Découpage chapitre 7 : "A Paris. La cabine du père Jules"

Début : 28mn 27s
Fin : 38mn 10s
Durée : 9mn 43s
Nombre de plans : 65 (148 à 212)



Auteur : Xavier REMIS, Lycée Henri-Poincaré, Nancy
avec la participation de
Dominique Coujard (Mise en page web avec images et les sons)
Mathilde Segando (musique)

Vers le chapitre 6 Vers le chapitre 8

Image Photogramme / Bruits / Musique

148 - 28mn 27s (10s)

Extérieur jour une belle journée ensoleillée.
Plan de demi-ensemble d'une écluse. A l'arrière-plan l'Atalante attendant de descendre. A droite du cadre, sur le quai, Jean et un autre homme actionnent une manivelle et ferment la porte inférieure de l'écluse. Panoramique droite gauche. Le quai gauche entre dans le cadre. Un homme et une petite fille s'y trouvent. L'homme semble faire une photo. Jean traverse le canal de droite à gauche. En haut du cadre une structure métallique réduit l'espace, ce qui rappelle le sentiment d'enfermement à l'intérieur des cabines de l'Atalante. Des immeubles et une maisonnette, peut-être celle du gardien de l'écluse, sont visibles sur le quai.


Bruit de l'eau qui s'écoule à travers les portes de l'écluse.

149  - 28mn 37s (4s)

Extérieur jour.
Plan américain de Juliette sortant de la cabine en légère contre plongée. Elle tient le linge du père Jules encore à la main. A l'arrière plan un ciel très lumineux. Panoramique ascendant d'accompagnement. Le visage de Juliette s'illumine en découvrant la grande ville hors champ. Elle tourne sa tête vers la droite.


Musique originale de Maurice Jaubert.

150  - 28mn 41s (6s)
 
Extérieur jour.
Plan de demi-ensemble du quai. Jean monte les marches d'un escalier en courant (panoramique oblique d'accompagnement). A l'arrière plan des immeubles. Sur un des immeubles on peut lire " garage du canal ". Le panoramique se poursuit montrant Jean qui se dirige vers l'Atalante. Il marche sur une passerelle de gauche à droite tout en se tenant à une rampe.



Suite du thème musical. Le bruit de l'eau n'est plus audible.

151 -28mn 47s (9s)

Extérieur jour.
Raccord dans le mouvement, mais en sens inverse, de Jean. Il est filmé depuis l'Atalante. Plan moyen. Panoramique droite gauche. Il arrive sur le quai opposé où le gosse l'attend. L'image est floue. A l'arrière plan des maisons. Le panoramique se poursuit. Le gosse commence à courir et sort du cadre par la gauche. Jean le suit. Il lui parle mais on n'entend pas ses paroles. Il le rattrape et lui fait signe de s'activer. Le gosse sort une nouvelle fois du cadre. Jean s'accroupit pour saisir les cordages (panoramique descendant).


La musique devient très entraînante avec un accordéon.

152 - 28mn 56s (3s)
Extérieur jour.
Plan rapproché taille du gosse en légère plongée. Il s'accroupit et enlève le cordage d'une bitte d'amarrage. A l'arrière plan l'écluse et l'écume de l'eau qui s'écoule.


Suite du thème musical.

153  - 28mn 59s (5s)

Extérieur jour.
Plan moyen très large et en contre plongée de Juliette, le linge toujours dans ses mains, marchant de gauche à droite sur les écoutilles*. Elle s'arrête au milieu du cadre pour observer.


Suite du thème musical.

154  - 29mn 04s (4s)
Extérieur jour.
Plan de demi-ensemble de l'écluse depuis le quai. La caméra se trouve au ras du sol et filme en contre plongée. A l'arrière-plan, en plein soleil, un homme tourne la manivelle qui commande l'ouverture de la porte supérieure de l'écluse. Elle s'ouvre très lentement, à gauche du cadre, pour laisser passer l'Atalante. On distingue Jean accroupi près de l'homme.


Suite du thème musical.

155 - 29mn 08s (3s)

Extérieur jour.
Retour au plan 153. Juliette continue à balayer le paysage de la ville du regard.



Suite du thème musical.

 

156  - 29mn 11s (5s)
Extérieur jour.
Plan américain de Jean sur le quai, en plongée. Il est en train de haler l'Atalante en tirant sur un cordage. Il s'arque boute. A l'arrière plan la lumière du soleil se reflète fortement sur l'eau du canal. Panoramique droite gauche. Jean atteint les dernières marches de l'escalier.


Suite du thème musical.

157  - 29mn 16s (3s)
Extérieur jour.
Plan moyen serré en plongée du gosse tirant également l'Atalante. Son effort est visible.


Suite du thème musical.

158  - 29mn 19s (4s)
Extérieur jour.
Plan de demi-ensemble de Jean en plongée. Au bord du quai il continue à haler l'Atalante dont on voit la proue, en amorce, à droite du cadre.


Suite du thème musical.

159  - 29mn 23s (6s)
Extérieur jour.
Retour au plan 154. Jean tire l'Atalante qui est très engagée dans l'écluse et qui glisse lentement sur l'eau.. En haut de l'escalier, à l'arrière-plan, le gosse apparaît en courant.


Suite du thème musical.

160  - 29mn 29s (4s)
Extérieur jour.
Contrechamp, raccord dans le mouvement du gosse. Plan de demi-ensemble du quai, en plongée, filmé depuis le haut de l'escalier. Jean continue à haler l'Atalante. Le gosse entre dans le cadre par le bas, en courant. A l'arrière plan un pont sur lequel passent deux personnes, une troisième se tient immobile et observe la manœuvre. Le gosse rejoint Jean et l'aide à tirer. Sur le pont une voiture entre dans le cadre par la gauche


Suite du thème musical.

161  - 29mn 33s (5s)
Extérieur jour.
Plan rapproché taille de Juliette en plongée. Elle ouvre l'accès de la cabine du père Jules et avant d'y pénétrer regarde en arrière.


Suite du thème musical.

162  - 29mn 38s (5s)
Extérieur jour.
Retour au plan 160. Jean et le gosse continuent à tirer la péniche.


Suite du thème musical.

163  - 29mn 43s (4s)
Extérieur jour.
Retour au plan 161. Juliette entre dans la cabine du père Jules. Léger panoramique descendant. Elle sort du cadre par le bas. Elle referme l'accès derrière elle.


Suite du thème musical.

164  - 29mn 47s (5s)
Retour au plan 162.
Jean et le gosse, qui se sont rapprochés de la caméra, finissent la manœuvre. L'Atalante est presque à quai. Elle occupe la moitié gauche du cadre.


Fin du thème musical.

165  - 29mn 52s (52s)
Intérieur jour dans la cabine du père Jules.
Plan américain de Juliette au milieu d'un décor surchargé d'objets hétéroclites, chapeau de paille, masques, statuettes, etc.. Elle prend un très grand coquillage et le porte à son oreille gauche. A l'arrière-plan le père Jules entre dans sa cabine et s'approche lentement d'elle. Derrière elle il prend un petit carrousel à musique. En entendant la mélodie Juliette enlève le coquillage de son oreille et se tourne vers le père Jules en souriant. Elle lui donne le coquillage qu'il repose. Elle prend le carrousel à son tour. Le père Jules actionne une boîte à musique posée sur un meuble, devant lui. Juliette s'interrompt une nouvelle fois quand elle entend la nouvelle mélodie et regarde vers l'objet. Le père Jules le prend et le lui montre, puis il le repose. Un réveil-matin sonne à gauche du cadre. Juliette, surprise une fois de plus, se tourne en sa direction. Le père Jules le prend et le pose sur le meuble. Juliette admire tous ces objets. Le père Jules passe derrière elle, en la frôlant, sans dire un mot. Elle se pousse pour le laisser passer. Ils sont physiquement très proches à cause du manque de place. A la fin du plan le père Jules cache Juliette.



Bruits divers : boîte à musique, carillon….

166  - 30mn 44s (19s)
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement du père Jules. Plan rapproché taille de Juliette de dos à gauche du cadre. Le père Jules, un peu en retrait, est passé derrière une sorte d'établi. Un sac cache aux yeux de Juliette un objet. Derrière le père Jules se trouve la reproduction d'un tableau japonais représentant une femme allongée. On voit également divers objets dont, à gauche du cadre, une guillotine miniature.

LE PERE JULES. Je vas vous montrer mon bonhomme.
Le père Jules enlève le sac et découvre une marionnette. Il s'assoit derrière l'établi et commence à lui donner vie après avoir soufflé dessus pour en chasser la poussière. Léger panoramique descendant. Il disparaît derrière elle, on voit ses pieds qui l'actionnent à l'aide de pédales. La marionnette devient un chef d'orchestre qui bat la mesure avec une baguette.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

167  - 31mn 03s (3s)

Intérieur jour.
Gros plan de Juliette, le visage illuminé, rayonnante. Elle lève le carrousel à musique qu'elle tient devant son visage et l'actionne comme si elle obéissait au chef d'orchestre.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

168  - 31mn 06s (10s)
Intérieur jour.
Retour sur la marionnette. Même axe de prise de vue que dans le plan 166, mais cadrage plus serré, plan rapproché taille de la marionnette qui continue à diriger l'orchestre.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

169  - 31mn 16s (3s)
Intérieur jour.
Retour au plan 167. Juliette très souriante continue à actionner le carrousel.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

170  - 31mn 19s (6s)
Intérieur jour.
Plan rapproché poitrine de la marionnette chef d'orchestre.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

171  - 31mn 25s (5s)
Intérieur jour.
Plan rapproché taille de Juliette. A gauche du cadre, de dos, la marionnette qui l'effleure avec sa baguette. Elle la regarde et continue à faire tourner la manivelle du carrousel.


Bruits divers : boîte à musique, carillon….

172  - 31mn 30s (16s)
Intérieur jour.
Plan rapproché taille de Juliette de dos à gauche du cadre. Le père Jules arrête la représentation. Il se lève et salue discrètement en souriant.
LE PERE JULES. … trouvé ça à Caracas. Pendant la révolution. Dix-huit cent… nonante… bof…
Juliette s'avance pour découvrir d'autres objets. Elle sort du cadre par la droite. Le père Jules, en plan américain serré, la suit du regard. A sa droite on voit très distinctement la gravure japonaise et le chef d'orchestre désarticulé sur l'établi.


Quand le père Jules s'arrête la musique s'interrompt.

173  - 31mn 46s (1mn 30s)
Intérieur jour.
L'ensemble du plan, le plus long du film, est filmé avec une focale longue et des cadrages très serrés. Sensation très forte d'écrasement, de manque d'espace, de promiscuité.Gros plan de Juliette en très légère plongée. Elle regarde autour d'elle puis en direction du père Jules, hors champ.
JULIETTE. Je ne croyais pas tout de même que c'était comme ça chez vous.
LE PERE JULES (off). Vous parlez d'une vitrine hein !
Le père Jules, en très gros plan, entre dans le cadre par la gauche et se dirige vers Juliette. On voit sa tête en amorce à droite du cadre. Celle de Juliette qui avance disparaît par le bas. Seule la tête du père Jules reste en partie visible. On voit sa boucle d'oreille.
LE PERE JULES. Y a rien que de belles pièces…
Panoramique droite gauche. La tête du père Jules disparaît du cadre. Celle de Juliette y rentre à nouveau, de dos.
LE PERE JULES (off). … rien que des belles pièces.
Panoramique ascendant. Juliette sort du cadre. Au mur on découvre une sorte de montage photo du père Jules entouré de deux femmes. Il porte un pull-over sur lequel est inscrit "Canadian line". A gauche une autre image de jeunes filles en fleurs. Devant la première image est accroché un fouet, devant la seconde des guirlandes. Léger panoramique descendant qui fait entrer, en amorce et floues en bas du cadre, les têtes de Juliette et du père Jules de dos. Le père Jules tend la main vers l'image. Au mur on découvre également des étoiles de mer clouées.
LE PERE JULES. La Havane ça… Je crois même que j'ai eu des histoires avec Dorothy.
La tête floue du père Jules emplit la moitié du cadre. Panoramique oblique (droite gauche descendant). Toujours en très gros plan et en plongée, la tête du Juliette entre dans le champ. Sur une table devant elle est posée une défense d'éléphant. Après l'avoir très brièvement caressée, elle la saisit et la soulève des deux mains. Un panoramique gauche droite puis droite gauche va d'un personnage à l'autre. Cadrage toujours extrêmement serré.
LE PERE JULES. Pièce anatomique… Oui ! Chasse à courre…
Juliette repose la défense. La caméra tenue à la main ne cesse de bouger dans de rapides panoramiques. Un panoramique descendant découvre un phonographe. La tête de Juliette emplit presque entièrement le cadre. Elle en sort tandis que celle du père Jules, également floue, y rentre.
JULIETTE. Et le phono ?
LE PERE JULES. Oh ! ben il marche pas. Il faut que je travaille dessus.
Panoramique ascendant puis droite gauche. La tête de Juliette entre à nouveau dans le cadre, en amorce et floue. Elle devient nette quand elle prend un éventail posé devant elle. Elle l'ouvre et il emplit entièrement le cadre. A gauche, en amorce, de profil et en gros plan Juliette. Elle caresse l'éventail de sa main. A droite du cadre la tête du père Jules entre dans le champ.
LE PERE JULES. Chine et Japon. Il est fin celui-là. Hein ! Tout à la main… Tout à la main…Bon, ben !
Juliette referme et repose l'éventail. Elle regarde en direction d'une étagère. La caméra fait le point sur les objets qui y sont posés et Juliette de dos les regarde : un chapeau, un couteau…Elle s'avance vers l'étagère (plan rapproché poitrine).
JULIETTE Oh ! En voilà un couteau !
Le père Jules dont la tête emplit à nouveau la moitié du cadre prend le couteau, tandis que Juliette le suit du regard.
LE PERE JULES. C'est pas un couteau ça. C'est une navaja (Il prononce mal le J espagnol). Et ça coupe.
Panoramique descendant et léger travelling avant. Le père Jules se coupe la main avec la navaja sous le regard ébahi de Juliette, puis il porte sa main à sa bouche pour en sucer le sang. Juliette se passe la langue sur les lèvres. Travelling avant sur Juliette, en très gros plan, totalement surprise par le geste du père Jules.
JULIETTE. Vous vous êtes fait mal.
LE PERE JULES (off). Oh ! c'est rien.
JULIETTE. Attendez, je vais chercher un linge.
LE PERE JULES (off). … c'est rien.
Elle se retourne et s'éloigne d'un pas mais un chat l'assaille. Elle le prend par la peau du cou et le jette. Panoramique gauche droite puis droite gauche. Pendant un moment on revoit l'ombre de la tête du père Jules.
JULIETTE Oh ! Les chats !
Elle se tourne vers un placard dont elle ouvrie la porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


174  - 33mn 16s (5s)
Raccord dans le mouvement de Juliette.
Gros plan de Juliette depuis l'intérieur du placard qu'elle a ouvert. Elle occupe la moitié gauche du cadre. Dans l'autre moitié, cachées aux yeux de Juliette par une photographie encadrée, apparaissent deux mains coupées, conservées dans un bocal en très gros plan.


Bruit du placard quand elle l'ouvre.

175  - 33mn 21s (4s)
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement de Juliette. Gros plan de Juliette, de profil regardant la photographie. A l'arrière-plan, accrochée au mur, une raquette. Elle tourne la photographie en direction du père Jules hors champ, elle regarde dans sa direction. Sur la photographie un marin, torse nu, bel homme.


176  - 33mn 25s (12s)
Intérieur jour.
Raccord dans le regard et le mouvement de Juliette. Retour au plan 174. Juliette regarde en direction du père Jules. A l'arrière plan, flou, le mur couvert d'images, de photos.
JULIETTE. C'est vous ça ?
LE PERE JULES (off). Oh non ! Ca c'est mon… Un ami qui est mort il y a trois ans.
Juliette se tourne vers l'intérieur du placard et voit le bocal et les mains. Son visage montre son horreur et son étonnement.
JULIETTE. Qu'est-ce que c'est çà ?
LE PERE JULES (off). C'est ses mains, c'est ce qui me reste.


Bruit du père Jules hors champ.

177  -33mn 37s (18s)
Intérieur jour.
Plan américain en plongée du père Jules assis dans sa couchette. En amorce à droite du cadre, Juliette, tendant le doigt, montre quelque chose à hauteur de son cou. En haut du cadre, en amorce, la couchette supérieure avec une bretelle qui pend.
JULIETTE. Et là ?
LE PERE JULES. Hein ! Mon collier ?
JULIETTE. Non ! là !
Elle montre du doigt l'épaule du père Jules.
LE PERE JULES. Ah ! Les tatouages ! C'est des tatouages. Je vais vous montrer.
Il commence à déboutonner les bretelles de sa salopette. La main de Juliette sort du cadre. Le père Jules se lève puis sort du cadre par la gauche. Panoramique ascendant puis de gauche à droite. Juliette entre dans le champ, en plan rapproché taille. Sur la couchette supérieure est posé l'accordéon.

 

 

 

Bruit des pas du père Jules.

178  - 33mn 55s (26s)
Intérieur jour.
Plan américain en plongée du père Jules. Il s'est à moitié déshabillé et son torse est recouvert de tatouages. Il regarde Juliette hors champ.
LE PERE JULES. Hein ! Avec ça on n'a pas froid.
Il fait un tour complet sur lui-même, en levant les bras, pour faire admirer les tatouages de son corps. On distingue un cœur, une femme nue, une ancre de navire… Il est de nouveau de face en plan rapproché taille. En tournant sur lui-même il s'est approché de la caméra. Il réajuste son pantalon et prend quelque chose dans sa poche.
LE PERE JULES. On n'a pas froid… Je vais vous jouer de l'accordéon… Ca renseigne… ?
(Il le dit deux fois mais c'est presque incompréhensible). Il prend une cigarette dans un paquet, la met dans sa bouche puis l'allume. Il la met ensuite dans son nombril qui correspond à la bouche d'un visage d'homme qu'il a tatoué sur le ventre.


179  - 34mn 21s (53s)
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement du père Jules. Plan rapproché taille du père Jules, de dos. A l'arrière-plan Juliette à peine visible car cachée par son corps massif. Il s'assoit sur la couchette inférieure après avoir pris l'accordéon sur la supérieure. Juliette est en amorce à droite du cadre, floue, en partie cachée par un meuble après avoir bougé. Au-dessus de la couchette est épinglée une multitude de photos. Panoramique descendant, le père Jules est en plongée.
LE PERE JULES. Ca renseigne ( ?).
Il commence à jouer de l'accordéon tout en souriant à Juliette. La minoune vient s'installer sur la couchette supérieure comme attirée par la musique. Juliette se penche (panoramique descendant) et prenant un peigne posé sur la table devant elle, elle se coiffe en se regardant dans un miroir. A gauche du cadre une bouteille de vin. Le père Jules arrête de jouer.
LE PERE JULES. Vous avez de beaux cheveux.
Juliette le regarde, arrête de se coiffer et se dirige vers lui tout en parlant (panoramique légèrement ascendant).
JULIETTE. Vous aussi père Jules, vous avez de beaux cheveux.
LE PERE JULES. Ils sont pas aussi beaux que les vôtres.
Elle lui fait face et se penche vers lui (panoramique descendant).
JULIETTE. Attendez, je vais vous faire la raie.
Juliette commence à le coiffer tout en maintenant son corps très en retrait, à moitié caché par un meuble. On voit le reflet de ses cheveux dans le miroir.
LE PERE JULES. Oh ben ! Vous êtes trop gentille…
Il rit…
Ah ça me chatouille… Je suis pas tant habitué à des douceurs.
En entendant les bruits de pas Juliette et Jules, effrayés, sursautent, comme pris en faute. Ils se tournent en leur direction.



Bruit de l'accordéon puis chant des mariniers


On entend des bruits de pas à droite, hors champ.

180  - 35mn 14s (13s)
Intérieur jour.
Raccord regard mais sans respecter la loi des 180°. Ils regardaient vers la droite dans le plan précédent et c'est par la gauche que Jean, furieux, entre dans le cadre en plan rapproché taille.
JEAN. Qu'est-ce que vous foutez-là tous les deux !
Panoramique gauche droite. Juliette entre dans le cadre par la droite alors qu'elle se tourne en direction de Jean. Le père Jules reste assis. Jean se dirige vers la droite, panoramique d'accompagnement. Juliette sort du cadre. Le père Jules reste visible en amorce. La minoune a disparu (faux raccord).
JEAN. Et en voilà un bazar. (Une phrase incompréhensible). Je t'ai répété cent fois que ces trucs-là étaient défendus à bord.
Jean est furieux, il ne cesse de bouger (panoramiques d'accompagnement). Il voit un chat gris sur la couchette (ce n'est pas la minoune). Juliette, à gauche du cadre l'observe en silence. A droite du cadre, en amorce, la main de la marionnette chef d'orchestre.
JEAN. Et puis ça empoisonne ici ! Des chats ! Saleté va !
Jean se précipite sur la couchette, saisit le chat par le cou et le jette au milieu de la cabine.


181  - 35mn 27s (1s).
Intérieur nuit.
Insert en plongée d'une boite par terre sur laquelle le chat rebondit. Sur la boîte est indiqué " 6 bouteilles… Ginouina du Nègre. "


182  - 35mn 28s (4s)
 
Intérieur nuit.
Retour au plan 180. Jean agresse verbalement Juliette. Plan rapproché taille des deux. Le père Jules, toujours assis, regarde sans dire un mot.

JEAN. Qu'est-ce que tu fous là toi ? Hein ? Et puis qu'est-ce que c'est que cette photo ?
Jean regarde vers un mur hors champ. Panoramique droite gauche.
183  - 35mn 32s (3s)
 
Intérieur nuit.
Insert d'une photographie de femme nue.

LE PERE JULES (off). Ca c'est moi quand j'étais petit !
184  - 35mn 35s (12s)
 
Intérieur jour.
Plan moyen serré des trois mais à l'arrière-plan, derrière un établi. Cadrage serré, étouffant, surchargé. Le père Jules s'est levé. Il fait face à Jean. Entre les deux Juliette.

JEAN. Toi quand t'étais petit. Te fous pas de moi hein ! Toi quand t'étais petit ! T'avais des cheveux comme ça quand t'étais petit. Regardez-moi cette gueule.
Jean montre de la main les cheveux de Jules. Puis il fait demi-tour et sort du cadre par la gauche. Juliette regarde Jules et sourit. Elle s'assoit sur la couchette en riant. Travelling avant. On la voit s'allonger sur la couchette à travers un triangle formé par les pieds de l'établi. Le père Jules se penche sur elle.
185  - 35mn 47s (4s)
 
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement du père Jules qui recule alors qu'il avançait dans le plan précédent. Plan rapproché. Juliette est en bas du cadre allongée sur la couchette. Le père Jules se redresse au-dessus d'elle. Un chat lui marche sur le ventre de puis sort du cadre par la gauche. Elle a un geste en sa direction. Le père Jules sort du cadre par la droite.
186  - 35mn 51s (3s)
 
Intérieur jour.
Enorme faux raccord. Le père Jules a totalement disparu et c'est Jean qui se trouve au pied de la couchette dans laquelle Juliette est allongée. Plan moyen large en plongée. Il la prend par les bras et violemment l'oblige à se lever puis il la pousse en arrière. Un petit chaton est visible dans une petite corbeille accrochée à la couchette supérieure. Il n'était pas là dans les plans précédents.
187  - 35mn 54s (4s)
 
Intérieur jour.
Raccord dans le mouvement de Juliette. Gros plan. Elle semble interloquée et regarde son mari de haut en bas puis elle tourne la tête. Derrière elle une cloison en bois sans rien dessus, aucune photo, aucun objet (ce plan a-t-il été tourné dans la cabine du père Jules ? C'est normalement le mur qui se trouve derrière la marionnette et dans le plan 166 il était surchargé d'objets)

JEAN (off). Je te défends de mettre les pieds ici. Et puis ne me regarde pas comme ça.
188  - 35mn 58s (7s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 186. Raccord dans le mouvement de tête de Juliette. Jean lui assène un violent coup sur la nuque. Elle crie et ils se bousculent violemment. Jean commence à saisir des objets qu'il jette violemment sur le sol.

Bruit de la bousculade et des objets jetés à terre qui se brisent.
189  - 36mn 05s (1s)
 
Intérieur jour.
Insert en plongée d'une assiette qui vole en éclats sur le plancher.

Bruit de vaisselle brisée.
190  - 36mn 06s (1s)
 
Intérieur jour.
Autre insert d'une assiette brisée sur le plancher. Un chat passe au-dessus.
191  - 36mn 07s (1s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 188. Jean continue la casse.



Bruit de vaisselle brisée.
192  - 36mn 08s (2s)
 
Intérieur jour.
Retour à l'insert 190. Un chat saute d'une boite en amorce à gauche du cadre sur l'assiette brisée.


Bruit de vaisselle brisée.
193 - 36mn 10s (1s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 191. Jean a encore bougé. Il jette violemment à terre des objets.
194 - 36mn 11s (1s)
 
Intérieur jour.
Insert en plongée de deux limes qui tombent à terre, une se cloue sur le sol au milieu de débris d'assiettes.


Bruit des objets qui tombent.
195 - 36mn 12s (1s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 193. Sous le regard de Juliette qui se tient la joue Jean, de dos à droite du cadre, s'agite encore. Il se penche en avant.

Enorme bruit de vaisselle brisée.
196 - 36mn 13s (1s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 192. Des chats traversent vivement le cadre.

Enorme bruit de vaisselle brisée.
197 - 36mn 14s (10s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 195. Jean ajuste sa casquette et semble se calmer un peu.
JULIETTE. Mais Jean tu es fou… Mais tu es fou !… C'est pas tout de même chez toi ici !
En entendant cette dernière phrase Jean redevient furieux. Il regarde fixement Juliette qui se frotte la nuque avec ses mains.
JEAN. Chez moi ? Il élève le ton. Ben et toi ?
Tu crois que c'est chez toi ! Il saisit une assiette et la jette à terre.

Bruit de vaisselle cassée.
198 - 36mn 24s (1s)
 
Intérieur jour.
Insert en plongée d'une assiette qui explose littéralement sur le sol.


Bruit de vaisselle cassée.
199 - 36mn 25s (1s)
 
Intérieur jour.
Plan identique au plan 196.
200 - 36mn 26s (1s)
 
Intérieur jour.
Retour au plan 197. Jean est passé de l'autre côté de l'établi. Il prend la boite à musique dans la main gauche et de la main droite il renverse l'établi. Son regard de tourne vers l'escalier d'accès. Juliette aussi voit arriver quelqu'un hors champ.

Bruit de casse.
201 - 36mn 27s (4s)
 
Intérieur jour.
Raccord regard. Plan rapproché d'une personne descendant l'escalier. Il porte une salopette et un tee-shirt noir. En haut du cadre sont suspendus des oignons (à gauche) et de l'ail (à droite). La personne descend et regarde en direction des époux. C'est le père Jules en plan rapproché poitrine. Son collier est bien visible autour de son cou. Sa tête est quasiment rasée.
LE PERE JULES. Voilà
202 - 36mn 31s (2s)
 
Intérieur jour.
Raccord dans l'axe. Très gros plan de la tête du père Jules grimaçant.

JEAN (off). Tu t'es fait couper les tifs ?
Le père Jules enlève un cheveu de sa tête.
203 - 36mn 33s (7s)
 
Extérieur jour.
Plan moyen sur le quai d'un attroupement de personnes (surtout des hommes et des enfants). Assis, un tondeur de chiens (c'est écrit sur une boite) montre les cheveux du père Jules qu'il vient de couper. Certaines personnes rient. Elle viennent d'assister à un spectacle.

LE TONDEUR DE CHIENS. Qu'est qu'il faut … Un mot incompréhensible…quand même.
Le tondeur se lève et entreprend de ramasser ses affaires. Deux chiens sont attachés à ses pieds.

Chuchotements et rires du public.
204 - 36mn 40s (7s)
 
Intérieur jour.
Plan moyen dans la cabine du père Jules. A gauche du cadre le père Jules qui n'a plus son collier autour du cou. Juliette et Jean sortent de la cabine en passant devant lui (il recule et est en amorce) après avoir évité les obstacles qui jonchent le sol.

JEAN. Viens.
Le père Jules les regarde monter l'escalier.

Bruit de pas.
205 - 36mn 47s (1s)
 
Intérieur jour.
Insert d'un chat sur une couchette regardant vers la gauche du cadre.
206 - 36mn 48s (4s)
 
Retour au plan 204.
La porte d'accès de la cabine finit de se refermer. Le père Jules, resté seul, constate les dégâts. La boîte à musique est posée sur l'établi renversé. Il voit une assiette hors champ, par terre…

LE PERE JULES. Ils ont oublié celle-là.
Il donne un grand coup de pied dans l'assiette qui se brise et dont un morceau saute jusqu'en haut du cadre.


Bruit de l'assiette brisée.
207 - 36mn 52s (9s)
 
Intérieur nuit.
Plan rapproché taille de Juliette en plongée. Elle est assise dans un coin de sa cabine et joue avec ses cheveux. Derrière elle un broc. Au-dessus d'elle, au mur, un miroir et une étagère d'angle sur laquelle est posée un flacon. Au premier plan, en amorce en bas du cadre, flou, une forme qui ressemble à un édredon (Juliette est probablement dans sa chambre). Elle regarde en direction de Jean qui lui parle hors champ.

JEAN (off). Tu vas pas m'en vouloir quoi. Tu comprends, j'étais fou quand je t'ai vu avec ce vieux loufoque qui se fait tondre….
Juliette se lève, se regarde dans le miroir et se décoiffe. Jean continue à parler hors champ.
JEAN. … Et puis on est à Paris depuis le temps que t'avais envie d'y venir ! Pour une fois que j'ai fini mon boulot de bonne heure.
208 - 37mn 01s (9s)
Intérieur nuit (Une lampe est allumée sur un tonneau en haut, à gauche du cadre).
Plan moyen du père Jules assis sur la couchette du bas dans sa cabine. Il porte un tee-shirt rayé, il s'est donc changé depuis les plans précédents. Il ramasse des morceaux de miroir par terre. A droite du cadre, en amorce, la cuisinière.

LE PERE JULES. Ouais ! Sept ans de malheur.
209 - 37mn 10s (12s)
 
Intérieur nuit.
Plan rapproché taille de Juliette sur l' escalier d'accès de sa cabine. Au premier plan, en bas des marches, Jean de dos. Juliette le regarde.

JULIETTE. … Et puisqu'ils n'ont pas besoin de toi ! Sortons !
JEAN. Oh ! Mettre un col !
Il se passe les doigts autour du cou.
JULIETTE. Oh mais je voudrais bien voir une fois la ville.
Jean fait un pas vers elle, monte une marche et la pousse vers la droite, pour qu'elle entre dans la chambre. Panoramique gauche droite légèrement descendant pour suivre Juliette qui entre en se dépêchant dans la deuxième pièce de la cabine. Elle sourit.
JEAN. Oh ! c'est vrai. Et bien apprête-toi, je vais te balader un peu.
210 - 37mn 22s (5s)
 
Intérieur nuit.
Plan moyen en plongée du père Jules étendu dans sa couchette. Devant lui le gosse penché, de dos, ramasse des débris. Sur la couchette supérieure un chat le regarde.
LE PERE JULES. Tu pourrais pas faire un peu moins de poussière non !. On mouille pour balayer !
211 - 37mn 27s (18s)
 
Intérieur nuit.
Retour au plan 209. Juliette apparaît à l'ouverture tenant une robe qu'elle montre à Jean. Ce dernier est assis dans la première pièce au bas de l'escalier d'accès. Elle a mis un chapeau et tient aussi un sac à main. Elle est exubérante. Elle met sa main sur le chapeau pour le retenir.

JULIETTE. Regarde ! Je vais l'étrenner. Et toi ?
Jean se lève. Sa tête sort du cadre par le haut.
JULIETTE. Tu vas te déshabiller. Alors dépêche-toi ! Voyons !
Jean descend dans la deuxième pièce. Juliette sort du cadre par la droite. Jean se regarde dans un miroir en passant la main sur sa joue pour voir s'il est bien rasé. Juliette revient dans le cadre, lui enlève sa casquette et l'entraîne en arrière en le tirant par les cheveux.
JEAN. Ouh la la ! Phrase difficilement compréhensible. On entend le mot attention.
212 - 37mn 45s (25s)
 
Intérieur nuit.
Retour au plan 210. Le père Jules s'adresse au gosse qui se redresse un peu.

LE PERE JULES. Tu n'as pas vu mon collier ?
LE GOSSE. Votre grigri ?
LE PERE JULES. Oui.
Toujours allongé le père Jules fouille dans la poche de sa salopette et trouve le grigri. Il l'examine et constate qu'il est cassé. Le chat descend de la couchette sur le tonneau, à côté de la lampe allumée.
LE PERE JULES. Oh ! Il est cassé !
LE GOSSE. Y a qu'à le réparer
Le chat descend du tonneau et sors du cadre par le bas.
LE PERE JULES. Oh mais ça ne se répare pas comme ça. Ca se répare pas même.
Il s'assoit sur la couchette puis se lève.
LE PERE JULES. C'est la série noire qui commence. Allez ! Passe-moi mes frusques ! Faut faire vinaigre…
Panoramique gauche droite d'accompagnement. Le père Jules ouvre un placard à droite des couchettes.

 


Bruit du grigri quand il le manipule puis du placard quand il l'ouvre.
Fin du chapitre 7 (38mn 10s)

*Petit lexique sur les péniches :

Bachot : Canot de service, ou annexe, obligatoire sur toutes les péniches.
Bollard : Bitte d'amarrage d'un quai, d'une écluse ou d'un bateau.
Ecoutilles : Panneaux de bois ou de métal (acier peint, galvanisé ou inox, aluminium) qui recouvrent la cale quand la péniche est chargée.
Plat-bord : Passage latéral extérieur gauche ou droit reliant l'avant et l'arrière du bateau.
Veule : Pont de la péniche (à l'avant et à coté des bollards arrières).
Yak ou yek (gaffe) : long manche en bois de 4 mètres terminé par un crochet et une pointe.

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