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Remarque: cette séance s'appuiera sur un document récapitulatif du découpage du film (nombreuses versions dans les ouvrages para-scolaires) et sur un schéma dramatique du film (voir partie II, 1). On peut demander aux élèves de recenser les différents lieux mentionnés et de regrouper les séquences en fonction d'eux pour dégager des conclusions. |
I) Une construction apparemment dépourvue d'unité.
1) Le découpage temporel.
- Les séquences 1 à 4 qui la composent sont séparées par des ellipses importantes qui rendent indéterminable le temps de l'histoire. S1 (B 22h) S2 (lendemain 11h), S3 (?: depuis ton retour d'Amérique... explications).S5 (?: visite d'O)
- La première partie présente paradoxalement la durée filmique la plus courte 19'. (# Colistière 82') => déséquilibre temporel.
- La première partie présente des séquences in medias res (+ des bribes d'histoire que des véritables épisodes # 2 e partie où certaines scènes sont détaillées (ex: Schumacher- Marceau)
- La seconde partie présente une durée de l'histoire inversement réduite: tout se passe (sur 2 journées: arrivée Marceau --> Mort de Jurieu lendemain soir.).
Le découpage du film est inversement proportionnel à la structure temporelle: la 1ère partie annonce la 2e qui est marquée par un resserrement temporel (pris sur le modèle classique, en l'occurrence la folle journée). Mais le resserrement temporel # éparpillement des personnages.
Bref, l'impression de dispersion qui vise à désorienter le spectateur et le préparer à la séquence finale.
II) Une structure de facture classique.
1) Les deux schémas possibles.
(voir Document).
2) Explication du schéma.
Les deux découpages permettent de mettre en relief la facture classique du film.
- Exposition- prologue (prés des persos- approche sociale- + actions: déclaration de J --> invitation à la C: menace de l'ordre social par Jurieu).
- Mise en place de l'intrigue ( redoublement par les serviteurs du thème initial: l'ordre rétabli chez les maîtres, mais perturbé chez les serviteurs);
- Partie centrale: la chasse (avec un tournant: le baiser surpris avec lunette d'approche: perturbation de l'ordre à peine rétabli)
- La fête (double: sur scène et hors scène: désordre amoureux, tant chez les maîtres que les serviteurs): "acte de la vérité" selon Renoir (pulsions agressives, instabilité, etc).
- Le dénouement (tragique ou dramatique: Jurieu tué=> ordre rétabli mais chèrement payé).
La structure montre que le film repose sur une successions de menaces puis d'accalmies trompeuses qui sont suivies par de grands désordre (= idem que le contexte politique)
Mais découpage en trois actes aussi pertinent: marque un effet de resserrement du temps (ellipses plus courtes -> temps réel au fur et à mesure que la tragédie se dessine): le temps finit même par être aboli au 3e acte (ex: Christine/ Octave hors temps et hors lieu sur le balcon) + (actions simultanées) qui correspondent à un traitement du de temps de type baroque.
III) Conclusion.
Film construit des manière déroutante (CF. les critiques négatives) mais une unité somme toute classique (inspirée par les sources de Renoir).