Bacchus découvrant Ariane à Naxos
   
 
  Le Nain (attribué à Louis) Bacchus découvrant Ariane à Naxos,
102 x 152 cm. 
Avant 1635 
Orléans, musée des Beaux-Arts.
"Entièrement ignoré de tous les auteurs, ce tableau apparut soudainement vers 1954 sur le marché d'art parisien : il avait été découvert en France, mais sans origine définie. [...]
Le sujet, d'abord interprété comme un Thésée abandonnant Ariane endormie, a été justement corrigé par Henry Bardon comme un Bacchus découvrant Ariane à Naxos ("Souvenirs latins. IV. Sur un tableau attribué à Louis Le Nain", Hommage à Waldemar Deonna, Coll. Latomus, vol. XXVIII, Bruxelles 1957, p.99-101). Ce thème avait été vulgarisé par la traduction fameuse des Tableaux de plate peinture de Philostrate due à Blaise de Vigenère, et les critiques sont unanimes à souligner que le peintre semble avoir été inspiré par la belle planche qui évoque cet épisode dans l'édition illustrée de 1617 (maintes fois republiée, et source capitale pour tous les peintres du temps). Mais il paraît aussi reprendre directement certains détails - la barque, les rameurs - à la suite de l'Histoire d'Ulysse du Primatice qui décorait la galerie d'Ulysse au château de Fontainebleau. Et devant un morceau comme le torse d'Ariane, avec sa carnation lumineuse détachée sur un linge blanc, il faut bien songer aux leçons de Genteleschi, qui avait travaillé à Paris vers 1623-1625 ...
Ces sources iconographiques, et certaines maladresses dans la composition de la scène, semblent indiquer une œuvre des débuts, peut-être avant 1635. L'inspiration juvénile, les détails précieux et parfois même un peu maniérés des attitudes, le coloris vif et clair, s'intègrent parfaitement dans la peinture française de ces années trente. [...]
Les Le Nain se montreront plus savants ou plus profonds ; mais nous connaissons peu d'œuvres d'une inspiration plus fraîche. Dans toute la peinture française on ne trouverait guère de morceaux qui égalent, pour un certain charme naïf, la jeune Ariane endormie parmi ses mèches en désordre. Nous sommes bien loin du grand hymne d'Annibal Carrache au Palais Farnèse [...]. Le drame de l'abandon comme l'exaltation sensuelle, qui font pourtant partie de l'histoire d'Ariane depuis Ovide, sont volontairement ignorés. Il ne reste qu'une idylle, où des amants venus du pays de l'Astrée retrouvent, plutôt que le mythe de Bacchus, l'aventure éternelle de Daphnis et Chloé."
Jacques Thuillier, Catalogue de l'exposition "Les frères Le Nain",
Grand Palais oct. 1978 - janv.1979, éd. Réunion des Musées nationaux.
 
   
A voir :

Image : http://pintura.free.fr/vie.htm
Web Gallery Of Art
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bacchus_and_Ariadne,_Le_Nain.jpg
Lecture :
http://mucri.univ-paris1.fr/mucri11/article.php3?id_article=156#
Audio guide : http://www.audiovisit.com/visite_detail.php?visite_id=30 (N° 16)
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