[ CASNAV-CAREP de Nancy-Metz ]
Mise à jour : septembre 2006
Prénom : Roumaïssa
Sexe : F
Date de naissance : 1993
Lieu de naissance : Blida
Pays d'origine : Algérie
Dernière école fréquentée : école Mekfouldji-garçons-Blida
en troisième année fondamentale jusqu'en juin 2001.
L'élève a été inscrite dans notre école
en début d'année scolaire 2001-2002 .
Notre école rurale compte deux classes réparties de la manière
suivante :
Classe de la Directrice CP-CE1 : 12 élèves
Classe CE2-CM1-CM2 : 20 élèves
Total : 32 élèves scolarisés dans l'école
Ne connaissant pas l'élève, mon collègue et moi l'avons orienté vers la classe qui correspondait à son niveau d'âge scolaire c'est à dire la classe de CE2.
Roumaïssa s'est intégrée assez rapidement à la classe. Les autres élèves l'ont bien accueillis et l'ont aidé en ce qui concerne son travail scolaire.
Toutefois le rapport à l'adulte n'a pas été évident.
RoumaÏssa communiquait plus volontiers avec ses camarades qu'avec ses
enseignants. Nous ne savions pas, au début, si l'élève
ne comprenait pas le Français ou était intimidée par
l'adulte.
Nous l'avons laissé prendre ses marques les premiers jours et avons
d'abord privilégié son intégration sociale avant son
intégration scolaire.
D'autre part, nous ne savons pas les circonstances de sa venue en France.
Mon collègue et moi avons fait appel au CEFISEM pour connaître
le niveau scolaire de l'élève. Car nous ne disposions d'aucun
document concernant cette élève (dossier scolaire …)
si ce n'est son certificat de radiation provenant de sa dernière
école.
D'autre part, mon collègue a utilisé les outils de la classe
mis à disposition des autres élèves (manuel scolaire
fiches de lecture et de mathématiques adaptées au cycle 3).
Les difficultés ont été de plusieurs ordres :
RoumaÏssa a refusé de passer les tests d'évaluation
envoyés par le CEFISEM par notre demande. Nous pensions, au début
, qu'elle ne comprenait pas ce qui lui était demandé, soit
à cause de la barrière de la langue, soit parce qu'elle était
incapable de faire les exercices demandés (problème de niveau
scolaire).
Mais nous nous sommes aperçus rapidement qu'elle comprenait le français
mais que le fait de se retrouver seule avec un adulte l'a " bloqué
" complètement.
Nous avons alors fait appel, avec l'accord du père de l'élève,
à la psychologue scolaire de notre circonscription.
J'étais malheureusement en stage le jour où cette dernière
est venue voir l'élève et je n'ai donc pas pu m'entretenir
de vive voix encore avec elle. Elle doit prochainement repasser dans notre
école. Mais apparemment, RoumaÏssa n'a pas répondu à
ces questions.
Après avoir discuté avec RoumaÏssa, cette dernière
accepte de revoir Madame Heydel, notre psychologue scolaire mais en restant
au sein de la classe.
Très rapidement, et après confirmation du papa de l'élève, mon collègue s'est aperçu de son faible niveau en mathématiques. Les "leçons" de français, d'histoire, de géographie, de sciences étaient très difficiles à comprendre pour RoumaÏssa. La plupart du temps, elle recopiait sans comprendre ce qu'elle écrivait.
Chaque jour, elle venait dans ma classe pour suivre la lecture avec les
CP.
Ses progrès sont très rapides et je me suis aperçue
qu'elle se sentait bien dans cette classe avec un effectif réduit
par rapport au cycle3.
Nous avons décidé, avec l'accord du papa de RoumaÏssa
de la changer de classe
(avec une appréhension étant donné qu'elle avait commencé
l'année scolaire avec les élèves du cycle 3).Nous avons
eu peur que l'élève ressente cela comme un échec.
Mais, au contraire, RoumaÏssa est très à l'aise dans
ma classe et mes élèves ont compris ses difficultés
et l'aident du mieux qu'il peuvent.
Elle travaille en lecture avec les CP et les autres matières avec
les CE1. J'arrive plus facilement à m'occuper d'elle grâce
à mon effectif classe relativement réduit. RoumaÏssa
semble réellement plus à l'aise dans une relation enseignante-élève
que dans une relation enseignant- élève. Il s'est avéré
aussi que son niveau scolaire relevé plus d'un niveau CE1 que d'un
niveau CE2.