|
Académie de Nancy-Metz
ENSEIGNER L'ANGLAIS
Conseils et suggestions proposés par : Les I.P.R.-I.A. et lI.E.N.-I.E.T. danglais, les formateurs de lI.U.F.M.et du C.R.D.P. 1997-1998
AVANT-PROPOS
Ce livret a été mis au point, révisé et complété au fil des années scolaires par les inspecteurs danglais (I.P.R., I.E.N.-I.E.T), les formateurs (I.U.F.M., C.R.D.P. et défunte MA.F.P.E.N.) ainsi que des professeurs des collèges et lycées de lacadémie de Nancy-Metz. Ces repères doivent être pris pour ce quils sont : des conseils proposés à la lumière de lexpérience de la salle de classe, dans le respect des Instructions Officielles. Nul dogmatisme donc mais un pragmatisme qui se veut orthodoxe Les besoins exprimés par les collègues les plus récemment recrutés nous incitent à penser que la liberté pédagogique, à laquelle nous tenons tous, doit avoir pour corollaire un souci commun de réalisme et de cohérence. Cest pourquoi, sans vouloir imposer un modèle de cours, il nous a semblé utile de placer quelques bornes sur les chemins de lefficacité, chacun pouvant choisir, en fonction de son expérience et aussi surtout de ses élèves, lun de ces chemins et éviter de ségarer (" and that has made all the difference "). Il serait enfin souhaitable que tous les lecteurs de ce livret fassent part de leurs réactions sans hésiter à proposer des modifications et des ajouts ; toutes leurs remarques et propositions seront les bienvenues.
TABLE DES MATIERES
(Les titres en majuscules sont des liens actifs). I ) LE PROFESSEUR1. L'arrivée dans l'établissement 2. Le professeur dans sa classe
3. Le premier cours II ) LE MATERIEL
III ) L'AMONT DU COURSIV ) LE COURS/LA SEQUENCE1. les phases du cours 2. la grammaire, le lexique, la phonologie, les savoir-faire
3. la mémorisation 4. la place de lélève 5. lévaluation 6. lutilisation du français V ) BILAN DUNE HEURE DE COURSVI ) RECOMMANDATIONS COMPLEMENTAIRES
1) LE PROFESSEUR
1) L'arrivée dans l'établissement Allez vous présenter au chef d'établissement, il doit être votre interlocuteur privilégié. Que pouvez-vous lui demander ?
Pour connaître l'établissement et le travail qui vous est confié, demandez
Pour préparer votre enseignement demandez : La possibilité de consulter des cahiers de textes tenus par des professeurs confirmés les années précédentes:
Un entretien avec le documentaliste, auprès de qui vous pourrez trouver :
2) Le professeur dans sa classe Passer de l'autre côté du bureau implique un certain nombre de responsabilités et la prise de conscience que l'on est le point de mire d'un groupe d'adolescents. Il faudra ainsi prendre conscience de la façon dont on est perçu, dans son apparence, ses vêtements, sa voix, ses mouvements, etc. Les élèves ne manqueront pas de repérer les tics, la voix mal placée, les maladresses ou au contraire l'aisance, une assurance sans prétention ni agressivité, le calme allié au dynamisme. Il s'agit là de paramètres essentiels mais malheureusement trop souvent oubliés ou négligés dans la formation des enseignants... Une des meilleures façons de mettre les choses au point dans ce domaine serait de s'enregistrer (magnétophone ou magnétoscope surtout) mais cela ne peut être imposé bien sur... A chacun de mesurer les enjeux.
D'autres éléments sont plus factuels: l'écriture au tableau et sur les copies par exemple. L'écriture du professeur est un modèle et ce serait faire peu de cas des élèves que de l'oublier. Que penser d'un tableau fouillis, d'exercices sur stencil ou photocopie mal écrits et de remarques portées sans soin dans la marge des copies des élèves ? Il est évident que des efforts sur soi-même s'imposent à tous et en permanence, jusqu'au moment où les habitudes seront prises et où la "seconde nature" du pédagogue sera devenue spontanée. La présentation de traces écrites soignées qui permettront aux élèves de retrouver le fil de la leçon et la trame du travail effectué sur la langue crédibiliseront le travail du professeur.
Comment s'adresser à son public? Le principe le plus sûr est de considérer qu'il est toujours plus facile et adroit de passer du «vous» au «tu» que l'inverse. Les élèves sont habitués à un certain type de rapports entre eux et les professeurs de leur établissement. Il est donc sage de s'informer tout d'abord sur les pratiques locales (les professeurs appellent-ils leurs élèves par leurs noms ou leurs prénoms par exemple ?). Il est naturellement envisageable de procéder à sa manière propre, quitte à se démarquer des us et coutumes de l'endroit, mais il ne faudra jamais oublier que les élèves méprisent souvent la démagogie et la familiarité. "Familiarity breeds contempt".
3 ) La première heure de cours La première heure de cours est décisive: il est essentiel que les élèves ne vous sentent pas indécis, et qu'ils n'aient pas l'impression de perdre leur temps.
II ) LE MATERIEL
Les documents utilisés ne font pas la qualité du cours et les photocopies par exemple ou la vidéo ne sont en rien des panacées. Tous les supports envisageable doivent être envisagés et plus la gamme en sera large, plus il sera facile de varier les activités (dans leur apparence au moins sinon dans leur contenu) ; noublions pas cependant quil est possible de faire travailler efficacement ses élèves en sachant se servir d'un tableau, d'un magnétophone et de quelques autres outils aussi simples que pratiques. La "sophistication" des outils ne garantit donc pas la pertinence pédagogique du travail proposé (imposé) aux élèves, elle ne peut que l'accompagner. Loutil doit rester au service du projet pédagogique et sintégrer de manière cohérente et non exclusive.
N.B. lordinateur na pas pour fonction de se substituer au professeur mais au contraire de compléter et diversifier lenseignement de ce dernier.
Constitué dun carré de feutrine de 1,50m sur 1,50m environ et de figurines en carton floqué, cest un outil bon marché et très pratique pour créer un support visuel modulable à linfini dans le cadre dactivités de compréhension, de fixation ou dexpression. Les figurines peuvent être manipulées par les élèves aussi bien que par le professeur (ils peuvent même en créer eux-mêmes).
Cet appareil très simple à manipuler autorise la découverte progressive dun document, permet de focaliser lattention du groupe sur une partie précise du document projeté et évite aussi de multiplier les photocopies (les économies non négligeables que ceci représente peuvent être investies en lachat dautres rétroprojecteurs afin que chaque professeur puisse, à terme, en avoir un dans sa salle ; il ne sagit pas là dun goût de luxe mais bien de la nécessité de pouvoir intégrer lutilisation de cet appareil de manière aussi brève que fréquente à toutes les leçons). Lexpérience prouve que la correction des devoirs des élèves peut être à la fois plus rigoureuse et plus rapide si lun (ou plusieurs) de ces élèves ont écrit sur une bande de transparent pouvant être rétroprojetée.
Le document vidéo sexploite impérativement dans le cadre dun projet pédagogique ; il ne peut être question de se limiter à une projection de film en fin de trimestre, même accompagnée dune exploitation plus ou moins substantielle sur le plan linguistque.
Le manuel est un "outil" pour le professeur : Il faut avant tout distinguer le manuel du programme officiel et ne pas s'enfermer dans une application mécanique de telle ou telle méthode. L'étude systématique d'une unité du manuel après l'autre, servilement et exhaustivement, condamne le professeur à avancer trop lentement dans ce manuel. Il est également bien illusoire d'attendre des "exercices de grammaire" une efficacité absolue et des connaissances acquises pour toujours. Le manuel est un "outil" pour lélève : il faut penser à apprendre aux élèves à sen servir, à lexaminer avec eux en début dannée pour en montrer toute la richesse et favoriser une utilisation autonome. Il convient de progresser assez rapidement dans le manuel tout en proposant des rebrassages aussi souvent que possible. Des choix doivent être faits par le professeur en fonction de ce principe fondamental. Une avancée assez rapide dans le "programme" qui s'accompagne de révisions (ou reprises) fréquentes sera beaucoup plus efficace qu'une compilation lente d'acquis limités.
III ) L'AMONT DU COURS
Eléments à prendre en compte dans la préparation d'un cours
N.B. S'assurer que l'on aura à disposition le matériel nécessaire:
IV ) LE COURS / LA SEQUENCE
1) Phases du cours Il n'y a pas de schéma de cours type, uniforme et systématique, mais il est bon de se fixer des points de repère, tout particulièrement lorsqu'on n'a pas ou peu d'expérience de l'enseignement de l'anglais. Ces points de repère peuvent être les suivants: une heure de cours gagne toujours à être conçue en termes de phases successives cohérentes entre elles tout autant que spécifiques. Les quatre phases fondamentales sont: 1. Phase de reprise: prise de contact avec la classe, réactivation et contrôle du travail précédent; "interrogation" orale et "correction" d'exercices écrits qui ne doivent pas excéder 10 à 15 minutes en tout, sous peine de devenir lassants et inutiles. Ce doit être loccasion pour les élèves de réinvestir les acquis. Profitez du fait que tous les élèves ont les moyens dêtre actifs. 2. Phase de Prise de connaissance du document étudié : il s'agit daller au-delà de la simple vérification de la compréhension ; il est indispensable d'apprendre aux élèves à comprendre, non pas de repérer seulement qui a compris et ce qui a été compris. Le but est bien d'apprendre aux élèves à repérer les mots et les idées, les détails et le sens global, à s'appuyer sur ce qu'ils comprennent pour inférer le sens de ce qu'ils ne comprennent pas, à faire des hypothèses et à les confirmer ou infirmer en contexte, à trouver les liens logiques et chronologiques, etc. Des questions posées par le professeur, des "grilles de compréhension" ou des exercices de right/wrong ou de Q.C.M. ne sont pas toujours les plus adéquats car ils n'amènent pas toujours les élèves à s'interroger sur le sens du document de manière autonome et active. Que faire ? Donner des habitudes de travail, des modes de recherche (Who ? Where ? What ? ...) et mettre en commun le fruit des recherches de chacun en évitant que ceux qui comprennent «ne coupent l'herbe sous le pied» des autres. Il faut bien sûr pour cela fixer des tâches précises, spécifiques et différenciées : l'un cherchera le sens de "x", l'autre de "z" et un autre de "y" puis, à partir de quelques éléments de réponse, les tâches seront redistribuées. Le nombre d'élèves rendus actifs est plus important que "l'exactitude" des réponses, bien plus encore que la rapidité des réponses. L'objectif n'est pas de comprendre le plus vite possible mais d'amener tous les élèves à chercher le sens non pas trouver les réponses le plus vite possible mais comprendre le problème qui se pose et participer activement à ces recherches. 3. Phase de mise en forme de l'expression : le but est alors d'apprendre aux élèves à s'exprimer, de leur apprendre à résumer ce qui a été compris, par exemple, ou de donner leur avis sur ce qui a été étudié, en élaborant des phrases et des énoncés complets. L'entraînement des élèves à prendre la parole à partir de notes est un des exercices les plus profitables. La distinction entre compréhension et expression doit être claire, comme celle qui existe entre écrit et oral (ou auditif). Ceci signifie qu'il faut distinguer les savoirs et les savoir-faire spécifiques requis pour comprendre un texte lu ou entendu, pour s'exprimer à l'écrit ou à l'oral. 4. Phase de bilan, de réflexion sur ce qui a été fait au cours de la leçon. Les élèves sont invités à faire linventaire de ce quils ont appris ; 5. Prise de notes et consignes de travail : Il faut souligner l'importance d'une gestion rigoureuse du temps qui permet de donner ce travail pour le cours suivant avant la sonnerie, sans précipitation ni confusion. Lorsque la sonnerie retentit les élèves doivent être prêts à quitter la salle dans le calme et se rendre dans la salle du cours suivant sans tarder. Les phases 3 et 4 cumulées ne peuvent que difficilement dépasser 40 à 45 minutes.
2) Etablir une progression : lamont et laval Le travail effectué sur une séquence sinscrit dans une perspective plus vaste. Laval dune chose est déjà lamont dautre chose. A travers létude de documents différents, on gardera le souci dune continuité des apprentissages visant une construction progressive des savoirs et des savoir-faire.
3) La grammaire - Le lexique - La phonologie - Les savoir-faire Voir également ces rubriques au dernier chapitre intitulé «Recommandations complémentaires ».
Deux définitions :
Dans toutes les phases du cours, grammaire, lexique et phonologie sont à prendre en compte comme composantes indissociables de lénonciation. En dautres termes, il faut amener les élèves à produire des énoncés cohérents tout autant du point de vue de la langue que de celui du sens.
Le professeur doit d'autre part être constamment attentif à la qualité de l'anglais parlé par les élèves, autant sur le plan phonologique que sur celui de la correction lexicale et grammaticale ; lobjectif est de donner de bonnes habitudes en matière de prononciation et la meilleure manière dy parvenir nest pas non lus de sur-corriger mais de ne pas laisser passer la moindre erreur sans la reprendre à court ou long terme, de la façon la plus subtile et la plus tenace possible.
Quel professeur débutant ne s'est pas demandé ce que devait être la place et la part de la grammaire dans son enseignement ? Ce qui semble être le plus important à cet égard est de comprendre et faire comprendre que la grammaire n'est pas une fin en soi, mais un outil, certes indispensable mais pas exclusif pour réussir à comprendre et à s'exprimer en anglais. Les "explications" grammaticales n'auront que peu d'intérêt et peu d'efficacité si elles n'impliquent pas les élèves de manière active, si elles ne partent pas d'énoncés véritablement porteurs de sens (le drilling grammatical décontextualisé les exercices "mécaniques" ne sont pas sans intérêt mais ne permettent pas aux élèves de réfléchir et de comprendre le sens des structures étudiées). Il faudra lire à ce propos ce qui est dit dans les Programmes et Instructions Officielles (Pratique raisonnée de la langue). Un autre principe doit être rappelé ici : une avancée assez rapide dans le programme qui saccompagne de rebrassages systématiques et fréquents est beaucoup plus efficace quune lente compilation de faits de langue présentés successivement. Le passage du présent ING au présent simple et au prétérit dès le début de létude de la langue est ainsi préférable à une longue période dapprentissage et de fixation du seul présent ING. La meilleure façon de lutter contre les confusions nest pas de les occulter mais au contraire de les mettre en évidence aussi clairement et aussi fréquemment que possible.
L'étude du vocabulaire a souvent occupé une place secondaire par rapport à la grammaire, ce qui n'est en aucune façon justifié. Il n'est pas exclu d'apprendre du vocabulaire sous forme de «listes» (ou dans des «répertoires») mais ceci ne constitue pas non plus la manière la plus motivante d'une part ni la plus efficace de le faire. Des mots pris et appris isolément ne seront ni aussi bien compris ni aussi bien mémorisés que des mots appris dans un contexte explicite. Il faut rappeler le peu d'intérêt des mots isolés qui a été signalé à propos des traces écrites (tableau et cahiers). Le professeur peut choisir d'élucider (d'expliquer) certains mots mais ce choix doit être très réfléchi.
Ce terme et ce concept ont été mentionnés dans le cadre des phases de la leçon mais il est nécessaire d'y revenir afin de bien en faire percevoir l'importance: apprendre une langue étrangère ne se limite pas à l'étude de mots, de structures grammaticales et d'éléments phonologiques. Il est aussi indispensable de développer des savoir-faire que la pratique de la langue maternelle soit ne requiert pas, soit ne fait pas apparaître: apprendre à paraphraser par exemple, à reformuler, à clarifier et simplifier ce que l'on veut dire et comment on va le dire, etc.
Il convient de rechercher une exposition maximale à la langue alliée au plus grand nombre de rebrassages possible. Lapprentissage doit être bâti en spirale et le cours inscrit dans une démarche cohérente et progressive.
4) Le travail systématique de la mémoire Le cours est le premier lieu dapprentissage et de mémorisation. Eléments favorisant la mémorisation :
5) La place de lélève Lélève aura une place et un rôle différents selon que le professeur choisira :
Autrement dit le choix simpose entre une approche magistrale (qui na pas que des inconvénients au demeurant) et une approche plus centrée sur lélève, cest-à-dire qui fait des acquis de ce dernier le point de départ de lapprentissage (ce qui est rendu à la fois plus difficile et plus nécessaire encore si le groupe délèves est hétérogène). Partir des besoins réels des élèves (plutôt que de partir des besoins présumés ou imposés par le professeur) ne pourra se faire que sil y a interactivité au sein de la classe. De nombreuses occasions se présentent pour véritablement communiquer, ne serait-ce quen privilégiant les questions authentiques (celles pour lesquelles celui ne dispose pas déjà de la réponse lorsquil les pose) et une approche ludique (le jeu rendant alors authentique ce qui ne le serait pas sans cela ; celui qui pose une question peut alors en effet connaître la réponse parce que le jeu est de la faire deviner par exemple). Sil est vrai quune réelle communication nst peut-être pas possible dans le contexte scolaire et nécessairement hiérarchique dune classe face à son professeur, il nen demeure pas moins que certaines phases de la leçon peuvent être consacrées à des échanges entre les élèves et le professeur et/ou entre les élèves eux-mêmes. Pour favoriser la communication il faut propposer des tâches précises aux élèves, leur laisser le temps de les effectuer après avoir fourni les outils linguistques requis et des outils méthodologiques transférables dun support à lautre. Cette tâche sera mieux définie si le principe est «Comment faire pour comprendre ceci ?» plutôt que «Avez-vous compris ceci ?». Parmi les responsabilités essentielles du professeur, il convient de ne pas oublier celle qui consiste à aiderles élèves à acquérir des méthodes de travail, à devenir autonome en un mot. Il faut donc éviter à tout prix éviter de poser trop de questions mais apprendre au contraire aux élèves à sen poser (à eux-mêmes et aux autres) : une approche moins frontale et plus communicative est à la fois plus stimulante et plus motivante pour lélève, plus efficace donc sur les plans didactique et pédagogique. Remarquons enfin que lutilisation des nouvelles technologies (cf. chapitre consacré à celles-ci) peut fortement contribuer à développer cette dimension communicative de lenseignement. Vieux ( ?) proverbe chinois : «mieux vaut apprendre à pêcher à celui qui a faim que lui donner un poisson»
6) Lévaluation Lévaluation nest pas une sanction. Elle fait partie de lapprentissage et doit être conçue pour aider lélève à progresser. Quelques principes :
Lévaluation nest pas une fin en soi, elle doit servir à planifier le travail ultérieur. Il est bon pour ceci même de toujours sintéresser à la démarche utilisée par lélève pour accomplir la tâche demandée, cette information étant précieuse pour la remédiation qui suivra.
7) Le français : «Peut-on parler français ? Quand et pour quoi faire ? » Si le fait de parler français n'est pas exclu en soi, il faut néanmoins se rendre compte que toute occasion manquée de parler anglais est plus que regrettable. N'oublions pas non plus que le français du professeur sera lui-même un modèle suivi ou critiqué par les élèves. Si le recours au français (la traduction) demeurait la seule façon pour les élèves d'être sûrs de comprendre et de s'exprimer, c'est le sens même du cours d'anglais qui serait remis en cause. Il faut en effet apprendre aux élèves à travailler en anglais, à entendre leur professeur parler anglais, à s'efforcer de s'exprimer en anglais (voir supra) et à ne pas traduire de manière systématique. Apprendre un langue étrangère signifie apprendre à comprendre et s'exprimer dans cette langue, donc apprendre progressivement à penser dans cette langue. Un cours danglais qui serait un discours en français sur la langue étrangère signifierait que celle-ci est plus morte que vivante.
Il est cependant possible, indispensable même quelquefois, de parler français pour donner des consignes de travail nouvelles et particulièrement complexes, pour réfléchir sur la langue si la métalangue nécessaire est complexe (c'est loin d'être toujours le cas: il est possible de dire ce qu'une structure ou une phrase veut dire sans utiliser un jargon grammatical, obscur ou non !). L'exercice de traduction exige naturellement un travail approfondi sur la mise en français, surtout dans le second cycle (divers procédés de traduction, reformulations et transformations sans trahisons, etc.). Tout ceci ne constituera qu'une part limitée de la leçon. Le mélange inconsidéré, c'est-à-dire erratique, incontrôlé et inutile de français et d'anglais est par contre à exclure absolument et ne peut qu'inciter les élèves à choisir la solution de facilité.
V ) BILAN D'UNE HEURE DE COURS
Lauto-évaluation est un geste pédagogique indispensable. Seul un retour réflexif lucide sur le travail effectué permettra au professeur daméliorer son efficacité.
2) Les contenus
3) La mise en oeuvre La progression
L'équilibre des activités
4) L'utilisation du matériel
VI- RECOMMANDATIONS COMPLEMENTAIRES
1) La trace écrite Définir, dans sa préparation
Donner du sens aux notes et pour cela, imaginer la relecture qu'en fera l'élève à la maison (donner des références précises permettant d'identifier le document-support, la nature de l'activité, de savoir de qui ou de quoi il est question) ; donner des consignes précises contraignant les élèves à se servir de leur cahier.
La part d'imprévu : pour que les notes du tableau et du cahier s'inscrivent dans une logique, procéder en deux temps (diviser le tableau en 2 parties: une partie "brouillon" provisoire, et une partie "propre" définitive, qui seule fera l'objet d'une prise de notes).
Tout ce qui relève de la recherche personnelle de l'élève (travail d'anticipation, recherche d'information dans un texte, traduction) est clairement identifié comme tel (faire faire ce travail au crayon de papier ou sur une ardoise (veleda) en collège par exemple pour distinguer ces recherches de lélaboration de modèles)
Transcription phonétique : en mesurer la pertinence, en gardant à l'esprit que sa maîtrise, du moins en lecture, contribue à rendre l'élève autonome.
Utilisation du français : autoriser la traduction de quelques mots et structures (si cela peut faciliter l'apprentissage de la leçon); la trace d'un travail de réflexion sur le fonctionnement de la langue peut aussi figurer en français. Faut-il prévoir un carnet de vocabulaire ou un répertoire ? Chaque professeur peut choisir la mise en forme de létude du lexique qui satisfait le mieux ses élèves (sinon lui-même) mais lessentiel est dapprendre à ceux-ci à traduire, à trouver des synonymes et des antonymes, à insérer les mots dans des contextes véritablement porteurs de sens, etc.
Pour les parents des élèves, le cahier est le reflet du travail fait en classe; il n'est pas interdit d'y porter des appréciations, des remarques ou des conseils destinés à être lus par les parents, qui devront signer le cahier pour montrer qu'ils en ont pris connaissance.
2) Faire travailler les élèves en groupes Garder la maîtrise physique de la classe:
Alterner les formes de travail: groupe-classe / binômes / groupes de 3 ou 4 élèves; ne pas prévoir des travaux de groupes trop longs (20 minutes environ est sans doute un maximum).
3) L'hétérogénéité Prendre en compte les éléments qui déterminent le degré d'hétérogénéité d'un groupe :
Varier les documents: nature (oral, écrit, iconographique) et thèmes,
Varier les activités: orales / écrites, compréhension / production, simple reproduction / production guidée / production libre.
Varier la démarche: partir d'exemples pour induire une règle de fonctionnement de la langue, comparer les valeurs de deux structures en anglais ou comparer le fonctionnement de l'anglais et du français, etc...
ATTENTION! Il n'est pas question de faire de la diversification une fin en soi. Graduer les difficultés: aller du plus simple au plus compliqué (souvent synonyme de: du plus contraignant au moins contraignant), de l'explicite à l'implicite.
Être exigeant vis-à-vis de tous les élèves, même les plus faibles: fixer pour chaque type de tâche le minimum à atteindre par tous: l'indiquer aux élèves.
A propos du cours
Jusqu'où aller dans l'exploration et l'exploitation d'un document ? Exploration : En fin de séquence, le texte doit être compris par tous les élèves, au moins au premier niveau (l'explicite: qui parle? de qui? de quoi? où cela se passe-t-il ? quand ? etc...). Voir "vocabulaire" infra. Exploitation : Le travail sur le texte se mène d'abord silencieusement (laisser aux élèves le temps de découvrir le texte, ne pas les bombarder de questions à peine le livre ouvert ou les photocopies distribuées) : guider la lecture par des consignes précises, données préalablement; chaque lecture s'accompagne d'une tâche. Lessentiel dans un contexte dapprentissage est, rappelons-le, dapprendre aux élèves à comprendre. Il sagit de leur apprendre à faire des hypothèses, à se poser des questions, à chercher les sens dun mot inconnu dans son contexte, à passer du détail au tout et réciproquement, à synthétiser autant quanalyser autrement dit. Le travail sur le texte se poursuit oralement pour mettre en commun les informations recueillies:
L'exploitation du texte s'achève ou s'accompagne par un travail écrit
qui aidera
Fractionner la difficulté
Travail sur l'implicite
Que faire si l'on a choisi un document trop difficile ?
Vocabulaire
Que veut dire "connaître un mot" ?: C'est en connaître, la prononciation, l'orthographe, les différentes acceptions (donc savoir en donner une définition ou une explication ou une traduction), le registre de langue auquel le mot appartient, les contraintes syntaxiques liées au mot (préposition qui suit, possibilité ou non d'être épithète, etc...).
Appropriation : utilisation à l'oral et à l'écrit, immédiatement après la découverte, puis plus tard par le biais de la réactivation et du rebrassage. Stockage au fil des textes, et par regroupement thématique et/ou grammatical. La connaissance du vocabulaire doit être valorisée, donc testée (pas sous forme de listes mais dans des énoncés en français ou en anglais, dont on peut demander une traduction partielle, ou par le biais d'une production).
Approche notionnelle-fonctionnelle : manipuler les listes d'expression prétendument équivalentes avec prudence ; elles sont très rarement parfaitement interchangeables (problème d'environnement lexical ou grammatical, registre de langue, etc.)
Exiger des énoncés complets: éviter un travail mécanique, les énoncés sont indispensables quand on veut dire quelque chose... Entraîner les élèves à s'exprimer en continu (un maximum de 2 à 3 minutes):
Entretenir la motivation des élèves
BIBLIOGRAPHIE sommaire
« timeo hominem unius libri » |