Deuxième partie – Analyse des
champs généralistes
Champs actuellement couverts par les BTS Action commerciale et Force de
vente
Ce
champ généraliste de la fonction commerciale est celui qui propose le plus
important volume d’emploi, mais également sur lequel l’offre de formation
offert est la plus développée. Il couvre les secteurs du commerce, de la
distribution, des services aux particuliers et aux entreprises. D’une façon
générale, la vente de produits à faible technicité.
La
plupart des investigations ont porté sur ce large domaine et le groupe de
travail est en mesure de présenter des conclusions élaborées pour ces deux BTS.
1 - Les évolutions stratégiques
L’ensemble des
experts auditionnés, quel que soit le secteur d’activité, a mis en évidence un
certain nombre d’évolutions d’ordre macro-économique dont les incidences
stratégiques et organisationnelles sur les entreprises vont avoir des
implications concrètes dans leur fonction commerciale.
L'exacerbation
de la concurrence
Tous les secteurs d’activité sont confrontés à un
développement de la concurrence.
Les
facteurs de ce développement sont variables selon les secteurs :
déréglementation dans le secteur financier qui supprime les frontières
traditionnelles entre banque et assurance, déréglementation dans les
télécommunications qui multiplie le nombre des opérateurs en présence, pression
des évolutions de la réglementation européenne sur les réseaux de distribution
dans l’industrie automobile, contraintes imposées par la législation nationale
au développement de la grande distribution. Les rachats et fusions, le jeu des
alliances stratégiques transfrontalières, le développement des firmes réseaux
et des relations de partenariats industriels entre entreprises de l’Union
européenne conduisent à apprécier cette concurrence au niveau européen, même
pour des petites ou moyennes entreprises.
Cet accroissement de l’intensité concurrentielle auquel
nulle entreprise n’échappe rend plus prégnante la nécessité pour celles-ci de
maîtriser leurs coûts et surtout d’optimiser l’affectation de leurs ressources
afin de créer de la valeur pour le client.
Un nouveau consommateur
Le comportement du consommateur a évolué : plus
expérimenté et plus professionnel dans son comportement d’achat, il est devenu
plus exigeant. Cela lui est d’autant plus facile qu’il évolue dans un marché où
l’offre est pléthorique, la concurrence exacerbée. Satisfait des produits et
services offerts par une entreprise et de la manière dont ils sont fournis, il
devrait lui être fidèle. Mais il attend aussi d’être écouté, entendu, compris
alors que ses attentes sont spécifiques et changeantes.
La fonction commerciale dans l’entreprise est alors conduite
à évoluer : ce n’est plus le marché dans sa globalité qui intéresse
l’entreprise mais le client, dans sa diversité socioculturelle autant
qu’individuelle. Or, désormais, cette diversité peut être repérée, identifiée,
quantifiée grâce aux progrès réalisés dans les technologies de l’information et
de la communication. La maîtrise de l’information sur le client par
l’entreprise devient un enjeu majeur car c’est à partir de cette information
que pourra être élaborée une offre adéquate, qu’elle pourra évoluer dans le
temps et contribuer à la fidélisation du client. Le client ne peut plus être
traité comme un élément statistique : il faut personnaliser l’offre et la
relation.
La
relation – client devient un facteur clé de succès. Son expression concrète est
cependant différente suivant le secteur d’activité, distribution ou services,
vente aux particuliers ou aux entreprises, relations de face à face ou à
distance.
Un développement de la demande de
service
La demande du client s’oriente de plus en plus vers une
demande de solution et non plus une demande de produit. Les ventes de biens ne
se conçoivent plus sans un service associé, celui-ci étant le facteur de
différenciation d'entreprises.
Le secteur des services en lui-même se développe. Des
demandes nouvelles apparaissent du fait des évolutions démographiques (pyramide
des âges) ou socio-économiques (aménagement du temps de travail, nouveaux
outils de communication). Le contexte économique d’ouverture concurrentielle
renforce l’offre, la diversifie. La banque et l’assurance, les télécommunications,
le transport sont conduits à modifier leurs organisations pour mieux orienter
leur offre vers la demande des clients.
On observe à la fois une sophistication et une banalisation
de l’offre de services d’où une nécessité pour l’entreprise de faciliter
l’accès du client à cette offre.
La
banalisation de l’offre de services se traduit par le recours à des canaux de
distribution des services de plus en plus variés.
La
sophistication de l’offre implique que la proposition commerciale faite au client
soit de plus en plus professionnelle. Le contact permanent avec le client est
essentiel à sa fidélisation.
Les entreprises à l’écoute du client peuvent faire
apparaître à la fois ces demandes de nouveaux services et faire évoluer leurs
propositions commerciales dans l’optique d’une pérennisation des relations
commerciales.
De nouveaux outils de
communication
Quelle
que soit la taille de l’entreprise, le secteur d’activité, les technologies de
l’information et de la communication sont de plus en plus présentes dans
l’ensemble du processus de commercialisation des biens et services.
Les
outils unanimement cités comme nécessairement utilisés dans la démarche
commerciale sont la « téléphonie intelligente » (couplage téléphonie
– informatique), les réseaux de communication (Internet, intranet), les bases
de données.
L’évolution des technologies de l’information et de la communication rend possible la mise en
œuvre de nouveaux modes de connaissance des clients.
Le
recueil de cette information, son organisation, son traitement est un enjeu
stratégique puisqu’il conditionne la qualité de l’adaptation de l’offre de
l’entreprise. Les incidences organisationnelles peuvent aller au-delà de la
fonction commerciale et conduire à des recompositions des entreprises.
L’information
sur le client doit être partagée et accessible aussi bien au niveau de la
direction mercatique qu’au niveau du commercial opérationnel. Ce dernier se
trouve doté d’une nouvelle mission autour de l’information qui désormais fait
partie intégrante de sa charge de travail, ce qui a des incidences en terme
d’organisation, de rémunération, d’évaluation des équipes commerciales.
Les bases de données "clients" deviennent un outil
incontournable dans la recherche permanente d’une meilleure satisfaction et
d’une fidélisation des clients ainsi que dans l’orientation vers une
personnalisation de l’offre.
Les technologies de l’information et de la communication
constituent un vecteur supplémentaire et parfois complémentaire de contact avec
le client. Il apparaît que les
entreprises ne s’orientent pas vers une substitution de leurs réseaux traditionnels par des relations clients
exclusivement à distance.
Les possibilités de contact avec le client sont donc
multipliées, en particulier avec le développement des centres d’appel ou
d’Internet. Ces nouvelles solutions techniques permettent aux entreprises une
optimisation de l’affectation de leurs ressources commerciales en fonction des
besoins du client : recours à un commercial en face à face ou traitement
médiatisé selon le degré de sophistication de la demande.
Les perspectives de développement d’Internet comme canal de
distribution complémentaire aux canaux existants concerneront à terme un nombre
croissant d’entreprises.
Certains
secteurs d’activité, les services aux particuliers, certains distributeurs
spécialisés par exemple peuvent ne recourir qu’à ce canal. Dans le domaine des
services, un développement de la vente par Internet peut être anticipé du fait
de l’absence de contraintes logistiques. En revanche, le manque de visibilité
sur les perspectives de développement de la commercialisation exclusive par le
canal Internet ne permet pas de se prononcer sur la place que prendra à terme
ce canal de distribution, tous secteurs confondus.
Ces mêmes technologies permettent aussi d’entretenir le lien
permanent avec le client en multipliant les occasions de contact avec lui. La
qualité du suivi de la vente devient un élément clé de la fidélisation. Les
technologies de l’information et de la communication permettent plus aisément
de traiter les demandes des clients : demande d’information, suivi des
contrats, traçabilité des produits, maintenance en ligne… La réponse des
entreprises à cette demande se traduit essentiellement par le développement, en
interne ou sous forme externalisée, de centres d’appels. Leur développement
exponentiel témoigne de l’importance de l’enjeu de la communication avec le
client.
2 - Les conséquences sur les
emplois commerciaux
Actuellement le niveau Bac + 2 est le niveau pertinent
d’insertion des commerciaux.
Ces
embauches à niveau III correspondent bien à un besoin des entreprises. En 2000, 82% des anciens étudiants issus
d'un BTS Commercial consultés lors de l’enquête se sont insérés dans un délai
inférieur à trois mois. Les embauches de commerciaux se font dans 63,3 % des cas dans le cadre de CDI. Ils
sont dans 55 % des cas affectés à des missions de vente au sens large.
Les entreprises recrutent des personnes correspondant
strictement aux niveaux d’emploi proposés. Le niveau Bac+2 répond au double
besoin des entreprises d’opérationnalité à court terme et d'adaptabilité et
évolutivité du personnel à moyen terme.
Des
enquêtes, il ressort que les embauches des jeunes diplômés se sont appuyées le
plus souvent sur l’appartenance à une formation commerciale reconnue, leurs
connaissances commerciales avérées et des attitudes appréciées en termes de
motivation, dynamisme, sens du contact et aisance relationnelle, capacité au
travail en équipe et adaptabilité.
De nombreux postes à pourvoir
Dans l’ensemble des secteurs, d'importants besoins de
commerciaux à niveau Bac + 2 sont à prévoir dans les années à venir.
Les mouvements de concentration observés dans de nombreux
secteurs économiques n’affectent pas les effectifs de commerciaux. S’ils
aboutissent à des restructurations des réseaux, à une redéfinition des
fonctions, ils ne conduisent pas à une diminution des emplois à vocation
commerciale.
Des phénomènes de pyramide des âges dans certains secteurs
se conjuguent à l'accroissement généralisé de la fonction commerciale pour
expliquer les besoins de commerciaux niveau III.
Les besoins en commerciaux dans les PME-PMI représentent un
gisement important de postes tant dans la fonction vente que dans la fonction
achat.
La généralisation de l’utilisation des outils de
communication pour gérer la relation client crée de nouveaux emplois, par
exemple dans les centres d’appels ou dans la conception et la gestion de sites
marchands.
Ces besoins peuvent être satisfaits soit par de la
reconversion de personnel soit par de l’embauche. Les volumes concernés sont
importants, des estimations ont été fournies dans certains secteurs :15
000 commerciaux chez les constructeurs automobiles français, 100 000 emplois
dans les centres d’appels , 50% des salariés dans le secteur de l’assurance
entre 2007 et 2012, suite aux départs en retraite. Dans certains secteurs
(France Télécom, SNCF), une partie des postes sera pourvue par une reconversion
du personnel administratif actuel.
On observe à la lumière des enquêtes que les principaux
secteurs d’insertion sont d’ores et déjà pour 22 % le secteur bancaire, 20 %
les services aux entreprises, 13% la vente de produits industriels et 10% la
vente de produits de grande consommation.
Une demande de profils
diversifiés
Les entreprises tant lors des entretiens que dans les
réponses aux enquêtes, reconnaissent
qu’il existe une place pour des commerciaux titulaires de divers
diplômes commerciaux de niveau III, à
profils différents et à compétences nuancées pour couvrir des besoins
diversifiés des entreprises et pour mieux coller à des cultures d’entreprises
spécifiques.
Les entreprises, au fur et à mesure de leur collaboration
avec les sections, ont noué des partenariats privilégiés avec l’une ou l’autre des
formations. La qualité de ces relations a contribué à forger des
représentations et des positionnements relatifs des diplômes ne correspondant
pas à une hiérarchisation.
Les entreprises font appel à différents types de commerciaux
en fonction des objectifs de mercatique stratégique retenus et des pratiques de
mercatique opérationnelle qui en découlent. Elles ressentent donc le besoin de
disposer d’une offre de formation diversifiée.
Des
besoins de spécialisation apparaissent dans des domaines comme la communication
des entreprises ou le commerce international. La maîtrise d’outils spécifiques,
de nature non strictement commerciale se rajoute aux compétences qui font le
cœur du métier des commerciaux.
Un
cœur de métier homogène
Au-delà des appellations différentes selon les secteurs
d’activité, les entreprises ont une demande assez homogène en terme de mission
du commercial. Il est demandé au commercial de savoir conquérir un client,
développer les relations avec celui-ci, fidéliser et créer de la valeur autour
de cette relation.
Les différences dans l’exercice du métier s’observent selon
que la relation commerciale relève du secteur des services ou de la
distribution, de la vente inter-entreprise ou aux particuliers, d’une relation
de face à face ou d’une relation médiatisée.
Des postes évolutifs
Les
entreprises sont attachées au potentiel de nouveaux recrutés, en particulier
dans les PME-PMI dans lesquelles il est nécessaire que le commercial puisse accompagner le
développement de l’entreprise, voire l’impulser.
Dans
les structures plus grandes, les évolutions de carrière se font dans deux
directions : passage d’une clientèle particulier vers une clientèle
entreprise ou évolution vers des postes d’encadrement.
3 - Les compétences attendues
Les entreprises comme les anciens étudiants distinguent des
compétences nécessaires à l’exercice immédiat du métier et des compétences
permettant l’évolution de carrière.
La formation actuelle, dans son ensemble, répond bien aux
besoins d’insertion.
L’évolution
du contexte de l’exercice de la fonction commerciale rend nécessaire le
renforcement de certaines compétences pour permettre l’exercice pertinent du
métier.
Cette
formation doit permettre en outre au jeune diplômé d’acquérir un bagage qui lui
permette d’évoluer au sein de sa fonction ou au sein de l’entreprise.
Des
compétences à l’insertion
Les entreprises ont des attentes en terme de compétences
transversales, opérationnelles et comportementales.
Les jeunes embauchés doivent pouvoir se situer dans l’organisation
et comprendre les orientations stratégiques de l’entreprise. Ils doivent être
en mesure de comprendre les choix de mercatique stratégique et les évolutions
sociologiques et pour les transcrire dans des plans de mercatique
opérationnelle. Ils doivent savoir analyser des situations, traiter des
informations, communiquer aisément, à l’écrit comme à l’oral, y compris en
anglais, dans des situations plus ou moins complexes.
Ils doivent maîtriser un certain nombre d’outils et de
techniques spécifiques relevant du marketing général et opérationnel, des
techniques de négociation, de l’utilisation des techniques de l’information et
de la communication.
Les jeunes embauchés doivent avoir des compétences et des
capacités relationnelles : écoute, adaptabilité, capacité à travailler en
équipe, résistance au stress.
Des
compétences pour évoluer
Les commerciaux embauchés à bac + 2 évoluent vers des
fonctions d’encadrement d’équipes commerciales. De nouvelles compétences, de nature managériale, leurs sont alors
demandées. On attend d’eux qu’ils puissent animer leur équipe, gérer des
conflits, évaluer leur action et celle de l’équipe.
Ils doivent pouvoir être des forces de proposition et de
mise en oeuvre de projets et iIs doivent rendre compte des performances
atteintes dans le cadre de leur activité.
Une connaissance plus professionnalisée de l’environnement
économique et juridique de l’entreprise dans laquelle ils exercent leur
activité est un support nécessaire pour évoluer au sein de l’organisation.
4 - Écarts avec les compétences
actuellement repérées
Les formations actuelles permettent-elles de développer les
compétences attendues pour bien remplir les différentes missions en sein de la
fonction commerciale ? Des éléments de réponse sont dégagés de l'analyse des
résultats de l'enquête et également des auditions d'experts.
Il ressort, il faut le souligner, une unité de vue entre les
professeurs, les entreprises et les formés. Ils considèrent qu'un nombre
important d'aptitudes sont maîtrisées, certes à des degrés divers selon les
BTS. Sont ainsi visés : le sens du contact, le relationnel, le dynamisme, la
capacité à travailler en équipe, la négociation, la communication orale.
Ils s'entendent également sur des aspects pris comme points
faibles :
-la connaissance de l'environnement économique et juridique,
-la connaissance du fonctionnement des organisations,
-la connaissance du marché,
-les outils de gestion,
-la culture générale,
-les langues vivantes,
-la négociation-vente (surtout pour les étudiants issus
d'action commerciale et de commerce international.
Les
évolutions de la fonction commerciale et des métiers correspondants conduisent
à exiger des compétences nouvelles liées à la pratique des technologies de
l'information et de la communication, à l'approche de la gestion de la
relation-client, au commerce électronique.
5 - Des propositions pour la
rénovation des BTS Action commerciale et force de vente
A
de rares exceptions, les conclusions de tous les interlocuteurs, enseignants –
étudiants – titulaires du diplôme actuellement en fonction – entreprises, sont
particulièrement convergentes. Elles insistent sur le maintien d’une diversité
de l’offre même s’il existe un noyau commun à la formation de tous les
commerciaux, sur la nécessité d’une relation plus approfondie avec les milieux
professionnels en cours de formation, sur une offre de formation moins
généraliste donc plus opérationnelle et sur l’introduction forte des
applications commerciales des technologies de l’information et de la communication.
La diversité de l’offre de formation plébiscitée
A l’exception notable de quelques
enseignants en BTS Force de vente, tous nos interlocuteurs se prononcent pour
le maintien de deux BTS : Action commerciale et Force de vente.
L’argumentation des tenants d’un BTS à deux options repose exclusivement sur
une image négative du BTS Force de vente au moment du recrutement en formation.
Au contraire, la grande majorité
plaide en faveur d’une accentuation des différences. Cette position est étayée par
des constats solides :
-
Le poids de plus en plus élevé des commerciaux dans les
entreprises implique une professionnalisation accrue de ces métiers. A une
approche ancienne centrée exclusivement sur le relationnel, il faut substituer
une approche plus technicienne prenant en compte des outils, des techniques
spécifiques qui ne sont pas toutes maîtrisables dans le cadre de deux années de
formation. Il convient donc de les regrouper en au moins deux formation
cohérentes.
-
Il est assez évident
qu’il existe deux grandes familles de métiers : l’une liée à l’accueil de
la clientèle avec vente en face à face ou non qui peut s’apparenter à la
distribution de biens ou de services , l’autre liée à la prospection et au
suivi d’une clientèle professionnelle ou de particuliers.
-
Dans les deux
formations existantes, les emplois offerts s’ils se recouvrent en partie sont
assez distincts en proportion. Les avis sont convergents et bien illustrés par
les étudiants diplômés : si les métiers de la distribution ou de la banque
sont largement ouverts au BTS Action commerciale, ceux de l’assurance sont plus
partagés et la vente dans les PME-PMI semble réservée aux BTS Force de vente.
Il semble même que certaines entreprises, en fonction d’un profil souhaité,
sélectionnent pour un poste donné prioritairement l’un ou l’autre BTS.
-
L’attrait au moment
du recrutement pour l’un ou l’autre BTS est fortement lié à son nom. Même s’il
n’y a pas de revendication en ce sens chez les BTS Action commerciale, son
intitulé mériterait sans doute d’être précisé. Celui du BTS Force de vente est
beaucoup plus contesté : l’intitulé est agressif et mériterait peut-être
d’être plus conforme aux pratiques en introduisant la notion de négociation
commerciale, voire, pour une meilleure adéquation à un niveau III, faire
référence à la dimension managériale.
Une relation avec l’entreprise améliorée
Tous les interlocuteurs
souhaitent une amélioration de l’organisation de la relation entre la formation
et les milieux professionnels mais personne ne remet en cause leur nécessité.
-
Les
enseignants souffrent du manque de disponibilité pour mieux définir les
objectifs et pour suivre les étudiants sur le terrain. Ils constatent en
conséquence que les entreprises n’encadrent pas toujours de façon suffisante
les stagiaires, voire que certaines missions confiées ne relèvent pas d’un
niveau III de formation.
-
Les
entreprises soulignent le manque de contacts avec l’établissement de formation,
l’imprécision des attentes, le caractère trop général de la formation pour
confier aux stagiaires des missions précises.
-
Les
étudiants, même s’ils considèrent leur expérience en entreprise généralement
positive, ont une position assez critique sur les dysfonctionnements constatés.
Le groupe de travail propose
d’organiser la relation entre le milieu de travail ou d’activité
professionnelle et l’établissement de formation autour de modules spécifiques à
chaque BTS reposant sur un horaire hebdomadaire significatif (4 ou 5 heures au
minimum) en classe dédoublée, sur une période qui pourrait être semestrielle.
Ces modules pourraient s’intituler par exemple
« Commerce-distribution » et « Services » pour Action
commerciale et pour Force de vente « Clientèle de particuliers » et
« Clientèle professionnelle » . Cette modalité ne doit pas avoir pour
conséquence de modifier le volume horaire global alloué aux disciplines
techniques, par ailleurs considéré comme un minimum par les enseignants et les
milieux professionnels.
Ces modules devraient être
obligatoires pour tous les élèves afin de maintenir la cohérence du diplôme et
son caractère national. Caractéristiques du cœur de métier de chacun des BTS,
ils ne doivent donc pas être confondus avec des « approfondissements
sectoriels ». Dans cet état d’esprit, toute évolution ou enrichissement de
ces modules ne pourrait être envisagé qu’avec un cadrage national.
Le
déroulement d’un module serait le suivant :
-
Un temps consacré
à l’apprentissage, en établissement de
formation, des spécificités techniques, organisationnelles… du module concerné.
Il s’agit de répondre à la critique d’une formation trop généraliste.
-
Un temps consacré à
des actions appliquées – programmées, sélectionnées et validées en fonction du
projet pédagogique - en relation avec des entreprises directement concernées.
Ces actions peuvent être qualifiées de découverte du milieu professionnel
spécifique. Il s’agit de répondre à la critique de l’insuffisance de précision
des objectifs et des attentes par une préparation en amont du stage.
-
Chaque module serait
finalisé par un stage en milieu professionnel de 4 à 5 semaines préparé
antérieurement par les actions appliquées et ayant pour objet de présenter un
projet, une mission, en concertation avec l’entreprise.
L’identification du noyau commun aux formations commerciales
Même si ces formations sont
différenciées, elles reposent sur une culture commerciale de base commune.
Celle-ci est constituée :
-
des
fondamentaux du marketing. Cet enseignement est déjà dispensé dans les deux BTS
mais mérite une actualisation ;
-
des
fondamentaux de gestion. En revoyant complètement les contenus actuels trop
orientés vers la comptabilité générale et qui pourraient s’enrichir d’une
approche par les budgets et les tableaux de bord ;
-
d’un enseignement de
communication-négociation qui constitue une nouveauté pour le BTS Action
commerciale mais qui nécessite un meilleur cadrage en BTS Force de vente.
-
d’une
approche du management dans ses différentes dimensions : management des
organisations, du point de vente, du rayon, du secteur de vente, de l’équipe
commerciale. L’ouverture au management est fortement réclamé par les
professionnels et les anciens étudiants.
L’identification d’un
noyau de culture commune ne signifie pas forcément que la formation est
identique. On peut facilement imaginer que les besoins en communication-négociation
ou en marketing ne sont pas identique pour chacun des BTS. La différenciation
portera alors sur des approfondissements ou plus sûrement sur une différence de
largeur de la gamme offerte.
Une professionnalisation accrue
La
mise en place des modules déjà décrite ci-dessus est très fortement inspirée
par le souhait des professionnels de formations plus opérationnelles et des
enseignants d’une plus grande proximité des métiers commerciaux.
La
pratique actuelle des actions appliquées et du stage comme ensemble d’actions
appliquées limite l’ambition professionnelle des actions. Un cadrage par le
cadre professionnel est de nature à en clarifier les objectifs et à nettement
les distinguer de celles proposées par d’autres BTS (en particulier la famille
des BTS Assistant).
L’introduction
de la notion de projet permet de revaloriser le stage en entreprise en le
finalisant. Il met l’étudiant dans une situation active de responsabilité, de
créativité et de rigueur. Il permet à l’entreprise de disposer d’un œil neuf,
source de propositions en vue de la résolution de problèmes pour lesquels elle
manifeste un intérêt au départ de l’action.
Le poids des applications commerciales des TIC
Il
s’agit certainement de l’innovation majeure des rénovations qui s’engagent.
Longtemps cantonnés aux applications bureautiques et au logiciels de
dépouillement d’enquêtes, le champ de la formation s’est considérablement
élargi :
-
Utilisation forte des
bases de données : forage des données (data mining), organisation de
l’activité du commercial, management de la relation clientèle…
-
Création et
utilisation de supports d’aide à la vente.
-
Travail à
distance ;
-
E-commerce ;
-
Relation clientèle à
distance (centres d’appel)
-
…
Les
groupes de travail sur chacun des BTS devront définir avec plus de précision ce
champ encore nouveau et l’intégrer en cohérence avec la formation et les
contenus en fonction des champs technologiques repérés. L’organisation sous la
forme d’un module aurait le mérite de cadrer la formation par les besoins
effectifs et d’éviter ainsi une dérive techniciste perdant de vue l’orientation
commerciale de cette formation.
La formation des enseignants
La
formation préalable des enseignants est une des conditions majeures de la
réussite de ces rénovations. Il est possible d’identifier dès maintenant les
principaux axes des formations de façon à anticiper la mise en place de
ces nouveaux BTS.
-
Formations liées au
caractère opérationnel des nouveaux BTS : Marketing de la distribution,
marketing des services, vente aux particuliers et inter-entreprises.
-
Formations liées aux
nouveaux axes de formation. Elles portent essentiellement sur le management.
-
La crainte
essentielle porte sur les applications commerciales des TIC. Les formations
devraient porter sur les applications de centres d’appel, l’exploitation des
bases de données, l’utilisation de logiciels de présentation assistée par
ordinateur.
L’équipement des établissements
Longtemps limitées aux
applications bureautiques de base et aux logiciels de dépouillement d’enquêtes,
les sections commerciales sont particulièrement mal équipées pour aborder les
applications commerciales envisagées. Un lourd effort d’équipement doit
accompagner la mise en place des formations pour que celles-ci soient
crédibles.
Pour les enseignements de
communication-négociation, les sections de BTS Force de vente sont équipées en
matériels audiovisuels mais doivent être mises à niveau. Tout reste à faire
pour les BTS Action commerciale.
Une réflexion devrait avoir lieu, au-delà des équipements informatiques et audiovisuels, à l’aménagement de locaux adaptés aux nouvelles conditions pédagogiques.