Plus de vingt films ( cinéma et télévision ) ont été tournés depuis 1909. Le premier (à cette date) est du Danois Viggo Larsen. Citons les plus importants : avec Sarah Bernhardt (1913) ; avec Pola Negri, metteur en scène Ernst Lubitsch
(1920) ; avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay, metteur en scène Abel gance (1934) ; avec Greta Garbo et Robert Taylor (1937) , metteur en scène george Cukor, sous le titre de Camille ; avec Micheline Presle et Roland Alexandre, metteur en scène raymond Bernard (1946). Adaptation de Marcel pagnol pour la télévision (1962). Dernier en date, citons le film de Bolognini (1981) avec Isabelle Huppert.
De toutes ces adaptations, la plus intéressante est assurément l'excellent film de george Cukor. Le visage et le maintien de garbo sont parfaitement appropriés pour incarner l'héroïne de Dumas fils ("grande et mince jusqu'à l'exagération", "sa maigreurmp'était uine grâce"), et ce grand fétiche creux qu'est le personnage fonctionne remarquablement, redoublé dans les gestes larges d'une diva légendaire. Cukor ajoute la vigueur d'une mise en scène qui mêle les larmes et le champagne dans un rythme puissant. Au spectacle endiablé entre Renoir et Offenbach, succède le lyrisme calme et lumineux de la fuite à la campagne ; mais la noirceur cerne peu à peu le visage neigeux de Camille, et le film se clôt dans un Addio d'éternité.
Le film de Bolognini n'a pas cette grandeur ; si la couleur lui permet d'insister sur les fleurs rouges, dont le sang se dissémine ailleurs, son oeuvre se perd dans l'accumulation décorative. Isabelle Huppert compose une enfant triste, plus proche de la créature historique que du mythe.

GF Flammarion.