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Ressoures scientifiques
STAGE D'IMMUNOLOGIE
Formation continuée NANCY-METZ
1998
Pr BENE, Pr FAURE
- Laboratoire d’immunologie
Faculté de
Médecine - BP 184
54500 VANDOEUVRE-LES-NANCY
PARTIE 2 :
LES TECHNIQUES UTILISEES EN IMMUNOLOGIE
4. LES PRINCIPALES TECHNIQUES D'IMMUNOPRECIPITATION
41. Notion de courbe de précipitation
A un tube contenant une quantité constante d'anticorps,
on ajoute progressivement des antigènes. Qu’observe-t-on à
mesure que la concentration en antigènes augmente ?
1 - au départ, il ne se passe rien (effet zone)
: pas de ponts entre les Ag par excès d'anticorps (cette étape
parfois assez longue peut être prise pour un résultat faussement
négatif : patience !) ;
2 - puis apparaît un trouble, un précipité
: zone d’équilibre entre Ag et anticorps formant réseau moléculaire
responsable de l’agglutination ;
3 - enfin ce trouble disparaît : dissociation du
réseau par excès d'Ag.
Ces interactions peuvent se traduire par une courbe de
précipitation.
Corollaire pathologique :
-
les petits complexes immuns sont éliminés par
les reins ;
-
les gros complexes immuns sont détruits par les macrophages
;
-
les complexes immuns intermédiaires entraînent
l'activation du complément et des réactions inflammatoires
(ex : Lupus Erythémateux Disséminé).
Corollaire technique : si on mesure la quantité de
précipité, il faut savoir dans quelle partie de la courbe
on se situe car on peut obtenir une même valeur de précipité
pour des concentrations différentes en anticorps...
42. Précipitation en milieu liquide
421. Le ring-test ou test de l'anneau
Les deux phases (phase inférieure contenant l’anticorps
et phase supérieure contenant l’antigène) ne sont pas mélangées.
L’antigène descend lentement au contact de l’anticorps pour former
un complexe Ac-Ag à la zone d’équilibre de la courbe de pércipitation
(partie 2). La position de l'anneau indique la présence de l'Ag
ou de l'Ac que l'on recherche.
Cet ancien test, surtout qualitatif, est un peu quantitatif
par la position de l'anneau : plus il y a d'antigène, plus l'anneau
est bas (exemple de la brucellose dans livre de TS).
422. Techniques de néphélémétrie
ou de turbimétrie
Un rayon laser traverse le tube contenant d’éventuelles
particules du précipité. La diffraction de la lumière
par les particules (nephelos = nuage) est mesurée à la sortie.
Plus il y a de précipité Ac/Ag, plus il y aura de signal
sur le photomultiplicateur (appareil qui mesure la diffraction). La mesure,
rapide et automatisée, permet un dosage quantitatif. Cette technique
permet aussi des mesures d'agglutinats.

43. Précipitation en milieu solide
Le gel d'agarose (3% à 10%) utilisé retient
les précipités dans ses mailles.
431- Technique d'Ouchterlony ou de double
immunodiffusion
L'agarose est coulé sur une plaque de verre de quelques
millimètres d'épaisseur. On y découpe deux puits à
l’emporte-pièce : dans l’un des puits est placé un anticorps
et dans l'autre puits est versé un antigène. Un précipité
apparaît dans la zone d’équilibre.
Ce test est qualitatif et semi-quantitatif : l'arc se
déplace selon les concentrations relatives pour se situer le plus
près du puits où la concentration est la plus faible (dissolution
hors des concentrations optimales).
Quand la réaction est terminée (24 à
48 h), on peut laver l'agarose dans du sérum physiologique sans
altérer le complexe immun retenu par le maillage de l’agarose, puis
colorer les protéines du complexe immun pour révéler
la bande de précipité (zone grisée sur le schéma
ci-dessous).

Lors de l’utilisation d’une série de puits disposés
en couronne au tour d’un puits central, la lecture peut révéler
:
-
une fusion des arcs, indiquant un même complexe immun
;
-
un éperon (arcs sécants), indiquant deux complexes
immuns différents (les puits périphériques ne contiennent
pas les mêmes antigènes) ;
-
des arcs doubles dans le cas de plusieurs antigènes
dans les puits périphériques et de plusieurs anticorps dans
le puits central.
432. Electrosynérèse
La migration est accélérée grâce
à un courant électrique. Les anticorps chargés négativement
sont attirés par la cathode, les antigènes sont attirés
plutôt par l'anode. Les résultats se lisent en 3 à
4 heures par une immunoprécipitation située entre les deux
puits.

423. Immunoélectrophorèse
Les étapes sont les suivantes :
-
une lame de microscope est recouverte d'agarose et percée
de deux puits ;
-
on sépare des protéines grâce à
un courant électrique (ex : électrophorèse de sérum
humain) ;
-
on découpe ensuite une gouttière au milieu
de la lame, dans laquelle on verse de l'anti-sérum polyclonal animal
"anti-sérum humain" reconnaissant pratiquement toutes les protéines
du sérum humain ;
-
après diffusion, on obtient différents arcs
de précipitation qui peuvent être colorés et comparés.
La même chose peut être faite avec un seul anticorps.

424. Technique de Mancini
On utilise un gel d'agarose qui contient déjà
un anticorps :
-
des puits sont percés dans lesquels on met l'antigène
;
-
l' antigène diffuse dans le gel, déplaçant
la zone d'équilibre ;
-
après 48 heures les rayons des anneaux de précipitation,
qui se sont progressivement éloignés du puits, sont mesurés
car proportionnels à la quantité d'antigène.
On peut réaliser ainsi une courbe d'étalonnage
et obtenir un résultat quantitatif.

425. Technique de Laurell
Une plaque d'agarose contient un anticorps réparti
uniformément :
-
des puits sont percés dans lesquels on met l'antigène
à différentes concentrations ;
-
l’antigène migre par application d’un courant électrique
;
-
des arcs de précipitation apparaissent déformés
en "rockets" (fusées) par action du champ électrique ;
-
la hauteur des "rockets" est proportionnelle à la
quantité d'Ag (même principe que pour Mancini) : ce résultat
quantitatif s’obtient en 4 heures.
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