Début : 1h 12mn 27s |
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| Vers le chapitre 13 | Vers le chapitre 15 |
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| Image | Photogramme / Bruits / Musique | |
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| Extérieur jour. Plan de demi-ensemble de la poupe de l’Atalante arrivée au port du Havre. A gauche une autre péniche à quai. A l’arrière-plan des installations portuaires. Le gosse est debout sur le plat-bord*, le père Jules est au-dessus du logement du patron, penché en avant. Tous deux l’interpellent. LE PERE JULES. Patron ! On est arrivé. LE GOSSE. Patron ! On est au Havre. LE PERE JULES. Et ben alors Patron ! On est arrivés ! LE PERE JULES. Et ben alors Patron ! Le gosse frappe à la porte et le père Jules tape du pied. Le patron sort de son logement et regarde autour de lui. Jean quitte l’Atalante. Il se hisse sur la péniche amarrée à gauche. En regardant droit devant lui il avance et sort du cadre part la gauche. Le père Jules et le gosse le regardent partir. LE PERE JULES. Où c’est qu’il va à présent ? |
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| Extérieur jour. Raccord dans le mouvement de Jean. Plan américain. Jean entre dans le cadre par la droite. Il marche face au soleil, hagard. Panoramique droite gauche d’accompagnement. A l’arrière-plan un hangar défile. Jean débouche sur un quai. Le plan est barré par un immense bloc de béton flou au premier plan. A l’arrière-plan un immense paquebot. Jean s’immobilise, sa casquette à la main. Il paraît petit en regardant le navire. Plan de demi-ensemble. |
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| Extérieur jour. Plan rapproché poitrine de Jean qui entre dans le cadre par la droite. Il court vers un parapet qui surplombe l’océan. Rapide panoramique droite gauche d’accompagnement. Il se hisse sur le parapet, panoramique ascendant puis droite gauche. Il court sur le parapet, s’immobilise, plan moyen en contre-plongée, et regarde l’horizon. Trois navires sont visibles malgré la brume. Jean semble apercevoir quelque chose sur sa gauche. Il repart en courant, panoramique droite gauche, et s’éloigne de la caméra. Un autre navire apparaît dans le champ. Jean commence à descendre vers la plage, c’est donc vers une échelle d’accès qu’il a couru. |
Bruit de vagues. |
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Extérieur jour. |
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| Extérieur jour. Plan d’ensemble en légère plongée de la plage. A gauche du cadre, en amorce, le mur (différent de celui du plan précédent). C’est marée basse. Jean entre dans le cadre par la droite en plan américain. Il court sur le sable, s’éloigne très rapidement en direction de l’eau.. Il devient minuscule. |
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Extérieur jour. |
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| Extérieur jour. Plan moyen d’une promenade au bord d’un port. A l’arrière-plan des navires et des installations portuaires. Quelques hommes immobiles regardent Jean qui entre dans le cadre par la gauche. Il monte l’escalier. Un couple traverse le cadre de gauche à droite puis deux hommes. Jean fait face à la caméra et s’éloigne du parapet. Trois des hommes qui l’observent le suivent. Il sort du cadre par la gauche en plan rapproché taille. Les trois hommes qui le suivent également. L’un d’entre eux, le plus jeune a un sourire moqueur. |
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Extérieur jour |
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| Extérieur jour. Contrechamp. Plan rapproché taille en contre-plongée de Jean, toujours la tête dans ses mains, comme s’il pleurait. Une femme derrière lui le regarde avec pitié. Un homme en amorce à droite du cadre, pose sa main sur son épaule par compassion. A gauche du cadre un homme le regarde et tient des propos blessants. L’HOMME. Encore un marin saoul. LE PERE JULES (off). Marin saoul ? Le père Jules entre dans le champ par la droite et lève le bras menaçant. Il est en plan rapproché taille serré. LE PERE JULES. De quoi… ? Ma main sur la gueule. C’est votre affaire ? Hein ! Miteux ! Les personnes qui entourent Jean s’éloignent. Le père Jules s’adresse à lui. LE PERE JULES. Allez ! Il faut rentrer à présent… Le père Jules se penche pour ramasser la casquette de Jean tombée au sol, elle est hors champ. A l’arrière-plan, à gauche du cadre, flou, un mat de bateau coupe le cadre. Jean enlève ses mains de son visage, il a toujours l’air paumé. LE PERE JULES. … C’est compris. Il faut rentrer ! Il le prend par le bras et l’entraîne. Ils sortent presque du cadre par la droite (léger panoramique d’accompagnement) puis il font demi tour et repartent dans l’autre sens en plan américain, presque de dos. LE PERE JULES. C’est qu’on a des histoires à présent… Panoramique droite gauche légèrement descendant. Au premier plan, flou et en amorce en bas du cadre, est visible le haut d’une borne.. C’est sur elle que Jean était assis. LE PERE JULES. Faudra aller à la compagnie hein ! On a reçu une convocation. Ben qui c’est qui va s’expliquer ? C’est encore moi. A cause de cette garce tout ça oh ! Un bâtiment métallique entre dans le cadre par la gauche, en amorce. Le père Jules et Jean s’éloignent. Jean disparaît derrière le bâtiment. Fondu au noir. |
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| Ouverture au noir. Extérieur jour. Plan moyen du père Jules assis sur le bord d’une barque à gauche du cadre. Le gosse est couché dedans. A l’arrière plan des lignes de chemin de fer et un terrain vague. Jean entre dans le cadre par la gauche, légèrement en contre-bas du quai. Le père Jules s’adresse à lui en tendant son bras dans sa direction. LE PERE JULES. Oh ! Vous auriez pu vous raser. |
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Extérieur jour. |
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Retour au plan 450. |
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| Intérieur jour dans un bureau de la compagnie.
Plan rapproché poitrine de dos d’un dirigeant en gilet assis à son bureau. C’est probablement le chef du personnel. A droite du cadre une chaise inoccupée. A l’arrière-plan, dans l’embrasure de la porte, un marinier. LE CHEF DU PERSONNEL. Ce n’était pas à toi à t’en occuper ! Qu’est-ce que tu es ici ? LE MARINIER. Je suis un rien du tout ! LE CHEF DU PERSONNEL. Un rien du tout ? LE MARINIER. Oui ! Un rien du tout. LE CHEF DU PERSONNEL. Un rien du tout ! Et bien si tu es un rien du tout passe à la caisse ! Il montre la sortie du doigt et élève encore le ton. Fais-toi régler et fous-moi le camp ! LE MARINIER. Et bien je ne passerai pas à la caisse. Il se retourne. LE MARINIER. Donnez-moi mon compte ! |
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| Intérieur jour. Raccord dans le mouvement du marinier. Plan moyen serré du marinier devant le guichet de la caisse. Derrière le guichet un employé aux écritures. Un panneau indique qu’il et interdit de fumer. Un marinier attend assis à gauche du cadre, il regarde en direction de la caisse. Il tient un journal dans ses mains. LE CAISSIER. Votre compte ? LE MARINIER. Oui, mon compte. LE CHEF DU PERSONNEL (off). Et le patron de l’Atalante ! Il est arrivé ? Ca ne va pas traîner non plus avec lui. Le père Jules et Jean, qui attendaient certainement assis, entrent dans le cadre par la gauche en plan rapproché poitrine, flous. Ils se dirigent vers le bureau. Travelling avant avec un léger panoramique gauche droite. LE CHEF DU PERSONNEL (off). Ah ! Vous voilà ! La porte d’entrée d bureau entre dans le cadre par la droite. Au mur est placardée une affiche : « Arrêté sur la circulation et le stationnement des bateaux ». Le père Jules en lève sa casquette. Ils s’arrêtent sur le seuil de la porte. LE CHEF DU PERSONNEL (off). Toi là-bas ! Oui toi, le second de l’Atalante ! Tu comprends ? Oh… Jean entre dans le bureau. LE CHEF DU PERSONNEL (off). …Non ! Non ! Tout seul ! Travelling avant. Le père Jules repousse Jean qui sort du cadre par la droite. Panoramique gauche droite. L’Affiche sort du cadre par la gauche. Le chef du personnel, assis derrière son bureau, entre dans le cadre par la droite. Le père Jules est de dos, en plan rapproché taille. Il occupe la moitié du cadre. LE CHEF DU PERSONNEL. Ferme la porte. Je n’ai pas de temps à perdre moi ! Le père Jules exécute son ordre. Il ferme la porte sur laquelle est affichée une pancarte « Fermez la porte S.V.P. ». La porte claque. Elle occupe tout le cadre. |
Bruit de la porte qui se ferme. |
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| Intérieur jour. Plan américain en plongée de Jean, à droite du cadre, assis sur un banc, à côté de la porte d’entrée. Il a l’air abattu. Le marinier licencié entre dans le cadre par la gauche et lui adresse la parole. Léger panoramique ascendant. LE MARINIER. C’est pourtant vrai qu’on est des rien du tout. T’attends ton tour ? Dépêche-toi parce que la caisse ferme à six heures. Jean ne réagit pas. Il a toujours le regard vide. Le marinier licencié quitte le cadre par la droite. Léger panoramique descendant. |
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Intérieur jour dans le bureau du chef du personnel. Plan moyen serré. Le chef du personnel est toujours assis à son bureau sur lequel règne un important désordre. Au premier plan, à gauche du cadre se trouve une machine à écrire. A l’arrière-plan un meuble pour classer les dossiers quatre bouteilles vides dessus. Le père Jules se tient debout à gauche du cadre, sa casquette dans la main. LE CHEF DU PERSONNEL. Alors le patron de l’Atalante, s’occupe-t-il de son travail, oui ou non ? LE PERE JULES. Oh ! ben… LE CHEF DU PERSONNEL. Alors les pièces qui sont dans le dossier, des blagues ! Il donne un grand coup sur le bureau du plat de sa main droite. Dans la gauche il tient une cigarette allumée. LE PERE JULES. Peut-être pas des blagues. Mais sûrement des racontars. Le chef du personnel, toujours d’un ton ferme et autoritaire, pointe le doigt sur le dossier puis sur le père Jules, menaçant. LE CHEF DU PERSONNEL. Tu soutiens que c’est lui qui commande l’Atalante ! Ca pourrait te porter tort ! Tu as déjà fait des tiennes ! Et ailleurs que chez nous, tu le sais bien ! LE PERE JULES. Oh ! Si je le saurais pas, qui c’est qui le saurait ? L’air goguenard, il remet sa casquette. Le chef du personnel jette ses cendres dans un cendrier. LE PERE JULES. Même je vais vous en raconter une bien bonne. Le chef du personnel qui allait porter la cigarette à ses lèvres interrompt son geste et martèle ses phrases avec sa main droite tendue comme pour le salut fasciste. LE CHEF DU PERSONNEL. Te défile pas. Le patron commande-t-il l’Atalante, oui ou non ? LE PERE JULES. Mais qui c’est qui la commanderait ? Je ne suis tout de même pas commissionné pour le faire moi !… Le chef du personnel tire une bouffée de sa cigarette et jette une fois de plus les cendres. Le père Jules gesticule tout en parlant avec conviction. Pendant ce temps le chef du personnel fume encore. LE PERE JULES. … C’est tout de même pas le gosse qui, qui fait avancer la péniche en soufflant dessus. Enfin, quand même, quoi ! Voyons ! Tout de même, enfin, qui. C’est vrai ça ! LE CHEF DU PERSONNEL. Ca va bien. Le père Jules l’interrompt et s’agite davantage. LE PERE JULES. Je vais vous donner mon opinion. Tout ça c’est des chicanes et compagnie ! Le chef du personnel se lève tout en parlant pour mettre fin à l’entretien. Il tape encore sur la table et écrase le mégot de sa cigarette. LE CHEF DU PERSONNEL. Ca va bien ! On en reparlera. Moi j’ai autre chose à faire… Travelling avant avec un léger panoramique gauche droite. Le père Jules sort du cadre par la gauche. Le chef du personnel est en plan rapproché taille. LE CHEF DU PERSONNEL. …Y a tout de même autre chose que l’Atalante. Tu te débrouilleras avec ton patron ! Le chef du personnel baisse son regard sur le dossier qu’il referme. Panoramique droite gauche qui le fait sortir du cadre par la droite. Le père Jules y entre par la gauche alors qu’il ouvre la porte pour sortir du bureau. LE PERE JULES. On en reparlera. Peut-être ben… |
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| Intérieur jour. Raccord dans le mouvement de la porte. Plan américain du père Jules sortant du bureau. A droite du cadre Jean n’a pas bougé. Son regard est toujours fixe et vide. Le père Jules, sur le seuil de la porte se tourne vers le chef du personnel. LE PERE JULES. Et ben au-revoir da. LE CHEF DU PERSONNEL. Oui ! Au revoir ! Et faites… une phrase inaudible. LE PERE JULES. Un mot inaudible. C’est ça. Le père Jules fait lever Jean et tous deux sortent du cadre par la droite. Debout derrière son bureau le chef du personnel continue à fulminer. Léger panoramique gauche droite. LE CHEF DU PERSONNEL. C’est inimaginable. Ce dossier il ne me regarde pas. Pour qui me prend-on à la fin ? Je vais le jeter au panier. Il jette le dossier dans un coin du bureau et avance vers la porte. Il est en cadre dans le cadre, en plan américain large. Il se tient aux montants de la porte. Il a une cigarette fumante dans la main. LE CHEF DU PERSONNEL. Le patron de « la Belle Adélie ». Loiselet ! Pierre Loiselet ! Entrez ! J’en ai assez à la fin ! Il retourne dans son bureau tandis que Loiselet, les mains dans les poches le suit, dos à la caméra. LE CHEF DU PERSONNEL. Ca ne va pas traîner. Vous tombez bien. Loiselet le salue discrètement d’un geste de la main. Le chef du personnel répond à son salut par un geste de la tête, puis il ferme la porte. |
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| Extérieur jour. Plan de demi-ensemble du quai en plongée, depuis le écoutilles de l’Atalante (point de vue identique à celui du plan 450, avec les trains à l’arrière-plan). A gauche du cadre, la barque. Sur les écoutilles un cordage enroulé. Le père Jules et Jean marchent sur le quai. Le père Jules a mis sa main droite dans la poche de son veston. Panoramique gauche droite. Ils montent sur l’Atalante par la passerelle. Arrivés au plat-bord* ils partent chacun de son côté. Ils sortent du cadre, d’abord le père Jules à gauche, puis Jean à droite. |
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| Intérieur jour dans la cabine du père
Jules. L’image est d’abord toute noire car le père Jules occupe, de dos, tout le cadre. Il avance vers le centre de la pièce. Plan américain large en contre-plongée. A sa gauche le gosse apparaît assis, un chat qu’il caresse dans les bras. Derrière le gosse le phonographe. Au-dessus de lui une lanterne. Le cadre est saturé d’objets, à droite on voit la marionnette chef d’orchestre. Le père Jules, les mains dans les poches, fait un compte-rendu. LE PERE JULES. Il s’en est fallu de peu à la compagnie pour que le patron se fasse balancer. Ah ! Ca ne peut plus durer comme ça ! Je m’en vas chercher la patronne. Le père Jules fait les cent pas, il avance vers la caméra, sa tête sort du cadre par le haut, puis retourne au centre de la pièce et s’en éloigne enfin. LE GOSSE. Vous allez chercher la patronne ? LE PERE JULES. Ouais. On va chercher la patronne. T’as pas vu la gueule qu’il a ! Je pars et je reviens avec la patronne. LE GOSSE. Vous partez maintenant ? LE PERE JULES. Oui ! Je m’en vais pas attendre la quatorze juillet ! Il sort du cadre par la gauche. Le gosse le regarde partir. |
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| Intérieur jour dans la chambre du patron.
En plan rapproché taille, de face, il regarde son lit matrimonial dont on voit la couverture en amorce, en bas du cadre. En haut du cadre la plafond apparaît comme une bande horizontale noire. Derrière Jean, sur le mur, un miroir. A droite du cadre, sur une étagère, une lampe éteinte. Le visage de Jean est inexpressif, toujours hagard. |
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| Fin du chapitre 14 ( 1h 17mn 46s) | ||
| *Petit lexique sur les péniches :
Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les
péniches. |
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