Le documentaire

Thierry Garel, juste une image. - Paris : Galerie nationale du Jeu de paume, 2000 (Paris : Impr. Hemmerlé). - 43 p. : ill., couv. ill. ; 22 cm.
Publ. à l'occasion de la projection de films, Galerie nationale du Jeu de paume, Paris, 5 décembre 2000-21 janvier 2001. - Index. - DL 01-31042 (D4). - 070.18. - ISBN 2-908901-81-1 (br.) : 35 F.

 

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Les progrès technologiques aidant, la caméra est devenue - James Agée le disait déjà il y a un demi-siècle - "l'instrument central de notre temps", un outil de questionnement du monde dont un nombre croissant de créateurs s'est emparé. En réponse à la crise des valeurs humanistes et la fin des utopies dont il a fallu faire le deuil, le documentaire est désormais l.e lieu de nouvelles interrogations de l'homme par l'homme. Pas pour asseoir des certitudes mais pour reformuler à l'échelle de microcosmes humains les questions essentielles de la vie. On pourra voir dans la rétrospective qu'il n'y a aucun domaine de l'activité humaine qui échappe à la curiosité du documentaire, aucune limite aux formes qu'il emprunte (du portrait à la chronique, du dossier au journal intime ou à l'essai), ni aux tonalités qu'il adopte (de la comédie à l'élégie, en passant par le pamphlet ou le canular).

Dans l'océan des images et des faits sans cause de l'information, le documentaire cristallise des sortes d'îlots d'humanité, des espaces de temps habitables où, dans leur richesse et leur complexité, les êtres ont une cohérence, les processus une visibilité, les idées une permanence. A travers des compositions proprement filmiques inscrites dans une durée, le documentariste restitue au spectateur une expérience du monde et fait naître en lui une image intérieure à partir de laquelle son activité réflexive peut s'engager. C'est précisément sur cette image que travaille l'écriture documentaire.

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