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Photogramme / Bruits / Musique |
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Intérieur nuit.
Ouverture au noir. Plan moyen serré en plongée de Juliette
couchée dans son lit, à droite du cadre. A gauche la place
de Jean, vide. D'après l'aspect de son oreiller il ne s'est pas encore
couché. Juliette semble se réveiller. Elle regarde en direction
du plafond. Elle se redresse un peu dans son lit et appelle son mari.
JULIETTE. Jean ! … Tu descends ?
N'obtenant aucune réponse elle se lève. Raccord cut pendant
son mouvement. |

Bruit du moteur.
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Extérieur nuit.
Plan rapproché taille de Jean à la barre de l'Atalante. Il
pleut, il porte un ciré. Il occupe la droite du cadre : l'image est
déséquilibrée comme l'était celle du plan précédent.
A gauche du cadre on voit la bouée avec le nom de l'Atalante. Jean
regarde droit devant lui tout en manœuvrant la barre. Il a l'air totalement
absorbé par son travail.
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Bruit du moteur plus fort.
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Intérieur nuit, dans la salle des machines.
Plan rapproché taille, en légère plongée, du
père Jules. Il tient une burette d'huile dans la main gauche et un
chat noir sur son bras droit. |

Bruit du moteur.
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Extérieur nuit.
Plan en plongée de l'entrée de la cabine du patron. A l'arrière
plan une lanterne éclaire la proue. Juliette apparaît éclairée
par la lumière intérieure du logement. Elle porte une robe
de chambre. Elle ne monte pas entièrement sur le pont. Elle est
en plan rapproché poitrine.
JULIETTE. Jean !… Il est cinq heures du matin. Tu vas bientôt t'arrêter
? Il pleut !
Elle redescend. Cut avant qu'elle ne disparaisse.
JEAN (off). Est-ce que c'est de ma faute …
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Bruit du moteur
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Extérieur nuit.
Retour au plan 114.
JEAN. … à moi ?
LE PERE JULES (off). Elle a raison la patronne. L'édredon…
Fondu sonore |

Bruit du moteur
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LE PERE JULES. … ça lui suffit pas.
Plan américain du père Jules sortant de la salle des machines,
une cigarette au coin de la bouche. Il monte sur le poste de commande (panoramique
droite gauche d'accompagnement). Jean entre dans le champ par la gauche.
Le père Jules le remplace à la barre.
LE PERE JULES. Allez vous pieuter patron.
Jean quitte le cadre par la gauche (léger panoramique droite gauche).
Le père Jules manœuvre la barre.
LE PERE JULES. Une fois tribord, une fois bâbord.
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Bruit du moteur
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Intérieur nuit.
Gros plan ¾ face de Juliette triste et désabusée. Elle
est assise sur le lit.
JULIETTE. Dire que c'est comme ça toutes les nuits.
Elle pousse un soupir et se laisse doucement tomber sur le lit. Elle
disparaît presque en bas du cadre. |

Bruit du moteur.
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Intérieur jour.
Plan moyen serré de Jean et de Juliette devant le placard fermé.
Au premier plan, devant eux, à droite du cadre, on voit un poste
de TSF avec son pavillon, flous ; à gauche du cadre une table. En
amorce, en haut et à gauche du cadre, une lampe suspendue éteinte,
ce qui prouve que c'est le jour. On voit également, tout en haut
du cadre, un chapelet de petites boules noires suspendues, probablement
le bas d'un rideau. Le cadrage est déséquilibré. On
ne voit pas la tête de Jean entièrement.
JEAN. Tu t'ennuies.
JULIETTE. Oh ! non.
Jean commencé à enfiler un maillot de marin rayé.
Juliette, qui tient une aiguille à tricoter et de la laine dans ses
mains, l'interrompt pour mesurer son tour de poitrine puis Jean finit de
mettre le maillot.
JEAN. T'en fais pas. On va repartir. Tu verras du pays.
Jean prend une serviette sur la table et la jette dans la chambre voisine
dont il referme la porte vitrée. Juliette s'affaire sur son tricot.
JULIETTE. Des rives…
Jean s'approche de la radio et se penche sur elle.
JULIETTE. Dis Jean, on arrive bientôt ? |

Bruit du moteur.
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Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement de Jean. Plan américain de Jean accroupi
devant la radio. Il est à droite du cadre. A gauche du cadre, à
l'arrière-plan, on voit l'escalier d'accès et en haut de l'escalier
la table de la cuisine.
JEAN. Où ça ?
JULIETTE (off). Oh ! Je ne sais pas. Où tu veux…
Juliette entre dans le cadre par la gauche et s'approche de Jean. Panoramique
gauche-droite qui fait sortir presque entièrement l'escalier du cadre.
Jean commence à régler le poste de TSF qui entre dans le cadre
par la droite.
JULIETTE. Quelque part. A une ville, une grande ville. Dis c'est long un
déchargement à la ville ?
Jean ne répond pas. Il fait un geste de désintérêt
puis sort du cadre par la gauche.
JULIETTE. Jean ! Paris !
JEAN (off). Qu'est-ce que tu dis ?
JULIETTE. Paris !
Jean rentre à nouveau dans le cadre tout en mettant un gilet.
Il porte une robe sur son bras gauche.
JEAN. Et ben quoi ? Ça t'épate ?
JULIETTE. C'est loin ?
JEAN. Oh ! Loin ou près on entend toujours de la même façon.
JULIETTE. Oh ! Je te demande si Paris est loin pour savoir dans combien
de jours on y arrivera.
JEAN. Oh ! Toujours trop tôt pour ce que c'est rigolo les docks de
La Villette. Tiens habille-toi !
Il pose la robe sur l'épaule de Juliette d'un geste désinvolte.
Il sort une nouvelle fois du cadre par la gauche. Juliette prend un tabouret
et s'assoit pour mieux profiter de la TSF, la robe posée sur ses
genoux. Jean revient dans le cadre et agacé tourne le bouton de la
TSF.
JEAN. Encore des discours.
JULIETTE. Mais non ! Laisse donc sur Paris !
Juliette veut tourner le bouton à son tour. Agacé, Jean
la bouscule un peu en la poussant par l'épaule.
JEAN. Mais fais attention ! Tu vas esquinter le poste quoi !
Juliette se lève.
JULIETTE. Mais c'est toi ! Elle bafouille…attention !
JEAN. Tiens !
Devenu très agressif Jean éteint le poste vivement puis
il se dirige vers l'escalier et s'en va. Il sort du cadre par la gauche.
Juliette s'assoit et règle le poste. Panoramique gauche droite. Elle
retrouve Paris. Travelling avant quand elle entend à nouveau la radio.
Elle est cadrée en plan rapproché poitrine. Elle sourit. On
ne voit plus qu'elle et à droite du cadre le pavillon de la radio. |

Bruit de la radio quand Jean cherche une station, puis son de la radio,
une voix d'homme.Allô ! Allô ! ici Paris…Allô !
Allô ! ici Paris…


Allô ! ici Paris. Veuillez écouter les dernières informations
: A l'occasion de la grande quinzaine des boulevards Haussmann sont exposés
dans les vitrines..
Musique quand Jean tourne le bouton du poste. Puis sifflement quand Juliette
touche à son tour le bouton.

La mode est aux tons violets. Pour les soirs lamés,
velours, satins comme toujours… Les chapeaux se portent en bérets
… complètement relevés sur le côté gauche de
la tête…Allô ! Allô ! ici Paris… (Fondu sonore. La
phrase se termine au début du plan suivant)
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| Fondu sonore. |
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| Fin du chapitre 5 (20mn 05s) |
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| *Petit lexique sur les péniches :
Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les
péniches.
Bollard : Bitte d'amarrage d'un quai, d'une écluse ou d'un
bateau.
Ecoutilles : Panneaux de bois ou de métal (acier peint,
galvanisé ou inox, aluminium) qui recouvrent la cale quand la péniche
est chargée.
Plat-bord : Passage latéral extérieur gauche ou droit
reliant l'avant et l'arrière du bateau.
Veule : Pont de la péniche (à l'avant et à
coté des bollards arrières).
Yak ou yek (gaffe) : long manche en bois de 4 mètres terminé
par un crochet et une pointe.
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