| Remarque: Cette séquence est peut-être la plus riche du film: donc la projeter à plusieurs reprises. Mettre en avant toute la symbolique (demander aux élèves de commenter le tableau de la séquence( Voir document). Le rôle du personnage de Schumacher est à souligner, de même que celui des accessoires (lumière, musique, rideaux, etc.) |
La danse macabre marque une importante évolution narrative: la mort devient partie intégrante du spectacle.
I) Une ambiance expressionniste
La scène du spectacle est marquée par de nombreux procédés qui fondent le cinéma expressionniste allemand des années 20 (F. Lang, Murnau):
- La scène est muette: tout est lié au symbolisme: la souplesse de la mort suggère son omnipotence, idem son regard, la danse désordonnée des fantômes évoque l'absurdité qui l'anime.
- Le Rapport ombre- lumière crée une impression de menace permanente. La plupart des personnages deviennent des ombres, ou sont dépassés par leurs ombres.
- La piano est animé par une force inconnue: pas de pianiste (crée un rythme rapide): la mort semble animer les choses.
II) L'incursion de la mort dans le jeu.
- Le spectacle quitte la scène (fantômes= sbires qui menacent les invités: cris, frôlements, peur). Elle devient omniprésente (à travers le miroir : plan 3), et en arrière-plan (plan 11: profondeur de champ).
- La mort apparaît après un lever de Rideau (// avec Schumacher) qui devient un de ses instruments. (le spectacle se reproduit dans la réalité).
- La lumière comme la musique sont diégétiques (intégrées à l'histoire) mouvement des lanternes des fantômes et jeu du piano d'accompagnement).
- Le spectacle hypnotise les invités: les regards sont figés (Corneille, Charlotte, Jackie).
III) La mise en scène d'une menace.
- La mort semble en relation étroite avec l'amour: les couples sont systématiquement visés (+ Jurieu, mais il représente l'amoureux romantique). Le regard de la mort n'épargne personne.
- La mort semble se chercher une proie (plan 8): les arrêts du travelling indiquent toutes les victimes potentielles (le plan moyen Jurieu/ Schumacher) annonce symboliquement le drame final.
- Tous les arrière-plans font apparaître Schumacher. Il devient inévitablement une menace. C'est pourquoi tous s'enfuient devant lui.
- L'agilité de la mort (sur scène) est reproduite par l'agilité de Schumacher à intégrer tous les plans.
- Octave perd le contrôle de la situation: il veut pourtant quitter son rôle, mais reste lié au drame, quoi qu'il fasse. Le désordre de ses mouvements correspond au désordre qu'il a créé.
IV) L'allusion à la guerre.
- L'incursion de la mort fait implicitement référence à la menace Hitler (malgré les accords de Munich, la guerre semble inévitable)
- Les rires et applaudissements face à la mort traduisent la critique de Renoir à l'égard des politiques qui refusent de voir la réalité.