FICHES DE TERMINOLOGIE GRAMMATICALE
 
 

La Direction des lycées et collèges a mis en place en décembre 1995 un groupe de spécialistes de linguistique et de pédagogues, chargé de repérer dans les programmes de 6e les points de terminologie grammaticale qui pouvaient poser problème dans l’enseignement du français ou d’une des langues vivantes étrangères enseignées dans les collèges. Plus que d’une harmonisation artificielle des terminologies dont les langues font usage, il s’agit de relever les termes propres à chaque langue qui désignent un même fait linguistique, ou d’exposer les sens différents qu’un même terme grammatical peut avoir dans différentes langues. Nombre d’erreurs ou de malentendus des élèves proviennent de cette divergence dans les usages des termes grammaticaux. C’est pourquoi il a paru utile que chaque enseignant de français et de langue vivante puisse prendre connaissance de ces quelques notions qui ont semblé particulièrement problématiques. Elles sont présentées ici sous forme de courtes fiches.

La notion de détermination,
l’emploi de déterminatif, déterminant

En français, le terme déterminant est utilisé pour désigner une classe de mots se plaçant à gauche du nom, et qui forme avec lui le groupe nominal minimum : articles, adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, numéraux.

Ex. : le chat, mon chat, ce chat, quelques chats, deux chats.

C’est le terme déterminatif qui est utilisé en allemand pour désigner la même classe de mots, ces mots ayant pour fonction de définir ou d’identifier le nom.

Le mot déterminant est utilisé en allemand pour désigner la fonction de détermination. Il peut y avoir des déterminants du verbe comme du nom. Le terme de déterminant ne désigne donc pas une catégorie de mots.

Ex. : Kartoffeln essen ; die Taschenlampe.

Pour exprimer la possession en italien et en portugais, il est nécessaire d’introduire le terme de pré-déterminant.

Ex. : il mio gatto/ questo mio gatto (italien) ; o meu gato/ este meu gato (portugais).

La notion de groupe

La notion de groupe est largement utilisée en français et en langues vivantes. Il a été proposé de parler de groupe pour un ensemble constitué autour d’une base (ou noyau, ou tête) suivie ou précédée de.

On parlera de groupe nominal quand la base est un nom, de groupe prépositionnel quand la base est une préposition (Ex. Il a refusé de me recevoir à cause de sa maladie.), de groupe adjectival quand la base est un adjectif. (Ex. Il est capable de partir.). On parlera de groupe verbal pour désigner le verbe accompagné de compléments essentiels ou indispensables (déterminants, en allemand).

L’utilisation des termes "impératif" et "injonctif" pour les types de phrases

La nomenclature des types de phrases (déclaratif, interrogatif, impératif ou injonctif) est une nomenclature de structuration syntaxique.

L’appellation phrase de type injonctif semble préférable à celle de phrase de type impératif, pour éviter toute confusion : le verbe de la phrase de type injonctif n’est pas nécessairement à l’impératif. Il peut être au subjonctif ( Qu’ils sortent !), ou à l’indicatif ( Je parle !). La phrase de type injonctif peut être aussi une phrase non verbale – ou nominale – ( Dehors !).

Il est nécessaire de bien distinguer le niveau syntaxique et le niveau sémantique. L’injonction peut aussi s’exprimer par des phrases qui ne sont pas de type injonctif, mais de type déclaratif : Je vous demande de vous arrêter, ou interrogatif : Est-ce-que vous n’allez pas bientôt vous taire ?

Le passif

En français, la structure grammaticale être + participe passé a deux valeurs rarement distinguées :

– une valeur de passif (en déroulement) : la maison est détruite par l’ouragan ;

– une valeur d’état (structure attributive) : la maison est détruite.

L’allemand, l’espagnol et le portugais distinguent ces structures par l’emploi de deux auxiliaires différents (alors que le français n’utilise que l’auxiliaire être).

Allemand : deux auxiliaires, sein (valeur d’état) et werden (passif). Die Tür war geöffnet (La porte était ouverte). Die Tür wurde um sieben geöffnet (La porte a été ouverte à 7 heures).

Espagnol : deux auxiliaires, estar (valeur d’état) et ser (passif). El hombre está herido (L’homme est blessé). El hombre es herido por el enemigo (L’homme est blessé par l’ennemi).

Portugais : deux auxiliaires, estar (valeur d’état) et ser (passif). A porta está aberta (La porte est ouverte). A porta foi aberta pelo João (La porte a été ouverte par Joao).

Propositions principale, subordonnée, indépendante

Ces termes sont d’usage en français dans l’analyse des phrases.

Deux langues (allemand, arabe) n’utilisent pas ces termes. Elles parlent de phrases ou propositions, et d’éléments dépendants ou subordonnés.

Ex. : Aujourd’hui, en dépit du beau temps, je préférerais que nous restions à la maison.

A l’analyse : phrase comportant deux propositions : une proposition principale ( Aujourd’hui, en dépit du beau temps, je préférerais), et une proposition subordonnée ( que nous restions à la maison), on préfère dans ces langues celle de : phrase comportant un élément subordonné ( que nous restions à la maison), dépendant du verbe ( je préférerais).

Thème/propos ou rhème

Le terme de thème est utilisé dans l’analyse textuelle pour désigner le point de départ d’un énoncé, ce dont on parle ; le terme de propos (ou rhème ), pour désigner ce qu’on dit du thème, c’est-à-dire les informations nouvelles par rapport au point de départ de l’énoncé.

En anglais, le propos est appelé commentaire.

Les termes de thème/rhème sont utilisés dans le cadre d’une analyse textuelle (ou sémantique, ou rhétorique).

Il faut souligner le lien étroit qui existe en russe entre la division en thème et rhème et l’ordre des mots. Il est intéressant de montrer aux élèves russisants que le rôle joué en français par l’article peut l’être en russe par l’ordre des mots.

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Académie de Nancy-Metz