Découpage chapitre 5 : "Dire que c'est comme ça tous les soirs "

Début : 17mn 25 s
Fin : 20mn 05s
Durée : 2mn 40s
Nombre de plans : 9 (113 à 121)



Auteur : Xavier REMIS, Lycée Henri-Poincaré, Nancy
avec la participation de
Dominique Coujard (Mise en page web avec images et les sons)
Mathilde Segando (musique)

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Image Photogramme / Bruits / Musique

113 - 17mn 25s (13s)

Intérieur nuit.
Ouverture au noir. Plan moyen serré en plongée de Juliette couchée dans son lit, à droite du cadre. A gauche la place de Jean, vide. D'après l'aspect de son oreiller il ne s'est pas encore couché. Juliette semble se réveiller. Elle regarde en direction du plafond. Elle se redresse un peu dans son lit et appelle son mari.

JULIETTE. Jean ! … Tu descends ?
N'obtenant aucune réponse elle se lève. Raccord cut pendant son mouvement.


Bruit du moteur.

114  - 17mn 38s (3s)

Extérieur nuit.
Plan rapproché taille de Jean à la barre de l'Atalante. Il pleut, il porte un ciré. Il occupe la droite du cadre : l'image est déséquilibrée comme l'était celle du plan précédent. A gauche du cadre on voit la bouée avec le nom de l'Atalante. Jean regarde droit devant lui tout en manœuvrant la barre. Il a l'air totalement absorbé par son travail.


Bruit du moteur plus fort.

115  - 17mn 41s (3s)
 
Intérieur nuit, dans la salle des machines.
Plan rapproché taille, en légère plongée, du père Jules. Il tient une burette d'huile dans la main gauche et un chat noir sur son bras droit.

Bruit du moteur.
116 - 17mn 44s (10s)

Extérieur nuit.
Plan en plongée de l'entrée de la cabine du patron. A l'arrière plan une lanterne éclaire la proue. Juliette apparaît éclairée par la lumière intérieure du logement. Elle porte une robe de chambre. Elle ne monte pas entièrement sur le pont. Elle est en plan rapproché poitrine.

JULIETTE. Jean !… Il est cinq heures du matin. Tu vas bientôt t'arrêter ? Il pleut !
Elle redescend. Cut avant qu'elle ne disparaisse.
JEAN (off). Est-ce que c'est de ma faute …


Bruit du moteur

117 - 17mn 54s (5s)
Extérieur nuit.
Retour au plan 114.

JEAN. … à moi ?
LE PERE JULES (off). Elle a raison la patronne. L'édredon
Fondu sonore


Bruit du moteur

118  - 17mn 59 (12s)

LE PERE JULES. … ça lui suffit pas.
Plan américain du père Jules sortant de la salle des machines, une cigarette au coin de la bouche. Il monte sur le poste de commande (panoramique droite gauche d'accompagnement). Jean entre dans le champ par la gauche. Le père Jules le remplace à la barre.
LE PERE JULES. Allez vous pieuter patron.
Jean quitte le cadre par la gauche (léger panoramique droite gauche). Le père Jules manœuvre la barre.
LE PERE JULES. Une fois tribord, une fois bâbord.


Bruit du moteur

119  - 18mn 11s (8s)
Intérieur nuit.
Gros plan ¾ face de Juliette triste et désabusée. Elle est assise sur le lit.

JULIETTE. Dire que c'est comme ça toutes les nuits.
Elle pousse un soupir et se laisse doucement tomber sur le lit. Elle disparaît presque en bas du cadre.


Bruit du moteur.

120 - 18mn 19s (25s)
Intérieur jour.
Plan moyen serré de Jean et de Juliette devant le placard fermé. Au premier plan, devant eux, à droite du cadre, on voit un poste de TSF avec son pavillon, flous ; à gauche du cadre une table. En amorce, en haut et à gauche du cadre, une lampe suspendue éteinte, ce qui prouve que c'est le jour. On voit également, tout en haut du cadre, un chapelet de petites boules noires suspendues, probablement le bas d'un rideau. Le cadrage est déséquilibré. On ne voit pas la tête de Jean entièrement.

JEAN. Tu t'ennuies.
JULIETTE. Oh ! non.
Jean commencé à enfiler un maillot de marin rayé. Juliette, qui tient une aiguille à tricoter et de la laine dans ses mains, l'interrompt pour mesurer son tour de poitrine puis Jean finit de mettre le maillot.
JEAN. T'en fais pas. On va repartir. Tu verras du pays.
Jean prend une serviette sur la table et la jette dans la chambre voisine dont il referme la porte vitrée. Juliette s'affaire sur son tricot.
JULIETTE. Des rives…
Jean s'approche de la radio et se penche sur elle.
JULIETTE. Dis Jean, on arrive bientôt ?



Bruit du moteur.

 

121  - 18mn 44s (1mn 21s)
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement de Jean. Plan américain de Jean accroupi devant la radio. Il est à droite du cadre. A gauche du cadre, à l'arrière-plan, on voit l'escalier d'accès et en haut de l'escalier la table de la cuisine.

JEAN. Où ça ?
JULIETTE (off). Oh ! Je ne sais pas. Où tu veux…
Juliette entre dans le cadre par la gauche et s'approche de Jean. Panoramique gauche-droite qui fait sortir presque entièrement l'escalier du cadre. Jean commence à régler le poste de TSF qui entre dans le cadre par la droite.
JULIETTE. Quelque part. A une ville, une grande ville. Dis c'est long un déchargement à la ville ?
Jean ne répond pas. Il fait un geste de désintérêt puis sort du cadre par la gauche.
JULIETTE. Jean ! Paris !
JEAN (off). Qu'est-ce que tu dis ?
JULIETTE. Paris !
Jean rentre à nouveau dans le cadre tout en mettant un gilet. Il porte une robe sur son bras gauche.
JEAN. Et ben quoi ? Ça t'épate ?
JULIETTE. C'est loin ?
JEAN. Oh ! Loin ou près on entend toujours de la même façon.
JULIETTE. Oh ! Je te demande si Paris est loin pour savoir dans combien de jours on y arrivera.
JEAN. Oh ! Toujours trop tôt pour ce que c'est rigolo les docks de La Villette. Tiens habille-toi !
Il pose la robe sur l'épaule de Juliette d'un geste désinvolte. Il sort une nouvelle fois du cadre par la gauche. Juliette prend un tabouret et s'assoit pour mieux profiter de la TSF, la robe posée sur ses genoux. Jean revient dans le cadre et agacé tourne le bouton de la TSF.
JEAN. Encore des discours.
JULIETTE. Mais non ! Laisse donc sur Paris !
Juliette veut tourner le bouton à son tour. Agacé, Jean la bouscule un peu en la poussant par l'épaule.
JEAN. Mais fais attention ! Tu vas esquinter le poste quoi !
Juliette se lève.
JULIETTE. Mais c'est toi ! Elle bafouille…attention !
JEAN. Tiens !
Devenu très agressif Jean éteint le poste vivement puis il se dirige vers l'escalier et s'en va. Il sort du cadre par la gauche. Juliette s'assoit et règle le poste. Panoramique gauche droite. Elle retrouve Paris. Travelling avant quand elle entend à nouveau la radio. Elle est cadrée en plan rapproché poitrine. Elle sourit. On ne voit plus qu'elle et à droite du cadre le pavillon de la radio.

 


Bruit de la radio quand Jean cherche une station, puis son de la radio, une voix d'homme.Allô ! Allô ! ici Paris…Allô ! Allô ! ici Paris…


Allô ! ici Paris. Veuillez écouter les dernières informations : A l'occasion de la grande quinzaine des boulevards Haussmann sont exposés dans les vitrines..
Musique quand Jean tourne le bouton du poste. Puis sifflement quand Juliette touche à son tour le bouton.

La mode est aux tons violets. Pour les soirs lamés, velours, satins comme toujours… Les chapeaux se portent en bérets … complètement relevés sur le côté gauche de la tête…Allô ! Allô ! ici Paris… (Fondu sonore. La phrase se termine au début du plan suivant)

 

Fondu sonore.
Fin du chapitre 5 (20mn 05s)

*Petit lexique sur les péniches :

Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les péniches.
Bollard : Bitte d'amarrage d'un quai, d'une écluse ou d'un bateau.
Ecoutilles : Panneaux de bois ou de métal (acier peint, galvanisé ou inox, aluminium) qui recouvrent la cale quand la péniche est chargée.
Plat-bord : Passage latéral extérieur gauche ou droit reliant l'avant et l'arrière du bateau.
Veule : Pont de la péniche (à l'avant et à coté des bollards arrières).
Yak ou yek (gaffe) : long manche en bois de 4 mètres terminé par un crochet et une pointe.

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