Troisième partie – Analyse de la demande en formation spécialisée
Champs couverts actuellement par les BTS Communication des entreprises, Commerce international et Technico-commercial
Les
investigations menées par le groupe de travail sont encore insuffisantes sur
ces domaines. Les conclusions sont encore très partielles. Elles reposent sur
l’avis de quelques experts et essentiellement sur l’analyse des résultats des
enquêtes. Ces travaux devraient être poursuivi l’année prochaine.
1 - B.T.S. Communication des
entreprises
A
ce jour, 50 établissements préparent à ce diplôme qui fut créé en 1986.
L'analyse
présentée s'appuie sur les questionnaires renseignés par les publics suivants :
47 entreprises partenaires des sections Communication des entreprises
52 anciens
étudiants et 70 étudiants actuels de cette section
(Séries de Bac variées)
plus de 100
enseignants répartis sur 31 établissements
Donc, la représentativité est bonne relativement à
la taille des populations respectives.
Notons
qu'aucun entretien complémentaire, d'experts spécifiques du secteur (syndicat
professionnel…), n'a été réalisé et qu’il sera dès lors nécessaire d'apporter,
par exemple, des éclairages
supplémentaires ou des chiffrages prévisionnels concernant les emplois de
demain dans le secteur de la Communication.
Le contexte
Essor
de nouveaux moyens de communication qui conduisent :
-
au développement de
nouvelles activités
-
au besoin de
nouvelles compétences ou à de nouvelles hiérarchies dans les compétences
(renforcement de la place de l'expression écrite)
-
à l'émergence de
nouveaux métiers (web concepteur, web animateur…)
-
à la création de
nombreuses structures de petites tailles sur des niches de marché
Développement
d'une communication plus interactive, plus personnalisée débouchant sur :
-
un essor considérable
des bases de données relationnelles et du data mining
-
une densification des
réseaux de communication internes et externes
-
une inflation
quantitative et qualitative des besoins en communication
Des points forts solidement ancrés, caractéristiques du
B.T.S. Communication des entreprises
-
Une formation bien équilibrée
où les stages et les actions professionnelles remplissent des offices distincts
et complémentaires
-
Des stages qui sont
majoritairement en phase avec les futurs emplois occupés par les diplômés
(embauche à l'issu du stage, embauche pour des fonctions identiques à celles
occupées lors des stages)
-
Des actions
professionnelles (conception et réalisation de documents, organisation
d'événements), des stages et des débouchés spécifiques, réservés à ces diplômés
(assistant chef de pub, assistant responsable de communication, commercial en
régie publicitaire, chargé de relations publiques, …)
-
Une solide formation
générale permettant et incitant à la poursuite d'études supérieures
Des facteurs de
progrès et de changement
-
Une appellation,
B.T.S Communication des entreprises, qui ne donne pas satisfaction
-
Une formation jugée
parfois encore trop théorique, éloignée des réalités professionnelles
-
Des lacunes dans
l'utilisation, par les étudiants, des outils informatiques (les enseignants
soulignent d'ailleurs leurs propres besoins de formation en Informatique)
-
Des stages aux
objectifs peu, ou pas, définis par l'équipe enseignante
-
Des insuffisances
dans la capacité à la négociation, à l'organisation et à l'autonomie sont
généralement constatées.
La
formation a su faire sa place dans le monde de la Communication. Elle doit
cependant gagner en professionnalisme et en technicité afin de mieux répondre
aux exigences exprimées par les entreprises ainsi qu'aux évolutions
technologiques : meilleure maîtrise des T.I.C[1].
, renforcement de la compétence à la négociation ainsi qu'à la relation.
2 – BTS Commerce international
L’analyse
présentée s’appuie sur les questionnaires renseignés par les publics
suivants :
-
101 entreprises
partenaires
-
109 anciens étudiants
-
67 équipes
enseignantes
-
193 étudiants de
deuxième année
Les
auditions d’experts spécifiques au domaine du commerce international ont été
réduites (3 intervenants) et n’ont pas permis de recueillir des informations
couvrant une diversité suffisante de secteurs d’activité ou de taille
d’entreprises.
S’il est apparu un besoin de diversité
dans les profils des jeunes diplômés, la nature précise des besoins n’a pas été
clairement explicitée et un chiffrage concernant les emplois de demain dans le
domaine du commerce international n’a pu être établi.
Le
contexte
La mondialisation ne
touche pas que les grands groupes. L’internationalisation de l’activité est une
réalité pour une très grande majorité d’entreprises. Les PME-PMI sont amenées
de plus en plus, et de plus en plus fréquemment, à avoir des relations avec des partenaires étrangers, en tant que
fournisseurs ou clients.
Dans tous les
secteurs d’activité, le marché est désormais au moins européen. Cependant,
importations et exportations en dehors de l’Union Européenne se développent
quelle que soit la taille de l’entreprise, et les relations interindustrielles
de partenariat transfrontalier se multiplient.
Que
le rayon d’action de l’entreprise soit européen ou international, le besoin
d’un personnel qualifié est réel.
Les
points forts repérés dans la formation BTS Commerce international
-
Une formation bien équilibrée, dans
laquelle les stages et les missions professionnelles apparaissent très
complémentaires
-
Les activités
réalisées en stage sont proches de celles effectuées dans les emplois occupés
en début de carrière
-
Les jeunes diplômés
sont jugés vite opérationnels dans leur travail, dynamiques, ayant le sens de
l’action et des qualités d’expression
-
Les actions
professionnelles renforcent les apports des stages dans la maîtrise des
aptitudes (maîtrise de l’outil informatique, communication écrite, capacité
d’analyse)
-
Une solide formation
générale et linguistique (maîtrise de l’Anglais et d’une autre langue vivante
étrangère) permet et incite à la poursuite d’études supérieures.
Les
directions de progrès
-
une capacité à
négocier insuffisamment développée
-
un besoin de
renforcement des compétences de communication orale en langues vivantes
étrangères et d’une meilleure connaissance
des spécificités culturelles des pays étrangers
-
une connaissance des
techniques du commerce international trop théorique et superficielle
-
des lacunes en droit
international
-
une maîtrise parfois
insuffisante des outils informatiques
-
des difficultés de
suivi des étudiants en stage en entreprise
-
l’absence de prise en
charge financière du coût des stages à l’étranger
-
des difficultés
d’obtention d’actions professionnelles conformes aux objectifs de la formation.
Le
BTS Commerce international est connu et apprécié des entreprises, très diverses,
qui travaillent avec des partenaires étrangers. La formation semble cependant devoir gagner en technicité pour
mieux répondre aux exigences exprimées par ces entreprises, sans négliger
l’importance de la formation générale qui est gage d’évolutivité dans
l’entreprise.
3
- BTS Technico-commercial
35
sections préparant au BTS Technico-commercial sur 70
ont fait parvenir leurs réponses ; ce qui correspond à : 60
entreprises partenaires, 177 enseignants, 109 anciens étudiants et 100
étudiants de 2ème année. La représentativité de l’échantillon est
donc satisfaisante.
Parmi
les auditions d’experts, seules celles portant sur les achats, les PME-PMI, le
commerce de gros, voire le e-commerce,
les centres d’appels et le commerce international ont pu dans une certaine
mesure aborder le domaine des relations inter-industrielles. Il paraît donc
utile de poursuivre l’investigation en entendant d’autres intervenants, si l’on
veut analyser plus en détail les métiers technico-commerciaux. Il est à noter
cependant que le compte-rendu d’un diagnostic-action sur la double compétence
technico-commerciale dans l’industrie a permis de compléter les données
récoltées (enquête auprès de 500 PMI, CCI, novembre 1999).
Le
contexte
Créé
en 1958 et rénové en 1988, le BTS TC a su
s’adapter à la professionnalisation croissante d’une fonction
technico-commerciale porteuse d’emplois[2]
et d’avenir, notamment dans les PMI. À la rentrée 2000, les effectifs du
BTS TC étaient composés pour l’essentiel de bacheliers
STI (61 %), et pour une minorité de bacheliers
professionnels (13,3 %) ou de bacheliers
STT (11,7 %)[3].
90 %
de ces étudiants sont inscrits dans l’option génie électrique et mécanique,
davantage transversale que des options plus récentes comme bois et dérivés,
matériaux souples ou matériaux du bâtiment. Ce sont en très grande majorité des
garçons (environ 88 %).
Ce BTS attire un flux relativement constant mais restreint
de candidats[4], devant
faire face au moment du recrutement à la concurrence de formations plus
techniques (pour le vivier STI).
Les
atouts et les spécificités du BTS Technico-commercial
De
nombreux résultats de l’enquête sont communs aux cinq BTS commerciaux.
Cependant, on peut noter des points forts caractéristiques du BTS TC.
–
un diplôme qui
débouche sur un emploi stable en cohérence avec la formation donnée : les
anciens interrogés sont employés à 80 % dans la distribution et la
fabrication de produits industriels ou les services aux entreprises et aux
collectivités ; une très faible minorité d’enseignants cite des secteurs
dépassant le champ du BTS (distribution aux particuliers, banque…).
–
Près de 90 % des
jeunes diplômés du BTS TC restent fidèles à leur employeur, après une 1ère
année d’adaptation pendant laquelle ils peuvent avoir cherché l’entreprise qui
leur convenait. Ils occupent alors pour la plupart un poste dénommé technico-commercial, mais certains d’entre
eux se déclarent attaché commercial, chargé de clientèle, conseiller
commercial, vendeur ou acheteur.
–
des relations
étroites avec des entreprises largement satisfaites : les entreprises
partenaires du BTS TC se sont facilement prêtées au jeu de l’enquête
(chaque BTS TC a en moyenne interrogé 1,7 entreprises, contre 1,5 pour les
autres BTS). Celles qui avaient embauché des diplômés issus de ce BTS sont à
86 % satisfaites ou très satisfaites, sur l’ensemble des critères
proposés, ce qui est le meilleur des scores – tous très bons – obtenus par les
BTS.
–
Les points forts
distinctifs appréciés chez les stagiaires issus du BTS TC sont la maîtrise
des outils informatiques et de communication et la rigueur, à côté des atouts
communs à tous les BTS (la capacité à travailler en équipe, la capacité
d’adaptation et l’aisance relationnelle). Une
meilleure aptitude à la négociation est cependant souhaitée.
–
une insertion forte et rapide des jeunes diplômés :
les anciens du BTS TC interrogés présentent le plus fort taux d’insertion
à 6 mois (92 %, contre 85 % en moyenne pour l’ensemble des anciens).
Or ce sont eux qui ont le moins souvent poursuivi d’études une fois le BTS
obtenu, puisque 72,6 % ont opté pour la recherche d’emploi immédiate
(contre 64 % en moyenne, tous BTS confondus). Quand ils poursuivent leurs
études, c’est la plupart du temps pour approfondir le domaine commercial, généralement en alternance. Plus de 15 % des
689 entreprises interrogées ont dernièrement embauché un titulaire du
BTS TC.
Les
insuffisances et les facteurs de changement
– des
anciens diplômés qui portent un regard plutôt sévère sur leur formation qu’ils
jugent insuffisamment adaptée au métier exercé : ils ne se sentent pas
assez opérationnels ni évolutifs. Ils déplorent des difficultés d’analyse et voudraient développer leurs compétences
commerciales, techniques et l’approche terrain. Le paradoxe entre la bonne
insertion professionnelle et cette vision critique s’explique notamment par le
décalage entre les situations simplifiées vécues lors des missions en
entreprise et la complexité des environnements industriels qu’il faut
maîtriser, une fois en poste, pour vendre ou acheter des produits techniques.
En effet moins de 17 % des entreprises déclarent confier des actions de
prospection physique ou de négociation-vente en stage.
– des
relations entreprises / enseignants à conforter : les enseignants du
BTS TC se distinguent nettement par leur besoin d’une autre pédagogie
(40 % d’entre eux sentent la nécessité de rechercher d’autres formes de
collaboration avec les entreprises, contre 23,4 % en moyenne pour leurs
collègues) ; pourtant, d’après leurs étudiants, ce sont eux qui participent
le moins, comparativement aux enseignants des autres BTS, à la définition des
objectifs des missions en entreprise. Il est vrai que ceux-ci sont
systématiquement posés par l’entreprise d’accueil dans 80 % des cas
(contre 65,1 % pour l’ensemble des BTS), et que les enseignants de TC sont
les seuls à juger à l’unanimité que les activités réalisées en entreprise sont
toujours ou souvent conformes aux objectifs de formation.
– une
durée de stage qui pourrait être allongée, aux yeux des enseignants comme des
anciens. Les enseignants de BTS TC sont ceux qui perçoivent le moins de
différence entre les activités confiées en stage et en action.
– une image à renforcer : le BTS TC
est la formation qui attire le moins de candidats par un choix positif (à l’entrée,
plus d’une majorité d’entre eux recherchaient avant tout un diplôme
bac + 2, score le plus élevé parmi les BTS ; et seulement
54 % des étudiants ont choisi cette voie par motivation pour son contenu –
contre 68,3 % tous BTS confondus).
– un équipement insuffisant pour assurer la formation :
à titre d’exemple, on peut noter qu’il n’y a, en moyenne, que 2,55 accès à
Internet dans une section de BTS TC, contre 6,3 en moyenne dans les autres
BTS commerciaux ; et seulement 1,13 lignes téléphoniques par classe.
Des aspects à approfondir
Plusieurs questions peuvent encore se poser autour du
BTS TC :
–
quelles
sont les compétences communes avec les autres BTS commerciaux ?
–
quelle
double compétence privilégier ? à dominante technique ou à dominante produit ?
–
quel
recrutement favoriser, entre les profils de bacheliers STI, professionnels et
STT ? quelles différences et similitudes souligner ? les profils
sont-ils identiques et adaptés aux mêmes secteurs ?
–
quel
niveau de compétence technique exiger ? est-il identique quels que soient
les produits ou les secteurs ?
Le BTS TC est une formation riche qui
offre une double compétence technique et commerciale permettant aux diplômés
une très bonne insertion professionnelle.
Cependant, une investigation complémentaire serait à mener pour
préciser les axes d’amélioration des compétences assurant une bonne adaptation
aux évolutions des secteurs porteurs et aux exigences des métiers.
[1] T.I.C. Technologies de l'Information et de la Communication
[2] Rappelons que d’après l’évaluation des BTS TC commandée par la 15ème CPC, et publiée en mars 1999, 16 % de l’effectif total des commerciaux occupent une fonction de niveau technicien supérieur de représentant en commerce interindustriel, en biens d’équipement ou en biens intermédiaires.
[3] Les 14 % restants sont redoublants, passés par l’université, titulaires d’un bac S voire d’autres bacs, etc.
[4] Environ 1700 candidats se sont présentés à l’examen lors de la session 1999.