Inspection Pédagogique Régionale 
des Lettres
 
ACTUALITÉ
Examen professionnel
session 2001

EXAMEN PROFESSIONNEL

en vue de l’accès au corps des professeurs certifiés de Lettres classiques et modernes

Session de juin 2001

L’épreuve orale se compose d’un exposé d’une durée maximale de dix minutes, puis d’un entretien de trente minutes au maximum. Le sujet de l’exposé est la présentation par le candidat de son rapport d’activité.
 

1. Le rapport d’activité

D’une longueur maximale de cinq pages dactylographiées, le rapport est la présentation des activités exercées dans la limite des huit dernières années (B.O. spécial N° 6 du 29 mars 2001).

Il est souhaitable que le rapport donne au jury les informations dont celui-ci a besoin,  notamment des précisions sur la formation initiale et les diplômes (on n’omettra pas les admissibilités aux différents concours) et les lieux et les  durées d’exercice, quelles qu’aient été les activités (on précisera les fonctions exactes, le type d’établissement,  les niveaux des classes). 
Cela peut être fait sous la forme d’un CV initial, complet mais bref, ou réparti dans les différentes parties du rapport, selon le plan adopté, chronologique ou thématique. 

La présentation des activités a pour but de convaincre le jury que le candidat a exercé des fonctions dans lesquelles il a acquis  et manifesté les connaissances et compétences requises, dans la spécialité, pour l’obtention de l’examen professionnel. Il convient donc tout d’abord que le jury puisse se représenter concrètement les tâches d’enseignement remplies. On veillera tout particulièrement lorsqu’on a travaillé dans des structures spécifiques, qui n’appartiennent pas à la formation initiale des collèges et des lycées, ou qui scolarisent des publics particuliers, à ne pas oublier son destinataire : le jury doit pouvoir, quelle qu’ait été la situation d’exercice, identifier les connaissances, les compétences et les gestes professionnels que ces situations d’exercice ont mobilisés, et que le jury mettra ensuite en rapport avec les compétences évaluées à l’examen professionnel. L’objet du rapport est donc une pratique personnelle et non des considérations pédagogiques générales.

Il faut en outre que le candidat prenne un certain recul par rapport à ses activités et les analyse : il s’agit de mettre en perspective et de problématiser sa pratique et son expérience professionnelle. Le candidat peut, à son choix, montrer le cheminement de sa réflexion pédagogique, son évolution et ses acquis progressifs (connaissances et compétences) ou procéder par champs successifs. 

Avoir travaillé dans des structures spécifiques ou éloignées de la formation initiale en collège et lycée n’est pas un handicap, si on est capable d’analyser à la fois la spécificité de ces structures, c’est-à-dire leurs écarts par rapport à la fonction pour laquelle on postule ( par exemple, poids des examens, mode de certification, niveau d’exigence sur les formés, place et importance de la transmission d’une culture et de la littérature, motivation des formés etc.) et aussi la présence d’invariants et de fondamentaux relatifs à l’enseignement des Lettres.

Des remarques précédentes il découle qu’une présentation uniquement narrative des activités, que la centration sur une seule activité (une classe, une année, un projet spécifique comme un voyage pédagogique, ou une seule des composantes, par exemple le latin ou l’enseignement du théâtre) avec le récit d’une expérience pédagogique ne répondent  pas aux attentes du jury. De la même manière la citation de longs extraits des documents officiels réglementaires (Programmes, Documents d’accompagnement) que les membres du jury connaissent, n’est pas souhaitable : le jury n’attend pas de protestation d’adhésion aux textes officiels, mais une analyse par le candidat de ses activités en référence à ce cadre, dans lequel il exercera en cas de succès.

Dans le cas de l’examen professionnel en Lettres classiques et modernes, il est évident que la forme et la présentation du rapport sont des éléments d’évaluation : on attend un propos organisé par un plan explicite , annoncé et suivi, une rédaction correcte. On veillera tout particulièrement à la qualité de la langue et à sa précision : trop de rapports reprennent des formules, quasiment comme des slogans (« centration sur l’élève », « statut du jeune », «lecture-plaisir »)  sans les interroger ni les mettre en relation avec des situations concrètes. Le jury est sensible, pour le recrutement d’enseignants de Lettres, à la capacité d’analyse des mots et à leur usage pertinent, et met en garde contre l’accumulation de termes techniques mal assimilés.

2. L’exposé

Le jury a lu, soigneusement, le rapport que le candidat a remis : l’exposé n’a pas pour but de porter à la connaissance du jury le contenu du rapport. Il n’est donc pas une simple redite, un résumé dans l’ordre de ce rapport.

Le candidat propose un discours organisé, argumentatif, s’appuyant  sur des références à ses activités. On peut reprendre le plan de son  rapport ou en proposer un autre : rapport selon l’ordre chronologique de carrière, exposé organisé par référence à des champs (connaissances disciplinaires/compétences professionnelles) ou à des types de  tâches d’enseignement (formation initiale/ formation d‘adultes).

Rappelons qu’en dix minutes il ne convient pas de chercher à atteindre l’exhaustivité, mais de dégager les lignes de force, les grands axes,  de ses pratiques professionnelles, et de convaincre le jury des connaissances et compétences acquises.

Pour le recrutement de futurs enseignants de Lettres, la qualité de la prestation orale est un élément important de l’évaluation : le propos est organisé clairement, et le jury peut suivre sans difficulté sa progression, l’expression orale est aisée et audible et le candidat parvient à se détacher de ses notes. Il convient d’insister sur la qualité de la langue qui évite les approximations .

Le candidat dispose au maximum de dix minutes et au-delà est interrompu. Une prestation très courte est naturellement à éviter.

3. L’entretien

L’entretien ne se limite pas à une reprise de l’exposé. Les membres du jury, qui ont lu le rapport et entendu l’exposé, procèdent par élargissement pour étendre le questionnement à différents aspects de l’expérience professionnelle du candidat.

Les questions peuvent être de plusieurs types :

  • Certaines relèvent du complément d’information : le jury cherche à mieux comprendre un point du rapport (rapport elliptique sur une période ou une activité) ou n’a pas pu se représenter une activité (problème de vocabulaire). Il peut aussi faire préciser une expression ou un mot de l’exposé. Le candidat est invité à soutenir par des exemples précis une affirmation présente dans son rapport.
  • D’autres questions  visent à amener le candidat à  développer son analyse de manière plus approfondie pour identifier plus précisément ses compétences et connaissances. Par exemple à propos d’une activité que le candidat a présentée ou qu’il a évoquée, les membres du jury lui demandent de développer sa réflexion didactique : le principe d’organisation pédagogique d’un projet ou d’une séquence, les savoirs mobilisés, leur articulation, les techniques pédagogiques utilisées et les raisons de ces choix... Les grandes questions de la Lecture et de l’Ecriture sont naturellement souvent abordées. Dans le cas de candidats exerçant actuellement en collège et lycée, on pourra inviter le candidat à situer les activités qu’il a présentées par rapport aux Programmes en vigueur et à manifester la connaissance qu’il en a. Les questions, dans le cas de candidats qui ont travaillé dans des structures éloignées de la formation initiale en lycée et collège, portent sur l’analyse de leurs activités par rapport aux invariants de l’enseignement des Lettres. 
  • D’autres enfin portent sur l’exercice du métier de professeur : on cherche à savoir, par exemple, quelles pratiques de l’évaluation (sous quelles formes) le candidat a mises en œuvre et quel est son point de vue sur ces pratiques, comment se posait la question de l’évaluation dans le cas des publics spécifiques, quel est son point de réflexion actuelle sur la relation pédagogique, s’il a évolué, quelles relations il établit entre la construction des situations d’apprentissage et l’attitude des élèves. On attend de personnes qui enseignent depuis des années que la réflexion ne se limite pas au rôle de la sanction ou à une approche uniquement affective de la relation entre l’enseignant et ses élèves.

  • L’entretien est mené sous forme dialoguée : la qualité des réponses du candidat et son aptitude à s’engager réellement dans l’entretien sont des éléments d’évaluation. Le jury cherche à mettre le candidat en situation de faire preuve de ses connaissances et compétences. Il est de très mauvaise politique de répondre trop brièvement ou de s’en tenir à la reprise prudente et exclusive du rapport. 

    En conclusion, pour bien se préparer à l’examen professionnel, il faut apprendre à analyser les tâches d’enseignement qu’on a assurées, du triple point de vue des connaissances, des compétences pédagogiques et du rôle d’enseignant. Une fois ce travail d’analyse fait, il convient de dégager des lignes de force, constantes et évolution, et ensuite de les présenter de manière convaincante tout d’abord dans un écrit (rapport) puis lors d’un oral (exposé et entretien). 

    D. PIERREL
    IA-IPR de Lettres
    Académie de Nancy-Metz
     
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