| Baccalauréat
: épreuve anticipée de français
(séries générales et technologiques) |
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Sommaire
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Objet d’étude : Convaincre, persuader, délibérer |
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Commentaires et éléments de corrigésA. Présentation du sujetCe corpus est fédéré par une triple cohérence :
B. QuestionsEn plus d’inviter à une lecture globale du corpus, ces questions mettent précisément l’élève en garde contre une lecture simpliste des fables : en l’amenant à s’apercevoir que la prétendue morale des fables cache souvent une sévère critique de la société, elles préparent un des arguments majeurs attendus dans la dissertation, et doivent éviter que les analyses du commentaire sombrent dans la superficialité ou le contresens. De plus, l’écriture d’invention exige que la « morale » du texte de Svevo ait été comprise, puisqu’il est demandé à l’élève d’en prendre le contre-pied.Proposition de corrigé Question1
L’élève est supposé savoir que les fables, et les apologues en général, ne proposent pas systématiquement une morale explicite, si bien que la réponse ne saurait se contenter d’une citation, même vaguement commentée, d’un passage de chaque texte. En revanche, toute remarque complémentaire à ces reformulations, visant par exemple à comparer ces morales, sera gratifiée. Question
2
C. CommentaireCritères d'évaluationLe commentaire propose une étude comparative des textes A et C (les fables de La Fontaine et d’Anouilh), exercice explicitement prévu par le BO régissant les nouvelles épreuves. Si, dans les séries technologiques, le commentaire est guidé par un parcours de lecture, l’élève n’en doit pas moins faire un effort pour organiser son étude en adoptant un plan à l’intérieur de chacune de ses deux réponses. Dans le cas particulier du commentaire comparé, ce plan de réponse peut suivre deux méthodes :
1. Comparez la progression du récit dans ces deux textes. La Fontaine propose une fable courte, qui ne comporte ni morale ni exposé didactique, le seul commentaire qui marque une pause dans la progression du récit se résumant à deux vers (15 et 16). En revanche, Anouilh rédige un texte plus développé et décomposé en quatre étapes. Dans les deux cas l'entrée en matière est directe (en quelques vers rapides le personnage de la cigale est présenté et le thème introduit). Anouilh réécrit la première phrase de « La cigale et la fourmi » : à la reprise des deux premiers vers bien connus succède une transposition inversant la situation de la cigale (voir notamment l’opposition « dépourvue »/« pourvue». A partir de l''opposition "dépourvue / bien pourvue" le schéma est identique : la cigale va voir la fourmi / le renard. Mais la visée de la requête s'inverse (demande de biens / demande de placement de biens). Les poèmes diffèrent en ce que celui de La Fontaine est vide d’argumentation alors que celle- ci est très développée dans le texte d’Anouilh : La Fontaine veut montrer que la pauvreté n’a aucun argument pour se défendre et la richesse égoïste aucune raison pour se justifier (les vers 15 et 16 prouvent que La Fontaine condamne aussi la fourmi), alors qu’Anouilh ironise sur les ressources de ruse que le renard banquier déploie pour gagner de l’argent au détriment de l’artiste aussi bien que sur la froide rationalité de la cigale prête à toutes les cruautés par appât du gain. Les deux fables progressent vers des conclusions symétriques : chez La Fontaine, la cigale est éconduite, chez Anouilh le renard s'incline. 2. Comparez la place que
la cigale occupe dans les deux fables et le portrait qui est fait d’elle.
D. DissertationCommentaire du sujet à destination des professeurs
Bien des fables conduisent à des morales naïves ou rebattues (« le travail est un trésor » dans « Le laboureur et ses enfants », « Je conclus qu’il faut qu’on s'entr'aime » dans « L’âne et le chien »), qui ne peuvent instruire que les plus jeunes. Certaines morales peuvent même être dénoncées comme immorales (voir les fables du corpus). La forme généralement brève et l’irréalité des personnages et des situations (bestiaire ou univers du conte) font suspecter la démarche d’un genre qui prétend accéder à une vérité universelle à partir d’un cas singulier et fictif, voire invraisemblable. Cet argument peut être étayé par une comparaison avec d’autres genres didactiques que l’élève aura aussi étudiés pendant l’année : l’essai et le dialogue philosophique. D’autres arguments plaident au contraire pour la pertinence du contenu des fables : la fable est parfois un discours politique crypté (la fable « Les loups et les brebis » a été affichée par les Révolutionnaires ; Hugo intitule « Fable ou histoire » son poème des Châtiments où il dépeint Napoléon III sous les traits d’« un singe d’une peau de tigre [vêtu]», etc.) et le choix du genre se justifie souvent par la censure ou la prudence. La fable, plus descriptive que prescriptive, a par ailleurs acquis avec La Fontaine une haute valeur satirique (l’élève peut s’appuyer ici sur le texte d’Anouilh qui lui est soumis). Les fables, avec leur bestiaire, leur style précieux proche de la conversation, leur humour, sont la plupart du temps empreintes d’une légèreté qui trahit un désir de plaire plutôt que d’instruire : La Fontaine ne s’en cache pas dans sa longue préface à l’édition de son premier livre de fables, et le mot « plaisir » revient deux fois dans le court avertissement de Jean Anouilh (texte B). Leur brièveté, leur dominante narrative, la simplicité de leurs intrigues en font des oeuvres peu exigeantes pour le lecteur (voir la deuxième phrase du texte B). La Fontaine répond lui- même à ces objections : cette légèreté, la défiance à l’égard du trop de sérieux, confèrent au genre le « charme » qui le rend persuasif et en fait donc une argumentation plus efficace que les discours théoriques dont l’austérité peut rebuter le lecteur. Pour développer cet argument, l’élève peut faire appel aux avantages de l’« argumentation indirecte » en général et aux vertus de l’apologue qu’il aura étudiés en cours. Par ailleurs, pour La Fontaine, le plaisir procuré par les fables ne mérite pas d’être dénigré, car c’est, selon lui, un « baume » consolateur, et cet apaisement n’est pas la fonction la plus « futile » de la littérature. Si ces textes lui ont été présentés en classe durant l’année, l’élève peut enfin évoquer une facture plus moderne des fables, par exemple à l’oeuvre dans La Fable du monde de Jules Supervielle : dans « Le coquillage et l’oreille », par exemple, le simple tableau d’un anonyme qui écoute le roulis de la mer en posant une conque à son oreille cache une belle réflexion sur « le dehors et le dedans ». La qualité de ces fables (et de la poésie en général) est précisément de déceler l’intérêt caché du futile, de revêtir de sens l’insignifiant. Dans cet exercice, l’élucidation de la problématique ne devrait pas faire difficulté, dans la mesure où le terme essentiel, «futile », est longuement défini par la note 2. Le correcteur s’attachera donc à évaluer :
E. InventionCritères d'évaluationCe sujet permet d’évaluer largement les compétences du candidat :
Ministère
de l’éducation nationale – Direction de l’enseignement scolaire
E.A.F. Annales zéro : Sommaire général |
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| N.B.
Sujet et commentaires
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| Inspection
pédagogique régionale des Lettres,
académie de Nancy-Metz |