Annexe
4
Enquête
Étudiants diplômés d’un BTS commercial
Synthèse des résultats
1.
PROFIL DE L’ÉCHANTILLON
ü L’enquête a été menée entre le 15 décembre 2000 et le 15 mars
2001 auprès d’étudiants diplômés sollicités par l’équipe pédagogique de
l’établissement où ils avaient effectué leurs études. Le questionnaire
d’enquête a été renseigné par les diplômés eux-mêmes (auto-administration).
ü 683 questionnaires ont pu être exploités. La structure de
l’échantillon est conforme à la structure de la population à observer :
les 2/3 des réponses concernent des diplômés du BTS AC et FV ; le diplôme
a été obtenu depuis moins de 5 ans, conformément aux consignes adressées.
Les diplômés ont effectué leurs études très majoritairement dans un
établissement public.
ü Les diplômés du BTS AC et FV sont majoritairement issus de
la filière technologique tertiaire (baccalauréat STT) alors que ceux qui ont
obtenu le BTS TC sortent principalement
de la filière technologique industrielle (baccalauréat STI). Enfin les
titulaires du BTS CI et CE ont
plutôt obtenu un baccalauréat d’enseignement général.
ü L’échantillon est relativement homogène au niveau de l’âge
des répondants (aux 2/3 moins de 25 ans) et partagé également entre les deux
sexes.
2.
PARCOURS À L’ISSUE DU BTS
2.1 EMPLOI /
FORMATION
ü Globalement les 2/3 des étudiants recherchent un emploi dès
leur diplôme obtenu principalement :
-
parce qu’ils veulent acquérir une expérience
professionnelle,
-
parce qu’ils se sentent suffisamment opérationnels,
-
mais aussi pour des raisons financières.
L’année d’obtention du BTS n’a pas
d’influence significative sur cette tendance. Ce sont les sortants du BTS FV et
TC qui se sentent les plus opérationnels et qui recherchent le plus une
expérience professionnelle.
ü Près d’1/6
des diplômés déclarent avoir poursuivi ou poursuivre des études (formation
initiale traditionnelle et formation en alternance pour 10% d’entre eux).
Ce sont les diplômés du BTS CI et CE
qui ont le plus tendance à vouloir poursuivre des études. Quel que soit le BTS
obtenu, cette volonté correspond à des motivations positives : les
formations complémentaires restent majoritairement dans le domaine commercial
en conformité avec la formation reçue en STS dont les répondants se déclarent
très satisfaits (seulement 4% d’insatisfaits).
Il s’agit pour les jeunes diplômés
de :
-
se spécialiser,
-
viser un diplôme plus élevé de manière à occuper d’autres
postes,
-
et dans une moindre mesure, augmenter leurss compétences
professionnelles en effectuant d’autres stages.
ü Les formations suivies le sont pour les 2/3 soit en école
de commerce (ou désignées comme telles, certaines pouvant ne pas relever de la
conférence des Grandes Écoles) et à l’université (licence AES, maîtrise de
gestion, …). Le tiers restant est effectué dans des centres de formation
professionnelle (école de vente Renault par exemple) ou des établissements proposant des formations qualifiantes en un
an (formation complémentaire d’initiative locale par exemple).
2.2 EMPLOI /
INSERTION PROFESSIONNELLE
ü Quel que soit
le BTS obtenu, près de 7 étudiants sur 10 ont décroché un emploi en moins de
trois mois en adressant moins de 10 lettres de candidatures pour moins de 5
entretiens.
Pour les
diplômés depuis 1995, on constate que cette tendance s’accentue : de 63%
d’insertion quasi immédiate en 1995, le
taux atteint 82% en 2000. Ce que confirme l’analyse des « autres raisons
évoquées pour justifier l’entrée sur le marché de l’emploi » : les
citations les plus fréquentes sont « j’ai eu la possibilité d’avoir un
poste immédiatement, l’occasion s’est présentée, j’ai profité d’une
opportunité, … ».
ü Ce sont les
titulaires du BTS AC et CE qui présentent le plus fort pourcentage relatif
d’attente (6 mois et plus) pour signer un contrat de travail. Le recours à des
agences d’intérim semble plus fréquent.
3.
L’ENTREPRISE
3.1 PREMIER EMPLOI
ü Le premier
emploi a été décroché :
1- grâce au stage
(en particulier en BTS AC, CE et FV)
2- par
candidature spontanée (en particulier en BTS AC et FV)
3- en réponse à
une annonce publiée dans la presse (en particulier en BTS FV et TC).
L’aide des
enseignants est signalée par les titulaires du BTS CI et TC.
ü Les diplômés
déclarent avoir été engagés principalement :
-
en fonction de leurs connaissances commerciales,
-
pour leur motivation et leur dynamisme,
-
parce que leur formation est reconnue comme sérieuse et
rigoureuse,
-
pour leur adaptabilité.
3.2 ENTREPRISE ET MÉTIER
ü Près des 2/3
des diplômés sont restés dans la même entreprise (la stabilité la plus forte
concerne le BTS CI et la plus faible le BTS FV). Lorsque la personne interrogée
déclare avoir changé d’entreprise, c’est majoritairement parce qu’elle était
titulaire d’un CDD ou d’un contrat d’intérim.
ü Plus de la
moitié des répondants travaillent dans une entreprise de plus de 100 salariés
au sein d’une équipe commerciale de 5 à 10 personnes.
ü Les secteurs
d’accueil des titulaires du BTS sont nombreux, les quatre premiers sont :
-
secteur bancaire (22%),
-
services aux entreprises (20%),
-
fabrication/vente de produits industriels (13%),
-
fabrication/vente de produits de grande consommation (10%).
ü Les fonctions
exercées à l’embauche sont plutôt conformes aux référentiels de l’emploi. On
peut noter que près de la moitié des emplois occupés (tous BTS confondus)
concerne la vente dans son acception la plus large même si les fonctions
sont exercées dans des contextes professionnels différents :
|
BTS AC |
assistant
chef de rayon, attaché commercial, chargé de clientèle, conseiller
commercial, vendeur |
|
BTS CI |
assistant
import-export, assistant transitaire, chargé de clientèle, secrétaire service
commercial |
|
BTS CE |
assistant
chef de publicité, responsable de communication, chargé de clientèle,
secrétaire service commercial |
|
BTS FV |
attaché
commercial, conseiller commercial, vendeur, chargé de clientèle |
|
BTS TC |
technico-commercial,
attaché commercial, chargé de clientèle, conseiller commercial, vendeur,
acheteur |
De manière
globale, les fonctions envisageables d’ici 5 ans restent les mêmes. On note
cependant une progression des emplois de responsables de secteur ou
d’animateurs d’équipe commerciale.
ü Le cadre de
l’activité est :
-
local et/ou régional pour les BTS AC, FV et TC,
-
plutôt international et/ou européen pour les BTS CI,
-
réparti par quart pour les niveaux local, régional, national
et international pour les BTS CE.
ü Les salaires
sont majoritairement compris dans la tranche 80 000 – 150 000 F.
3.3 COMPLÉMENTS DE FORMATION REÇUS
ü 70% des
jeunes diplômés n’ont pas suivi de complément de formation de la part de
l’entreprise. Citons parmi les raisons évoquées :
-
la formation initiale correspondait au métier,
-
pas de besoin,
-
« j’apprends sur le terrain »,
-
« trop de travail et pas assez de temps ».
Il semble que
les répondants n’aient pas bien compris cette question qui visait à recueillir
des informations sur la formation continue en entreprise y compris la formation
d’adaptation à l’emploi.
ü Lorsqu’une
formation a été suivie, elle concerne principalement la mercatique-vente et les
technologies de l’information et de la communication. La hiérarchie et le
service interne de formation en sont à l’origine. Citons parmi les raisons
évoquées :
-
« pour correspondre au poste que j’occupe »,
-
« pour me spécialiser »,
-
pour acquérir des techniques ou outils spécifiques (achats,
produits, clients, …),
-
pour agir plus rapidement.
ü Les
formations mercatique-vente suivies ont une durée moyenne de 20 à 30 heures. En
langues vivantes étrangères, la durée est plus élevée : de 20 à 60 heures.
Enfin les formations technologiques sont courtes (moins de 20 heures).
3.4 APTITUDES ET CONNAISSANCES GÉNÉRALES NÉCESSAIRES À
L’EXERCICE DU MÉTIER
Les aptitudes
et les connaissances générales apparaissent transversales (elles sont citées
comme nécessaires ou au contraire inutiles indépendamment du métier exercé.
ü 5 aptitudes
ou connaissances générales absolument ou plutôt nécessaires sont principalement
citées (par ordre décroissant du nombre de citations) :
-
sens du contact, aisance relationnelle,
-
maîtrise de la communication orale,
-
autonomie,
-
dynamisme, sens de l’action,
-
capacité d’organisation.
ü 4 aptitudes
ou connaissances générales sont majoritairement perçues comme peu ou pas
nécessaires (par ordre décroissant du nombre de citations) :
-
maîtrise d’une autre langue vivante étrangère (autre que
l’anglais),
-
maîtrise de l’anglais,
-
connaissance de l’environnement économique et juridique,
-
culture générale.
Les avis
concernant l’expression écrite sont très partagés.
3.5 IMAGE DES BTS COMMERCIAUX
Les jeunes
diplômés estiment que leur image est globalement bonne :
-
les diplômés sont vite opérationnels dans leur travail
surtout pour les BTS FV et CI mais
nettement moins pour le BTS TC,
-
leur formation est adaptée aux métiers avec un jugement
partagé pour le BTS CE et un jugement négatif pour le BTS TC,
-
ils sont amenés à évoluer à moyen terme avec un avis partagé
en BTS AC et un jugement négatif pour le BTS TC,
-
il est possible de leur confier des responsabilités,
-
ils ont une bonne adaptabilité professionnelle avec un
jugement partagé pour le BTS TC du fait de la nécessité d’une formation
complémentaire pointue dans le domaine industriel correspondant à l’emploi
occupé.
Les
appréciations concernant le BTS TC sont
certainement à relativiser car les répondants ont peu de recul par
rapport aux réalités du terrain (taux d’insertion immédiat le plus fort avec
peu de poursuite d’études).
4 -
APPRÉCIATION DE LA FORMATION REÇUE EN
STS
4.1 POINTS FORTS ET POINTS FAIBLES
ü L’énoncé des
3 principaux points forts des diplômés permet d’établir une liste d’atouts validés
pour tous les BTS (par ordre décroissant du nombre de citations) :
-
connaissances et culture commerciales qui permettent de
mener des actions professionnelles et d’être opérationnel rapidement.
-
formation polyvalente accompagnée de stages sur le terrain,
-
diplôme reconnu et apprécié par la profession ce qui
favorise l’accès au marché du travail,
-
capacité d’adaptation.
ü En ce qui
concerne les points faibles, un fort pourcentage de répondants considère que les formations semblent
éloignées de certaines réalités professionnelles (peut être faut-il y voir la
nécessité d’actualiser les contenus). On peut noter quelques différences selon
le BTS obtenu :
-
BTS AC : manque de spécialisation, capacité à dialoguer
avec le client à renforcer, maîtrise des langues à conforter,
-
BTS CI : connaissances insuffisantes en TCI, maîtrise de l’informatique à conforter,
compétences en droit international à augmenter,
-
BTS CE : manque de spécialisation, compétences en
négociation à renforcer, maîtrise de l’informatique à conforter,
-
BTS FV : maîtrise des langues et culture générale à
renforcer, développement de séquences plus professionnelles,
-
BTS TC : compétences commerciales et techniques, et capacité d’analyse à renforcer.
4.2 PÉRIODES DE FORMATION EN ENTREPRISE
ü Globalement
les anciens étudiants sont indécis quant à la durée optimale des périodes en
entreprise. Dans l’ensemble, l’insatisfaction augmente chez les diplômés de
1998 à 2000, et :
-
la durée semble trop courte pour les BTS AC, CE et TC,
-
la durée est suffisante pour les BTS CI et FV.
ü Les
propositions de réduction ou d’allongement des périodes en entreprise sont
inexploitables du fait de la forte dispersion des réponses.
4.3 REGARD SUR LES MISSIONS COMMERCIALES
ü Le regard (tous
BTS confondus) sur les missions commerciales réalisées en entreprise est
positif. Quel que soit le diplôme obtenu, les répondants déclarent que ces
périodes ont complété la formation reçue au lycée en développant le sens de
l’initiative et de la responsabilité : à plus de 98%, elles sont jugées
indispensables.
L’avis
concernant le lien avec l’insertion professionnelle et l’acquisition de
compétences est plus nuancé.
ü Pour
améliorer l’efficacité de ces missions, les diplômés proposent :
-
de renforcer le suivi des étudiants en entreprise tant par
l’équipe pédagogique que par les tuteurs professionnels,
-
d’établir un lien et une dynamique entre les différentes
missions dans le cadre d’un projet global sur les deux années de formation,
-
d’augmenter les responsabilités confiées aux stagiaires,
-
et de développer les aides financières aux stagiaires.
4.4 ÉQUILIBRE ENTRE LES DIFFÉRENTES PARTIES DE LA FORMATION
La question
posée concernait la répartition du temps entre l’entreprise et le lycée d’une
part et l’équilibre souhaité entre enseignement professionnel et enseignement
général d’autre part.
Les répondants
ont privilégié les positions médianes en choisissant les items qui traitaient
de l’articulation entre les enseignements - à améliorer- et la cohérence de ces
enseignements à renforcer- (1/3 des réponses à chaque fois, tous BTS
confondus).
Pour le reste,
les diplômés demandent de consacrer plus de temps en entreprise et de renforcer
les enseignements professionnels.
4.5 APPRÉCIATION DES ACQUIS EN FORMATION
ü Le relevé des
4 aptitudes ou compétences les plus citées par degré d’acquisition fait
apparaître 5 tendances principales :
-
le sens du contact est totalement maîtrisé quel que soit le
BTS obtenu,
-
l’expression écrite est plutôt partiellement maîtrisée,
-
la capacité à négocier est totalement acquise en BTS FV et
TC ; elle l’est nettement moins dans les autres BTS,
-
la culture générale est maîtrisée à des degrés divers (toute
l’échelle est utilisée sauf totalement acquis),
-
les langues vivantes sont, en général, peu ou pas
maîtrisées.
ü Les anciens
étudiants estiment qu’ils ont été bien préparés à l’utilisation d’outils
professionnels. Ils demandent néanmoins un renforcement des acquis en
informatique et tout particulièrement une formation aux logiciels spécifiques
aux professions commerciales.
4.6 PROPOSITIONS DE MODIFICATION DE LA FORMATION
ü Les jeunes
diplômés étaient invités à lister les aptitudes à développer et les aptitudes
devenues superflues pour mieux adapter la formation aux besoins actuels de la
profession :
- aptitudes à développer (tous BTS
confondus) : autonomie, capacité à négocier, communication orale,
informatique, sens des responsabilités et dynamisme.
- aptitudes devenues superflues (tous BTS
confondus) : une très forte majorité des répondants n’en ont pas décelé,
un faible pourcentage de citations concerne l’économie générale ou la gestion.
ü Les réponses
sont cohérentes d’une question à l’autre puisque les jeunes diplômés ne
souhaitent véritablement supprimer aucun contenu actuel de formation mais
demandent de renforcer les contenus :
-
en informatique,
-
en anglais commercial,
-
en management
-
et en négociation.
4.7 ÉPREUVES DE CERTIFICATION
Si
globalement, les épreuves d’examen semblent adaptées à la validation des
compétences à attendre d’un jeune diplômé :
-
l’étude de cas apparaît plus fortement adaptée en BTS CI, CE
et FV qu’en AC et TC,
-
l’épreuve de présentation des activités professionnelles est
plus adaptée en BTS AC, CE et FV qu’en CI et TC,
-
la deuxième épreuve professionnelle est jugée plus adaptée
en BTS TC et FV qu’en CI, CE et AC.
4.8 ÉVOLUTIONS PERCEPTIBLES / NOUVEAUX MÉTIERS
Près de la
moitié des personnes interrogées ne sont pas à même de se prononcer quant à l’apparition
de nouveaux métiers ou de nouvelles compétences du fait de leur entrée récente
sur le marché du travail.
ü Parmi les
réponses collectées, les évolutions importantes concernent le recours aux
technologies de l’information et de la communication et la nécessité d’animer
une équipe et de gérer des projets.
ü La liste des aptitudes à développer et des contenus de formation à ajouter confirme les évolutions perçues : maîtrise des TIC, renforcement du professionnalisme, développement des stages, création d’un enseignement de management et développement de la réactivité des étudiants.