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Etude : Aux sources du cinéma (1) Cette
étude permet d'aborder certains aspects du précinéma
et vise à montrer l'étroite relation entre la Science et
le Cinéma à ses débuts. |
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"La question si obscure du vol des oiseaux" Jansen 1876 |
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Le cinéma scientifique
est né bien avant le cinéma spectacle. La fameuse projection
publique du cinématographe Lumière du 28 décembre
1895 est généralement considérée comme marquant
le début du cinéma. La technique utilisée par Janssen est à de nombreux égards comparable à celle que l'on appelle aujourd'hui la prise de vues image par image. Bien qu'il ne s'agissait alors que d'une série de photographies successives, le principe du fonctionnement de l'appareil avec son mouvement automatique et son déplacement de la surface sensible est la base même du cinématographe au sens étymologique du mot et répond aux buts de l'analyse et de la documentation du phénomène faisant l'objet de la recherche. Janssen écrivait en 1876...« La propriété du revolver de pouvoir donner automatiquement une série d'images nombreuses et aussi rapprochées que l'on veut d''un phénomène à variations rapides permettra d'aborder les questions intéressantes de la mécanique physiologique-se rapportant à la marche, au vol, aux divers mouvements des animaux. Une série de photographies qui embrasserait un cycle entier de mouvements relatifs, àune fonctin déterminée fournirait de précieuses données pour en éclairer le mécanisme. On comprend, par exemple, tout l'intérêt qu'il y aurait pour la question si obscure du vol des oiseaux à obtenir une série de photographies représentant les divers mouvements de l'aile durant cette action. La principale difficulté viendrait de l'inertie de nos surfaces sensibles eu égard aux durées si courtes d'impression que ces images exigent. Mais la science lévera certainement ces difficultés. |
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| Muybridge et le galop du cheval... | |||
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"Le jour
où Muybridge,
de San Francisco, réussit photographier vingt-quatre attitudes
successives d'un cheval pendant un pas de galop, la science fut dotée
d'une méthode précise pour l'analyse des mouvements de
l'homme et des animaux. Le célèbre photographe américain
montra lui-même les applications qu'on pouvait faire de sa méthode
à la connaissance des allures du cheval ou des grands quadrupèdes,
et celle des principaux mouvements de l'homme; enfin, disposant dans
un zootrope les images qui correspondaient aux phases successives d'un
mouvement priodique, il parvint à donner aux yeux l'illusion
de ce mouvement lui-même. Le cycle des applications de la photographie
aux études physiologiques était tracé dans son
entier. Mais comme rien n'arrive du premier coup à la perfection,
la méthode de Muybridge avait certains défauts et présentait
dans son application des difficultés sérieuses. L'invention
des plaques au glatino-bromure d'argent permit bientôt d'obtenir,
avec des poses très courtes, des images bien modelées,
au lieu des simples silhouettes que donnait le collodion humide. Les
intervalles de temps qui séparaient les images successives furent
rendus plus égaux, conditions indispensables pour la détermination
des phases du mouvement. Enfin, les appareils
zootropiques destinés à reproduire l'apparence des
mouvements étaient assez imparfaits et déformaient sensiblement
les images ..." Ces déclarations
ont été écrites, fin 1889, par Etienne Jules Marey,
le premier chercheur qui, en 1882, énonçait les fondements
de la synthèse de la vision. Il ne s'agit pas, comme l'a découvert
Joseph Plateau, des phénomènes de la persistance rétinienne,
pour lesquels ce dernier trouva des applications pratiques donnant à
l'il l'apparence du mouvement, mais d'un projet complet
et rigoureux évaluant les possibilités d'enregistrement,
puis de restitution, par le truchement de la photographie, non seulement
du mouvement mais aussi de la vie, de la réalité.
Et ce projet n'est pas resté lettre morte, loin s'en faut, puisqu'il
a donné naissance à une série d'appareils tant
d'enregistrement que de restitution et de projection du mouvement qui,
dans leur quasi-totalité, sont des appareils de recherche, de
mesures scientifiques. |
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| Jules-Etienne Marey et le vol des oiseaux... | |||
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Etienne Jules Marey tient une place importante dans ce programme. Professeur au Collège de France 39 ans, il obtientt deux ans plus tard, une importante subvention et un grand terrain dans l'Ouest parisien, où il construit aussitôt un laboratoire d'étude du mouvement qui deviendra célèbre : la station physiologique du Parc des Princes...Marey, à partir de 1882, jette les bases d'un moyen exceptionnel d'investigation scientifique, qu'il appellera plus tard chronophotographie, laquelle, par la suite, deviendra le cinéma. Dès 1888, Etienne Jules Marey avait déjà chronophotographié et, de 1889 à 1892, filmé, au sens propre du terme, c'est-à-dire enregistré sur film, un ou plusieurs sujets quasiment dans chacune des disciplines que le cinéma scientifique explorera plus tard. Lorsque Marey entreprend
l'étude du vol des oiseaux et des insectes, il témoigne
d'une préoccupation majeure : découvrir les grandes lois
de la locomotion aérienne. Mais ces phases correspondent aussi
à des orientations méthodologiques, dont la philosophie
générale est de préférer à l'observation
directe (l'auscultation médicale, par exemple, avec la vue,
l'ouïe, le toucher) une observation outillée dans laquelle
les instruments enregistreront eux-mêmes les mouvements, les phénomènes
à observer. Une telle conception est révolutionnaire
à cette époque et si Marey est intimement convaincu de la
supériorité d'une pareille méthode, ce type d'approche
scientifique n'existe pas encore. Tout est à inventer. Mais, d'une part, Marey ignore toute de la technique photographique et par ailleurs les sujtets à mouvement rapide qui le préoccupent ne se prêtent guère à l'enregistrement photographique puisque les émusions de l'époque nécessitent des poses longues et en plein soleil ! alors que des instantanés très brefs et en rafale sont nécessaires pour décomposer le mouvement et le fixer sur la plaque. |
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| Jules-Etienne Marey : le "fou" de Pausilipe ... | |||
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Muybridge a été
le premier à relever ce défi technique et à tenter
de réaliser l'impossible. Marey, admirant les résultats,
en profita pour lui demander par correspondance et sans malice de mettre
un peu de son talent au service de l'étude du vol des oiseaux.
Ce que le photographe américain accepta bien volontiers. A Naples, où
il possédait une résidence d'hiver, il accomplit ses premières Pendant les années
qui suivirent, Marey fit construire et utilisa fréquemment d'abord
un Le 29 octobre 1988,
devant l'Académie des Sciences, Marey dit ces quelques mots : Tout semble simple, les recherches sur le mouvement sont sur une bonne voie mais, s'il n'en dit mot, les problèmes photomécaniques, inhérents à ce nouveau support, ont aussi été résolus. Ces quelques llignes de Marey développent toute la théorie de l'enregistrement sur film. Les bases mécaniques de l'enregistrement cinématographique sont clairement énoncées, et les résultats auxquels elles peuvent mener présentés ainsi que l'analyse Georges Sadoul dans son histoire générale du cinéma : "La chronophotographie à pellicule que présentait Marey à l'Académie des Sciences avait les principales caractéristiques de la caméra moderne. C'était un appareil photographique, muni d'un obturateur en forme de disque fenêtré mû par une manivelle et utilisant une pellicule entraînée par saccades, qui s'arrêtait plusieurs fois par secondes, pour permettre chaque fois une prise de vue." |
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| De l'enregistrement à la restitution du mouvement : zootrope, phénakistiscope, praxinoscope... | |||
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Les appareils utilisent le principe de la persistance rétinienne : (fiche pédagogique à venir)
Le zootrope (par William Horner 1833) est un cylindre percé de fentes dans lequel est placée une bande dun mouvement décomposé. A chaque fente correspond un dessin. Lorsque le zootrope se met à tourner, en regardant par les fentes, on a limpression que les images se suivent sans rupture.
Le phénakistiscope (mis au point par Joseph Plateau en 1833) est constitué de deux disques : sur lun se trouvent les différentes phases dun mouvement. Lautre est percée de fentes. En faisant tourner les deux disques, on a limpression de voir le mouvement se faire et se répéter.
Le praxinoscope mis au point par Emile Reynaud 1877) améliore tous les systèmes précédents. Comme le zootrope, cest un cylindre contenant une bande de mouvement décomposé mais muni de miroirs en son centre. Il permet dobserver des petites scènes de façon agréable. |
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