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Philostrate Eikones, I,
15 : Ariane |
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Ὅτι τὴν Ἀριάδνην ὁ Θησεὺς ἄδικα δρῶν – οἱ δ’οὐκ ἄδικά φασιν, ἀλλ’ ἐκ Διονύσου – κατέλιπεν ἐν Δίᾳ τῇ νήσῳ καθεὐδουσαν, τάχα που καὶ τίτθης διακήκοας· σοφαὶ γάρ ἐκεῖναι τὰ τοιαῦτα καὶ δακρύουσιν ἐπ’ αὐτοις, ὅταν ἐθέλωσιν. Οὐ μὴν δέομαι λέγειν Θησέα μὲν εἶναι τὸν ἐν τῇ νηί, Διόνυσον δὲ τὸν ἐν τῇ γῇ, οὐδ’ ὡς ἀγνοοῦντα ἐπιστρέφοιμ’ ἂν ἐς τὴν ἐπὶ τῶν πετρῶν, ὡς ἐν μαλακῷ κεῖται τῷ ὕπνῳ · οὐδ’ ἀπόχρη τὸν ζωγράφον ἐπαινεῖν, ἁφ’ὧν κἂν ἄλλος ἐπαινοῖτο· ῥᾳδιον γὰρ ἅπαντι καλὴν μὲν τήν Ἀριάδνην γράφειν, καλὸν δὲ τὸν Θησέα, Διονύσου τε μυρία φάσματα τοῖς γράφειν ἢ πλάττειν βουλομένοις, ὧν κἂν μικροῦ τύχῃ τις, ᾕρηκε τὸν θεόν. Καὶ γὰρ οἱ κόρυμϐοι στέφανος ὄντες Διονύσου γνώρισμα, κἂν τὸ δημιούργημα φαύλως ἔχῃ, καὶ κέρας ὑπεκφυόμενον τῶν κροτάφων Διόνυσον δηλοῖ, καὶ πάρδαλις ὑπεκφαινομένη αὖ τοῦ θεοῦ σύμϐολον· ἀλλ´ οὗτός γε ὁ Διόνυσος ἐκ μόνου τοῦ ἐρᾶν γέγραπται. Σκευὴ μὲν γὰρ ἠνθισμένη καὶ θύρσοι καὶ νεϐρίδες, ἔρριπται ταῦτα ὡς ἔξω τοῦ καιροῦ, καὶ οὐδὲ κυμϐάλοις αἱ Βάκχαι χρῶνται νῦν οὐδὲ οἱ Σάτυροι αὐλοῦσιν, ἀλλὰ καὶ ὁ Πὰν κατέχει τὸ σκίρτημα, ὡς μὴ διαλύσειε τὸν ὕπνον τῆς κόρης, ἁλουργίδι τε στείλας ἑαυτὸν καὶ τὴν κεφαλὴν ῥόδοις ἀνθίσας ἔρχεται παρὰ τὴν Ἀριάδνην ὁ Διόνυσος, μεθύων ἔρωτι φησὶ περὶ τῶν ἀκρατῶς ἐρώντων ὁ Τήιος. Ὁ Θησεὺς δὲ ἐρᾷ μέν, ἀλλὰ τοῦ τῶν Ἀθηνῶν καπνοῦ, Ἀριάδνην δὲ οὔτε οἶδεν ἔτι οὔτε ἔγνω ποτέ, φημὶ δ´ αὐτὸν ἐκλελῆσθαι καὶ τοῦ λαϐυρίνθου καὶ μηδὲ εἰπεῖν ἔχειν, ἐφ´ ὅτῳ ποτὲ ἐς τὴν Κρήτην ἔπλευσεν, οὕτω μόνον τὰ ἐκ πρῴρας βλέπει. Ὅρα καὶ τὴν Ἀριάδνην, μᾶλλον δὲ τὸν ὕπνον· γυμνὰ μὲν εἰς ὀμφαλὸν στέρνα ταῦτα, δέρη δὲ ὑπτία καὶ ἁπαλὴ φάρυγξ, μασχάλη δὲ ἡ δεξιὰ φανερὰ πᾶσα, ἡ δὲ ἑτέρα χεὶρ ἐπίκειται τῇ χλαίνῃ, μὴ αἰσχύνῃ τι ὁ ἄνεμος. Οἷον, ὦ Διόνυσε, καὶ ὡς ἡδὺ τὸ ἆσθμα. Εἰ δὲ μήλων ἢ βοτρύων ἀπόζει, φιλήσας ἐρεῖς. |
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Que
Thésée, agissant déloyalement à
l'égard d'Ariane – quelques uns nient sa déloyauté
et mettent Dionysos en
cause – l’ait abandonnée sur l’île de Dia alors qu’elle dormait, on
l’apprend peut-être bien de sa nourrice, car ces femmes ont la science de
ces choses-là et y pleurent à volonté. Je n’ai donc pas besoin de
dire que d’un côté il y a Thésée, qui est à bord du vaisseau, et de l’autre
il y a Dionysos, qui est à terre ; je n'aurais pas non plus l’idée de faire remarquer, comme si on ne
savait pas, que celle qu'on voit sur le rocher s’abandonne dans la douceur du
sommeil. Il ne suffit pas non plus de faire l'éloge du peintre pour les raisons qui en feraient louer
un autre, car il est facile à tout le monde de peindre Ariane belle, Thésée
beau, et il est mille signes de Dionysos pour ceux qui veulent peindre ou
modeler : qu’on en rencontre un, même mineur, et on tient le dieu. Ainsi, les
grappes en couronne font reconnaître Dionysos, même si l’exécution est de piètre
qualité, une corne naissante aux tempes indique Dionysos, un chatoiement de
peau de panthère, encore, symbolise le dieu. Mais ici Dionysos n’est peint
que de son seul désir : Robe fleurie, thyrses, nébrides, tout cela a été
rejeté parce que déplacé ; point de cymbales à usage des bacchantes,
point de flûte aux satyres, et même Pan arrête ses gambades
pour ne pas rompre le sommeil de la jeune femme ; Dionysos, qui s’est vêtu de
pourpre et a fleuri de roses sa tête , s’approche d’Ariane, « ivre
d’amour », dit le poète de Téos sur les amants qui ne se contiennent plus.
Quant à Thésée, il aime, mais c’est la fumée d’Athènes, et pour ce qui est d’Ariane
il ne sait plus, il ne l’a jamais connue, j’assure même qu’il a oublié jusqu’au
labyrinthe et qu’il ne peut même pas dire quoi que ce soit de ce qui l’a un
jour fait s’embarquer pour la Crète, tant il ne voit que ce qui se voit depuis
sa proue. Et voici Ariane, mais plutôt son sommeil : ce buste nu jusqu’à la
taille, le cou à la renverse et la gorge douce, l’aisselle droite tout entière
découverte tandis que l’autre main repose sur le tissu de peur de quelque
effronterie du vent. Quelle vision, Dionysos ! et combien ce souffle est
délectable ! S'il exhale le parfum des pommes ou des raisins, tu pourras le
dire quand tu auras aimé. Lecture M.T. |
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