la désinence temporelle. Exemple : gel mi yor. (il ne vient pas). |
En français on a plusieurs possibilités :
- Utilisation de "Est ce que..."
- Variation vocalique en fin de phrase ( "monte")
- Inversion du sujet et du verbe
Les phrases interrogatives se terminent par " ? " : elles sont facilement repérables.
| En albanais | L'albanais utilise une particule -a- au début des phrases interrogatives (à comparer avec la tournure française " est-ce-que ". Les phrases interrogatives se terminent par " ? " : elles sont facilement repérables. |
|---|---|
| En arabe | Elle est obtenue en arabe, à l'aide d'une particule placée devant le verbe. |
| En italien | La forme interrogative est identique à la forme déclarative, on la reconnaît à l'intonation montante : sei italiano [tu es italien] et sei italiano ? [es-tu italien ?]. |
| En romani | La forme interrogative est identique à la forme déclarative, on la reconnaît à l'intonation montante. |
| En turc | Elle est réalisée en ajoutant les particules "mi", "mi" (sans point), "mu", "mü" (selon l'harmonie vocalique.) Exemple : geliyor mu sun (Viens-tu ?) ; yiyor mu ? (mange t-il ?) |
Pourquoi - Parce que (interrogative - déclarative) : dans certaines langues, on utilise le même mot.
| En albanais | à, dans : même mot = në - Possibilité de confusion. |
|---|---|
| En arabe | Elles sont en nombre réduit. Dans - sur : pas de différence en arabe. Problème de l'ambiguïté de la préposition " dans ". |
| En romani | Gouvernent généralement le cas prépositionnel, surtout avec les pronoms. |
Avec - sans : avec s'apprend bien, contrairement à sans.
En : Pas de référence possible dans de nombreuses langues (notamment en albanais).
Nombreux homophones en français : mes, je mets, mais...
Les enfants sont souvent en situation de malentendus incroyables : " Maîtresse, il a compris ça.... De plus, les enfants entendent encore plus d'homophones qu'on en produit.
Exemples : chou / joue ; carte / garde.
Ils sont importants dans les pays francophones d'Afrique noire.
Ex : Sénégal :
-
gaucher : tourner à gauche
- linger : faire la lessive
- cadoter : faire un cadeau
Le passage à l'écrit est souvent problématique :
- Les enfants ont un code embryonnaire ou pas de code du tout : risque de mélange pour les enfants "fragiles".
- Le français fonctionne différemment à l'oral et à l'écrit.
- L'écrit va déstabiliser l'oral (l'écrit perturbe).
Conseils :
- L'oral doit toujours précéder l'écrit : ne pas faire écrire un mot non oralisé ou un mot qu'on ne connaît pas (problème des dictées).
- Ne pas donner de règles (inutiles et parfois dangereuses).