[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Mise à jour : septembre 2006
Le Lycée L. Bertrand de Briey a accueilli une Algérienne et
une Albanaise, arrivées en France en juin 2000 pour l'une, et en
mars 2000 pour l'autre. Une aide a été peu à peu mise
en place, par le biais de deux professeurs de français (en sous service
ou en remplacement) et par une aide éducatrice. Le travail accompli
est plus suivi pour la jeune Albanaise qui se montre très volontaire;
d'ailleurs, elle a bénéficié dès son arrivée
d'une aide bénévole qui se poursuit encore. La jeune Algérienne
connaît plus de difficultés, compte davantage sur le soutien
d'une camarade avec laquelle elle parle l'arabe.
Le soutien proposé consiste, entre autres, en une reprise des travaux rendus par le professeur de la classe, par des exercices du même type que ceux proposés en classe (par exemple, reformuler des expressions ou maximes de difficulté variable, les développer par des arguments, des exemples ... ), par des exercices assez classiques sur la langue, surtout des exercices autour du vocabulaire qui est mal maîtrisé chez les deux jeunes ( l'Algérienne a plus de mai en expression à cause de l'orthographe et de la syntaxe, l'Albanaise à cause de la syntaxe) ; on songe aussi à pratiquer le support de l'image pour faciliter l'approche. Il manque sans doute l'élargissement de la compréhension aux cours autres que le français...
A dire vrai, la concertation entre les différents acteurs se fait
au coup par coup, par des mises au point hâtives; de plus l'aide éducatrice
ne peut pas imposer à l'Algérienne de venir, le professeur
remplaçant se trouve souvent appelé de façon impromptue,
le deuxième professeur se voit en charge d'oraux, chacun étant
débordé... De plus, c'est l'ensemble des professeurs qui se
trouve concerné par les difficultés des élèves,
notamment pour la compréhension des consignes bien sûr, ce
qui demanderait une concertation élargie.
Bref, nous avons l'impression d'agir en amateurs, sans cadre précis, sans temps spécifique, chacun faisant comme il peut, avec sa bonne volonté. L'Albanaise semble en bonne voie, parce qu'elle est entourée par ailleurs, et qu'elle est exigeante; le succès paraît aléatoire pour l'autre jeune fille.
Ces cas se reproduiront sans doute dans les années à venir,
et une formation semble bien nécessaire. En tout cas, dans le cadre
du cours, et même en aide individuelle, le professeur en charge de
la classe ne peut absolument pas s'occuper de ces cas si particuliers, d'autant
plus que personne ne nous en prévient, et que c'est au détour
des cours qu'on s'en rend compte! La formation devrait s'adresser à
quelques personnes volontaires, pas forcément d'ailleurs enseignants
en français mais aussi des linguistes qui seraient peut-être
plus efficaces.
En tant que professeur de français de l'Albanaise, je ne vous donne
sans doute pas assez de détails sur les pratiques de soutien de mes
collègues et finalement je souligne plutôt les failles ...
Je vous prie de bien vouloir m'en excuser. Vous aurez sans doute conscience
qu'il nous faudrait une information sur ce qui est possible de faire pour
devenir plus efficaces, et cela avant le début de l'année
prochaine, parce que, je le redis, chacun est pris dans l'engrenage de ses
taches et n'a plus de disponibilité.