Histoire
Analyse du film le Dictateur de Charlie Chaplin.

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Sommaire
Introduction

Pour cette partie historique, j’ai choisi d’analyser le film " The Great Dictator " de Charlie Chaplin, car il est le témoignage réel d’un visionnaire…. Avant cette analyse, je rappellerai la situation politique en Europe entre les deux guerres et je ferai une courte biographie de Charlie Chaplin à partir des documents en anglais.

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Situation avant la Seconde Guerre mondiale

Si, en 1938, beaucoup de pays européens sont démocratiques, il y en a deux qui sont sous la dictature : l’Italie de Mussolini, et l’Allemagne d’Hitler. Depuis 1917, la Russie est devenue communiste et s’appelle URSS. La guerre civile ravage l’Espagne. De nombreux pays sont la proie de mouvements d’extrême-droite auxquels la Belgique elle-même n’échappe pas.

A la faveur d’une crise économique sévère, Hitler arrive au pouvoir " démocratiquement " en Allemagne. En peu de temps, il redresse l’économie allemande en relançant l’industrie de l’armement; il rend confiance au peuple dont la situation matérielle s’améliore. Il peut alors appliquer le programme de son parti nazi et pour se maintenir au pouvoir, le Fürher crée les SS et la Gestapo. Il endoctrine les jeunes et contrôle toute l’information.

Rapidement, au nom du pangermanisme, il annexe la Sarre, réarme la Rhénanie et convoite l’Autriche. Il se heurte à l’opposition de Mussolini. Mais en mars 1938, cette annexion est réalisée (Anschluss) . Plus rien ne l’arrêtera désormais dans ses conquêtes.

La propagande nazi bat son plein en Allemagne. Les lois antisémites proclamées à Nuremberg en 1935 provoquent des progroms dont la Nuit de Cristal, du 9 au 10 novembre 1938.

En Angleterre et en France, les hommes politiques s’inquiètent et lors des Accords de Munich signés en septembre 1938, Hitler les rassure et obtient en échange le territoire tchèque des Sudètes. En août 1939, Hitler signe un pacte secret avec Joseph Staline : le pacte germano – soviétique qui garantit l’approvisionnement en pétrole de l’Allemagne par l’URSS, la non- agression des deux pays et prévoit dans sa partie gardée secrète le partage de la Pologne. Le premier septembre 1939, Hitler envahit la Pologne et prend le couloir de Dantzig. Les Anglais et les Français déclarent la guerre à Hitler car ils protégeaient le couloir.

C’est le début de la Seconde Guerre Mondiale.

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Biographie de Charlie Chaplin

Sir Charles ChaplinCharlie Chaplin, de son vrai nom Charles Spencer Chaplin, est né le 16 avril 1889 à Londres en Angleterre, et est décédé le 25 décembre 1977. Il est issu d’une famille pauvre où la nourriture était rare, et où la cruauté et la solitude étaient fréquentes. Il s’en inspirera pour ses films. Il a vu son père mourir, victime de l’alcool, et sa mère devenir folle. Son seul réconfort est le théâtre. A l’âge de 16 ans, il y joue son premier rôle. Après un représentation, Charlie Chaplin rencontre Mack Sennett qui l’engagea dans la " Keystone Company ".

Après son treizième film, Chaplin commence à réaliser ses films lui-même, et change les méthodes de Sennett en les améliorant. Il diminue le nombre de gags mais augmente le temps qui leur était imparti. En un an, Chaplin révolutionne les films de comédie, en les transformant en art. Ses comédies ont inspiré de grands comédiens, tels que Buster Keaton, Stan Laurel, et beaucoup d’autres.

L’effet Chaplin apparaît vers 1915, quand le public le reconnaît vraiment, que l’on parle de lui dans les journaux. Il y a même sur le marché des poupées de Chaplin, mais aussi des livres racontant ses histoires, et d’autres jouets. Il est clair que les années 15 à 25 sont les moments de gloire de Chaplin qui s’installe comme réalisateur indépendant. Il ne gagnait pas beaucoup d’argent avec Sennett, mais de son nouveau contrat avec Essanay, il gagne 10 fois plus. Il signe son plus gros contrat avec la First National, où il gagnera un million de dollars pour un film.

A partir des année 20, Chaplin commence à introduire les aspects sentimentaux et de galanterie dans ses films. Il dose brillamment humour et sentiments. Il introduit aussi pour la première fois les fins malheureuses, où il termine seul à l’écran. A l’inverse des " Happy end ", il crée donc les " Unhappy ending ".

Il fait ses premiers films réellement sérieux avec la First National ; " Dog’s life " (1918), " The Pilgrim " (1923). Il s’éloigne ainsi complètement de la comédie. En 1919, il crée avec Douglas Faibanks et Mary Pickford la United Artists, qui devait produire et distribuer ses films. Sa première collaboration avec cette nouvelle compagnie fut son premier gouffre financier.

Il réalise " The Gold Rush " en 1925, " The Circus " en 1928, et " City Light " en 1931. Son public diminue, et la société se désintéresse de lui. On est lassé de ses comédies et de ses histoires sentimentales. Mais en 1936, avec " Modern Times ", il donne un nouveau coup en avant en montrant la vie aux USA d’un ouvrier moyen et la pauvreté. Il est très controversé. Dès 1937, il entreprend de faire un grand film qui caricaturerait les deux dictateurs européens. Mais il ne dispose pas des capitaux suffisants avant 1939 pour réaliser ce projet. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son activité diminue. Mais après 1945, il revient au devant de la scène avec " Monsieur Verdoux " qui sera son second gouffre financier. En 1947, il fait l’objet de critiques et il est accusé d’être proche du communisme. Il quittera les USA en 1952.

Ses grandes œuvres à retenir sont surtout, " Modern Times "(1936), " The Great Dictator " (1940), " Limelight " (1952) et " the Gold Rush "( 1925).

limelightLes temps modernes ( Modern Times )Les lumière de la ville ( City Light )La Ruée ver l'Or ( Gold Rush )

Oscars de la meilleure musique originale pour Limelight en 1972, du meilleur scénario pour The Circus en 1927 et pour l’ensemble de son oeuvre en 1971

.Limelight 1972The Circus 1927ensemble de son oeuvre
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L’histoire

L’histoire commence à la fin de la Première Guerre mondiale. Un petit barbier juif allemand se bat au front contre les alliés anglais et français. La défaite allemande l’oblige à se replier, en avion, avec un officier allemand du nom de Schultz. Il aide cet officier à piloter son avion qui s’écrase cependant. Les deux hommes ont la vie sauve et l’officier promet au barbier sa reconnaissance. Le barbier doit séjourner à l’hôpital, car il est devenu amnésique.

Le temps passe, et 18 ans plus tard , le dictateur Hynkel est devenu le Führer de la Tomania. Il ressemble comme deux gouttes d’eau au petit barbier juif. Mais c’est sûrement un coïncidence. Hynkel est antisémite et déteste les Juifs, il veut une race pure, les Aryens. Il est accompagné de son chef des forces armées, Herring, et de son conseiller Garbitsch. Il est allié à Napaloni, dictateur de Bacteria dit le Duce. Les troupes de la mort de Hynkel, dont l ’emblème est la double croix, sèment la terreur dans le ghetto juif . Mais Hynkel a besoin d’argent pour pouvoir construire des usines et des camps de concentration. Son conseiller lui trouve un prêteur, qui est juif et qui refusera prêter cet argent si Hynkel poursuit sa politique antisémite. Le dictateur donne donc l’ordre d’arrêter les vexations et brimades dans le ghetto.

Retournons dans ce ghetto. Le petit barbier juif s’est évadé de l’hôpital où il croit n’être resté que quelques semaines. Mais à son retour, la vitrine de sa boutique est marquée de la mention JEW ( juif), et il veut l’effacer. Il se fait arrêter par les troupes de la mort qui passaient par là. Il résiste et Hannah, la voisine, l’aide; les deux militaires partent. Mais cette fois ce sont les troupes de la mort qui reviennent, arrêtent le barbier et veulent le pendre. A ce moment, la voiture d’un officier Tomanian arrive : c’est Schultz qui délivre le petit barbier et lui promet qu’on ne viendra plus ennuyer tous les gens de cette cour. Au moment de cette rencontre, le petit barbier se souvient de son passé.

Hinket et NaploniDans le palais de Hynkel, tout ne se passe pas comme prévu : les deux dictateurs se disputent l’Osterlich. Napaloni vient en Tomania pour règler ce problème. Hynkel se sent déjà le maître du monde, car quand il aura envahi l’Osterlich, les autres dirigeants auront peur et capituleront. Napaloni est accueilli à la gare par Hynkel et Garbitsch. Celui-ci a tout prévu pour que Benzino Napaloni se sente en position de faiblesse, et que Hynkel soit en position de force pour négocier le retrait des troupes de Napaloni.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : le plan de Garbitsch ne fonctionne pas. Hynkel et Napaloni trouvent un accord après des négociations difficiles. Pour Hynkel, l’accord passé n’est qu’un bout de papier. Dès que Napaloni aura retiré ses troupes, Hinkel envahira l’Osterlisch selon un plan mis en place par l’état-major : quand les troupes de Tomania seront entrées en Osterlich, Hynkel les rejoindra pour faire son discours d’annexion. Pendant les combats, il sera à proximité de la frontière, avec comme couverture, une partie de chasse au canard .

Hynkel apprend que le banquier juif lui refuse le prêt escompté . Furieux, il ordonne la reprise des brimades dans le ghetto. Schultz qui a comploté avec les Juifs est déclaré traître, est arrêté et s‘évade.

Dans le ghetto, tout est calme et les gens vivent en paix jusqu’au moment où le discours de Hynkel appelle les troupes de la mort à reprendre leurs activités. Elles entrent chez Hannah et chez le barbier. Un des soldats se souvient que Schultz leur a dit de ne pas les maltraiter. Dans son discours, Hynkel annonce l’arrestation de Schultz. Le ghetto est mis à sac. Hannah et le barbier décident de quitter Tomania pour l’Osterlich. Schultz qui s’était enfui de la prison vient se réfugier chez Hannah et le barbier. Il organise avec les autres Juifs du quartier un attentat au palais. Le barbier et Schultz sont arrêtés et sont envoyés dans un camp. Les autres habitants du ghetto partent en Osterlich.
 
 

Les troupes de Tomania envahissent l’Osterlich pendant qu’Hynkel est à la chasse au canard. Schultz et le petit juif s’enfuient du camp et sont recherchés. Ils ont volé des uniformes d’officier et marchent vers la frontière d’Osterlich. Etant donné la forte ressemblance du dictateur et du barbier, le dictateur est arrêté après avoir fait une chute dans l’eau. Lorsque le barbier et Schultz arrivent en Osterlich, ils constatent avec stupéfaction que les Tomanians y sont déjà. Le barbier juif, que tout le monde croit être le dictateur, doit faire un discours. C’est un discours bien étonnant : paroles d’espoir , appel à la lutte contre la tyrannie et pour la démocratie.

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Analyse du film

C’est en 1937 que Chaplin envisage de réaliser ce film. Il le tourne en 1938 et l’oeuvre sera présentée au public en 1940. Elle sera contestée par l’ambassadeur allemand aux USA dès sa sortie dans les salles.

Dans son scénario, Chaplin fait preuve d’un réalisme étonnant que ce soit dans les événements racontés ou dans la façon de présenter les deux dictateur, ou encore dans les idées défendues par les nazis de l’époque.

Les personnages : la ressemblance des noms est frappante, voulue pour " déguiser " le message de Chaplin. Tomania pour Allemagne, Adénoïd Hynkel pour Adolphe Hitler, Benzino Napaloni pour Benito Mussolini, Garbitsch ministre de la propagande pour Goebbels qui assurait ce ministère, ... la langue utilisée par Hynkel n’est pas de l’allemand mais y ressemble par sa dureté

Hitler et MussoliniHinkel et Napaloni

La ressemblance physique est plus frappante encore... Hynkel et Napaloni sont les répliques vivantes de Hitler et Mussolini. Les acteurs ont travaillé leur rôle à partir d’une observation minutieuse des deux dictateurs. Mêmes attitudes, mêmes grimaces lors des apparitions en public, lors de discours.

Hynkel est présenté comme cet homme qui sait soulever les foules, qui commence ses discours dans le calme et les termine dans des emportements passionnés. Il correspond à cette description que fait l’ambassadeur de France en Allemagne dans les années trente : "  Un homme comme Hitler ne tient pas dans une formule simple... Je lui ai personnellement connu trois visages, correspondant à trois aspects de sa nature.

Le premier était blême ; ses traits mous, son teint brouillé, ses yeux vagues, globuleux, perdus dans un songe, lui donnaient un air absent lointain : un visage trouble et troublant de médium ou de somnambule.

Le second était animé, coloré, transporté par la passion ; les narines palpitaient, les yeux lançaient des éclairs, il exprimait la violence, l’appétit de domination, l’impatience de toute contrainte, la haine de l’adversaire, une audace cynique, une énergie féroce, prête à tout renverser : un visage de tempête et d’assaut, un visage forcené.

Le troisième était un homme quelconque, naïf, rustique, épais, vulgaire, facile à amuser, riant d’un gros rire bruyant, accompagné de larges claques sur la cuisse : un visage banal, sans caractère marqué, pareil à des milliers de visages répandus sur la vaste terre.

Quand on causait avec Hitler, on voyait, parfois, se succéder ses trois visages.

Au début de l’entretien, il ne semblait pas écouter, ne pas comprendre ; il restait indifférent et comme amorphe... Et puis, tout à coup, comme si une main avait appuyé sur un déclic, il se lançait dans un discours impétueux, il parlait d’un ton élevé , exalté, coléreux ; l’argumentation se précipitait, abondante, cinglante, poussée en avant par une voix rauque...

(...) Quand Hitler partait ainsi dans une tirade ou une diatribe, il ne fallait pas songer à l’interrompre, ni à protester. Il eût foudroyé l’imprudent qui s’y serait risqué. (....) Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il n’était pas normal ; c’était un être morbide, un quasi dément, un personnage de Dostoïevski , un possédé " .

Nous retrouvons ces visages d’Hitler dans les documents vidéo qui sont actuellement à notre disposition : images de propagande, scènes de la vie privée : calme et détendu lorsqu’il reçoit , en compagnie d’Eva Braun , Lloyd George dans sa résidence privée , passionné jusqu’à l’exaltation dans ses discours ou plus simplement méprisant l’égard de ses adversaires : prenons comme exemple son attitude lors de la formation de son gouvernement de coalition en 1933 : il jette un regard profondément méprisant aux libéraux, regard clair quant à ses intentions futures.

Hynkel présente les mêmes visages : calme et serein lors de rencontres privées ou au début de négociations. La moindre contrariété le met en rage et lui fait perdre toute sa bonne éducation : il décore un général d’armée, le loue, lui reconnaît de grands mérites et dans les minutes qui suivent lui retire toutes ses décorations, le dégrade. La situation est tellement portée à son paroxysme qu’elle provoque le rire. Nous retrouvons le même type d’attitude lors des négociations avec Napaloni : débuts calmes et sereins ; mais rapidement la situation va se dégrader : les deux dictateurs finissent par en venir aux mains.

Hynkel passionné dans ses discours : l’observation de Chaplin est parfaite : même rictus, même regard, les mains sur les hanches, la façon de tourner à moitié le dos au public pour lui laisser le temps de se ressaisir et d’applaudir, la même façon de croiser les bras, de relever le menton avec une moue de satisfaction.. Hynkel Hitler, même personne sans aucun doute possible.

Nous pouvons faire le même travail en ce qui concerne Napaloni alias Mussolini notamment dans une grimace relevée dans le film et dans un document vidéo.

Les événements et les idées présentés par Chaplin ne laissent aucun doute sur le but qu’il poursuit : nous avertir du danger qui menace le monde en 1938. Il a vu clairement ce danger et il le décrit, il en parle avec une précision qui nous permet pratiquement d’utiliser ce film comme documentaire historique...

L’événement central est l’annexion de l’Osterlich par Hynkel . L’Autriche a été annexée en mars 1938. Cette annexion a été précédée de tensions entre Hitler et Mussolini telles qu’elles sont décrites dans le film. Mais Chaplin va plus loin : il nous montre que Hynkel Hitler ne va pas s’arrêter à l’Autriche ; son but final est de dominer le monde grâce à la race aryenne . Deux extraits du film le prouvent . D’abord cette réplique de Garbitsch : " Dictateur du monde , c’est votre destinée. Nous anéantirons le peuple juif, nous éliminerons tous les Bruns et nous verrons le monde entier peuplé d’une race aryenne pure. "

Le deuxième exemple est celui où Hynkel pris de folie joue avec une mappemonde : il fait virevolter la terre et la serre dans ses bras tant et si bien qu ’elle explose comme un vulgaire ballon. Faut-il y voir le symbole de la mégalomanie aboutissant à la guerre et à la destruction ? Cette séquence me rappelle cette gravure vue au cours d’histoire où le dessinateur montre Hitler assis à côté d’une mappemonde de laquelle coule du sang. Cette carte postale montre la folie des grandeurs d’Hitler qui rêve aussi de posséder la Lune!

En ce qui concerne les idées, elles sont claires et précises dans la bouche de Hynkel : la démocratie doit être supprimée, la liberté est odieuse, la grandeur de la Tomania exige des sacrifices ce qui rappelle cette phase sans cesse répétée par Hitler dans ses discours "  Deutschland über alles ". La race aryenne est la seule qui puisse dominer le monde . Nous retrouvons dans la bouche d’Hynkel les idées défendues par le National Socialisme allemand.

Chaplin est aussi réaliste, mais sans violence gratuite, quand il parle des ghettos, les brimades vécues par les Juifs, de l’existence des camps, de la faible résistance du peuple juif, de la résistance de certains Allemands (Schultz) , de l’argent " emprunté " aux Juifs pour développer les industries .

Enfin, pour Hynkel comme pour Hitler, il semble que la fin justifie les moyens. Hynkel accepte de négocier avec Napaloni pour pouvoir annexer l’Osterlich. Ces pourparlers sont difficiles, les deux dictateurs ne voulant céder en rien. Finalement Hynkel, sous les conseils de Garbitsch, signe tout en sachant qu’il ne respectera pas sa parole. Nous retrouvons la même attitude chez Hitler lors de la signature des accords de Munich les 29 et 30 septembre 1938. Il veut rassurer les Français et les Anglais sur ses bonnes intentions et il obtient en échange le territoire tchèque des Sudètes. Les historiens ont recueilli le témoignage du chauffeur de la voiture de Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du troisième Reich. Après la signature des Accords de Munich, celui-ci avait entendu une conversation entre Hitler et son ministre dans laquelle Hitler affirmait son intention de ne pas respecter les accords. Pour étayer cette idée , nous pouvons aussi prendre l’exemple du prêt demandé par Hynkel aux Juifs afin de développer davantage son industrie d’armement. Hynkel accepte de changer momentanément de politique pourvu qu’il arrive à ses fins. Avec le recul, les historiens étudient actuellement la possibilité qu’une partie de l’or des Juifs placé en Suisse au début des lois antisémites en Allemagne ait été prêtée par les banques helvètes à Hitler pour développer son programme de solution finale.

Nous allons terminer cette brève étude par le discours du barbier à la fin du film. Est-ce vraiment le barbier qui parle ou Charlie Chaplin qui nous dévoile ses convictions les plus profondes, sa foi en l’Homme qu’il croit foncièrement bon.

Ce discours est un appel à la paix, à la tolérance, au respect de l’autre, au refus de la guerre que les soldats font sans savoir pourquoi. La misère tire son origine de l’avidité, de la haine, de la science mal utilisée, du manque de communication entre les hommes. Mais la démocratie finira par triompher, si nous le voulons vraiment ; nous vivrons dans un monde fraternel si nous le construisons. C’est notre combat : nous devons être des soldats de la démocratie et de la fraternité. Discours étonnamment moderne et actuel : le monde n’aurait-il pas changé?

Le film se termine sur l’espoir : Hannah a entendu le barbier, elle se lève et regarde vers le ciel, les nuages laissent à nouveau passer la lumière du soleil; des temps nouveaux approchent. Après la proclamation de la foi en l’Homme, pouvons-nous aller jusqu’à la proclamation de la foi en Dieu? Chaplin fait référence à l’Evangile selon Saint Luc pour nous dire que tous les hommes sont le Royaume de Dieu et puis il nous invite à regarder vers le Ciel.

Magnifique séquence finale : le visage d’Hannah plongé dans l’obscurité est progressivement éclairé par la lumière du soleil . Ce visage fermé et triste devient rayonnant. Signe d’espoir , de renouveau : l’Homme est de nouveau debout...

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Conclusion

Voilà un superbe film en noir et blanc. Nous aurions pu en dire beaucoup de choses encore, à propos des techniques du langage cinématographique, de l’histoire et de ce qu’elle évoque , de son actualité , du rire provoqué par Charlot.

Chaplin nous apparaît comme un génie créateur, un visionnaire réaliste, un amoureux de l’Homme et de la vie, mettant son art au service de la lutte contre la bêtise humaine dont il sera pourtant la victime lors du maccarthysme.

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