 |
Ministère
de l’éducation nationale
Direction de l’enseignement
scolaire
EAF
2002
Note
du 22 mars 2002 |
N.B.
Pour l'impression,
ce texte
peut être téléchargé en format *pdf (129 Ko)
:

Nouvelle
épreuve anticipée de français
Epreuves orales
de l'EAF
Quelques exemples
de questions
Avertissement
Au
fil des quatre réunions interacadémiques qui se sont déroulées
pendant le premier trimestre de cette année scolaire, différents
groupes - composés de professeurs, de professeursformateurs et d’inspecteurs
- ont réfléchi aux épreuves orales de l’EAF, aux questions
qui devront être posées aux candidats, à la formulation
et à la fonction de ces dernières.
La
note qui suit reprend l’essentiel de ces travaux. Elle propose aux examinateurs
une liste non limitative d'exemples de questionnements possibles.
Elle
ne limite en rien la liberté des examinateurs et suggère
simplement certaines démarches susceptibles de faciliter le travail
d’élaboration des questions.
Elle
ne prend sens qu’en fonction des textes existants (BO
n° 26 du 28 juin 2001 : Epreuves de français applicables
à compter de la session 2002 des épreuves anticipées
des baccalauréats général et technologique »
et BO n° 1 du 3 janvier 2002
: Complément d’information sur les modalités et l’organisation
pratique des épreuves).
Quelle
formulation des questions ?
Les
questions doivent être claires et accessibles. Elles ne peuvent exiger
du candidat un travail de décryptage préalable que l’emploi
d’un métalangage exagérément technique rendrait nécessaire.
La
première question relève d’une tournure interrogative directe
:
Ce
texte vous paraît- il… ?
ou
En quoi / Pourquoi / Comment / Dans quelle mesure ce texte… ?
La
seconde question peut être posée de façon plus indirecte
:
Vous
vous demanderez si…, Vous vous interrogerez sur…
ou
utiliser une formule destinée à orienter la réflexion
de l’élève :
Vous
réfléchirez à ….
Première
partie de l’épreuve
Quelle
est la fonction de la question ?
Elle
porte sur un texte.
C’est donc le caractère spécifique du texte qui appelle la
question.
Elle
porte sur un texte déjà connu
du candidat.
Elle n’appelle donc pas une découverte du texte mais sa relecture,
en fonction d’une orientation précise, indiquée par la question.
Elle
appelle l’étude d’un aspect essentiel
du texte. Elle n’induit donc ni une étude
pointilliste ni une analyse qui se voudrait exhaustive.
Elle
permet au candidat d’aborder tout à la fois le
sens et les choix d’écriture,
-
soit en
partant de l’observation pour élaborer progressivement une interprétation,
-
soit en
partant d’une interprétation pour la justifier par l’étude
des choix d’écriture.
Elle permet
d’évaluer les capacités du candidat à :
-
comprendre
la question qui lui est posée,
-
comprendre,
au sens littéral du terme, le texte
qui lui est proposé,
-
trouver
dans ce texte des éléments de
réponse à la question en prenant
appui sur sa connaissance de l’objet d’étude,
-
mettre
en relation ces différents éléments
pour parvenir, en prenant appui sur le texte, à une réponse
construite.
Quelles
questions possibles ?
Questions
portant sur l’ensemble du texte donné, mais pouvant prendre appui
plus particulièrement :
-
sur le
titre :
En
quoi le titre annonce-t-il / éclaire-t-il le texte ?
-
sur un
court passage, indiqué par l’examinateur :
En
quoi tel passage est-il une clef possible pour la lecture du texte ?
En
quoi tel vers est-il représentatif de l’ensemble du poème
?
En
quoi le premier vers annonce-t-il le déroulement de l’ensemble du
poème ?
En
quoi l’anecdote des lignes X à Y sert-elle la démonstration
?
-
sur la
comparaison de deux brefs passages, indiqués par l’examinateur :
le début et la fin d’une scène théâtrale, deux
courts portraits, un texte et quelques variantes.
-
sur la
recherche, par le candidat, d’une série d’extraits :
Quelles
sont, dans ce texte, les formules les plus révélatrices de
la thèse soutenue par l’auteur? Justifiez votre choix.
Questions
liées :
-
à
la composition ou à la construction du texte :
étapes
d’un dialogue théâtral et enchaînement des répliques,
construction d’un portrait, composition d’un sonnet.
-
au mouvement
du texte :
évolution
d’un raisonnement, progression d’une argumentation, développement
d’une métaphore filée.
-
à
la visée du texte (implicite, intentions cachées, double
sens) et à ses enjeux :
En
quoi ce texte est-il un apologue ?
Quelles
sont les valeurs morales qui sous-tendent ce texte?
En
quoi ce texte est-il une forme d’art poétique ?
En
quoi tel portrait a-t-il une valeur argumentative ?
Quel
est l’enjeu de cette lettre ?
-
à
la réception du texte par le candidat :
Quelle
réaction la lecture de ce texte suscite-t-elle en vous ? Justifiez
votre réponse en prenant appui sur le texte.
Les
procédés argumentatifs employés dans ce texte vous
paraissent-ils efficaces ? Pourquoi ?
Questions
amenant à étudier le texte :
-
par rapport
à un genre :
Quelle
relation s’établit dans ce texte entre le narrateur adulte et l’enfant
qu’il a été et met en scène ?
Comment
s’opère dans ce texte la mise en forme du souvenir ?
Comment
ce poème joue-t-il avec le langage ?
-
par rapport
à une esthétique :
Par
quels aspects ce texte se rattache-t-il à l’esthétique baroque
?
-
par rapport
à un registre ou à l’articulation de plusieurs registres
:
Quels
sont les éléments susceptibles de susciter le rire dans ce
texte, et quelle forme de rire ? Ce texte vous paraît-il devoir susciter
le rire ou l’émotion ?
Avec un
intérêt particulier accordé :
-
à
l’utilisation du genre ou du registre :
Comment
l’auteur tire-t-il parti du genre épistolaire pour mettre en valeur
l’anecdote racontée ? Quel traitement particulier l’auteur fait-
il subir dans ce texte au genre et dans quel but ?
Dans
quelle mesure cette lettre vous paraît-elle devoir être considérée
- ou non - comme une oeuvre littéraire ?
-
aux écarts
entre le code, la norme et le texte :
En
quoi ce texte échappe-t-il au genre épistolaire ?
Quel
est l’effet produit par la construction particulière de ce sonnet
?
Quelles
questions éviter ?
-
Toute
question de type purement formaliste qui n’induirait qu’un simple relevé
de vocabulaire, de figures de style ou de procédés d’écriture
;
-
toute
question d’ordre uniquement psychologique, qui n’entraînerait pas
une approche littéraire du texte et aboutirait, par exemple, à
une simple analyse du « caractère » de tel ou tel personnage.
Quel
type de réponse exigible ?
On
insistera seulement ici sur la liberté qui doit être
laissée au candidat dans la présentation ordonnée
de sa réponse.
Seconde partie
de l’épreuve
Quelle
est la fonction de la question ?
La
seconde question est simplement destinée à lancer
l’entretien. Elle définit le champ
de l’interrogation et appelle, fondamentalement, un élargissement
de la réflexion, amenant le candidat
à mettre en relation
le texte avec un ensemble plus vaste.
Elle
fixe un thème
ou délimite un champ
à l’intérieur duquel le candidat sait qu’il sera guidé
par l’examinateur au fil d’un dialogue constant.
Il
s’agit donc pour le candidat de se préparer à un entretien,
en rassemblant des éléments ou des arguments qui lui permettront
de nourrir les réponses qu’il apportera dans un dialogue dont l’examinateur
aura constamment l’initiative.
Cette
seconde partie de l’épreuve permet en outre de
valoriser l’esprit critique et la culture personnelle
du candidat.
On
peut, dans cette perspective, préciser en quoi consistent ces diverses
formes d’élargissement et proposer quelques exemples.
Elargissement
du texte à un texte proche ou au groupement de textes
La
question amène le candidat à
établir des relations entre le texte et le groupement étudié
pendant l’année ou à établir une comparaison avec
un texte proche, proposé par l’examinateur.
L’entretien
permet d’évaluer la capacité du candidat à :
-
circuler
à l’intérieur du groupement,
-
envisager
les différents textes en fonction de la problématique retenue,
-
confronter
les textes - ou certains textes - entre eux pour en comparer le fonctionnement,
-
s’interroger
sur des analogies ou des différences.
Il permet
également de partir des textes du groupement pour ouvrir, au cours
de l’entretien, un débat sur d’autres textes, qui, aux yeux du candidat,
auraient pu faire partie du groupement.
Exemples
:
Vous
vous interrogerez sur l’efficacité des différentes formes
d’argumentation qui apparaissent dans les textes de ce groupement.
Vous
réfléchirez aux raisons pour lesquelles le lyrisme (ou tout
autre registre ) s’exprime de façon différente dans les textes
X, Y (ou dans un texte proche).
Vous
vous interrogerez sur le rôle que jouent les destinataires dans les
textes composant ce groupement.
Vous
vous demanderez auquel de ces textes vont vos préférences
et vous vous préparerez à justifier votre choix.
Vous
vous demanderez ce qui fait, pour vous, l’unité des textes choisis.
Elargissement
du texte à l’œuvre intégrale
La
question amène le candidat à
établir des relations entre un extrait et l’œuvre intégrale
dont il est tiré.
L’entretien
permet d’évaluer la capacité du candidat à :
-
circuler
dans une œuvre pour mener une étude transversale (fonction ou enjeu
particulier de l’extrait dans l’économie de l’œuvre),
-
établir
des relations (par exemple entre le texte qui vient d’être abordé
et un ou des extrait( s) différent(s) de la même œuvre),
-
émettre
un jugement critique (ce que le candidat a apprécié dans
l’œuvre, ce qu’il n’a pas apprécié), sous réserve
que cette critique soit justifiée et prenne appui sur le texte.
Exemples
:
Vous
réfléchirez à la fonction de ce passage dans l’œuvre.
Vous
réfléchirez à l’évocation de l’univers de l’enfance
/ au rôle de la mémoire et des souvenirs / à la présence
du narrateur / au désir de justification dans telle ou telle œuvre
autobiographique.
Vous
vous interrogerez sur l’évolution de tel personnage / le rôle
qu’il joue / les relations que plusieurs personnages entretiennent entre
eux.
Vous
réfléchirez aux choix de mise en scène que vous feriez
si vous deviez monter cette pièce.
Vous
vous demanderez si le poème étudié est caractéristique
du recueil (de son climat / de son registre dominant / de ses thèmes
/ de la conception de la poésie qu’il défend…).
Elargissement
du texte à une ou plusieurs lecture(s) cursive(s)
La
question amène le candidat à
établir des relations entre un extrait et une œuvre n’ayant pas
fait l’objet d’une étude approfondie. Les attentes de l’examinateur
ne peuvent être les mêmes que dans le cas d’un élargissement
du texte à l’œuvre intégrale.
L’entretien
permet d’évaluer la capacité du candidat à :
-
analyser
des ressemblances ou des analogies,
-
analyser
des différences ou des variantes,
-
formuler
un jugement critique (cf. supra).
Exemples
:
Vous
vous interrogerez sur les aspects (de la poésie / du texte biographique
/ épistolaire…) que la lecture cursive vous a permis de découvrir
/ de mieux comprendre.
Vous
vous demanderez si la lecture cursive vous a permis d’apprécier
davantage la poésie / la littérature épistolaire/
le mouvement culturel étudié dans le cadre de la séquence.
A
partir des lectures cursives, vous réfléchirez aux diverses
formes du texte argumentatif et aux stratégies qui s’y déploient.
Vous
vous interrogerez sur l’apport de la lecture cursive / des lectures cursives
à la séquence.
Vous
vous interrogerez sur les relations qu’entretient l’oeuvre abordée
en lecture cursive avec le groupement et / ou l’œuvre intégrale
étudié(s) en classe.
Elargissement
du texte à l’objet d’étude
La
question amène le candidat à
établir des relations entre le texte et l’objet d’étude envisagé
dans son ensemble.
L’entretien
permet d’évaluer la capacité du candidat à :
-
replacer
le texte dans son contexte littéraire, artistique et culturel, (en
particulier pour l’objet d’étude « mouvement littéraire
et culturel »),
-
appréhender,
en fonction de ce contexte, l’originalité du texte,
-
envisager,
au-delà du texte, différents aspects de l’objet d’étude.
Exemples
:
Vous
vous demanderez si l’expression du lyrisme, telle qu’elle apparaît
dans le texte, est propre à la poésie.
Vous
vous interrogerez sur l’intérêt qu’il y a à étudier
des textes poétiques / telle ou telle forme poétique.
Vous
direz en quoi le texte étudié vous paraît représentatif
(ou non) du mouvement littéraire et culturel vu dans l’année.
Elargissement
du texte à l’image fixe ou mobile
La
question amène le candidat à
établir des relations entre le texte et une ou plusieurs images.
L’entretien
permet d’évaluer la capacité du candidat à établir
des liens entre deux formes différentes de langage.
Exemples
:
Vous
réfléchirez aux liens qu’on peut établir entre le/
les tableau(x) et l’étude du/ des texte(s).
Vous
vous demanderez si l’étude du/ des tableau(x) éclaire le/
les texte(s).
Vous
vous demanderez ce qu’a apporté l’étude de l’image/ des images
dans le cadre de la séquence.
Vous
vous demanderez si la découverte de l’adaptation cinématographique
du texte vous a permis de mieux le comprendre.
Ministère
de l’éducation nationale – Direction de l’enseignement scolaire
- EAF 2002 -
|