| Baccalauréat
: épreuve anticipée de français
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Sommaire
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Objet d’étude : le biographique |
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Objet d'étude : le biographique
TEXTES
Texte
A
[Le chapitre 2 du livre premier
est daté par l’auteur du 31 décembre 1811.]
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Commentaires et éléments de corrigésA. Présentation du sujetLe corpus de textes s’inscrit dans le cadre de l’objet d’étude « Le biographique ». Il se centre sur quatre textes de nature autobiographique propres à éclairer un aspect majeur mais non unique de l’objet d’étude. La question préalable porte sur la mémoire et le souvenir ; elle vise à engager la réflexion sur la diversité des démarches de réappropriation ou de recomposition du passé. La mémoire n’est pas l’enregistrement passif d’une époque révolue, le souvenir n’est pas la simple convocation du passé. Le corpus offre une diversité de textes destinés, par leurs divergences et leurs convergences, à aider l’élève dans l’approche problématisée de l’entreprise autobiographique. Les élèves pourront donc s'appuyer sur leurs connaissances des différents genres (autobiographie, souvenirs, mémoires) relevant des écritures autobiographiques.Les professeurs gagneront à s'appuyer sur les propositions de Jean Starobinski, qui évoque une double tonalité - la tonalité élégiaque, la tonalité picaresque - dans l’entreprise autobiographique ; la distinction s'avère pertinente pour l'ensemble du genre. (Jean Starobinski, La Relation critique, L'Œil vivant II). B. QuestionAnalysez rapidement le fonctionnement de la mémoire et des souvenirs dans chacun de ces textes.Proposition de corrigé Convergences :
Divergences :
La réponse, volontairement détaillée, ne correspond pas aux attentes du professeur vis-à-vis des élèves ; elle vise à montrer la richesse d'une exploitation en cours. Si l’élève réussit à repérer les éléments mentionnés plus haut sous la rubrique « convergences / divergences », il aura perçu l’essentiel du fonctionnement de la mémoire et des souvenirs dans chacun des textes et pourra donc, dans un second temps, mener à bien l’un des trois sujets suivants. On attend que les élèves remarquent l’originalité du texte de Chateaubriand qui raconte sa naissance alors qu’il ne peut s’en souvenir consciemment. Il s’agit donc d’un souvenir façonné à partir du récit de son entourage, représenté par le «on»: « on m’a souvent conté ces détails ». On remarque aussi l’empreinte laissée par les récits de sa naissance, trace apparemment aussi forte que des souvenirs directs. Se mêlent donc mémoire et imagination : « Il n’y a pas de jour où rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée … ». Rousseau ne raconte pas un souvenir précis mais s’intéresse au fonctionnement de sa mémoire qui privilégie les souvenirs agréables au détriment de ceux qui furent désagréables : « je sens que ces mêmes souvenirs renaissent tandis que les autres s’effacent, et se gravent dans ma mémoire avec des traits dont le charme et la force augmentent de jour en jour ». Il constate qu’un souvenir se transforme au fil du temps. Contrairement à Chateaubriand, il insiste sur le plaisir qui accompagne la remémoration : « toutes les petites anecdotes de cet heureux âge, qui me font tressaillir d’aise quand je me les rappelle ». Il montre donc le caractère affectif de la mémoire. Chez Perec, on note le souci de précision du narrateur qui compte ses souvenirs et cherche à en reconstituer le déroulement avec le plus de détails possible. L’emploi dominant du présent de narration dans le récit des trois souvenirs d’école montre la persistance du souvenir dans la mémoire et son caractère intemporel. Le narrateur analyse l’acte de remémoration et le travail de sélection de la mémoire. Il interprète l’intensité du dernier souvenir par son lien avec un autre souvenir, celui du port de l’étoile jaune. Les trois souvenirs évoquent le corps en mouvement et deux relatent une bousculade. Tous les souvenirs ne sont pas conscients, ils appartiennent à des chaînes associatives. Cette approche témoigne d’une influence possible de la psychanalyse. La syntaxe originale du premier paragraphe du texte de Nathalie Sarraute et sa ponctuation (cascade de compléments circonstanciels, parataxe, points de suspension) révèlent le caractère discontinu, inachevé et éclaté des souvenirs. Ils «miment » l’effort de la mémoire pour exhumer le passé. La deuxième partie du texte, dialogue de la narratrice avec elle- même, engage une réflexion sur l’écriture des souvenirs et souligne la tentation d’enjoliver et de transformer le souvenir brut : « […] mais ne crois- tu pas que là, avec ces roucoulements, avec ces pépiements, tu n’as pas pu t’empêcher de placer un petit morceau de préfabriqué […] ». C. CommentaireVous commenterez le texte de Chateaubriand (texte A ).Souvenir ou absence de souvenir ? Le texte met en scène un souvenir inventé, recréé. Il se caractérise par l’importance problématique donnée à la naissance dans une autobiographie. Peut-être peut-on y voir une mise en abyme de la destinée de l’auteur et des thèmes majeurs du livre ; le texte annoncerait alors la suite des Mémoires d'outre- tombe. Le commentaire proposé par l'élève peut prendre des formes diverses. Quelle que soit la démarche choisie, il devra prendre en compte cette question de la recréation du souvenir. On pourrait, entre autres exemples, envisager le plan suivant. I. Le récit de la naissance : la reconstitution d’un souvenir indirect 1. Un souvenir indirect
:
2. Le souci d’exactitude, de précision :
II. L’importance et la signification données par le narrateur à ce souvenir 1. Un souvenir obsessionnel :
I. Le souvenir. D. DissertationLa richesse du corpus de départ est telle qu'elle permettrait de traiter les divers aspects du sujet. Toutefois des ouvertures, par les études menées en classe ou par les lectures personnelles faites par les élèves, sont réclamées par le libellé. Les élèves auront à mentionner certaines des lectures faites pendant l'année.On peut proposer notamment la construction suivante. Le souvenir est une composante essentielle du récit autobiographique. Néanmoins, celui- ci ne se limite pas à l’acte de remémoration, il n’est pas non plus une simple compilation des souvenirs. Quelle est la place et le fonctionnement du souvenir dans l’autobiographie ? I. La place essentielle du souvenir 1. Retrouver les souvenirs : l’effort de remémoration, la mémoire sensorielle : le chant de la grive de Montboissier chez Chateaubriand (cette thématique et cette démarche analytique seront reprises et amplifiées par Proust dans A la Recherche du temps perdu, par exemple l’épisode de la Madeleine) ; Sarraute et Perec dans le corpus proposé.2. Choisir, trier les souvenirs : Rousseau choisit de ne raconter qu’un des cinq souvenirs de Bossey, Perec nous les présente de façon ordonnée.II. Se souvenir ne suffit pas à caractériser le récit autobiographique. 1. Reconstituer les souvenirs : le récit de naissance de Chateaubriand.2. Le récit autobiographique est une interprétation des souvenirs : il leur confère une place, un rôle dans la genèse de la personnalité ; par exemple l’épisode du ruban volé chez Rousseau.3. Le récit autobiographique est une confrontation, un dialogue entre le moi passé et présent : L’Age d’homme de Leiris. Le récit autobiographique est un discours narratif qui a aussi d’autres visées que la simple résurrection du passé : il peut avoir une visée persuasive (Rousseau), épique et tragique (Chateaubriand érige sa naissance en destin), cathartique (Perec veut exorciser un passé douloureux).On n'attendra pas des élèves le traitement précis de chacun des points ici traités. En terme d'évaluation, l'essentiel réside dans la prise en compte de la remémoration et de ses ambiguïtés. E. InventionEn cohérence avec la problématique du corpus, le sujet invite à réfléchir sur le travail du biographique (sélection, interrogation, interprétation…) mais cette fois par le biais de contraintes formelles inspirées d'un texte du corpus. Si les élèves "jouent le jeu" de la sincérité autobiographique, on peut s'attendre à des confidences (récit d'expériences personnelles, aveux familiaux…) dont le caractère douloureux ou excessivement intime ne manque pas de plonger le correcteur dans l'embarras. Les exigences formelles et discursives formulées par le libellé aident grandement, si tel est le cas, à discriminer ce qui est à évaluer.Critères d’évaluation
Ministère
de l’éducation nationale – Direction de l’enseignement scolaire
E.A.F. Annales zéro : Sommaire général |
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