Découpage chapitre 10 : "Juliette disparaît"

Début : 55mn 25
Fin : 58mn 46s
Durée : 3mn 21s
Nombre de plans : 22 (325 à 346)




Auteur : Xavier REMIS, Lycée Henri-Poincaré, Nancy
avec la participation de
Dominique Coujard (Mise en page web avec images et les sons)
Mathilde Segando (musique)

Vers le chapitre 9 Vers le chapitre 11

Image Photogramme / Bruits / Musique

325- 55mn 25s (10s)

Ouverture au noir.
Extérieur nuit. Plan américain de Jean faisant nerveusement les cent pas sur le plat-bord* de l'Atalante. Il fume une cigarette et a les mains dans les poches. Panoramique gauche droite d'accompagnement. Au moment où il fait demi-tour panoramique descendant pour montrer ses pieds, puis droite gauche d'accompagnement et gauche droite après un dernier demi-tour.

VOIX DU CAMELOT (off). Alors c'est oui ? Une fois, deux fois, trois fois ! Je vous enlève ! Personne ne dit mot.


Bruit des pas

326  - 56mn 05s (4s)

Extérieur nuit.
Retour au plan 325. Plan rapproché des jambes de Jean continuant à faire les cent pas. Panoramiques d'accompagnement.


Bruit des pas sur le pont hors champ.

327  - 56mn 05s (4s)
 
Extérieur nuit.
Retour au plan 325. Plan rapproché des jambes de Jean continuant à faire les cent pas. Panoramiques d'accompagnement.



Bruit des pas

328 - 56mn 09s (17s)

Intérieur nuit.
Retour sur Juliette toujours en plan rapproché taille mais le cadrage a changé. On voit l'encadrement du lit et la porte de la chambre à droite du cadre. Elle est couchée sur le dos, ses mains derrière la tête. Elle regarde le plafond. Elle entend les pas de Jean qui descend l'escalier. Quand il ouvre la porte à droite du cadre elle enlève ses mains de derrière la tête, les pose sur son corps, ferme les yeux et fait semblant de dormir. Jean, de dos, la regarde. Il enlève son veston. Juliette se détourne de lui et plonge sa tête dans l'oreiller, comme pour pleurer. Jean remet précipitamment son veston et repart furieux en claquant la porte. Juliette se redresse sur son lit et est sur le point de se lever.


Bruit des pas de Jean puis de la porte quand il l'ouvre puis la referme.

329 - 56mn 26s (29s)
Intérieur nuit.
Plan rapproché taille du père Jules dans sa cabine. Il est en train de se tirer les cartes tout en fumant la pipe. Il a un petit chat sur l'épaule. Il a son collier grigri autour du cou. Le cadre est saturé. A droite, dormant sur sa couchette, le gosse. Un de ses pieds est en amorce en bas et à gauche du cadre, au premier plan, flou. Egalement à gauche du cadre, en amorce, une lampe. A côté de la table une bouteille. Le père Jules pose son doigt successivement sur les différents tas de cartes posés devant lui, en comptant. Puis il retourne une carte.

LE PERE JULES. … deux, trois, quatre, cinq. Ah ! La blonde. Un, deux, trois, quatre, cinq. Encore du pique.
Le petit chat saute de son épaule sur le gosse qui ne bouge pas, toujours endormi. Le père Jules bouge un peu sur sa chaise.
LE PERE JULES. Un, deux, trois, quatre, cinq. C'est pas croyable alors ça… puis des mots incompréhensibles… du pique !
Le père Jules boit une rasade à la bouteille. Le petit chat pendant ce temps se frotte sur le visage du gosse et secoue sa tête.


Bruits faits par le père Jules…

330  - 56mn 55s (13s)

Extérieur nuit.
Plan moyen de Juliette sortant de sa cabine. Elle est filmée en contre plongée depuis le quai, à gauche du cadre. Panoramique ascendant. A droite du cadre la passerelle. Juliette inspecte les alentours pour s'assurer que personne ne la voit. Elle a mis son manteau noir, porte un chapeau et un petit sac à main. Elle s'engage sur la passerelle et descend vers le quai. Panoramique descendant. La caméra ne cadre que ses jambes. Raccord quand elles occultent quasiment tout le champ.


Bruits lointains de moteurs et sifflet de train.

331  - 57mn 08s (5s)

Extérieur nuit.
Plan américain de dos de Jean marchant dans une sorte de décharge, toujours les mains dans les poches. Il s'arrête un instant, se retourne, hausse les épaules, puis continue à s'éloigner.


332 - 57mn 13s (2s)

Intérieur nuit.
Retour au plan 329. Le père Jules repose la bouteille puis remet sa pipe sans sa bouche. La tête du gosse est en partie cachée par le petit chat.

LE PERE JULES. Je m'en vas refaire un jeu.



Bruit de la bouteille quand il la repose.

 

333  - 57mn 15s (3s)
Intérieur nuit.
Plan rapproché poitrine en légère plongée, de Jean dans sa cabine marchant en direction de la porte de la chambre (panoramique droite gauche). Il ouvre la porte et constate que Juliette n'est plus là. A gauche du cadre la lampe suspendue allumée éclaire vivement la scène. Jean pousse la porte complètement.


Bruit très atténué de la porte quand il l'ouvre.

334  - 57mn 18s (7s)
Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement de la porte. Plan en plongée du lit vide, les couvertures en désordre. En bas du cadre, en amorce, on voit la porte continuer à s'ouvrir et la tête de Jean. Il fait un pas en avant, plan rapproché poitrine de dos, et regarde la place qu'occupait Juliette. Derrière son dos la porte oscille un peu. Il fait quelques pas en arrière et sort.


Bruit très atténué des pas.

335  - 57mn 25s (8s)
Intérieur nuit.
Retour au cadrage du plan 333. La porte de la chambre est à moitié fermée. Jean regarde sur sa gauche, par terre, hors champ.. Il se précipite vers le placard. Panoramique très rapide droite gauche. La lampe suspendue qui était à gauche du cadre se retrouve à droite. Jean regarde à l'intérieur du placard. Il ouvre le deuxième battant de la porte et prend les vêtements sur les tringles. Il constate que les affaires de Juliette ne sont pas là. Il regarde en direction de la porte.


Bruits très atténués.

336  - 57mn 33s (7s)
Extérieur nuit.
Plan moyen serré de Juliette sur le quai d'une gare. Elle marche le long d'un train au départ, les portes ouvertes et presque vide. Elle tient son petit sac dans ses deux mains. Elle regarde sa montre. Trois hommes entrent dans le cadre, deux à gauche et un à droite. Ils montent dans le train sans hésiter. Juliette fait de même.


Bruits très atténués, presque indistincts.

337  - 57mn 40s (8s)
Intérieur nuit dans la cabine du père Jules.
Il est dans sa couchette, de dos, en plan rapproché poitrine. A l'arrière plan Jean, debout, lui donne des ordres. La lumière n'est pas uniformément répartie, beaucoup d'ombres. Elle semble venir du sol car le visage de Jean est éclairé par le bas.
JEAN. T'as compris ? On part !
LE PERE JULES. Comment on part ? On devait partir dans deux jours.
JEAN. Ça me regarde. Hier soir je ne t'ai pas non plus consulté pour partir de La Villette.


338  - 57mn 48s (10s)
Intérieur jour.
Contre champ mais sans respecter la loi des 180°. En plan rapproché poitrine, de dos, en amorce à droite du cadre, Jean. A l'arrière plan, en plan rapproché taille, le père Jules, sa pipe dans la bouche et la bouteille à côté de lui dans le lit. La lumière semble provenir d'une lanterne posée sur le sol.

LE PERE JULES. Oh ! Hier soir c'était le passé… Mais le passé est le passé. Aujourd'hui qu'est ce que vous me reprochez ? Je dors pas, c'est une affaire entendue. Mais c'est pas une raison tout de même.
Il prend sa pipe dans sa main.


339  - 57mn 58s (3s)
Intérieur nuit.
Plan rapproché poitrine du gosse assis sur sa couchette. Il écoute la conversation en regardant en direction du père Jules hors champ. Un petit chaton joue avec son bras. A droite du cadre, en amorce, les jambes de Jean sont visibles ainsi que la lampe qui éclaire la scène.

JEAN. Mais il s'agit pas de toi !
LE PERE JULES (off). De qui qu'il s'agit alors ?


340 - 58mn 01s (5s)
Intérieur nuit.
Retour au plan 338.
JEAN. La patronne qui est partie.
LE PERE JULES. Doucement. Le môme pourrait entendre.


341  - 58mn 06s (3s)
Intérieur nuit.
Retour au plan 339. Le môme entend bien tout. Il a le chaton sur son bras. Il se couche et disparaît sous sa couverture.

LE PERE JULES (off). Pas la peine de le mettre au courant. Où ça qu'elle est partie ?


342  - 58mn 09s (12s)
Intérieur nuit. Retour au plan 337. La masse imposante du père Jules occupe plus de la moitié du cadre. Jean parle avec dureté.
JEAN. Je veux pas le savoir ! Je préfère m'en aller du pays !
Il devient pensif et regarde dans le vide.
LE PERE JULES. Ben elle va revenir la patronne ! D'une minute à l'autre. Dans une heure, et même qu'elle reviendrait demain…
JEAN. Mais demain ? Dans cinq minutes j'en voudrais plus.
Jean se mouche.
LE PERE JULES. Au moins…



343 - 58mn 21s (6s)
Intérieur nuit.
Retour au plan 340. Le père Jules s'énerve, il élève le ton.

LE PERE JULES. … laissez-moi reposer ! On a dit qu'on restait deux jours à quai. Autant rester deux jours puis après on ira chercher la patronne.


344  - 58mn 27s (9s)

Intérieur nuit.
Retour au plan 342.

JEAN. Rechercher ? Mais à quoi ça servirait espèce d'idiot ? Et puis qui commande ici ? Allons ! Toi et le petit sur le pont ! On part tout de suite pour Corbeil comme d'habitude. Allez !
Jean sort du cadre par la droite.


345  - 58mn 36s (7s)
Extérieur nuit.
Plan moyen de Juliette qui se relève dans le train. Un contrôleur passe devant elle et tire sur le signal de départ. Elle semble vouloir redescendre du train mais une chaîne l'en empêche. Le train part et Juliette sort du cadre par la gauche.


Bruit de la sonnerie qui annonce le départ du train.Début d'un motif musical très entraînant utilisé pour la première fois.

346  - 58mn 43s (3s)
Intérieur nuit.
Plan rapproché, en plongée, du lit matrimonial vide et en désordre.


Suite du thème musical.

Fin du chapitre 10 (58mn 46s)

*Petit lexique sur les péniches :

Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les péniches.
Bollard : Bitte d'amarrage d'un quai, d'une écluse ou d'un bateau.
Ecoutilles : Panneaux de bois ou de métal (acier peint, galvanisé ou inox, aluminium) qui recouvrent la cale quand la péniche est chargée.
Plat-bord : Passage latéral extérieur gauche ou droit reliant l'avant et l'arrière du bateau.
Veule : Pont de la péniche (à l'avant et à coté des bollards arrières).
Yak ou yek (gaffe) : long manche en bois de 4 mètres terminé par un crochet et une pointe.

Vers le chapitre 9 Vers le chapitre 11

©MEN, CNDP, droits de reproduction réservés, Limitation à l'usage non commercial, individuel et scolaire