|
|
| Ovide, Art
d'aimer, I, 525-564
Texte et traduction Henri Bornecque, Les Belles Lettres, Paris, 1960. |
| Ecce,
suum uatem Liber uocat ; hic quoque amantes
Adiuuat, et flammae, qua calet ipse, fauet. Cnosis in ignotis amens errabat harenis, Qua breuis aequoreis Dia feritur aquis. Vtque erat e somno tunica uelata recincta, Nuda pedem, croceas inreligata comas, Thesea crudelem surdas clamabat ad undas, Indigno teneras imbre rigante genas. Clamabat, flebatque simul, sed utrumque decebat ; Non facta est lacrimis turpior illa suis. Iamque iterum tundens mollissima pectora palmis "Perfidus ille abiit ; quid mihi fiet ?" ait. "Quid mihi fiet ?" ait : sonuerunt cymbala toto Litore, et adtonita tympana pulsa manu. Excidit illa metu, rupitque nouissima uerba; Nullus in exanimi corpore sanguis erat. Ecce Mimallonides sparsis in terga capillis : Ecce leues satyri, praeuia turba dei : Ebrius, ecce, senex pando Silenus asello Vix sedet, et pressas continet ante iubas. Dum sequitur Bacchas, Bacchae fugiuntque petuntque Quadrupedem ferula dum malus urget eques, In caput aurito cecidit delapsus asello : Clamarunt satyri "surge age, surge, pater". |
|
| Iam
deus in curru, quem summum texerat uuis,
Tigribus adiunctis aurea lora dabat : Et color et Theseus et uox abiere puellae : Terque fugam petiit, terque retenta metu est. Horruit, ut graciles, agitat quas uentus, aristae, Vt leuis in madida canna palude tremit. Cui deus "en, adsum tibi cura fidelior, inquit ; Pone metum. Bacchi, Cnosias, uxor eris. Munus habe caelum ; caelo spectabere sidus ; Saepe reget dubiam Cressa Corona ratem". Dixit, et e curru, ne tigres illa timeret, Desilit (imposito cessit harena pede) Implicitamque sinu (neque enim pugnare ualebat) Abstulit ; in facili est omnia posse deo. Pars "Hymenaee" canunt, pars clamant "Euhion, euhoe !" Sic coeunt sacro nupta deusque toro. |
Cependant
le dieu, sur son char, couronné de raisins, lâchait les rênes
dorées aux tigres qui le traînaient. La jeune fille perdit
tout à la fois les couleurs, le souvenir de Thésée,
et la voix. Trois fois elle voulut fuir, trois fois la frayeur la retint.
Elle frissonna, comme tremble l'épi stérile agité
par le vent, comme tremble le roseau léger dans l'humide marais.
Le dieu lui dit : "Je viens pour te vouer un amour plus fidèle ;
cesse de craindre ; c'est Bacchus qui sera ton époux, fille de Gnosse.
Comme présent je te donne le ciel ; au ciel tu seras un astre que
l'on contemple ; souvent le vaisseau indécis se dirigera sur la
Couronne de la Crétoise"*. Il dit et, de peur que les tigres n'effraient
Ariane, saute de son char (la trace de ses pas s'imprime sur le sol) ;
il la serre contre sa poitrine et l'enlève (en effet elle n'aurait
pu résister) ; est-il rien de difficile à la puissance d'un
dieu ? Les uns chantent "Hyménée", d'autres crient "Evius,
Evohé". C'est ainsi que sur la couche sacrée s'unissent la
jeune épouse et le dieu.
*Voir note à Ovide, Mét. VIII. |
| La traduction M. Heguin de Guerle - M. F. Lemaistre est disponible dans la Bibliotheca Classica Selecta |
| Retour à la liste des textes grecs et latins |
Les vers de Catulle et la traduction Texte de Catulle et notes De l'image pathétique à celle de l'extase |
Ariane et Dionysos Ariane et Thésée Autour d'Ariane Ariane d'âge en âge |
Langues anciennes dans l'académie de Nancy-Metz |