| Introduction
La maîtrise de la langue
constitue un enjeu essentiel du français au lycée. Lieu (et
filtre inévitable) de nos échanges, de nos réflexions
et de nos perceptions, la langue est un élément constitutif
de l’identité, tant à l’échelon individuel (répondant
ainsi à la finalité de la « formation de la personne
») où elle donne l’accès aux connaissances, l’exercice
de la pensée et l’expression de la sensibilité, qu’à
l’échelon collectif (« formation du citoyen ») où
elle définit notre appartenance culturelle commune, notre inscription
dans la société et la compréhension d’autrui. Les
inégalités scolaires sont souvent l’effet d’une inégale
maîtrise de la langue. Il revient au professeur de français
un rôle crucial pour donner aux élèves cette maîtrise
qui détermine leur formation et leur réussite.
Le travail sur la langue
doit donc être effectif au lycée, aussi bien en classe entière
qu’en module et en aide individualisée. Le programme demande d’en
poursuivre et d’en approfondir l’étude au- delà du collège,
car l’apprentissage de la langue est continu, progressif et ininterrompu,
depuis l’école élémentaire jusqu’à la fin des
études secondaires.
Cette prescription n’est
pas nouvelle : les précédents programmes demandaient la pratique
raisonnée de la langue au lycée. Une telle position, alors
justifiée par les progrès de la linguistique que les programmes
s’efforçaient de prendre en compte, a pu conduire à des excès
de formalisme dans les pratiques d’enseignement, notamment dans les méthodes
d’analyse des textes. Les programmes actuels adoptent une position plus
précise : ils ne font pas de l’étude de la langue un objet
d’étude distinct, mais une démarche transversale aux différents
objets d’étude. Le travail sur la langue n’est ainsi jamais séparé
de sa mise en oeuvre dans les discours, écrits ou oraux, textes
d’écrivains ou textes des élèves ; il n’est jamais
séparé des enjeux pragmatiques et esthétiques de sa
réalisation concrète.
L’étude de la langue
au lycée doit fournir aux élèves les moyens d’un apprentissage
raisonné, c’est-à-dire personnellement assumé. Il
s’agit donc moins de leur proposer des connaissances techniques de formes
de plus en plus complexes que de les conduire à réfléchir
sur les formes qu’ils connaissent déjà plus ou moins précisément,
pour qu’ils en mesurent la signification et la portée et qu’ils
passent de leur pratique à leur maîtrise. Ainsi, compte tenu
de l’intérêt des adolescents pour la réflexion, cette
étude doit leur permettre de mieux percevoir la langue dans laquelle
ils sont immergés, de distinguer les caractères propres de
l’oralité et de l’écriture, d’améliorer leurs capacités
d’expression en travaillant le vocabulaire et la syntaxe, de mieux saisir
les significations.
Étude
raisonnée de la langue : Objectifs et démarches
Objectifs
Eu égard aux enjeux
généraux développés ci-dessus, l’objectif de
l’étude de la langue au lycée est celui de sa maîtrise
: les élèves ont déjà l’usage de la langue
et ont déjà étudié les données grammaticales.
Aussi s’agit-il moins de dresser des listes de règles à apprendre
que de mettre l’accent, en seconde surtout, sur la récapitulation
et la consolidation des acquis, puis de s’attacher davantage à l’approfondissement
en première. Néanmoins, il existe des objectifs pratiques
communs aux deux classes, liés à la nécessité
d’une réflexion sur le sens plus approfondie qu’au collège.
Ce sont :
-
développer le vocabulaire
;
-
consolider les acquis du collège
en matière de grammaire et remédier aux ignorances morphosyntaxiques
aussi bien qu’orthographiques qui limitent l’exercice de la langue, à
la fois dans le détail de ses réalisations et dans la maîtrise
de ses structures globales, de la phrase au texte ;
-
enrichir le contact des élèves
avec leur langue, en leur faisant découvrir des phénomènes
qu’ils n’ont pas étudiés jusque-là ou qui n’ont pu
être approfondis au collège ;
-
assurer et renforcer le lien
entre la grammaire, les analyses de textes, les pratiques orales et les
réalisations écrites, qu’il s’agisse de commentaire et d’appréciation
esthétique, d’argumentation et d’efficacité persuasive, ou
d’écriture d’invention liée à la maîtrise des
genres et des registres ainsi qu’à l’argumentation.
Démarches
Principes
-
Le travail sur la langue au
lycée prolonge et approfondit les démarches qui ont été
mises en oeuvre au collège : il ne s’agit donc pas de présenter
des questions grammaticales pour elles-mêmes, mais toujours de partir
du sens effectif, reconnu et interprété par les élèves
dans les textes étudiés ou rédigés, pour aller
vers l’analyse des moyens qui permettent de l’exprimer.
Cela implique notamment :
-
que le travail de la langue
ne fasse pas l’objet d’une séquence particulière, mais soit
inséré dans chacune des séquences. Afin de permettre
l’élargissement et la systématisation nécessaires,
le travail sur la langue peut faire l’objet d’une séance ou de plusieurs,
en tout cas doit faire l’objet de temps spécifique au sein de la
séquence. Dans ce cadre, il est mis en oeuvre en trois étapes
: un moment de collecte et/ ou d’exploration de faits langagiers correspondant
au point à étudier, un moment d’analyse et un moment de synthèse
;
-
que le travail de la langue
soit associé à la réflexion sur les genres d’écriture.
Bien que l’ensemble des faits de langue soient présents dans chaque
genre, le professeur privilégie ceux dont la manifestation entre
dans la caractérisation du genre qu’il étudie : notamment,
les mises en oeuvre de la temporalité dans le roman (en associant
vocabulaire du temps, organisation temporelle et temps verbaux), les marques
de la subjectivité dans le dialogue théâtral, les modalisations
de la vérité dans l’essai, les instruments linguistiques
du raisonnement dans l’argumentation abstraite, les catégories prosodiques
dans la poésie ;
-
que le travail de la langue
soit également mis en relation avec l’approche et la maîtrise
des registres. Ceux-ci ne se rapportent pas, bien entendu, à l’emploi
isolé de telle ou telle forme de la langue, mais se manifestent
par des modes d’énonciation et des agencements spécifiques
à certains d’entre eux : multiplication des rôles du sujet,
à la fois énonciateur, objet et destinataire du discours
dans le registre lyrique, variétés de l’antiphrase ou de
l’anti-discours dans le registre ironique, syntaxe exclamative dans le
pathétique, assertif dans le didactique et le satirique, comparatif
et superlatif dans le polémique;
-
que le travail de la langue
soit lié à l’expression orale, afin de permettre aux élèves
de reconnaître les spécificités de l’oralité,
aussi bien sur le plan de la syntaxe que sur ceux du lexique et du rythme,
et de les conduire à différencier clairement ces formes des
contraintes propres à l’écriture ;
-
que le travail de la langue
soit en relation étroite avec les travaux d’écriture, dans
le commentaire où il est à la fois moyen et objet, dans la
dissertation où il est la condition du raisonnement et de l’argumentation,
dans l’écriture d’invention où les choix d’énonciation,
de registre, de genre, de structuration et surtout de vocabulaire déterminent
la réalisation de ces exercices.
Ainsi, dans les exercices d’écriture
figurative (à caractère descriptif ou narratif par exemple),
ce sont les capacités d’expansion ou d’amplification du discours
qui seront sollicitées ; à l’inverse, dans les exercices
d’écriture abstraite (à caractère strictement argumentatif
par exemple) ce sont les capacités de condensation qui seront mobilisées.
Dans le premier cas, un vocabulaire de plus en plus spécifique permettra
le déploiement (avec éventuellement recherche de figures
d’analogie : comparaisons, métaphores, etc.) ; dans le second cas,
un vocabulaire de plus en plus conceptuel et générique favorisera
le regroupement et l’abstraction (avec recherche d’hyperonymes).
Le travail sur la langue
figure aussi dans l’aide individualisée (voir section « Exemples
de réalisations »).
Intégration
et évaluation
L’étude de la langue
étant intégrée à la démarche d’ensemble,
son évaluation entre dans les évaluations d’ensemble. Elle
entre dans les exercices du cours de français (voir des exemples
en section «Exemples de
réalisations ») et ne consiste pas en des exercices de
vocabulaire ou de grammaire isolés. Elle vise à vérifier
des acquisitions fondées sur les contenus enseignés, non
à pénaliser des lacunes, même si elle peut contribuer
à repérer ces lacunes et le besoin d’y remédier.
Elle porte avant tout sur
:
-
la qualité syntaxique,
y compris l’orthographe syntaxique, signe de la cohérence logique
du propos ;
-
la précision et l’abondance
du vocabulaire dans les domaines sollicités par le sujet de l’exercice
examiné (pour l’orthographe lexicale, celle des mots usuels est
exigible, celle des termes rares ou spécialisés qui n’ont
pas été étudiés en classe doit être liée
à l’usage du dictionnaire).
Étude
raisonnée de la langue : Vocabulaire
Objectifs
«Le lexique est la
mesure de toute chose » (préface du Nouveau Petit Robert).
Les consultations, expérimentations et mises en oeuvre en 2000-2001
ont montré le caractère indispensable du travail sur le vocabulaire
et surtout sur la nécessité de son enrichissement chez les
lycéens. Nombre d’entre eux ne disposent que d’un bagage lexical
limité, dont la faiblesse entrave parfois leur accès aux
textes et sert à justifier, souvent à tort, leur manque d’intérêt
pour la lecture des oeuvres ou la pauvreté de leurs productions
écrites. Il s’agit donc, en travaillant sur le vocabulaire, de développer
chez les élèves la curiosité et le plaisir du mot,
où interagissent la lecture et l’écriture.
L’accroissement du vocabulaire
répond au lycée à des nécessités pratiques
:
-
développer le vocabulaire
abstrait, celui du savoir, du raisonnement et du jugement ; c’est là
un rôle spécifique du lycée par rapport au collège,
correspondant aux formes d’écriture argumentatives qui sont nouvelles
pour les élèves, qu’il s’agisse du commentaire de texte ou
de la dissertation ;
-
enrichir le vocabulaire figuratif,
concernant l’univers des perceptions concrètes (de l’animé
et du non- animé, de l’espace, du temps et des qualités sensibles),
indispensable à une lecture autonome des oeuvres littéraires
(roman, poésie, théâtre) et au développement
de l’écriture d’invention ; ce travail prolonge au lycée
celui qui est mené depuis l’école élémentaire
et le collège ;
-
accroître le vocabulaire
de l’affectivité, des émotions et des passions permettant
de mieux maîtriser une des dimensions essentielles des oeuvres littéraires,
d’appréhender en deçà de la psychologie le langage
qui lui donne forme, et de développer l’expression de soi, souvent
bridée chez les élèves par insuffisance lexicale ;
-
comprendre d’une manière
plus précise et mieux contextualisée la signification des
mots et de leur utilisation ; le souci de la définition, la justesse
des emplois liée aux contraintes de l’usage, le sens des hiérarchies
sémantiques, la maîtrise de la polysémie permettront
aux élèves d’améliorer la compréhension souvent
approximative des mots qu’ils lisent et qu’ils utilisent ;
-
appréhender le lexique
dans sa dimension historique et sociale : de l’étymologie aux significations
actuelles, des formations populaires aux formations savantes, les élèves
percevront l’épaisseur culturelle du sens des mots et découvriront,
même de façon limitée, l’histoire collective qui se
trame dans le trésor du lexique. Ces différents objectifs
sont rassemblés et développés ci-dessous en trois
points successifs : les domaines lexicaux à enrichir en priorité,
le développement de la « conscience sémantique »
ensuite, et enfin quelques suggestions de démarches pour faciliter
les acquisitions.
Les domaines
lexicaux à enrichir
Le
vocabulaire abstrait
Cadre
d’ensemble
Le lycée constitue
une étape décisive dans l’accès à l’abstraction.
Les élèves doivent tout d’abord acquérir progressivement
le vocabulaire notionnel propre à la discipline : les termes qui
définissent les objets d’étude tels qu’on les trouve dans
les programmes de seconde et de première, et les termes de grammaire
(voir la liste). Afin d’éviter
toute surcharge inutile ou inadaptée, les acquisitions lexicales
dans ces domaines doivent être limitées aux mots dont l’emploi
est indispensable à la qualité de la compréhension
et des échanges, ceux que les élèves peuvent efficacement
s’approprier.
Mais, au-delà du
vocabulaire abstrait propre à la discipline, il revient aussi au
professeur de français de faire acquérir à ses élèves
les termes généraux employés dans les autres disciplines
qui forment le fonds commun de la réflexion. Ces termes, verbes
ou noms désignant les opérations intellectuelles, doivent
être définis avec clarté : les élèves
doivent pouvoir ainsi distinguer l’observation et la description, l’analyse
et la synthèse, le commentaire et l’interprétation ; maîtriser
les différences entre démontrer, argumenter, convaincre et
persuader ; moduler leur jugement et leur opinion selon qu’ils pensent,
estiment, croient, jugent, doutent, admettent, acquiescent, concèdent,
etc. Le lexique de la réflexion et de l’argumentation, en dépit
des acceptions spécifiques à telle ou telle discipline, est
transversal aux différents domaines que les élèves
ont à étudier. D’où le rôle central de sa connaissance
et des séries de termes à maîtriser : voir le chapitre
«Argumentation
en classe de première ».
Dans cette perspective,
sont à étudier les principaux mécanismes de formation
de l’abstraction dans le lexique : l’importance de la nominalisation (préfixation
+ radical + suffixation) qui permet d’apercevoir la composition morphologique
du lexique ; celle de la hiérarchie sémantique qui structure
les significations lexicales et permet de « remonter» des termes
concrets aux classes qui assemblent et aux termes abstraits (des hyponymes
aux hyperonymes) ; celle de la formation savante par le recours aux racines
grecques pour former des concepts (lexiques spécialisés,
comme les deux mots qui précèdent).
Liens
avec les objets d’étude et exercices
En relation avec l’étude
de l’argumentation, du biographique et de l’épistolaire en série
L, les élèves doivent pouvoir analyser :
-
en seconde, les verbes qui désignent
les opérations (démontrer, argumenter, convaincre, persuader)
; le lexique du jugement (apprécier, accepter, récuser, rejeter,
comparer, analyser, preuve, exemple, référence, etc.) ;
-
en première, l’effort
doit porter sur les différentes modalités du jugement (penser,
croire, estimer, concéder, reconnaître, admettre, etc.). Ces
catégories lexicales non exhaustives sont à maîtriser
en pratique à la fin du lycée, l’évaluation pouvant
prendre en compte leur emploi dans les exercices écrits (dissertation
en particulier) et oraux de l’examen.
Le
vocabulaire figuratif
Cadre
Le vocabulaire figuratif
désigne tout ce qui, dans le lexique, renvoie à la perception
du monde concret et en donne l’image verbale. L’enrichissement de cet immense
domaine lexical est au centre des activités de lecture et d’écriture
depuis l’école élémentaire. Il doit être poursuivi
au lycée dans la mesure où ce vocabulaire portant sur les
êtres, objets et qualités est souvent jugé pauvre chez
les élèves, alors qu’il donne forme à l’expression
de la sensibilité, à sa précision et à son
affinement. Vocabulaire de l’univers des perceptions sensorielles, il est
aussi celui de la manière dont le langage atteste, dans l’usage
ordinaire, la communication entre les cinq sens que l’usage littéraire
a magnifiée et intensifiée (ainsi les correspondances baudelairiennes).
Le langage figuré (par comparaison et métaphore, ou par leurs
extensions en allégorie, fable, parabole, etc.), qui réactive
une perception affaiblie, découvre une perception inédite
ou sensibilise une abstraction, relève également de ce champ
(« L’égalité, citoyens, ce n’est pas toute la végétation
à niveau, une société de grands brins d’herbe et de
petits chênes ; un voisinage de jalousies s’entre-châtrant
[…] », V. Hugo, Les Misérables).
Liens
avec les objets d’étude et les exercices
L’univers figuratif du langage
est au centre de la littérature et constitue une caractéristique
commune au roman, à la poésie, au théâtre mais
il est aussi présent dans le biographique – notamment l’autobiographie
– et dans l’apologue. C’est donc essentiellement par la lecture et l’étude
des textes que ce domaine lexical pourra être enrichi.
Il occupe une place centrale,
notamment en seconde, dans l’analyse du portrait et l’étude des
récits réalistes et fantastiques ; en première ce
travail concerne le poétique (les sensations et descriptions ; les
effets de comparaisons et métaphores), le biographique et des pans
entiers de l’apologue et de l’épistolaire. Cette part du langage
sera également enrichie par l’écriture d’invention qui exige
de l’élève une recherche de mots justes, des « mots
pour le dire », par la familiarisation avec les textes des auteurs,
l’utilisation constante du dictionnaire, et le recours aux dictionnaires
analogiques et de synonymes.
Le
vocabulaire de l’affectivité et les valeurs
Cadre
L’expression de la sensibilité
concerne aussi le vocabulaire affectif, lieu des émotions et des
passions. Cet univers du vécu psychologique, parce qu’il est intériorisé
par chacun, ne donne pas souvent lieu à des explorations lexicales
et sémantiques méthodiques en classe car il est souvent traité
comme un supposé connu. Un des objectifs du travail au lycée
est de montrer aux élèves que c’est à travers le lexique
et les textes que notre culture donne forme aux valeurs, définit
l’aimable et le haïssable, dessine des types passionnels. En effet,
le lexique affectif est simultanément investi de valeurs et induit
un jugement moral déposé dans la mémoire collective,
où le manque et l’excès s’opposent à la bonne mesure,
où les passions seront négativement ou positivement valorisées
: ainsi, le sens de l’économie ou de l’épargne est regardé
comme une qualité, mais l’avarice et, pire encore, la pingrerie
et la ladrerie comme des passions dangereuses ; de même, la persévérance
est une qualité morale, mais l’obstination ou l’entêtement
sont des passions. En explorant de cette manière le lexique des
affects, les élèves comprennent que le choix des mots implique
à lui seul un point de vue et un jugement. Le territoire concerné
est immense et plus complexe encore que celui du figuratif. On ne peut
donc établir de cadre strict en ce domaine, mais il est possible
de mettre des éléments qui définissent des catégories,
et d’autres qui sont en relation directe avec les objets d’étude.
Pour ceux qui définissent
des catégories générales, le développement
du vocabulaire affectif chez les élèves repose sur une définition
claire des mots dont le noyau sémantique dessine, dans la langue
française, l’espace de la vie affective sur le mode d’une intensification
graduelle : la disposition, le caractère et le tempérament,
le penchant et l’inclination, l’humeur et l’émotion, le sentiment,
la passion et la pulsion. Ces catégories sont à analyser
progressivement au cours des années de seconde et de première,
en étant convoquées et re-précisées à
ces deux niveaux, en relation avec les objets d’étude et les registres
correspondants.
Liens
avec les objets d’étude
L’étude des comédies
et des tragédies, mais aussi de la poésie, des romans et
des autres genres au programme favorise cette découverte et l’enrichit
considérablement. Formidable vivier lexical, ces pans de la littérature
racontent des histoires passionnelles, de la disposition initiale à
la moralisation finale : ainsi la honte et le remords viennent-ils clore
le parcours passionnel de Phèdre qui, de l’amour incestueux pour
son beau- fils est passée aux affres de la jalousie et de la vengeance
criminelle. Cette étude permet également de mettre en relation
une même passion présentée sur des registres différents
dans des genres différents à différentes périodes
culturelles : l’avarice d’épargne d’Harpagon est comique au XVIIe
siècle et s’oppose à l’avarice d’avidité du Père
Grandet au XIXe siècle, qui relève, elle, du registre tragique.
On peut donc préconiser
en seconde l’étude des dispositions, tempérament et caractère,
ainsi que celle de la gradation entre émotion, sentiment, pulsion
et passions, en relation avec l’étude du théâtre, du
récit et du portrait, et avec les registres tragique et épique
notamment ; cette étude s’articule en première à la
poésie, au biographique principalement, au lyrique, à l’élégiaque,
au pathétique avec le vocabulaire correspondant.
En fin de cycle, la maîtrise
des catégories lexicales de l’affectivité et des mots désignant
les émotions et sentiments correspondant aux principaux registres
est nécessaire.
Le développement
de la conscience sémantique
La
saisie précise des significations
L’imprécision du
sens des mots constitue un handicap pour beaucoup d’élèves,
dans les lectures où elle entraîne une compréhension
incertaine, dans l’expression orale et dans l’écriture où
elle détermine une expression vague et parfois erronée. Parallèlement
à l’accroissement quantitatif du vocabulaire, il convient donc de
développer l’enrichissement qualitatif, c’est- à- dire le
souci de la précision sémantique.
On peut suggérer
quelques pistes pour favoriser cette prise de conscience :
-
apprendre aux élèves
à inscrire le sens d’un mot à l’intérieur d’une catégorie
qui permet de définir son acception particulière en contexte
;
-
sensibiliser les élèves
à la para-synonymie en leur montrant que, développés
dans différents contextes, deux termes apparemment synonymes ne
le sont que rarement tout à fait et obéissent à des
contraintes spécifiques d’environnement phraséologique ;
-
travailler sur la définition,
en leur montrant que celle-ci déploie souvent un récit sous
les mots : le mot « colère » par exemple condense trois
séquences narratives : la frustration d’un droit tout d’abord, qui
introduit un déséquilibre, l’état émotionnel
de la colère ensuite, la réparation réclamée
enfin sous forme de vengeance ou de justice ;
-
inscrire les mots dans des chaînes
sémantiques hiérarchisées qui vont du terme générique
aux termes spécifiques, en affinant ces derniers (voir ci-dessus)
;
-
mettre en relation les sens
propre et figuré (métaphore, métonymie, etc.) en observant,
à l’occasion des énoncés des élèves,
les figures du langage ordinaire, imperceptibles car usées par le
temps, à côté des figures proprement littéraires
ou simplement innovantes, et en faisant découvrir la créativité
sémantique du lexique (par la catachrèse notamment).
Au total, la recherche de la
précision sémantique fait ressortir l’importance de la contextualisation
: les mots signifient moins, ou pas seulement, par la chose qu’ils désignent
que par les réseaux riches et variés de leur mise en rapport.
Habituer les élèves à raisonner de cette manière,
non référentielle, sur le sens des mots constitue un des
moyens de la prise de conscience sémantique.
L’usage
et l’histoire
La réflexion sur
le sens des mots déborde le mot et rencontre la dimension du discours,
c’est-à-dire celle de l’usage et de l’histoire qui façonnent
les assemblages et les significations. Les élèves ont été
sensibilisés au collège à cette dimension de l’usage
qui dépose et sédimente, au- delà du mot, des blocs
préfabriqués dans le langage usuel, appelant des voisinages
contraignants. Ainsi, par exemple, une manifestation ne se transforme pas
en émeute, elle « dégénère en émeute
», on prend « un malin plaisir », on fait « une
entorse aux conventions », on «se berce d’un rêve »,
etc. Les figements et stéréotypes de toute nature fourmillent
ainsi dans l’utilisation convenable et convenue du langage. Les élèves
doivent sans cesse apprendre à mieux maîtriser ces sédimentations
de l’usage qui déterminent largement la qualité de l’écrit.
Il ne s’agit pas bien entendu de les inviter à enchaîner des
lieux communs, mais de leur faire prendre conscience que si la liberté
et l’inventivité de l’écriture sont immenses, elles passent
par la maîtrise de ces codifications régulatrices, moins radicales
que celles de la grammaire, mais néanmoins décisives : les
mots sont en liberté surveillée.
L’usager actuel de la langue
emprunte celle qui lui a été léguée, et la
fait évoluer collectivement. Il prend place au terme d’une longue
filiation qu’il transmettra à son tour à ses descendants.
Les lycéens peuvent, même modérément, être
sensibilisés à cette grande histoire des mots qui fait partie
de leur histoire culturelle. Ils sont ainsi mis en contact avec l’histoire
lexicale de la langue et avec la transformation du sens des mots. Une connaissance,
même modeste, des formations populaires issues du latin populaire
et des formations savantes introduites au cours du XVIe siècle à
partir du latin classique, audelà de la simple curiosité
lexicale (cheval < caballus/ équitation < equus),
leur montrera le caractère vivant de la langue et de son évolution.
De même, dans la lecture d’oeuvres classiques, il est nécessaire
de faire observer la transformation historique du sens de certains termes,
ou encore la manière dont un écrivain réactive la
densité d’un mot en lui rendant une part de son sens premier, que
l’usage avait affaibli. C’est l’exemple classique du vers de Britannicus
où Néron dit qu’il est resté :
Immobile, saisi
d’un long étonnement…
– « étonnement»
est employé en son sens premier (« comme frappé par
le tonnerre »), ce qui redonne à « saisi » sa
signification originelle de « saisissement » et éclaire
l’image formée par « immobile». L’utilisation d’un dictionnaire
historique de la langue est ici complémentaire d’un dictionnaire
courant.
Suggestions
de démarches
Contextualisation
Quelques démarches
susceptibles de faciliter l’enrichissement du vocabulaire ont déjà
été indiquées cidessus. Pour les rassembler et les
résumer, le principe commun aux démarches possibles est celui
de la contextualisation : lexicale, textuelle, historique.
La
contextualisation lexicale
Elle consiste à mettre
en rapport les mots avec les mots (et avec leurs constituants), notamment
à travers l’exploration des relations sémantiques, de hiérarchie
(hyperonymie/ hyponymie), de similitude partielle (para-synonymie), d’opposition
(antonymie). L’utilisation de dictionnaires partiellement analogiques (Le
Petit Robert) et surtout du Thesaurus Larousse (Des mots
aux idées, des idées aux mots) est précieuse et
les élèves doivent être familiarisés avec ces
instruments. Cette contextualisation se prolonge aussi par la mise en rapport
des mots avec leurs définitions, les élèves étant
alors invités à réfléchir à ce propos
sur le principe plus général de « l’élasticité
du discours », qui associe la condensation (le mot, le résumé)
et l’expansion (la définition, le développement d’une idée,
l’amplification). Le travail sur la définition est développé
au- delà de l’explicitation lexicale, par la pratique définitionnelle
dans l’écriture, notamment argumentative.
La
contextualisation textuelle
Elle est essentielle : l’enrichissement
lexical passe par le texte qu’on lit de manière cursive ou qu’on
étudie de près. La lecture réclamée par les
programmes d’au moins six oeuvres par an constitue un puissant vecteur
de développement du vocabulaire. En outre, la lecture de textes
lexicalement complexes conduit les élèves à faire
des hypothèses sur le sens de mots ignorés à partir
du contexte : lorsqu’on rencontre un terme technique chez Zola, on ne consulte
pas d’ouvrage spécialisé, on se contente de l’effet de sens
général de technicité, et on attend que le contexte
en éclaire la signification effective (éventuellement, des
définitions hypothétiques seront rédigées,
confirmées ou infirmées ensuite par le dictionnaire). La
contextualisation textuelle invite aussi à introduire la dimension
énonciative et celle du point de vue dans l’approche de phénomènes
lexicaux tels que les reprises d’un terme par d’autres qui en spécifient
les connotations (par exemple, « Les manifestants se sont approchés
du palais. Cette catastrophe…/ Cette belle audace… »).
La
contextualisation historique
Elle impose de faire intervenir
les conventions et usages selon les genres et leur histoire. Ainsi dans
la tragédie classique, les codes du genre appelaient des mots figurés
et tenus pour nobles (« fer », «bras »…), tandis
que d’autres étaient écartés parce que triviaux ou
condamnés par des règles prosodiques (le hiatus par exemple).
Le but n’est pas de faire apprendre des listes de cas erratiques aux élèves,
mais de leur donner conscience de ces perspectives historiques. À
cette fin, le rapport à la langue doit être présent
dans les travaux d’histoire littéraire et culturelle : inventivité
renaissante, foisonnement lexical baroque, purisme classique, part du langage
quotidien dans le romantisme, le réalisme et le naturalisme, et
l’ésotérisme de l’art pour l’art et du symbolisme.
Exercices
et étapes
L’efficacité du travail
sur le vocabulaire tient à la mise en oeuvre du travail lexical
dans le cadre des exercices de lecture et d’écriture. Il revient
au professeur d’adapter les démarches et les dosages à la
spécificité de chacune de ces activités, dans la mesure
où elles sollicitent des formes de rationalité différentes,
tournées vers l’imagination ou vers le raisonnement.
Mais il convient, pour le
vocabulaire comme pour la grammaire, que soient mis en oeuvre au cours
de chaque séquence divers temps :
-
exploration et/ ou collecte
des mots essentiels dans l’objet d’étude en cours d’analyse ;
-
examen de leurs sens, des liens
et hiérarchies entre eux ;
-
réinvestissement dans
les exercices d’écriture ; sur ce dernier point, la précision
et l’abondance doivent être prises en compte à parité
: savoir déployer une famille de mots à partir d’un noyau
sémantique est la condition de l’amplification (essentielle à
l’écrit d’invention), de même que savoir discerner la notion
qui convient pour désigner un phénomène, un ensemble
de faits ou une catégorie de pensée est essentiel dans l’abstraction
et la conceptualisation, dont le français doit donner les fondements.
Langage
spécifique et catégories communes
Le français, comme
toute discipline, appelle un certain nombre de termes techniques (les figures,
les procédés de composition, etc.). Ils sont à employer,
définir et enseigner, mais ils ne sont à exiger qu’à
proportion de leur nécessité (voir le lexique).
En revanche, le français en tant que discipline est le lieu privilégié
d’emploi et d’analyse de termes qui appartiennent au langage commun, mais
qui prennent là un relief particulier et peuvent ensuite constituer
des catégories d’analyse de faits culturels dans leur ensemble.
Ils doivent donc faire l’objet d’une attention spécifique et être
maîtrisés en fin de cycle ; on peut même dire qu’ils
constituent un enjeu central du cours de français. Ce sont, outre
les noms des genres et des registres principaux, les termes de : genres,
formes, styles, composition, oeuvre, texte, inspiration, influence, auteur.
Ils ne sont limpides qu’en apparence ; le lycée doit aussi constituer
le moment de prise de conscience de leur difficulté et de retour
analytique sur leurs emplois et enjeux.
Étude
raisonnée de la langue : Grammaire - phrase, discours, texte
Cadre général
pour l’étude de la grammaire au lycée
Dans le prolongement de l’étude
de la langue telle qu’elle a été réalisée au
collège, le travail sur la grammaire est structuré selon
les trois niveaux d’appréhension déjà connus des élèves
: la phrase, le texte et le discours.
Rappel :
Il ne s’agit pas là
de trois grammaires différentes, mais de trois régimes de
régularités dont la distinction répond à des
objectifs pédagogiques distincts.
La dimension de la phrase
concerne les constituants morphologiques de base et les règles de
leurs agencements : c’est l’espace occupé par la grammaire traditionnelle.
La dimension du texte concerne
au premier chef le problème des liaisons de phrase en phrase, de
période en période, de paragraphe en paragraphe : la maîtrise
des régularités à ce niveau, dont ne rend pas compte
l’analyse phrastique, est essentielle pour la rédaction ordonnée
des textes.
La dimension du discours,
enfin, concerne les régularités liées à l’énonciation,
c’est- à- dire à la prise en charge de la parole par un sujet,
la manière dont il s’y situe et y situe autrui, la manière
dont il cite et reformule, la manière dont il s’identifie par sa
parole (pour une présentation plus détaillée de cette
approche, et des moyens de sa mise en oeuvre, le professeur de lycée
pourra utilement consulter le document Accompagnement
des programmes de français pour la classe de 3e , Paris,
CNDP, 1999 (disponible sur Internet, sur le site du CNDP : www.cndp.fr).
Les régularités envisagées à ces trois niveaux
d’appréhension sont également indispensables à une
maîtrise raisonnée de la langue, à l’oral comme à
l’écrit. D’un point de vue théorique, elles sont indissociables,
tout comme le sont la syntaxe et la sémantique. Leur distinction
est donc justifiée par des raisons de clarté pédagogique.
Et il convient tout d’abord dans cette perspective de s’attacher à
la dimension morphosyntaxique de la phrase.
Morphosyntaxe
de la phrase
Le programme demande que
soient comblées les lacunes morphosyntaxiques. Les consultations,
les expérimentations et mises en oeuvre de 1999 à 2001 ont
confirmé la nécessité de prendre prioritairement en
compte ce domaine. Cette consolidation doit être menée en
relation étroite avec les réalisations effectives des élèves,
à l’oral comme à l’écrit, et au cours de l’étude
des textes. Elle ne saurait se réduire à une approche abstraite
de problèmes grammaticaux isolés de leurs mises en oeuvre
dans le discours ; elle consiste, au contraire, à partir des situations
effectives, à faire apparaître les problèmes, à
aider les élèves à les reconnaître et à
les guider dans leur analyse. Ils seront amenés à comprendre
qu’une maîtrise de la grammaire et des instruments essentiels de
sa description est indispensable à une observation précise
des formes d’expression orales et écrites, ainsi qu’à une
approche raisonnée de la signification dans les textes. Les besoins
de consolidation, voire d’acquisition, pouvant varier considérablement
d’une situation à une autre, le professeur est juge des mises au
point les plus pertinentes. Elles peuvent concerner la claire définition
des constituants et de leurs combinaisons (du phonème au mot, du
mot à la proposition, de la phrase simple à la phrase complexe,
etc.), quoique ces données soient supposées acquises au collège.
Le travail sur la correction
orthographique et sur ses règles essentielles doit être poursuivi.
Mais plus spécifiquement, les études de morphosyntaxe, en
seconde et en première, porteront sur des ensembles de questions
grammaticales envisagées à partir d’une entrée notionnelle,
c’est-à-dire dans la perspective du sens.
Ces questions concernent
notamment :
-
la détermination, la
quantification et la qualification ;
-
le temps et l’aspect (cette
dernière notion, souvent passée inaperçue au collège
et pourtant indispensable à l’analyse des textes, pourra être
introduite en classe de seconde) ;
-
la structuration de la phrase
complexe, avec l’étude des structures d’apposition (relative) et
d’enchâssement, des relations temporelles et des relations logiques
(causalité, conséquence, finalité, comparaison, concession,
supposition). Ces questions doivent être envisagées aussi
bien dans l’oralité que dans l’écriture, de manière
à faire percevoir les spécificités grammaticales de
l’une et l’autre réalisations de la langue et à permettre
aux élèves, dont l’écrit peut être encore une
transposition de l’oral, d’assumer clairement le passage de l’une à
l’autre.
Texte
La
cohésion du texte
Le développement
et la diversification des pratiques d’écriture au lycée exigent
des élèves une compréhension lucide de ce qui assure
la cohésion des textes, depuis la relation entre les phrases jusqu’à
l’articulation des paragraphes. Deux moyens importants pour assurer cette
cohésion linguistique du texte sont les termes de reprise et les
formes de progression.
Les
termes de reprise (déterminants, pronoms, adjectifs, locutions,
etc.)
Ils établissent les
relations à distance à l’intérieur de la phrase et
entre phrases où ils assurent la cohésion textuelle, et ils
ont déjà été étudiés au collège
: ils constituent un instrument essentiel pour la lecture et l’écriture,
notamment de textes complexes sur le plan syntaxique. Les termes de reprise
sont aussi nommés anaphores. On pourra distinguer au lycée
les deux définitions, rhétorique et linguistique, de l’anaphore.
La bonne gestion par les élèves de ces termes de reprise
est un enjeu majeur pour l’écriture des textes et un indicateur
fort pour l’analyse.
Les
progressions
Les grands principes de
progression textuelle, de phrase en phrase, ont également été
vus au collège. Les modes de relations entre thème et propos
(progressions à thème linéaire, à thème
constant, à thème
dérivé) constituent,
au-delà des textes littéraires étudiés en classe
de français, un instrument efficace pour la lecture et l’analyse
de textes sociaux et ceux de diverses disciplines : la progression à
thème constant se prête à la conduite du récit
en histoire ; la progression à thème dérivé,
où le thème de la phrase initiale est décliné
par la suite en différents sous- thèmes, est souvent nécessaire
au discours d’explication (en sciences) ou dans la construction des éléments
d’une argumentation. Ces instruments d’analyse serviront d’appui efficace
pour l’analyse des premières réalisations des élèves
en matière de dissertation ou de commentaire, et leur perfectionnement.
Les
enchaînements
La rédaction des
textes, et particulièrement l’analyse de l’argumentation, appelle
une attention particulière sur la maîtrise de la syntaxe des
enchaînements. Tel texte privilégiera la juxtaposition des
propositions et des phrases, effaçant les liens pour accélérer
le tempo (parataxe), tel autre, au contraire, privilégiera
l’articulation explicite des enchaînements syntaxiques pour assurer
la hiérarchie des liens entre les phrases et les périodes,
entre les paragraphes et l’ensemble des parties du texte, mais aussi entre
des propositions principales et subordonnées à l’intérieur
des phrases. Dans tous les cas, l’analyse syntaxique au niveau textuel
sera mise en relation avec les effets recherchés et les significations
produites (voir les « Par conséquent », ou « En
conséquence de quoi », dans certains discours politiques).
Lors des apprentissages de l’argumentation, ce sont ces relations que le
professeur est souvent conduit à mettre en valeur, bien qu’elles
soient loin de recouvrir la grande diversité des stratégies
argumentatives.
Elles expriment :
-
l’identité et la similitude,
par la gradation (« de plus », «en outre », «
d’abord/ ensuite », « d’une part/ d’autre part », «
d’un côté/ de l’autre », etc.) et par l’analogie («
comme», « de la même manière », «ainsi
que », etc.) ;
-
l’opposition (« mais »,
« au contraire », « en revanche », « tandis
que ») et la concession (« certes mais », « malgré
», « bien que », « quoique », etc.) ;
-
la cause (« car »,
« en raison de », « parce que », «puisque»)
et la conséquence (« donc», « c’est pourquoi »,
« de sorte que », « par conséquent », «d’où
», etc.).
Ces divers éléments
de l’organisation textuelle doivent être maîtrisés en
fin de seconde, et mis en relation avec la dimension du discours, c’est-à-dire
avec l’énonciation.
Discours
Le texte est la trace d’un
acte d’énonciation : le discours. Dans l’acception qu’en retiennent
les programmes, le mot « discours » désigne l’activité
des personnes qui parlent, écrivent ou lisent, c’est- à-
dire toute « mise en pratique du langage » (cette acception
du mot « discours » est beaucoup plus large que la définition
restreinte qu’il reçoit dans l’opposition « discours/ récit
» issue de Benveniste, qui désigne en réalité
le rapport que les temps verbaux impliquent avec l’énonciation (temps
du discours/ temps du récit). Afin d’éviter toute confusion
avec cette catégorie entrée en usage dans les collèges
et les lycées, et de redonner au mot discours son acception pleine
et originelle, les documents d’accompagnement du collège proposent
de remplacer discours/ récit par : « énoncé
ancré dans l’énonciation/ énoncé coupé
de l’énonciation ». Cette mise en pratique du langage est
définie à l’aide de trois critères : celui de l’énonciation,
celui de l’interaction et celui de l’usage, qui renvoient respectivement
aux dimensions personnelle, interpersonnelle et impersonnelle de tout discours.
Cette définition fonde dans ses grandes lignes le programme de français
au collège où on entend le discours comme une activité
de langage individuelle réalisée en situation (énonciation),
déterminée par des codes (usage) et comportant une visée
(interaction). Les grandes perspectives d’étude qui structurent
la conception des programmes de français au lycée trouvent
là un point d’appui essentiel.
Ces cadres sont ici brièvement
précisés. Soulignons encore une fois qu’il ne s’agit pas
de multiplier les termes abstraits que les élèves devraient
mémoriser (« déictique », par exemple, est un
terme que les élèves n’ont pas à apprendre) mais de
viser la compréhension des faits de langue et de signification à
partir des réalisations effectives.
Les
dimensions personnelle, interpersonnelle et impersonnelle du discours
Énonciation
L’énonciation, définie
par Benveniste comme la «mise en oeuvre du langage par un acte individuel
d’utilisation», suppose un ancrage dans une situation et est manifestée
par des indices de la personne ainsi que par toutes les traces indirectes
de sa présence (les déictiques, les soulignements à
l’écrit, l’intonation à l’oral, les indices évaluatifs,
etc.). Mais l’énonciation ne se réduit pas à des marques
ainsi isolables. La personne n’est pas seulement celle qui prend en charge
le discours et s’adresse à quelqu’un, elle est aussi celle qui se
construit par cette activité. Envisagée du point de vue de
la langue en acte et dans l’étendue du discours, la personne se
constitue peu à peu à travers ses modes d’énonciation.
Approfondir la connaissance
de l’énonciation au lycée pour mieux maîtriser le discours,
c’est travailler dans une triple direction :
-
la syntaxe tout d’abord, pour
permettre aux élèves de mieux comprendre que les mêmes
marques personnelles ou temporelles fonctionnent avec un sens différent
selon qu’elles sont déictiques ou anaphoriques. On peut ainsi distinguer
par exemple le « je » du narrateur et celui du personnage,
le « on» anaphorique (« on vivait à cette époque
d’une certaine façon ») et le « on » déictique
(« on arrive tout de suite ! ») ;
-
le texte, ensuite, dans la mesure
où ce jeu des positions dans l’énonciation explique comment
le texte peut se détacher de son ancrage personnel, spatial et temporel.
C’est ce mode énonciatif que l’on trouve dans les maximes, les proverbes,
les textes de loi, les énoncés scientifiques, mais aussi
dans le jeu de positions et de rôles du narrateur dans le roman (voir
les commentaires et les digressions chez Balzac par exemple);
-
la position adoptée par
l’énonciateur enfin conduit à distinguer ses modes d’engagement
dans son discours, selon une échelle graduée qui va de la
présence d’un sujet impliqué à la production d’effets
de distance. Dans le premier cas, le discours est caractérisé
par un nombre important de marques de la subjectivité (termes axiologiques,
modalisateurs, connotations, comparaisons et métaphores, registres
lyrique, dramatique ou polémique). Dans le second cas, le discours
est caractérisé par l’effacement partiel de ces marques (dans
le discours scientifique par exemple).
Interaction
L’interaction rend compte,
en premier lieu, du fait que le discours est un échange (de sens
et de valeurs) entre des partenaires qui agissent l’un sur l’autre de manière
immédiate (discours oral) ou de manière différée
(discours écrit). Elle est essentielle dans l’étude de l’argumentation,
qui consiste à influencer autrui et à modifier son opinion.
L’interaction s’analyse
au niveau des interlocuteurs, présents dans l’échange ou
construits au sein du texte. Pour les discours non littéraires,
oraux et écrits, on étudie les rôles institutionnels
stabilisés en termes de statuts. On peut distinguer l’acte de langage
dominant le discours et indiquant sa visée (informer, expliquer,
argumenter, faire agir) des actes ponctuels réalisés au fil
de l’interaction.
L’interaction permet également
d’analyser les situations de parole dans un discours, selon que le sujet
parlant ou écrivant se confond avec l’énonciateur (monophonie
énonciative) ou est différent de lui (polyphonie énonciative).
C’est le cas par exemple avec l’ironie de mention où l’énonciateur
reprend un énoncé de l’autre mais sans l’assumer. C’est aussi
le cas de toutes les énonciations au cours desquelles l’énonciateur
incorpore des registres discursifs différents du sien (exemple :
langage jeune et branché dans la parole d’un président de
la République) ou renvoie à de l’interdiscours connu, qu’il
ait la forme d’un langage technique (« la mondialisation, comme disent
les économistes ») ou d’une expression singulière («
ça ne me goûte pas, comme dirait ma grand- mère »).
Cette polyphonie peut être marquée dans la matérialité
du texte (italiques, guillemets, citations, références, etc.)
ou non marquée (allusions, sous- entendus, intertextualité)
; elle peut aussi être constitutive (stéréotypie des
mots ou des pensées) : elle relève alors de l’usage.
Usage
et singularité
L’usage rend compte des
codifications socioculturelles qui régissent les échanges
discursifs. Le discours individuel et duel n’est pas isolé, il ne
s’invente pas à chaque mot, mais il s’inscrit dans une pratique
collective qui l’informe et le façonne. Il est important de souligner
cette dimension de l’usage, qui constitue un terrain d’analyse nouveau
pour les élèves, au-delà de leurs acquis du collège.
La prise de parole – orale
ou écrite – s’inscrit dans un genre stabilisé et dans un
registre adapté à la situation de l’échange, tous
deux définis par des codifications qui dépassent celui qui
prend la parole et auxquelles il s’adapte bien ou mal. S’opposent ici des
genres tendanciellement fermés, qu’il soient anciens (fabliaux,
légendes) ou qu’ils soient fortement ritualisés (lettre administrative
par exemple), et les genres ouverts (roman, poésie moderne, correspondance
privée) ; s’opposent aussi des textes dominés par la recherche
de la nouveauté et de la singularité stylistique, et les
textes gouvernés par le principe de la régularité
commune et fortement reproductibles.
Ces produits de l’usage
comprennent aussi bien les grandes formes de structuration de discours
(récit, description, argumentation), des normes et des valeurs (catégories,
topoï, lieux communs), des attitudes face au monde (registre) que
des enchaînements obligés qui façonnent la phraséologie
d’une langue (stéréotypie).
Maîtriser le discours,
c’est dominer ces codifications. Lorsque nous parlons ou écrivons,
nous convoquons ce matériel collectif qui nous a précédés
et qui nous suivra, ou bien nous le révoquons : on le convoque dans
la reprise ou dans l’imitation, en acceptant de se soumettre aux conventions
de l’usage, mais on le révoque dans la rupture ou dans la créativité,
soit par malentendu et dysfonctionnement du discours, soit au contraire
par l’innovation. Et ce discours nouveau, produit par les écrivains,
mais aussi par des groupes ou des communautés, peut à son
tour être reversé dans l’usage, se fixer et se sédimenter,
devenir convocable et se constituer en norme (voir certaines expressions
en verlan passées dans le langage commun). C’est ce circuit qui
est en jeu à l’intérieur de la notion d’usage. Celle-ci est
donc particulièrement utile dans l’étude des textes littéraires,
et fournit la condition de compréhension de l’originalité.
La
modalisation
Quoiqu’elle ait été
déjà rencontrée auparavant (voir le document Accompagnement
des programmes de 3e ), la modalisation est une analyse à
conquérir pour la plupart des lycéens. Elle peut être
définie comme ce qui module ou modifie la relation du sujet avec
son énoncé (par exemple : « il écrit »
vs
«il sait écrire », ou : «est-ce que vous
voyez vraiment ce que je veux dire ? »). Il s’agit donc de
montrer aux élèves que la modalisation est ce par quoi un
sujet dans le discours modifie, nuance, transforme la relation qu’il entretient
avec ce qu’il dit. Elle est cet espace de sens creusé entre le sujet
de la parole et ses énoncés. Elle module donc l’attitude
que l’énonciateur adopte par rapport à son discours : c’est
toute la différence entre « je chante » d’un côté,
et les « je dois chanter », « je chanterai peut- être
», « je chanterai, mais faux », etc., de l’autre.
La modalisation est une
des caractéristiques essentielles de la relation entre la personne
et son discours, et c’est par elle que les élèves peuvent
saisir combien la personne, ancrée dans son langage, est aussi pour
une part identifiée par l’utilisation qu’elle en fait. Dans cette
perspective, la modalisation contribue à définir aussi bien
l’identité du sujet de l’énonciation que celle de n’importe
quel personnage présent à l’intérieur d’un discours,
et a fortiori dans une oeuvre littéraire.
Les
modulations de la vérité
Une des formes de la modalisation
permet tout d’abord à l’énonciateur de faire varier, selon
une large gamme de degrés possibles, la manière dont il assume
la vérité ou le degré de réalité de
ce qu’il dit : variations entre la certitude et l’incertitude, la probabilité
ou l’improbabilité. Elle est donc essentielle dans l’étude
et la pratique de l’argumentation. Les moyens linguistiques permettant
de moduler ainsi notre degré d’adhésion quant à la
vérité ou la réalité de ce que nous énonçons
sont extrêmement variés.
On peut insister notamment
sur :
-
les verbes à valeur modale
qui partagent avec les auxiliaires modaux (vouloir, devoir, croire, savoir,
pouvoir) cette particularité de pouvoir être suivis d’un autre
verbe à l’infinitif (« il m’a semblé entendre
», « il paraissait chercher quelque chose ») ;
-
les adjectifs qualificatifs
à valeur modale (certain, probable, possible, etc., et leurs antonymes),
les adverbes ou groupes circonstanciels qui renforcent ou atténuent
un jugement (les « bien entendu », « certainement »,
« sans aucun doute », « bel et bien », «sans
doute », « vraisemblablement », « peut-être
») ;
-
les modes verbaux qui installent
dans le système de la langue lui- même les formes d’appréhension
du réel (indicatif, subjonctif, conditionnel) ; l’étude du
subjonctif au lycée est ainsi renouvelée par la mise en perspective
de ce mode dans le cadre général de la modalisation ;
-
les instruments du plan de l’expression,
à l’écrit (soulignements, italiques ou caractères
gras qui insistent sur l’affirmation du sens, guillemets qui, outre la
citation, peuvent signaler au contraire une non-adhésion), à
l’oral (modulations intonatives qui font affleurer le doute ou renforcent
la certitude) et dans les langages non verbaux (mouvements de sourcils
ou de bouche qui, avec d’autres codifications culturelles de la gestualité,
modulent notre croyance en la vérité de ce qui s’énonce).
Tous ces éléments
sont à étudier dans tous les textes où ils apparaissent,
mais ils occupent une place majeure dans le travail sur l’« Argumentation
», en seconde et en première, ainsi que dans les exercices
d’écriture d’invention à dimension argumentative.
L’évaluation
et l’appréciation
Prolongeant directement
cette modalisation du vrai, un autre domaine modal se dessine, celui de
l’appréciation et de l’évaluation. Là encore, le champ
de l’appréciation positive et de la dépréciation est
très vaste : il comprend les termes péjoratifs et mélioratifs,
les suffixes, les citations des particularités individuelles (idiolectales)
ou sociales (sociolectales) de la parole, etc. La modalisation évaluative
installe l’énonciateur du côté du jugement. Il implique
donc une certaine position (d’autorité par exemple) dans la situation
de communication qui donne à ce jugement sa légitimité
et sa pertinence. Cette forme de modalisation se trouve particulièrement
convoquée dans les formes argumentatives de l’épidictique,
notamment avec l’objet d’étude «L’éloge et le blâme»
(dans l’étude du portrait par exemple) en seconde, avec l’apologue
et certaines formes du biographique en première.
La
modalisation des sujets et les styles personnels
Les verbes modaux susceptibles
d’être employés comme auxiliaires et de régir un autre
prédicat sont pour l’essentiel : vouloir, devoir, croire, savoir,
pouvoir… faire ou être. On observe que faire peut non
seulement être modalisé, mais qu’il peut aussi modaliser à
son tour tous les autres verbes modaux (faire croire, faire savoir,
etc.) pour en arriver à se modaliser lui-même (c’est la factitivité
: faire faire).
Au- delà de leur
statut purement syntaxique et verbal, on peut conduire les élèves
à découvrir la portée plus générale
des valeurs modales, manifestées par ces verbes, mais aussi par
des noms (vouloir : intention, volonté, désir, etc.). Les
élèves peuvent être amenés à s’apercevoir
alors que ces modalités peuvent définir des types de comportements,
et donc des types de « sujets » selon les actes et comportements
qu’ils accomplissent ou adoptent. Ces catégories sont utiles pour
aborder, au-delà du psychologique et du sociologique, les questions
liées à la personne et au citoyen que le français
contribue à former.
Une typologie commode pour
les leur faire distinguer serait par exemple la suivante.
Le sujet de désir
sera dominé par la modalité du vouloir qui mettra dans son
champ d’influence les autres modalités, celle du savoir, celle du
pouvoir, et celle du faire (« tout est possible si je veux ! »),
et celui dont le vouloir ne se prolonge jamais en action est qualifié
du nom de «velléitaire ». Le sujet de droit sera celui
qui affiche en priorité le savoir maîtrisé, mettant
sous sa dépendance le vouloir et le pouvoir faire. Le manipulateur
se singularisera par le faire croire et le faire faire (l’autoritaire,
mais aussi le provocateur, le séducteur, le flatteur… comme Dom
Juan).
Ces sujets exemplaires (ceux
qui doivent, veulent, savent, peuvent faire… et font) sont les héros
de l’hagiographie, du réalisme critique ou du « réalisme
socialiste », mais aussi, souvent, les « héros illusionnés»
de la tragédie – ils croient pouvoir agir selon leur désir
ou leur droit. D’autres, déchirés, sont le siège de
contradictions modales (devoir ne pas faire mais vouloir, pouvoir… et faire,
comme le petit Fortunato de la nouvelle de Mérimée, Mateo
Falcone, qui trahit ainsi les valeurs de la communauté corse,
qu’il ne connaissait que confusément, et est puni de mort pour ce
faire) : ils sont plutôt des héros problématiques du
romantisme.
Ainsi, selon le privilège
que les locuteurs accordent, le plus souvent à leur insu, à
telle ou telle modalité dominante dans leur prise de parole, on
pourra déterminer chez des héros de roman et de théâtre,
de véritables styles personnels. On a là une manière
d’approcher, de l’intérieur du discours et à partir de ses
formes elles- mêmes, la question des caractères et de reconnaître,
autrement que par la psychologie, des attitudes susceptibles d’être
érigées en « types » (le volontaire et le velléitaire,
le péremptoire et l’indécis – comme le Titus de Bérénice
–, l’autoritaire et le rebelle, l’affirmatif et le concessif, etc.). On
conduit ainsi les élèves, à partir de l’étude
d’un problème grammatical (la modalité), à percevoir
les instruments d’une configuration des attitudes qu’il conviendra naturellement
de préciser et d’approfondir lors de l’analyse des textes. Au-delà,
ces éléments peuvent être réinvestis dans l’analyse
des attitudes dans les échanges de la vie courante.
Ces instruments sont aussi
au service de l’initiation à l’argumentation : le sujet délibératif
se définit, pour une part, par la reconnaissance de l’identité
modale des sujets adverses (c’est ce qui fonde le respect de l’interlocuteur).
On peut affiner ce parcours modal en le décomposant en quatre étapes
logiquement articulées. Au sujet de l’affirmation, au détenteur
de vérité s’oppose celui qui doute et qui interroge ; cette
position peut conduire à refuser la proposition initialement affirmée,
c’est la réfutation, la contradiction, le rejet. Mais cette position
elle-même est niée par celle de ceux qui consentent et qui
admettent. Comme on le voit, chacune de ces positions du sujet dans l’argumentation
est définie par des structures modales. Elle est ainsi concrètement
liée à l’apprentissage de la délibération (le
plan classique de la dissertation peut ainsi être lui- même
analysé en termes de modalités : à l’examen d’une
thèse répond sa mise en question).
Mise en oeuvre
Le travail sur la langue
étant présent de façon permanente, le professeur juge
des moments appropriés pour traiter telle ou telle question de grammaire.
Elles sont traitées par des temps de mise en pratique, des temps
d’observation et des moments de synthèse ; ceux-ci doivent faire
apparaître explicitement le lien entre la question de grammaire traitée
et l’objet et la perspective d’étude concernés.
Certains objets d’étude
appellent de façon manifeste des analyses grammaticales correspondantes
:
-
le récit, en seconde,
et le biographique, en première, pour les valeurs des temps verbaux
;
-
l’argumentation, avec le travail
sur les moyens linguistiques des liens logiques ou apparemment logiques,
en seconde, et la modalisation en première ;
-
le dialogue (de théâtre
en seconde, d’idées en première) et la lettre, pour les données
de l’énonciation et de l’interaction ;
-
la production et la singularité
des textes en seconde, pour le travail sur l’énonciation, et en
première, pour l’étude des liens entre syntaxe et style dans
l’approche de l’intertextualité.
Au-delà des objets d’étude,
les exercices d’écriture d’invention sont particulièrement
importants pour l’évolution du rapport individuel à la langue
: ils doivent être des temps de recherche de structures syntaxiques,
comme de vocabulaire, appropriés à un projet de texte à
élaborer.
Étude
raisonnée de la langue : Liste de notions grammaticales
La liste des notions présentées
ici a une fonction de cadrage général des instruments grammaticaux
qui peuvent être sollicités en classe de seconde et de première.
On y distingue les notions qui n’ont pas à être assimilées
en tant que telles par les élèves (marquées d’un *)
de celles qui peuvent faire l’objet d’un enseignement. L’apprentissage
des notions est toujours à lier au travail sur les textes et aux
exercices d’écriture. Il n’a pas paru nécessaire de reprendre
ici les définitions (au besoin, on pourra se reporter au glossaire
du document Accompagnement des programmes de 3e , CNDP, 1999).
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à cette liste.
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