L'aide et l'accompagnement des élèves

Éléments de réflexion pour une meilleure mise en oeuvre


Le cadre actuel >>> Les caractéristiques des modalités d'aide >>> La mise en oeuvre >>> Les 18 fiches >>> Annexe 1 >>> Annexe 2 >>> Annexe 3


 

Dans le cadre du programme de travail académique des corps d’inspection, Monsieur le Recteur a souhaité la mise en place d’un groupe de travail pluricatégoriel (annexe 1) chargé de :

  • recenser les différentes modalités d’aide actuellement utilisées et en préciser les caractéristiques, afin d’aider les équipes d'établissement à mieux articuler les actions qu'elles mènent pour accompagner tous les élèves ;

  • donner aux équipes des éléments de réflexion relatifs au repérage et à la caractérisation des difficultés rencontrées par les élèves et leur proposer des stratégies pédagogiques.

1. Le cadre actuel

De nombreux dispositifs d’aide ont été mis en place depuis une dizaine d’années, particulièrement au collège. La succession des textes de référence a rendu difficile la différenciation des objectifs et des modalités de ces dispositifs, contribuant à une redondance et à une certaine confusion entre eux.

L’enquête menée en juin dernier a montré la diversité des dispositifs proposés dans les collèges de l’académie. Il est question de soutien, de remédiation, d’aide (ou d’accompagnement) au travail personnel, d’études dirigées, d’études encadrées, de tutorat, de groupes de compétences ou de groupes de besoin, de remise à niveau, d’aides disciplinaires, de préparation au brevet…

Par ailleurs, le principe d’une dotation horaire globale suppose que l’établissement fasse des choix quant aux heures consacrées à l’aide aux élèves. Ces choix renvoient aux priorités nationales et académiques et aux orientations définies dans le projet d’établissement ou d’école et le contrat d’objectifs.

On doit alors mettre en perspective la gestion optimale des moyens alloués à l’établissement et l’impact, sur les apprentissages des élèves, des dispositifs mis en place.

La loi d’orientation de 2005, notamment au travers de la définition du socle commun de connaissances et de compétences, fixe des objectifs précis en matière de performances des élèves.  

La circulaire relative à la préparation de la rentrée 2008 précise les dispositifs et les modalités mobilisables :

  • À l’école :

  • les deux heures d’aide personnalisée en plus des 24 heures de cours ;

  • l’accompagnement éducatif, dans le domaine « aide aux leçons » (La généralisation à toutes les écoles est prévue pour la rentrée 2009.) ;

  • les stages de remise à niveau ;

  • les Programmes Personnalisés de Réussite Éducative.

  • Au collège :

  • l’accompagnement éducatif, dans le domaine « aide aux devoirs et aux leçons » ; 

  • les Programmes Personnalisés de Réussite Éducative.

  • Au lycée général et technologique :

  • l’aide individualisée ;

  • les stages de remise à niveau dans les lycées d’excellence.

  • Au lycée professionnel :

  • l’aide individualisée ;

  • le module en seconde professionnelle, dans le cadre de l’expérimentation du baccalauréat  professionnel  en trois ans ;

  • les Projets Pluridisciplinaires à Caractère Professionnel ;

  • les modules en seconde BEP.

 

Par ailleurs, au collège, les grilles horaires, en vigueur depuis septembre 2002, font état de 2 heures consacrées à l’aide aux élèves et à l’accompagnement de leur travail personnel en sixième, de 30 minutes non affectées en cinquième et en quatrième ainsi que de deux heures dévolues aux itinéraires de découverte. Ces heures ne sont pas pour autant enfermées dans un cadre réglementaire étroit et peuvent donc toutes être utilisées dans le cadre de l’autonomie de l’établissement, notamment au travers de l’article 34.

2. Les caractéristiques des différentes modalités d’aide

Les fiches descriptives qui suivent doivent aider les équipes à mettre en œuvre, de manière cohérente, les modalités d’aide, dans le cadre de la politique globale d’accompagnement des apprentissages. L’objectif est double : apporter une réponse plus efficace aux élèves qui rencontrent des difficultés mais aussi prendre en compte l’hétérogénéité des classes dans toute sa dimension et ainsi contribuer à développer l’ambition de tous les élèves.

Chaque fiche fait état :

  • des références officielles, lorsqu’il s’agit de dispositifs en ayant fait l’objet ;

  • du public visé ;

  • des objectifs visés ;

  • des pratiques pédagogiques : qui intervient ? quand ? comment ?;

  • des modalités de suivi et d’évaluation permettant de quantifier leur efficacité ;

  • des points de vigilance sensibilisant aux dérives possibles ;

  • des ressources éventuelles.

Ces fiches sont organisées selon une double entrée, schématisée dans le tableau ci-dessous, en fonction du degré d’enseignement et du public visé. Elles s’inscrivent dans une gradation des réponses à apporter en fonction des besoins identifiés.

 

Les aides pour les élèves en difficulté

Des actions spécifiques peuvent être mises en œuvre pour les élèves qui ne maîtrisent pas certaines compétences exigibles. Ces modalités d’aide plus personnalisées nécessitent un diagnostic précis des compétences à travailler et la définition de réponses adaptées, en lien avec les contenus d’enseignement et pendant une durée limitée.

Ces actions sont décrites dans les fiches 6 à 11.

 

Les aides pour les élèves en grande difficulté

Enfin, il est reconnu que les mesures précédentes sont sans effet réel, quand les difficultés sont très importantes et risquent de conduire l’élève au décrochage scolaire. Les élèves, qui ne maîtrisent pas les compétences scolaires fondamentales, ont besoin d’aides spécialisées supplémentaires et de mesures spécifiques déterminées dans le temps, pour à la fois retrouver la motivation pour le travail scolaire et consolider les acquis nécessaires à une scolarité réussie dans le second degré. Les équipes pédagogiques doivent construire des dispositifs permettant des approches pédagogiques individualisées voire dérogatoires (sous réserve de validation par l’Inspection Académique) par rapport aux programmes en vigueur, sous la responsabilité d'une équipe de suivi ouverte aux compétences nécessaires présentes dans l'établissement.

C’est l’objet des fiches 12 à 14.

Les aides hors temps scolaire obligatoires

L’accompagnement éducatif et les stages de remise à niveau (vacances de printemps et d’été) pour les élèves rencontrant des difficultés persistantes, constituent de nouveaux dispositifs d’aide et/ou de valorisation des élèves décrits dans les  fiches 15 à 17.

Ces dispositifs, à l’initiative de l’Éducation Nationale, doivent s’inscrire en complémentarité avec les nombreuses actions périscolaires existant déjà. Leur mise en œuvre requiert donc une concertation avec les municipalités ou les associations concernées, de manière à ne pas déstabiliser les dynamiques existantes. C’est notamment au travers de la définition des publics et de la recherche  de la meilleure adéquation entre ressources et besoins que ce nouvel équilibre pourra être trouvé.

 

Le Programme Personnalisé de Réussite Éducative (PPRE)

Spécificité du collège et de l’école primaire, déjà mis en œuvre depuis deux ans dans tous les collèges, le PPRE ne doit pas être considéré comme un dispositif supplémentaire ; il permet de coordonner les aides mises en place autour d’un élève et de formaliser un engagement contractuel à destination de l’élève et de sa famille. Cette réponse articule tous les réseaux et espaces d’apprentissage de l’élève (au sein de la classe, par des aides spécifiques dans et hors temps scolaire) et engage tous les membres de l’équipe éducative.

3. La mise en oeuvre

 

Comme tout acte pédagogique, l’aide aux élèves s’inscrit dans une démarche de projet qui exige des équipes qu’elles sachent :

  • diagnostiquer les difficultés ;

  • opérer des choix quant aux dispositifs et aux modalités d’aide à proposer ;

  • évaluer l’efficacité du processus et mesurer les progrès des élèves, donc pratiquer les trois types  d’évaluation (diagnostique, formative et sommative).

Cette démarche requiert :

  • une politique d’ensemble de prise en charge de l’hétérogénéité des publics en liaison avec les contrats d’objectifs ;

  • le travail en équipe des enseignants et l’analyse collective des besoins : identifier des compétences disciplinaires et des compétences transversales (se documenter, communiquer oralement etc.) ;

  • la mise au point d’outils simples de suivi personnalisé d’un cycle à l’autre, d’un degré à l’autre.

Il est nécessaire que le conseil pédagogique ou le conseil des maîtres s’empare de cette problématique, sous l’autorité et l’impulsion du chef d’établissement ou du directeur d’école. Cette réflexion doit être formalisée à travers un volet spécifique du projet d’établissement ou d’école qui servira de repère pour toute la communauté éducative.

Dans le droit fil de la commande du recteur rappelée en introduction, cette dimension fera l’objet de la prochaine réflexion du groupe de travail.


Les 18 Fiches :


Annexe 1 : les membres du groupe PTA 2008/2009 « les modalités d’aide et d’accompagnement des élèves »

  • Philippe ALESSANDRONI - IA-IPR

  • Evelyne AMBLES - Chargée de mission IA55

  • Richard BELLO - IEN Gérardmer 

  • Fabien BEN - IENA57

  • Sylvie BREMOND - Principal du collège Dolmaire de Mirecourt 

  • Pierre-Alain CHIFFRE - IA-IPR 

  • Brigitte COURBET - IENA54 

  • Nathalie GAUTIER - IEN-IO 57 

  • André GUERY - IEN ET

  • Brigitte HAZARD - IA-IPR

  • René HIRSCHI - IEN IO 55

  • Régine JEANDROT - IA-IPR

  • Martine KLEIN - IA-IPR 

  • Olivier LACOMBE - Personnel de direction, chargé de mission départemental 2nd degré Moselle 

  • Valérie LACOR - IA-IPR 

  • Martine LASSALLE - Chargée de mission IA54

  • Pol LE GALL - IA-IPR

  • Sylvie LEGUIL - IA-IPR 

  • Thierry LEVEQUE - IA-IPR

  • Laurence MARCUCCI - IEN second degré 

  • Maurice MARTIN - IA-IPR et responsable de la mission formation continue 

  • Anne-Marie MESSE - IEN ET, doyenne collège IEN second degré 

  • Sandra MONTABORD - IEN second degré 

  • Claude NASS – Pôle Académique de Soutien à l’Innovation 

  • Jean-Noël PITANCE - Principal du collège Charles de Gaulle de Fameck 

  • Nicole POIROT, documentaliste « pôle vie scolaire »

  • Michèle PROTOIS - Chargée de mission IA54

  • Doris STOECKEL -  Principale du collège Du Breuil à Talange

  • Marie-Alice TROSSAT - IA-IPR 

  • Pierre-Jean VERGES - IA-IPR   


Annexe 2 : Quelques ouvrages  issus du dossier n°436 « Aider les élèves » d’octobre 2005

Site des « Cahiers pédagogiques »

  • Accompagner, une idée neuve en éducation, (2001). Cahiers pédagogiques, n° 393, avril.

  • Boimare S. (1999) L’enfant et la peur d’apprendre, Dunod.

    L’auteur, psychologue clinicien, met en pratique une démarche psychopédagogique auprès d’enfants et d’adolescents qui refusent les apprentissages scolaires. Il montre que c’est la situation d’apprentissage elle-même qui déclenche une angoisse contre laquelle on ne peut lutter avec les outils pédagogiques ordinaires, et propose de s’appuyer sur les romans de Jules Verne pour aborder les mathématiques ou la grammaire, et sur la Bible ou la mythologie pour apprendre à lire et à écrire.

     

    Coopération et pédagogie Freinet, n° 33, éditions ICEM, collection « Pratiques et recherches ». (ICEM, 18, rue Sarrazin, 44000 Nantes)

    Cet ouvrage, complété en août 2005 par un coffret DVD sur « Coopérer pour apprendre », élargit le champ de l’aide en traitant de la coopération dans la classe. Après quelques repères historiques, la coopération est déclinée sur divers modes (pour produire, construire, acquérir des savoir-faire, apprendre, gérer, s’organiser....) et éclairée par différents points de vue, psychanalytique, politique et social, philosophique, épistémologique.

    Charnay R. et Mante M. (1992) « De l’analyse d’erreurs en mathématiques aux dispositifs de remédiation, quelques pistes ». Repères-IREM, n° 7, 1992.

    Les auteurs émettent une double hypothèse : l’analyse que nous faisons des erreurs des élèves est directement fonction de notre conception de l’apprentissage ; et le dispositif de remédiation est fonction de notre conception de l’enseignement. Les deux conceptions sont-elles en cohérence ? Pas toujours... La plus grande partie de l’article est consacrée à une description de la mise en œuvre du dispositif de remédiation.

    De Vecchi G. (1992) Aider les élèves à apprendre, Hachette Éducation.

    C’est peut-être celui par lequel il faut commencer. Il apporte un éclairage théorique qui aide vraiment à comprendre ce qui se passe et propose également des solutions à expérimenter. Il supporte d’être lu de façon non linéaire, au gré des questions du lecteur. (Le test décisif : ouvrez-le au hasard et si dans les deux pages que vous lisez rien ne vous accroche, alors laissez-le !)

    Develay M. (1998) Parents, comment aider votre enfant ? ESF. (Pratiques et enjeux pédagogiques).

    A cette question, Michel Develay propose quelques réponses : l’aide à la compréhension de consignes par un décryptage des implicites, la conscientisation des méthodes d’apprentissage, la collaboration entre les parents et l’école. Si ce livre s’adresse aux parents, les enseignants peuvent aussi profiter de ces conseils...

    Gaonac’h D. & Fayol M. (2003) Aider des élèves à comprendre - Du texte au multimédia, Hachette.

    La compréhension s’enseigne-t-elle ? Les auteurs relèvent le défi d’une réponse affirmative. Identification des mots, syntaxe, inférences, autant de traitements dont chacun a sa difficulté, mais qui doivent aussi se combiner entre eux. Ensuite, différents chercheurs traitent de situations de compréhension variées, y compris en déboulonnant cette vénérable pratique que sont les « questions de lecture ».

    Garrel H. et & Calin D. (2000) L’enfant à l’ordinateur : une pratique d’aide aux enfants en difficulté. Observations et réflexions, L’Harmattan.

    Proposition de pistes de réflexion sur l’utilisation de l’ordinateur pour des enfants en difficulté et outil de différenciation pédagogique.

    Gillig J.-M. (1998) L’aide aux enfants en difficulté à l’école : problématique, démarches, outils, Dunod.

    Ce livre se veut une défense et une illustration des capacités de l’école à assumer sa mission éducatrice auprès de tous les enfants, et à assurer la prévention de l’échec scolaire en liaison avec le RASED et les aides socio-éducative et médico-psychologique.

    Gillig J.-M. (1999) Les pédagogies différenciées : origine, actualité, perspectives, De Boeck Université.

    Une première partie permet de situer les pédagogies différenciées dans leur contexte politique et pose la question de la pratique de la différenciation. La seconde présente un choix de textes introduits par un commentaire et suivis de questions, fournissant des éléments de réponses à partir d’expériences, de théories actuelles, de démarches et d’outils. Un ouvrage qui permet de faire le point.

    Meirieu Ph. (2004). Les devoirs à la maison. Parents, enfants, enseignants : pour en finir avec ce casse-tête, La Découverte.

    Une nouvelle édition où l’on peut trouver des éléments de réflexion et des propositions concrètes. L’ouvrage permet de démêler un peu l’écheveau des responsabilités de chacun : parents, enfants, enseignants, éducateurs, politiques, et chaque point de vue permet d’entrevoir une nouvelle posture.

    Moyne A. (1984). Relation d’aide et tutorat, Fleurus.

    Le tutorat est une relation d’aide individuelle : un élève s’entretient personnellement avec un adulte, quelle que soit sa classe, à des moments déterminés de la journée. L’ouvrage étudie les conditions de cette aide, les méthodes et leurs limites, l’interférence des problèmes pédagogiques et psychologiques à l’adolescence. On mesure combien une formation à l’entretien et à l’écoute serait nécessaire.

    Rochex J.-Y. (1997) « Soutien scolaire et rapport au savoir ». In Bouveau P. et Rochex J.-Y. Les ZEP entre école et société, CNDP- Hachette éducation.

    15 années de politique ZEP, les principales lignes d’action, les questions et les difficultés rencontrées... On a ici une synthèse des savoirs et des questionnements élaborés par les chercheurs au sujet de la démocratisation de l’accès au savoir et à la culture. Les auteurs soulignent que le traitement des difficutés socio-scolaires en banlieue ne saurait être seulement celui des publics en difficulté, mais oblige à inventer des réponses valables pour tous.

     « L’aide individualisée, réflexions et enjeux » (2005). Revue Éducation et Formation. Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) N° 65 janvier-juin.

    Un panorama des différents dispositifs, concernant particulièrement le collège, mis en place depuis 1989. Des analyses (de Françoise Clerc et de Jacky Beillerot entre autres) montrent la difficulté à cerner une notion qui oscille entre le soutien scolaire et l’aide individualisée, quand elle ne se confond pas tout simplement avec la différenciation pédagogique.

    Un site-ressource

    Composé d’enseignants et de formateurs exerçant en école, collège, lycée général ou professionnel, le groupe D.D.A.I. de l’IUFM de Lorraine a travaillé de 2000 à 2004 sur les dispositifs et démarches d’aide individualisée en plaçant la question de la posture d’aide au cœur de la réflexion. Un état des lieux des dispositifs existants a été réalisé et replacé dans une perspective historique au regard des évolutions institutionnelles des trente dernières années. L’ensemble des productions et ressources du groupe, y compris des modules de formation, sont disponibles sur le site de l’IUFM de Lorraine.


    Annexe 3 : les composantes de l'enseignement du français et des mathématiques au collège