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Photogramme / Bruits / Musique |
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Extérieur jour, temps
brumeux.
Gros plan en plongée de la proue de l'Atalante qui glisse sur les
flots. Cadrage très déséquilibré. On voit à
peine le nom de la péniche en amorce en bas du cadre. Un ciel laiteux
occupe presque la totalité du cadre. Quand l'entrée du logement
du patron entre dans le champ on voit Juliette en sortir. Elle est en plan
moyen large. Elle tient un tabouret dans une main et une châle dans
l'autre. Elle s'assoit à côté d'une cheminée
qui fume et met le châle sur ses épaules. Elle à l'air
renfrognée. Elle sort du cadre par la gauche. |

Bruit du moteur.
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Extérieur jour.
Raccord dans le mouvement de l'Atalante. Plan d'ensemble de la péniche
en plongée. Elle avance sur les flots avec un léger virage
vers tribord. Un épais brouillard se lève. On voit une personne
à la barre et une deuxième personne s'affairant à la
proue du navire. On ne distingue pas Juliette à l'emplacement où
elle vient de s'asseoir. A l'arrière-plan, noyé dans le brouillard,
on distingue un pont sur lequel se croisent un autobus et une voiture.
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Bruit du moteur plus fort.
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Extérieur jour.
Gros plan en plongée et dans le brouillard des écoutilles
de l'Atalante qui continue à avancer vers la gauche (comme si la
caméra faisait un travelling avant, mais il est difficile de dire
si c'est la caméra ou l'Atalante qui bouge). Le brouillard de plus
en plus épais cache par moments la péniche alors qu'elle est
à moins de deux mètres de la caméra. Le poste de pilotage
entre dans le cadre.
JEAN (off). Père Jules ! Mouille l'ancre !
Panoramique ascendant qui fait entrer Jean dans le cadre, à la
barre. Il est en plan moyen avec de part et d'autre, devant lui, les deux
bouées de sauvetage portant le nom du bateau. Entre les deux bouées
la cloche et la corne de brume. Le mouvement droite gauche de l'Atalante
continue.. Le cadre se resserre : Jean est en plan rapproché taille.
Il s'affole un peu et il fait tinter la cloche avec plus d'insistance.
JEAN. Attention à l'abordage !
Un panoramique droite gauche permet de maintenir Jean dans le cadre,
quand il s'interrompt il sort du cadre par la gauche. |


Bruit du moteur.
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Extérieur nuit (?)
La nuit est tombée alors que le brouillard se lève. Plan
moyen large du père Jules penché sur les rouages de l'ancre.
Il est fortement éclairé par de la lumière artificielle.
En bas à droite du cadre on voit nettement la lumière du
logement du patron.
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Bruit du moteur
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Extérieur nuit.
Plan moyen en légère plongée de Jean à la barre,
très fortement éclairé. Les bouées de sauvetage
blanches semblent phosphorescentes. On voit le père Jules, passer,
en amorce en bas du cadre, sur le plat-bord pendant que Jean continue à
faire tinter la cloche et rejoindre Jean au poste de pilotage.
JEAN. J'allume les feux ! Fous pas à l'eau ( ?)
Le père Jules fait tinter la cloche à son tour ce qui rend
à peine compréhensible une phrase de Jean qui ajoute :
JEAN. Je vais voir la patronne.
Jean sort du cadre par la droite et on le voit brièvement courir,
en amorce en bas du cadre, sur le plat bord. Le père Jules le regarde
puis il voit quelque chose hors cadre. A l'arrière-plan on distingue,
difficilement, une péniche qui passe. Il quitte le poste de pilotage
suivi par un panoramique gauche-droite. Le pont d'une deuxième péniche,
entre dans le cadre par la droite. Un homme moustachu s'y tient debout.
Le père Jules engage une conversation avec lui. Le père Jules
est en plongée et l'homme, à droite du cadre en amorce. Ils
sont tous deux en plan moyen.
LE PERE JULES. Dis donc !
LE MARINIER MOUSTACHU (off). Alors ?
LE PERE JULES. T'as manqué de nous rentrer dedans toi !
LE MARINIER MOUSTACHU. Ben oui ! Mais… on y voyait rien.
LE PERE JULES. Ouais. Faut faire attention. |



Bruit du moteur
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Intérieur nuit.
Plan américain serré en légère plongée
de Jean dans la cabine cherchant Juliette. A gauche, la chambre derrière
la porte vitrée et la fenêtre (verres opaques). Panoramique
droite gauche. Jean touche un vêtement qui se trouve sur la machine
à coudre puis il ouvre la porte de la chambre et regarde à
l'intérieur, il sort presque entièrement du cadre par la gauche.
A droite du cadre l'escalier qui mène à la cuisine, en amorce
tout en haut du cadre, la lampe suspendue éteinte.
JEAN. Juliette !
Jean ressort de la chambre dont il ferme la porte.
JEAN. Juliette !
De dos, il se dirige vers l'escalier. |

Bruit du moteur
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Extérieur nuit dans le brouillard.
La scène est éclairée par une lumière laiteuse.
A droite du cadre, en amorce et flou on voit le bord du poste de pilotage
; à gauche le haut d'un bollard* également flou. Cela réduit
la largeur du cadre. Plan de demi-ensemble sur l'Atalante. Le gosse est
assis sur les écoutilles, les pieds posés sur le plat-bord,
ses mains sur ses genoux. Il porte un short. A l'arrière plan on
distingue à peine Jean qui avance.
JEAN. La patronne ? Où est la patronne ?
Jean fait quelques pas sur le plat-bord en direction du gosse. Au même
moment le père Jules (on ne voit que ses pieds) entre dans le cadre
par la droite. Un chat noir saute des écoutilles sur le plat-bord
(comme si quelqu'un l'avait jeté) puis disparaît du cadre par
le bas. Sa tête reste un moment visible, floue, en amorce au premier
plan. Elle se confond avec l'ombre de Jean qui avance encore vers la poupe.
Il met ses mains devant sa bouche pour crier.
JEAN. Juliette…
L'écho lui répond. Le père Jules, dont on ne voit
pas la tête, s'immobilise derrière le gosse. A ce moment-là
on distingue Juliette assise à l'arrière-plan, à droite
du cadre. Elle ne bouge pas. Jean, à tâtons, monte sur les
écoutilles et sort du cadre par la droite, Dans le même temps
le père Jules en descend à côté du gosse. Il
entre entièrement dans le cadre.
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Bruit du moteur.
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Extérieur nuit.
Plan de demi-ensemble des écoutilles de l'Atalante. Jean marche dessus
avec précaution, cherchant son équilibre avec ses bras et
regardant par terre. Il trébuche. |

Bruit du moteur.
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Extérieur nuit.
Plan moyen très large en plongée du père Jules, une
lanterne à la main. Il se tient à la proue de l'Atalante,
au-dessus du nom sur la coque. Il se penche pour regarder à l'extérieur
du bateau. Le brouillard est d'une grande clarté, laiteux. Panoramique
descendant, le brouillard est tellement dense qu'il emplit entièrement
le cadre. |

Allô ! ici Paris. Veuille
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Extérieur nuit.
Plan rapproché taille en légère plongée de Juliette,
assise sur son tabouret. On voit mal ses traits dans le brouillard. Elle
a froid. Elle serre son châle dans sa main droite. Elle regarde vers
le sol, pensive. Un chat, à peine visible, passe derrière
elle. |

Corne de brume dans le lointain et bruit d'un étrange frottement.
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Extérieur nuit.
Plan rapproché taille en forte contre-plongée de Jean avançant
en tendant les bras devant lui, comme un aveugle. Léger panoramique
droite gauche.
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Tintement d'une cloche et bruit de frottement.
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Extérieur nuit.
Plan moyen serré en plongée de Juliette prostrée sur
son tabouret. A droite du cadre, est assis, de dos, un chat noir.
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On entend comme un bruit de moteur.
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Extérieur nuit.
Plan moyen large de Jean sur les écoutilles, avançant vers
Juliette (travelling droite gauche). Il la trouve enfin et la prend par
les épaules, il la secoue vigoureusement.
JEAN. Tu aurais bien pu me répondre ! Tu m'as fait peur.
Elle se lève. Ils sont au centre du cadre. Panoramique saccadé
gauche droite puis droite gauche. Il l'embrasse avec fougue. Elle lui caresse
les cheveux. Tout en restant dans les bras l'un de l'autre ils marchent
vers le bord des écoutilles et descendent sur le plat-bord. Ils se
dirigent vers l'entrée de leur cabine fortement éclairée
par une lanterne qui se trouve hors cadre, à gauche. Panoramique
de haut en bas puis de droite à gauche. Le père Jules entre
dans le cadre par la droite et une lanterne par la gauche.
LE PERE JULES. Et ben qu'est-ce qu'il y a.
JEAN. Rien.
Il dit cela sèchement, alors que Juliette entre dans la cabine. Ils
tournent le dos au père Jules et à la caméra. Le père
Jules a un chat sur l'épaule gauche et porte une lanterne.
LE PERE JULES. Comment rien ?
JEAN. Laisse-nous tranquilles !
LE PERE JULES. Laisse-nous tranquilles ?
JEAN. Va travailler.
Juliette puis Jean disparaissent dans la cabine et dans le brouillard beaucoup
plus dense pendant un moment. Panoramique gauche droite alors que le père
Jules s'éloigne vers la droite, sur le plat-bord. Redevenu bien visible,
en plan moyen serré, le père Jules s'arrête, se retourne
en direction de la cabine et devient agressif.
LE PERE JULES. Ooooh ! Ils commencent à me courir le patron et
sa Juliette. Travailler ! C'est peut-être elle qui graisse les machines
!
Il reprend sa marche vers la droite (travelling d'accompagnement) se retournant
une nouvelle fois pour lancer ses diatribes.
LE PERE JULES. Ils sont toute la journée à se bécoter
ou à s'engueuler là !
Il pose sa lanterne par terre.
LE PERE JULES. Bon. Oh ! Et puis je fous le camp moi ! J'en ai assez
! Je suis pas d'ici.
Il commence à courir vers la droite. Travelling gauche-droite. Il
sort du cadre par la droite.
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Bruits de pas.



Très fort sifflement.
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Extérieur nuit.
Le père Jules entre dans le cadre par la droite. Il longe une sorte
de palissade de bois qui occupe tout le cadre. Il n'a plus de chat sur l'épaule.
Arrivé devant une porte, il entend des miaulements. Il est alors
en plan américain. Il se retourne. |

Corne de brume. Miaulements.
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Extérieur(?) nuit.
Plan rapproché en plongée de chats sur des feuilles mortes.
Un chat noir occupe le centre du cadre. Le père Jules entre dans
le cadre par la droite et s'assoit au milieu des chats en haut du cadre
LE PERE JULES. Et ben les enfants. Et les mignons. Bande de vaches !
Il porte la main à la poche de sa salopette, certainement pour chercher
de la nourriture. Raccord cut avant la fin de son geste.
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Allô ! ici Paris. Veuille
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Intérieur nuit.
Plan rapproché taille en forte plongée à l'intérieur
de la cuisine. La caméra se trouve dans l'escalier d'accès,
on voit en amorce sur la droite, une partie du mur, ce qui accentue l'impression
de manque d'espace ; Jean est ainsi à moitié caché,
il n'a pas enlevé sa casquette. Des casseroles et une assiette pleine
sont posées sur la cuisinière à l'arrière-plan.
Au premier plan, en amorce à gauche du cadre, la tête du gosse
de dos. A droite du cadre Jean et Juliette parlent. Les assiettes sont vides
; le repas est terminé. Devant eux, sur la table, deux bouteilles
de vin et une cruche pleine d'eau. En amorce en haut du cadre la lampe suspendue
allumée. Le cadre est très chargé : le manque d'espace
est très sensible.
JEAN. Il est pas fâché hein ?
JULIETTE. Mais non !
Jean se tourne vers l'entrée de la cabine, hors cadre pour voir si
le père Jules n'arrive pas. Juliette joue avec ce qui reste dans
son assiette.
JEAN. Mais où est-il passé ?
JULIETTE. Pas de danger qu'il s'en aille lui. Te tracasse pas comme ça.
Tu le reverras ton père Jules.
Quand on entend le père Jules arriver ils regardent tous dans la
direction de l'escalier d'entrée hors champ. Le père Jules,
un chat dans les bras, entre dans le cadre par le bas et la gauche. Il s'assoit
à table, près de la cuisinière, en face du gosse, il
n'enlève pas sa casquette. Aucun personnage n'est visible en entier.
Il n'y a pas d'espace entre les personnages et les bords du cadre. Juliette
se lève, sa tête disparaît derrière la lampe suspendue
; elle donne son assiette au père Jules.
JEAN. Tu aurais pu arriver à l'heure !
Le père Jules se râcle la gorge puis il examine ce qu'il y
a dans son assiette en le triturant avec ses doigts. Il prend une bouteille,
se sert et boit un verre de rouge. Pendant ce temps, le chat noir s'intéresse
au contenu de son assiette.
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Bruit des pas du Père Jules, hors champ.

Bruit du vin qui coule dans le verre et de la bouteille qu'il repose
sur la table.
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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement du chat. Plan rapproché poitrine de Jean
et de Juliette à table. Si le visage de Juliette est bien visible
entre les deux bouteilles, celui de Jean est à moitié caché
par la cruche d'eau posée devant lui. La chatte entre dans le cadre
par la gauche et le traverse.
LE PERE JULES (off). Allez la minoune, t'es pas chez toi.
Juliette la suit du regard en souriant et quand la chatte a quitté
le cadre par la droite, elle penche la tête vers Jean et s'appuie
sur son épaule. Ce dernier bouge également, sa tête
devient entièrement visible. Il enlève sa main, sur laquelle
il s'appuyait, de sa joue. Ils sont tous deux en pleine lumière,
heureux. En haut du cadre, en amorce, le bas de la lampe suspendu est visible.
La table se superpose au bas du cadre. Toujours la même impression
de manque d'espace.
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Intérieur nuit.
Gros plan, de profil, du père Jules en train de manger. Jean lui
tape amicalement sur l'épaule.
JEAN (off). Allons fais pas la gueule quoi !
LE PERE JULES. Je fais pas la gueule !
Travelling arrière et droite gauche en même temps, puis
léger panoramique droite gauche. Le père Jules sort du cadre
par la droite tandis qu'y rentrent, en plan rapproché poitrine, mais
de dos, Juliette et Jean. Le gosse entre également dans le cadre
mais caché presque entièrement par Jean. Ce dernier se lève
(la caméra suit son mouvement, Juliette n'est plus qu'en amorce)
et regarde vers l'extérieur de l'Atalante.
JEAN. Tiens, le brouillard a l'air levé. Il faut rattraper le temps
perdu.
Il est passé de l'autre côté de la table. En plein
milieu du cadre, en plan américain serré, mais sa tête
cachée par la lampe, il prend un gilet. Les têtes de Juliette
(de dos) et du gosse (de profil) sont en bas et départ et d'autre
du cadre. Un panoramique gauche droite fait sortir le gosse du cadre et
y entrer le père Jules au moment où il commence à se
lever de table.
JEAN. Bouge pas père Jules
Il lui fait signe de la main de rester assis. Finis de bouffer. Viens
petit. Jean sort du cadre par la gauche. Panoramique gauche droite.
LE GOSSE (off). Qui ? Moi ?
JEAN (Off). Oui, toi !
Le père Jules est en plan rapproché poitrine, de profil,
il continue à manger tout en jetant un regard à Juliette,
de dos. Elle se lève et quitte la table (panoramiques d'accompagnement
qui font sortir le père Jules du cadre). Elle se dirige vers l'escalier,
qui donne accès à l'autre pièce de la cabine. Elle
jette encore un regard vers le père Jules hors champ. Elle descend
l'escalier en s'appuyant avec sa main sur le mur droit. Travelling avant
puis panoramique descendant. Dans la pièce où elle descend
une lampe suspendue brille également. Juliette s'assoit à
la machine à coudre. Elle est en plan rapproché taille, en
plongée. Au premier plan, à droite du cadre et floue, la cruche
d'eau. Le père Jules entre dans le cadre par la droite. Penché
pour observer Juliette, il occupe près de la moitié du cadre.
Juliette apparaît menue au deuxième plan. |
Bruit du geste amical de Jean.



Bruit des chaises qui bougent sur le sol et des pas.
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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement du père Jules. Contrechamp. Plan rapproché
poitrine de Juliette assise devant la machine à coudre. Elle s'apprête
à l'utiliser. A l'arrière-plan, à gauche du cadre,
le père Jules l'observe.
LE PERE JULES. Qu'est-ce que vous faites là ?
JULIETTE. Je couds à la machine.
Elle ne le regarde pas mais se concentre sur son ouvrage. Le père
Jules s'avance vers elle et descend les marches en se tenant penché.
LE PERE JULES. Hein ! … cousez à la machine ?
Juliette commence à coudre. On voit très bien le volant tourner.
LE PERE JULES. … cousez à la machine ?
Juliette le regarde.
JULIETTE. Vous n'avez jamais vu de machine à coudre ?
Il relance d'un coup de main le volant de la machine.
LE PERE JULES. Hein ! Jamais vu de machine à coudre moi ? Hein
!
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Bruit de la machine à coudre.
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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement du père Jules qui relance une nouvelle
fois le volant. Plan rapproché taille en plongée et de dos
de Juliette assise à la machine. Le père Jules, à droite
du cadre s'assoit à côté d'elle sur le siège.
Il la pousse car il n'y a pas de place. Léger panoramique descendant.
LE PERE JULES. Vous allez voir. Faites moi voir un peu de place.
Le père Jules remplace Juliette et coud tout en lui lançant
des regards. On voit son dos bouger alors qu'il actionne la pédale.
Légèrement en retrait, Juliette l'observe. Il s'arrête.
LE PERE JULES. Voilà.
JULIETTE. Vous en connaissez des métiers hein !
LE PERE JULES. Si j'en connais des métiers ? Regardez ces mains.
Vous ne savez pas tout ce qu'elles ont fait.
Il s'est un peu tourné vers elle en lui montrant ses mains. Il
les met autour de son cou avec un geste d'étrangleur.
LE PERE JULES. Même un soir par Shanghai, en montant là… avec
la paume…
Juliette se penche en arrière et le repousse violemment..
JULIETTE. Allez ! Allez père Jules… |

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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement du père Jules.
JULIETTE . … pas de bêtises.
Plan américain serré du père Jules tombé à
terre, en plongée. A sa droite un table avec un napperon en son centre.
LE PERE JULES. Souriez pas patronne !
Il se relève (panoramique ascendant). Juliette est visible en amorce,
à gauche du cadre. Derrière le père Jules, à
gauche, une armoire. Pas d'espace dans le cadre au-dessus du père
Jules. Toujours la même sensation d'enfermement.
LE PERE JULES. Je suis pas mauvais seulement… Quand on… quand on me
cherche on me trouve !
JULIETTE. Ah ça va père Jules.
Elle se lève et entre entièrement dans le cadre. Elle s'approche
du père Jules, une jupe noire dans les mains.
JULIETTE. Et puisque vous êtes si fort passez donc cette jupe
!
Elle joint le geste à la parole et lui met la jupe autour de la taille.
Léger panoramique gauche droite.
LE PERE JULES. Passez donc cette jupe ?
JULIETTE. Mais oui ! Vous allez me servir de mannequin pour l'arrondi.
Juliette a lâché la jupe. C'est le père Jules qui la
maintient autour de sa taille.
LE PERE JULES. Pour l'arrondi ? Hein !
Juliette sort du cadre par la gauche. Le père Jules commence à
sourire de la situation.
LE PERE JULES. Pour l'arrondi, alors… ça me va ! Hein ! Comment
çà se met cette affaire ?
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Bruit de la chute du père Jules
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Intérieur nuit. Plan très décadré
de Juliette en amorce à droite du cadre. Elle est de profil et seul
son dos est visible.
JULIETTE. Allez, ça suffit ! Restez tranquille
Le père Jules entre dans le cadre par la gauche (non respect de la
loi des 180°). Très léger panoramique droite gauche ascendant.
Il est en plan américain tenant toujours la jupe autour de sa taille.
Il regarde en direction de Juliette qui lui tourne le dos.
LE PERE JULES. Je peux pas le mettre. Hé ! Comment ça
se met ce truc là ?
Juliette se tourne puis se dirige vers lui. Elle entre entièrement
dans le cadre, de dos, en plan rapproché taille.
JULIETTE. Comment ! Vous ne pouvez pas la boutonner ?
LE PERE JULES. … l'arrondi.
JULIETTE. Mais rentrez ce ventre ! Elle lui donne deux coups de poing
non violents sur le ventre.
Il rit. Elle lui met les mains au-dessus de la taille.
JULIETTE. Vous avez la taille fine, hein !
LE PERE JULES. Chatouillez pas ! (puis mots incompréhensibles).
Juliette se penche vers la droite, à l'extérieur du cadre
tandis que le père Jules continue à tenir la jupe. Elle touche
la lampe suspendue qui oscille très doucement. Juliette pousse la
table vers l'arrière du cadre. Elle s'accroupit à ses pieds,
panoramique descendant, et elle commence à épingler la jupe.
La tête du père Jules est sortie du cadre par le haut. Juliette
est en plan rapproché taille, en plongée.
JULIETTE. Allez, tenez…
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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement de Juliette. Plan rapproché poitrine de
Juliette accroupie en train d'ajuster la jupe. Elle est à gauche
du cadre. A droite le bassin et les jambes du père Jules.
JULIETTE . Allons ! Tenez vous bien et mettez-moi ça à
l'endroit.
LE PERE JULES. A l'endroit ?
Juliette regarde les épingles dans ses mains puis les utilise.
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Intérieur nuit.
Plan rapproché poitrine du père Jules regardant vers Juliette
à ses pieds, hors champ. Derrière lui, à droite du
cadre la lampe. Il a la jupe remontée jusqu'à la poitrine.
Il a un geste de recul, probablement piqué par une épingle.
LE PERE JULES. Aïe ! Pas de blague patronne !
JULIETTE (off). Allez.
Le père Jules commence à danser et à chanter.
LE PERE JULES. Travadja la Mouquère ! Travazdja Bono ! Hou ! hou
! hou !
Il se frappe la bouche avec sa main, comme les indiens. Il sort du cadre
par la droite. Il fait des simagrées toujours audibles. Sur une étagère,
derrière lui, sont visibles une photo de soldats et une statuette
d'enfant.
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Bruit de la table que Juliette pousse en arrière.
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Intérieur nuit.
Raccord dans le mouvement du père Jules. Plan moyen serré,
en plongée, du père Jules et de Juliette. En haut du cadre
la lampe suspendue, en bas du cadre la table. Le père Jules commence
une danse du ventre sous le regard amusé et complice de Juliette,
à droite du cadre. Il émet toujours des gloussements.
JULIETTE . Finissez ou je vous pique
Sans attendre sa réponse elle le pique. Il recule : sa tête
disparaît en partie derrière la lampe.
LE PERE JULES. Ouille ! Oula ! Aille…
En tapant de la main sur la table pour battre la mesure il continue à
chanter. Juliette est presque sortie du cadre à droite. Elle y rentre
à nouveau, de dos, en se penchant vers lui.
JULIETTE. Vous vous croyez encore chez les nègres ?
LE PERE JULES. Hein ?
JULIETTE. Vous vous croyez encore chez les nègres ?
Léger panoramique gauche droite quand le père Jules fait un
pas en direction de Juliette.
LE PERE JULES. Les nègres ? J'en connais bien d'autres, ça
les nègres. Juliette sort du cadre par la droite.
LE PERE JULES. Yokohama ! Melbourne ! Shanghai ! Papeete ! San Francisco
! 1903… Dorothy. Hé, hé !
Il se dirige vers Juliette l'index de la main droite pointé en avant.
Il disparaît presque du cadre puis y revient.
LE PERE JULES. Singapour ! San Sébastien.
Il utilise la jupe comme une muleta et commence à toréer tout
en criant et en s'agitant dans tous les sens. Il trébuche, percute
un chaise et tombe. Il se redresse vivement. Juliette entre dans le cadre
par le bas, inquiète pour sa jupe. Elle la saisit des deux mains
et essaye de la lui arracher.
JULIETTE. Allez ! Donnez-moi ma jupe ! Vous la déchirez !
Il se défend en disant olé, mais battu il s'assoit sur la
chaise. Il se calme pendant un bref instant tandis que Juliette sort du
cadre par la droite après avoir marqué un temps d'arrêt
le temps d'ouvrir la porte visible en amorce sur la droite. Resté
seul le père Jules, toujours assis, commence une nouvelle chanson.
Il danse comme un cosaque...
LE PERE JULES. Vo sadou li da grodie vyrasla Petrouchka. Maltchik dievotchkou
tselouiet doumaier igrouchka…
Il se calme un peu et en regardant la porte pousse un dernier cri.
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Bruit des meubles que le père Jules heurte.
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Intérieur nuit.
Plan rapproché taille du père Jules assis. Il est de dos,
en amorce, à gauche du cadre. Au deuxième plan la machine
à coudre devant la fenêtre vitrée de la chambre. La
porte s'ouvre et Juliette sort de la chambre du linge dans les mains. Elle
ferme la porte. Elle est en plan américain et en légère
contre plongée. Elle se tourne vers le père Jules et lui tend
son linge repassé avec une expression hautaine. Ils sont tous les
deux dans la moitié gauche du cadre.
JULIETTE. Et maintenant allez-vous en ! Voilà votre linge !
LE PERE JULES. Ah ! Laissez-moi souffler ! Je vous ai rien fait moi ! Je
suis fatigué moi!
Il ne prend pas son linge.
JULIETTE. Et ben vous partez ou non ?
LE PERE JULES. Non ! Non et non ! Et renon !
Le gosse, en short, apparaît sur l'escalier, en amorce à droite
du cadre. Il entre dans la pièce. Juliette se tourne vers lui.
LE GOSSE. Père Jules ! On est à Paris ! A la manœuvre
!
LE PERE JULES. Hein !
Le gosse, tout en parlant, fait demi-tour et ressort.
LE GOSSE. Le patron a dit qu'il fallait se dérouiller.
Juliette le regarde sortir. Le père Jules s'appuie sur la table à
sa droite pour se lever. Juliette le regarde à son tour
LE PERE JULES. Le patron ? Qui c'est ça le patron ?Il se lève
et s'en va.
Panoramique gauche droite.
LE PERE JULES. Qui c'est encore celui-là ? Le patron.
Juliette qui l'a suivi du regard reste immobile. Raccord avant qu'il ne
soit sorti.
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Claquement de la porte.
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| Fondu sonore. |
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| Fin du chapitre 6 (28mn 27s) |
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| *Petit lexique sur les péniches :
Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les
péniches.
Bollard : Bitte d'amarrage d'un quai, d'une écluse ou d'un
bateau.
Ecoutilles : Panneaux de bois ou de métal (acier peint,
galvanisé ou inox, aluminium) qui recouvrent la cale quand la péniche
est chargée.
Plat-bord : Passage latéral extérieur gauche ou droit
reliant l'avant et l'arrière du bateau.
Veule : Pont de la péniche (à l'avant et à
coté des bollards arrières).
Yak ou yek (gaffe) : long manche en bois de 4 mètres terminé
par un crochet et une pointe.
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