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[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz 2

Accompagnement d'un élève non francophone

Le soutien ou « coup de pouce » en maternelle pour les enfants non francophones ou peu francophones

Mise à jour : novembre 2002


Idées tirées de l'ouvrage de Clermont, Philippe, Cunin, Annie, Scheidhauer, Marie-Louise. Pour que chacun parle ! : à l'école maternelle et au CP. Strasbourg : CRDP d'Alsace - IUFM d'Alsace, 1997.


Bain de langage

Les enfants non francophones ou peu francophones entrent dans l'apprentissage de la langue française en vivant avec les autres enfants les situations habituelles de la classe. Ils vont ainsi construire progressivement des compétences communicatives, culturelles, linguistiques et langagières dans la nouvelle langue.
Une attention particulière individualisée peut leur être apportée par l'enseignante à des moments « privilégiés » : lors de l'accueil autour de jeux symboliques, de petits jeux simples (lotos, mémorys...), d'albums et histoires, d'imagiers, de photos, du cahier de vie, d'un coin écoute, ainsi que dans les moments informels : habillage, passage aux toilettes, cour de récréation...
Chez les petits, surtout, connaître quelques mots dans la langue d'origine de l'enfant (maman va venir bientôt, on va jouer...) permet dans un premier temps de rassurer l'enfant et de l'aider à construire des repères.

Actions spécifiques pour les enfants non francophones

À partir de la section des moyens.
Cependant, ce bain de langage et de communication n'est pas suffisant : il est indispensable d'aider ces enfants à structurer et mieux comprendre la langue française acquise petit à petit en contexte, sous la forme d'actions de soutien ou « coup de pouce » . Les enfants non francophones sont pris en charge, par groupes de 4 à 6 au maximum, pendant au moins une heure par semaine , avec des modalités différentes selon les écoles et les organisations pédagogiques possibles : 2 séances hebdomadaires de 30 minutes ou une séance hebdomadaire de 45 à 60 minutes....

Organisation pédagogique

C'est au sein de l'équipe éducative qu'il est souhaitable de trouver des modalités pédagogiques de prise en charge de l'atelier de soutien langage :
- dans le cadre d'ateliers jeux éducatifs et langage, avec des mamans bénévoles
- dans le cadre d'un décloisonnement d'école
- dans le cadre du soutien ou de groupes de besoin dans la classe
- avec l'aide d'autres intervenants : mamans bénévoles, aides éducateurs, enseignants des autres classes (notamment enseignants des sections de petits l'après midi) ,enseignants supplémentaires ponctuellement présents dans l'école (remplaçants non employés à d'autres tâches...), enseignant de la CLIN (Classe d'Initiation) lorsqu'il en existe une, souvent implantée au sein de l'école élémentaire du secteur.

Besoins des enfants

- Être rassurés, être en confiance : sortir de sa famille pour la première fois (très souvent) et rentrer dans un nouveau monde, un monde étranger dont ils ne connaissent ni le fonctionnement, ni la langue demande du temps. Certains enfants non francophones réagissent, dans un premier temps à cette situation par le mutisme complet ou le refus de rentrer dans des activités.
- Trouver un moyen de communication commun :
Au début, il s'agira essentiellement d'un langage gestuel , qui sera petit à petit soutenu, suppléé puis remplacé par quelques mots et quelques phrases simples qui contribueront à construire un langage verbal.
- Connaître quelques phrases simples en français : pour pouvoir communiquer avec les autres enfants et avec l'adulte, afin que celui ci puisse répondre aux demandes, désirs, craintes ou problèmes liés à l'intégration scolaire.
- Acquérir quelques mots de vocabulaire de base : vocabulaire relatif à l'école, aux objets de la classe et de l'environnement proche de l'enfant (vêtements, actions simples, jeux et coins jeux de la classe, animaux...)

Rôle de l'enseignant

- Proposer des situations langagières variées et ludiques :
Jouer, écouter une histoire racontée par l'adulte, décrire des images, découper, dessiner, dire des comptines apprises en classe, faire des jeux dans des revues, raconter un livre simple entendu en classe...
Ces situations, proposées sous forme de jeux, sont motivantes pour les enfants qui y participeront avec beaucoup de plaisir.
Du plaisir d'agir, de jouer, viendra le plaisir de parler. Sollicités et encouragés individuellement et au sein d'un petit groupe, les enfants entreront petit à petit dans la communication en langue française avec l'enseignant et les autres enfants.

- Proposer des modèles linguistiques et langagiers :
Grâce à son propre langage, l'enseignant enrichit les connaissances de l'enfant : dialogue, questions, mots et phrases à répéter, pour les mémoriser, vont aider les petits à intérioriser les modèles de l'enseignant, à se les approprier et enfin à les réinvestir dans des situations connues puis nouvelles.
Dès les premières séances, il est important d'utiliser des phrases simples mais complètes et construites, avec des noms, des verbes, des adjectifs.

- Effectuer des bilans réguliers : par exemple, à la fin de chaque période.
Le bilan des acquis peut se réaliser sous forme de notes prises par l'enseignant sur un carnet de suivi :
- le matériel et les supports qu'aime ou n'aime pas l'enfant
- quelques phrases dites par l'enfant (avec la date)
- difficultés rencontrées : participation, prise de parole, inquiétude, mémorisation, quelques mots sans former de phrases, mots en désordre, ignorance des articles...

Un outil : la classe de soutien

Il est indispensable de varier à la fois les activités et le matériel proposé aux enfants, mais il n'est pas nécessaire de multiplier le matériel à l'infini, car les enfants ont besoin de repères, et surtout de faire de nouveaux apprentissages à partir de ce qu'ils ont compris, mémorisé, acquis.
L'idée de la caisse de soutien est de rassembler un matériel précis, bien pensé, qui sera souvent réutilisé, de façons différentes et avec une certaine progression. Elle permet également de ne pas perdre de temps à la recherche de supports pour chaque séance.
Les objectifs de ces supports sont précis :
- Rendre les enfants capables de s'exprimer, d'oser prendre la parole en français.
- Rendre les enfants capables de faire des phrases simples, puis de plus en plus élaborées.
- Acquérir, mémoriser, utiliser du vocabulaire et des structures syntaxiques.
- Entrer petit à petit dans la langue de l'école (consignes, langage de description, de réflexion, d'argumentation...)

Contenu de la caisse

1. Une petite valise avec du matériel utilisé en classe et à l'école: pinceau de colle, de peinture, livre, ciseaux, feuille de papier...
Les enfants agissent dans le cadre d'un mini projet et sont amenés à verbaliser : je prends des ciseaux pour découper, je prends un feutre pour dessiner...
Introduire ensuite un ou plusieurs intrus, un ou des objets qui ne servent pas en classe (exemple : une bouteille d'eau, un casse noix, une râpe à fromage, un miroir...)
On pourra ensuite proposer des jeux de loto, de mémory... avec des photos et images du matériel scolaire à nommer et associer à une action.

2. Des revues d'enfants : Dopido, Pomme d'Api...
Supports à histoires, à langage et à la réalisation concrète d' activités et jeux qui y sont proposés grâce au matériel scolaire .

3. Une méthode de français langue étrangère :
Si l'enseignant souhaite aborder l'apprentissage de la langue grâce à une méthode structurée, qui n'exclut pas les autres supports, il a le choix entre 3 méthodes adaptées aux petits de maternelle :
- Lili, la petite grenouille, basée sur des histoires imaginaires.
- Les petits lascars, basée sur des comptines et jeux de mains.
- Tatou, le matou, basée sur les cinq sens et sur des contes traditionnels.
Chaque méthode contient un ou plusieurs livres pour enfants, un support audio, un cahier d'activités (pour travailler sur les consignes) et un livre du maître (où sont notamment proposés des petits jeux dramatiques et jeux de rôle).

4. Un sac rempli d'objets à toucher :
Ouate, tissus, éponge, grattoir, aiguille à tricoter, peluches, formes géométriques, livre, petite balle, papier, cordelette...
Commentaires attendus : c'est dur, c'est mou, ça ressemble à, on dirait...
Les objets peuvent avoir déjà été découverts, manipulés et nommés au préalable, grâce à un jeu de kim.
On peut renouveler à l'infini le contenu du sac à toucher.

5. Un recueil de poésies, chansons mimées, chants et comptines :
Avec les textes appris en classe, mais également des textes plus particulièrement adaptés à l'apprentissage de structures syntaxiques simples.
Ex . J'ai deux oreilles pour entendre et pour comprendre
J'ai une bouche pour goûter ce qui est sucré, ce qui est salé
J'ai un petit nez rond pour goûter ce qui est bon
J'ai deux yeux pour regarder de tous les côtés
J'ouvre les yeux pour voir
Si je les ferme, il fait tout noir
On peut aussi avoir quelques recueils bilingues, à prêter dans les familles.
L'idéal serait de pouvoir enregistrer ces textes pour les faire écouter aux enfants au coin écoute, en soutien ou en classe.

6. Des imagiers et classeurs photos ou documents iconographiques thématiques :
- imagiers du commerce, français et / ou bilingues (à prêter dans les familles)
- photos d'animaux et de personnages en action, découpées dans des revues.
Ex. Je vois un garçon qui court
Je vois un chat qui joue avec une balle...

7. Des livres ou jeux de devinettes :
Imaginettes : sur l'école, la maison, le jardin...
Ex. J'ai quatre dents et je pique la viande, je suis... (la fourchette)

8. Des photos-langage :
- Album photo de la classe ou de l'école, « album écho » avec des photos de chaque enfant en activité (à réaliser au cours des séances de soutien ou en classe)
- Assortiment de cartes postales et / ou de photos découpées dans des revues pour proposer plusieurs jeux d'expression orale.
- Des photos proposées par des jeux du commerce : plusieurs éditeurs proposent des supports de qualité (ex. Colorcards, Nathan) sur les verbes d'action, les séquences de base, les adjectifs...
Puis les prépositions, les situations insolites, les différences...

9. Des jeux pour parler
- Jeux créés par l'enseignant, à partir des « Jeux pour parler » du CEFISEM  de Nancy-Metz, de « J'apprends la grammaire en parlant  » de M.Kuhl Aubertin.
- Jeux de mémory, dominos ou autres jeux de langage du commerce : jeux
d'association d'idées et d'actions (Ed. Nathan, Eveil et jeux), Vocabulon
junior (Ed. Larousse), Jouer pour apprendre : Elikit (Ed. ELI)...

10. Des livres et albums de littérature de jeunesse :
- Des livres à raconter, pour le plaisir d'écouter une histoire : s'il a été possible de rendre certains livres bilingues dans la langue d'origine des enfants, la démarche est d'associer les familles à la compréhension du récit, en leur demandant de raconter l'histoire aux enfants, à la maison, dans leur langue puis de raconter la même histoire en français dans l'atelier quelques temps après.
- Des livres à structure syntaxique répétitive :
Bon appétit, monsieur lapin, Boujon Claude, Ecole des loisirs
Es tu mon papa ? ,Dijs Carla, Ouest France
Pas moi, dit le singe, Colin West, Grund, 1987
La petite chenille qui faisait des trous, E. Carle, Nathan
- Des livres pour apprendre en jouant
Jouez avec... les mots
Jouez avec les couleurs
Jouez avec les contraires
Isidro et Elena, Horacio, Grund, 1993
- des livres pour acquérir du vocabulaire, des adjectifs, des adverbes...
L'album des contraires, Spier Peter, Circonflexe, 1992
Les contraires, E. Hill, Nathan, 1984 (Cache cache)
Plus ou moins, Delafosse Claude, Gallimard, 1992
Associer, Beaumont Emilie et Selley Lindsey ill, Fleurus, 1992
Où précisément ?, Hoban Tana, Kaléidoscope, 1992
Regarde avec moi, Pragoff Fiona, Père Castor flammarion

 

Centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage
Centre académique de ressources pour l'éducation prioritaire
Rectorat Nancy-Metz (site Saurupt) 28, rue de Saurupt, 54000 Nancy
Tél : 03 83 86 27 33 - Fax : 03 83 86 27 14 - Mél :
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