| ACADÉMIE DE NANCY-METZ INSPECTION PÉDAGOGIQUE RÉGIONALE DES LETTRES |
Français
en classes de seconde et première
(séries générales
et technologiques)
Le document du C.N.D.P.
:
Accompagnement
des programmes officiels - page 5 bis
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| INDEX GÉNÉRAL du DOCUMENT D'ACCOMPAGNEMENT |
V. Exemples de réalisations |
| Exemples de réalisations - Sommaire | |
Introduction |
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Un objet d’étude est-il étudié au cours d’une seule séquence ou dans plusieurs séquences ? |
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Quelles différences y a-t-il entre une séquence et l’étude d’une oeuvre intégrale telle qu’elle a été pratiquée jusqu’ici ? |
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Quelle est la durée d’une séquence ? La programmation d’une séquence est-elle compatible avec l’imprévu que réserve toujours une année scolaire ? |
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Comment bien lier l’étude de la langue, les exercices d’écriture et les lectures ? |
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Comment associer lecture analytique, lecture cursive et lecture de l’image dans une même séquence ? |
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Comment articuler TPE et objets d’étude en classe de première ? |
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Comment les séquences organisent-elles une progression pour les élèves ? |
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Aide individualisée : quelles sont les activités spécifiques au cours de français ? |
| Question
4 :
Comment bien lier l’étude de la langue, les exercices d’écriture et les lectures ? L’étude de la langue
ne se limite pas à des séances de remédiation (type
séance d’aide individualisée). Les élèves des
classes de lycée ont bien évidemment besoin de rappels, voire
d’apports nouveaux, en matière de lexique et de syntaxe, lorsqu’ils
rédigent des textes, lorsque le professeur fait le compte rendu
d’un devoir écrit. Mais la liaison entre lecture, écriture
et étude de la langue suppose que le professeur aille au- delà
: il fait étudier dans les textes rencontrés des faits de
langue qui rendent leur lecture plus aisée, permettent aux élèves,
qui les réutilisent à l’écrit, de les comprendre et
de les mémoriser, et confortent ainsi leur maîtrise de la
langue.
Exemple 6 : Le Père Goriot en classe de seconde Sont présentés alternativement des exercices liés à l’étude de la langue et / ou à l’écriture ; les travaux d’étude de l’oeuvre intégrale ne sont pas détaillés, la démarche étant supposée usuelle pour les lecteurs de ce document. Module
1
Séance
2
– rédiger au propre les notes de lecture pour s’en servir lors d’une présentation orale du portrait étudié dans le groupe ;Séance 4 Lecture analytique (l’entrée théâtrale de madame Vauquer, « vers sept heures du matin »). Langue: – la phrase balzacienne : l’expansion, la période ;Écriture portant sur la section suivante du récit, donnée à lire en lecture cursive : Dans la perspective d’un dossier bilan que vous aurez à produire, donnez un titre à cette partie. Précisez la situation sociale de la famille de Rastignac et ses relations familiales avec Eugène. En quelques lignes, précisez quelles sont les «tentations de Rastignac ». Module
2
– les procédés du discours ;Écriture : réinvestissement dans une écriture argumentative : – En quoi cette « leçon » éclaire- t- elle le point de vue du lecteur sur le personnage d’une grande aristocrate ? Quelles en sont les conséquences sur Rastignac ?
1. Résumez la première journée qui s’achève par ces mots : « Le lendemain, Rastignac s’habilla fort élégamment. »
Écriture : 1. Dans la perspective du dossier :Module 3 Écriture d’invention : initiation au dialogue (précédée par la lecture analytique d’un dialogue). Rédigez un dialogue entre Delphine et Anastasie qui s’accusent mutuellement d’avoir détruit leur père. Vous respecterez : – le niveau de langue des personnages de Balzac ;
1. Gobseck reçoit Eugène de Rastignac qui sollicite un prêt. Vous rédigez le récit de cette rencontre en réutilisant un procédé de l’écriture balzacienne : l’expansion. Votre récit contiendra une description du cadre dans lequel vit l’usurier, son portrait et un dialogue dans lequel Gobseck impose un taux usuraire (vous utiliserez le discours rapporté et les procédés argumentatifs étudiés).Dossier de bilan à rendre individuellement, contenant : – une courte biographie de Balzac ;
Autre question souvent posée, autour des usages de la lecture cursive et de la lecture de l’image. Depuis le collège, les élèves sont formés à diverses modalités de lecture : la lecture analytique, la lecture cursive, la lecture de l’image, la lecture documentaire. Ces modalités sont mises en oeuvre aussi bien lors de l’étude d’un groupement de textes que lors de l’étude d’une oeuvre intégrale. Ainsi, la lecture cursive peut accompagner, préparer ou poursuivre différents moments d’une séquence ; la lecture de l’image, de même, est intégrée dans une séquence. Exemple 7 : Le biographique en classe de première L Objets
d’étude
Objectifs – Connaissance : étude du biographique ; histoire littéraire : Les Lumières ;Séance 1 : lecture cursive d’un groupement de textes Objectif Amener les élèves à définir un genre à partir de caractéristiques communes, établir une classification des différentes formes et des différents enjeux de l’écriture biographique. Corpus – Chateaubriand : la rencontre de Napoléon dans les Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4.Séances 2 et 3 : lecture analytique Objectif Réfléchir à la notion de vérité historique. Les mémoires, y compris dans le témoignage, ne contiennent-ils pas une part d’argumentation ? Les biographies, au-delà de leur souci documentaire, ne tendent-elles pas vers le roman ? Démarche
– À partir d’un extrait de L’Histoire de saint Louis de Joinville et du texte de Chateaubriand, dégager la notion de vie exemplaire et les valeurs qu’elle véhicule suivant les époques (l’idéal chrétien à travers saint Louis, les caractéristiques du héros romantique à travers Napoléon).Prolongement par une lecture cursive d’un texte bref (quelques pages de La Nausée, « samedi, sept heures du soir ») et un exercice d’écriture en classe : Quelles sont les difficultés rencontrées par Roquentin dans la rédaction de sa biographie de Rollebon ? Séances 4, 5 et 6 : étude du livre I des Confessions Objectif
Séances 7 et 8 : travail sur la lecture cursive – Du livre II des Confessions, envisagé comme récit d’apprentissage ;Séances 9 et 10 : étude comparée du court-métrage de Jeunet, Foutaises (1989), et d’un extrait de Je me souviens de Perec Objectifs – Approfondir l’étude du genre par une expression qui part d’une contrainte d’écriture plus que d’un contenu ;Démarche Les élèves comparent le langage du texte et celui de l’image pour répondre à la question : « En quoi peuton comparer la démarche du cinéaste et celle du romancier ? » Commentaire du verbe par lequel se construit une identité : « j’aime, j’aime pas » chez Jeunet (le plaisir, la relation au sensible et au sentiment) et « je me souviens » chez Perec (le souvenir, la mémoire presque obsessionnelle). Retour au court métrage et comparaison entre le texte dit par le comédien et l’image : l’image est- elle redondante ? Quelles sont ses fonctions ? Pourquoi recourir à des images empruntées, films, images publicitaires, bandes dessinées ? Étude chez Perec : le recours aux ressources poétiques du langage. Devoir
Voici l’exemple d’une séquence réalisée par l’un de nos collègues et recueilli au cours des journées interacadémiques de Rennes. Cette séquence ouvre l’année. Objets d’étude : Lire, écrire, publier ; le travail de l’écriture. Objectifs pédagogiques – Connaître les étapes de la création et de la diffusion d’un texte littéraire et cerner leur influence sur la signification de l’oeuvre ;Premier groupement de textes Flaubert, lettre à Louise Collet, 23 décembre 1853 (coll. « Folio », Gallimard), lettre à Louise Collet, 29 janvier 1854 (ibid.). Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? (extrait repris dans le manuel Français seconde, Bréal, p. 48). Duras, Écrire (extrait repris dans le manuel Français seconde, Nathan, p. 275). Le Clézio, interview du Magazine littéraire (extrait repris dans le manuel Français seconde, Nathan, p. 276). Boileau, L’Art poétique (extrait repris dans le manuel Français seconde, Bréal, p. 48). RobbeGrillet, Le miroir qui revient (Éditions de Minuit, p. 27). 1. Classement des textes en fonction de leur appartenance à un genre littéraire. Quels indices caractéristiques autorisent-ils ce classement ?En vue de la séance 1 et de la deuxième séquence (qui, dans la progression annuelle du collègue expérimentateur, était consacrée au récit fantastique), les élèves ont eu à rédiger une première page (trente lignes) d’un texte narratif qu’ils jugent fantastique ayant un animal pour personnage principal ; ils ne devront pas proposer un travail au propre mais leur brouillon. Objectifs : exploiter le cahier d’évaluation, vérifier leur capacité à produire un texte narratif, mettre en place, par l’expérience, la notion de réécriture. Séance
1
– motivations ;Comparaison de ces discours avec les difficultés rencontrées par les élèves dans l’écriture d’une première page de texte fantastique (trouver les idées, la bonne forme, ne pas commettre de fautes…). Présentation de courts textes théoriques sur le travail de l’écriture : – Didier Anzieu : Le Corps de l’oeuvre (extrait repris dans le manuel Français seconde, Delagrave, p. 44).
Séance
3
Deuxième groupement de textes Groupement de textes pris
dans des manuels et présentant des maisons d’édition et des
éditeurs :
Séance
4 : le travail de l’éditeur
Séance
5 : notions de réception d’une oeuvre
Séance
6 : diffusion et réception du livre (critique littéraire,
prix, publicité)
Module
langue
Séances 7 et 8 : travaux d’écriture préparés en classe et/ ou réalisés en classe 1. Écriture d’argumentation : sur quels critères vous fondez-vous pour acheter un livre ? Expliquez votre démarche en disant pourquoi vous vous intéressez ou non aux publicités, à des articles, aux émissions, aux pages de couverture.Séances 9 et 10 : compte rendu des travaux de groupes (six groupes répartis entre les deux propositions) 1. Élaboration d’une enquête auprès du/ des libraires de la ville (ou, par Internet, d’une autre ville).Confrontation possible entre ces notes sur une première impression et le bilan de la lecture complète de l’oeuvre.
Les TPE sont l’occasion de proposer aux élèves de traiter un des objets d’étude du programme dans un contexte de recherches personnelles et de travaux de groupes, en vue d’une production finale (pour situer l’exemple ci-dessous dans une progression annuelle, voir l’exemple 2). Exemple 9 : Mémoire / Mémoires en classe de première L Objet
d’étude
Objectif
pédagogique
– la notion de patrimoine ;Recherches sur le patrimoine Recherches
Étymologie
et sémiologie
– patrimoine, monument, mémoire( s), histoire( s), héritage, réminiscence ;Travaux d’écriture – Invention : écrire un éloge paradoxal de l’oubli ; préciser ensuite quel danger on encourt en procédant à un tel éloge.Recherches sur histoire et mémoire, réalité et fiction : recompositions Référence à la dispute entre Spielberg et Lanzmann (Le Monde, février et mars 1994) à propos des camps et de l’extermination. Spielberg défend le point de vue suivant : il faut poétiser, raconter de belles histoires pour obtenir un public et donc avoir une chance de transmettre la mémoire. Lanzmann défend le point de vue adverse : toute poétisation de l’indicible est sacrilège. Groupement
de textes
– Les interactions entre biographie et autobiographie ;Lecture cursive Une au choix, à partir d’un dossier donné aux élèves et comportant une vingtaine de quatrième de couverture et incipits. Pendant un module, les élèves ont à leur disposition les dossiers, les consultent, les lisent de façon cursive, peuvent poser des questions et décident de leur lecture. Dans l’oeuvre qu’ils ont lue, les élèves choisissent un extrait dont ils doivent démontrer l’intérêt par rapport à la logique de l’oeuvre intégrale, par rapport à l’axe d’étude défini pour la séquence. Lectures cursives au choix : Robert Antelme, L’Espèce humaine (coll. « Tel », Gallimard). Driss Chraïbi, Succession ouverte (coll. « Folio », Gallimard). Charlotte Delbo, Aucun de nous ne reviendra (Éditions de Minuit). Marguerite Duras, La Douleur. Georges Hyvernaud, La Peau et les Os (Le Dilettante). Primo Levi, Si c’est un homme (Presses Pocket). Robert Merle, La mort est mon métier (coll. « Folio », Gallimard). Pierre Michon, Les Vies minuscules (coll. « Folio », Gallimard). Georges Orwell, 1984 (Livre de poche). Georges Perec, W ou le Souvenir d’enfance (coll. «L’imaginaire », Gallimard), Je me souviens (coll. «Textes du XX e siècle », Hachette). Marcel Proust, Du côté de chez Swann (coll. « Folio », Gallimard). Chaïm Potok, Le Maître de trope (Livre de poche). Jean Rouaud, Les Champs d’honneur (Éditions de Minuit). Philip Roth, Patrimoine (coll. « Folio », Gallimard). Bernhard Schlink, Le Liseur (coll. « Folio », Gallimard). Schuiten et Peeters, L’Archiviste (Casterman). Jorge Semprun, L’Écriture ou la Vie (coll. « Folio », Gallimard). Claude Simon, La Route des Flandres (Éditions de Minuit). Stefan Sweig, Le Monde d’hier, Souvenirs d’un Européen (Belfond).
Rappels
Objets d’étude :
Perspective dominante : approche de l’histoire littéraire et culturelle. Perspective complémentaire : réflexion sur la production et la singularité des textes. Perspective dominante : réflexion sur la production et la singularité des textes. Perspectives complémentaires : étude de l’argumentation et des effets sur le destinataire ; genres et registres. Objet d’étude :
Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : approche de l’histoire littéraire ; étude des effets sur le destinataire. De même, les perspectives « genres et registres » et « effets sur le destinataire » sont présentes dans les deux séquences. Le professeur privilégie une perspective dominante dans la première séquence, l’inscrit dans la séquence suivante en perspective complémentaire et veille à ce que les élèves réinvestissent leurs premiers acquis. Inversement, il peut approcher une perspective complémentaire dans la première séquence, sans s’y arrêter trop, pour la retrouver dans la séquence suivante, cette fois en perspective dominante : ainsi pour genres et registres, point abordé à l’occasion du premier groupement de textes et traité plus à fond à propos du théâtre. 3. Autour de figures mythiques : le récit Objets d’étude :
Perspective dominante : étude des genres et registres. Perspectives complémentaires : réflexion sur la production et la singularité des textes ; approche de l’histoire littéraire. Perspective dominante : réflexion sur la production et la singularité des textes. Perspectives complémentaires : étude de l’argumentation et des effets sur le destinataire ; genres et registres. Pour terminer l’examen de cet exemple, rappel de la suite de la progression annuelle (voir les détails de l’exemple) : 4.
La figure du poète romantique
On constate que, dans les séquences 4 à 8, les élèves retrouvent des objets d’étude : – « le travail de l’écriture » (présent dans les séquences 1 et 3) dans la séquence 6 (la rencontre avec l’autre) et dans la séquence 7 (La Bête humaine) ;D’autre part, les perspectives d’étude se tissent elles aussi d’une séquence à l’autre. Ainsi, pour les deux séquences dont l’intitulé semble a priori le plus fermé : 8.
La figure du poète romantique
9.
L’éloge et le blâme
Il ne nous paraît pas utile d’exposer aux élèves une telle présentation en début d’année. En revanche, il semble tout à fait essentiel qu’au fil de l’année le professeur fasse apparaître de manière explicite cette progression, à l’occasion d’un devoir de bilan, de la présentation de la prochaine séquence, d’un point de synthèse sur les acquisitions d’un trimestre. C’est ainsi que les élèves prendront conscience de leur cheminement en termes de connaissances comme de savoir-faire.
Le contenu des séances
d’aide individualisée ne peut être décrit abstraitement
dans un document comme celui-ci, puisque ces séances doivent répondre
aux besoins individuels des élèves tels qu’un professeur
les diagnostique dans sa classe. Le travail sur la langue, sur la lecture,
sur l’écriture doit donc être adapté selon ces besoins.
Face aux difficultés de méthode Utilisation des outils de travail Les
dictionnaires de mots
«Même sans commentaire métalinguistique, et sans marques, l’expression derby hat est forcément connotée puisqu’elle est hors code : / on vous apporte votre derby hat, comme d’autres disent dans une autre langue /. Le décodeur est obligatoirement conscient d’un dire étranger sur lequel il achoppe et qui opacifie toute la phrase : un signe incompris attire l’attention sur lui en tant que signe, par une prise de conscience métalinguistique » (Le Métalangage, éd. Le Robert, 1978, p. 263).Ainsi, le lecteur s’arrête et le mot – et non plus le tissu dans lequel il s’inscrit – devient l’objet de toute son attention. Pour un lecteur aux compétences déjà fragiles, ce détournement d’attention est rédhibitoire. Et cela, paradoxalement, d’autant plus que le professeur l’engage à ouvrir son dictionnaire ou à lire la note en bas de page. Il faut donc plutôt privilégier un retour au texte, et, profitant des « redondances sémiques », engager, au maximum, une interprétation des dénotations en fonction du contexte. On peut de plus s’appuyer sur les connotations du mot qui sont révélées alors : «Un signe qui n’a pas de sens dénotatif, et qui se trouve engagé dans le procès de la signification, acquiert brutalement tous les sens connotatifs qui lui donnent un semblant d’existence, et qui n’auraient pas été perçus autrement » (ibid.).Par ailleurs, dans la lecture, pour l’élève en difficulté, le nombre de mots méconnus est souvent tel que la quête dans le dictionnaire semble une tâche herculéenne. La retranscription des définitions à la place des mots recherchés produit alors une sorte de patchwork oulipien qui ne peut satisfaire que les amoureux de l’absurde. Pour ceux pour qui le sens du texte était déjà abscons, le travail est à la fois énorme et inutile. La difficulté à vaincre est donc celle de la discrimination : quel est le mot dont la méconnaissance entrave la compréhension ? Seul, il mérite l’attention. C’est cette discrimination que l’enseignant peut effectuer avec l’élève de manière à lui redonner confiance. À la rédaction, le lexique des élèves est souvent pauvre, le travail sur les synonymes décevant. Les mots ne sont pas interchangeables. On peut donc travailler sur la pertinence des emplois, leur perception en contexte textuel : précision, propriété et impropriété, bien entendu : la lecture des articles du dictionnaire doit privilégier les exemples qui proposent des emplois souvent banals alors que la majorité des élèves se contentent de la lecture des définitions . On peut également travailler sur l’adéquation du fond et de la forme : on peut ainsi mettre à profit le goût des élèves pour les signifiants (qu’ils choisissent souvent « parce qu’ils font beau ») et travailler selon les principes mêmes de la poésie. Les réflexions de Verlaine sur l’impropriété, l’indécision terminologique, qui révèlent le mot selon le procédé autonymique analysé par Josette Rey-Debove, peuvent devenir une source d’exercices. Les
dictionnaires de choses, les encyclopédies et Internet
« […] Il faut de toute urgence retrouver cette démarche de contextualisation : apprendre à se construire des représentations riches de ce que l’on entend et fait. Nous prétendons les uns et les autres former des citoyens – permettez l’analogie : cliniciens et non pas chirurgiens. Autrement dit, des citoyens qui, face à certaines situations, cherchent non à “réparer l’organe”, mais à comprendre le contexte et, à partir d’un diagnostic global, à choisir le ou les comportements successifs qu’ils vont tenter de mettre en oeuvre pour faire évoluer la situation dans le sens qu’ils souhaitent » (« Complexité et système », dans Edgar Morin (dir.), Le Défi du XXI e siècle : relier les connaissances, Seuil, 1999, p. 439).Les élèves ne sont pas hostiles à la recherche documentaire, mais c’est son traitement qui leur pose problème : tout le monde le sait, la difficulté provient de la quantité. L’élève en difficulté se noie dans une documentation qu’il ne maîtrise pas, ou bien, a contrario, se contente d’une information minimaliste qui ne satisfait pas l’enseignant. Il s’agit alors pour le professeur de donner la juste mesure, et surtout d’habituer l’élève à partir de deux ou trois documents à construire une synthèse, en repérant les informations qui se recoupent, celles qui se complètent et, peut- être, celles qui se contredisent : la recherche de mots-clés est une étape pour la documentation et, au-delà, dans l’accès à l’abstraction. La
prise de notes
La
gestion du temps
Face
aux difficultés portant sur les compétences transversales
Les opérations logiques Observation
et interprétation
Analogies
Les
systèmes
La
complexité
«[ Le] lien causal peut être direct : je branche la prise électrique, la lampe s’allume ; je lâche la pierre, elle tombe. Mais bien souvent, les phénomènes étudiés participent à un mécanisme si complexe que nous renonçons à le décrire en totalité ; nous nous contentons de remarquer la variation entraînée pour telle caractéristique par la modification de tel facteur ; le lien ainsi observé est le résultat d’un enchevêtrement de déterminismes, mais il n’a pas lui- même la rigueur d’un lien causal et peut prendre des allures paradoxales ; ma voiture étant à l’arrêt, je dois embrayer pour commencer à avancer ; un peu plus tard, mon moteur peine et va caler, je dois débrayer pour continuer à avancer ; la réponse à la question : le mouvement en avant est-il en relation causale avec le fait de débrayer ou avec celui d’embrayer ? dépend évidemment des circonstances » (Au péril de la science, coll. « Points », Seuil, 1982).Face à la complexité, les élèves se sentent souvent dupés : le professeur avait pourtant dit que… Mais ce n’est pas dans tous les textes que la présence de la métaphore joue un rôle déterminant, ou que l’usage du « on » est capital pour l’étude de l’énonciation. Admettre la complexité, c’est parfois accepter de renoncer à décrire un phénomène dans sa totalité, c’est admettre la présence de contradictions dans le système sans qu’il perde pour autant sa cohérence. Les
opérations de reformulation
«Et un autre avantage d’apprendre par coeur des poèmes, c’est qu’on est là au plan même de l’écriture: les hésitations de la mémoire pendant qu’on apprend ainsi ou plus tard, quand on récite, retrouvant les hésitations de l’auteur, quand il écrivait le poème, ou plutôt le fait de l’hésitation dans l’écriture : le fait que des mots puissent se presser sous la plume pour des raisons qui impliquent leur qualité sonore, leur virtualité rythmique autant que leur sens, ce qui les fait signifier d’une autre façon que comme concepts » (Yves Bonnefoy, Remarques sur l’enseignement de la poésie).Les procédures d’interlocution Tout le travail sur l’expression et l’argumentation repose sur la capacité des élèves à réagir par rapport à leur interlocuteur : réagir pour choisir son niveau de langue, pour définir la position que l’on choisit, pour trouver les bons arguments, voire pour se rétracter. Le travail en groupe restreint peut favoriser cette prise de conscience. À l’oral comme à l’écrit, les élèves peuvent voir à quel point leur position initiale et leur argumentation (qu’ils ont pu définir au préalable avec le professeur) évoluent en fonction de l’interlocuteur qu’ils se donnent. Cette prise de conscience peut les aider à dégager la particularité de la relation élève - professeur dans un devoir : le professeur n’est pas un interlocuteur aussi malléable qu’un camarade, il a des attentes précises en terme de restitution du savoir, mais aussi, en tant que personne, il va réagir aux arguments qui lui sont exposés, aussi bien qu’à ce que ces arguments révèlent sur l’élève (ethos). Les élèves ont généralement une conscience intuitive de la relation qui s’établit avec le professeur. Mais les heures d’aide individualisée permettent d’exercer cette interlocution à l’oral, et en suivant les situations et les besoins de l’élève : il est bon d’effectuer des retours sur ces données après un échange que l’élève aura mené à bien autant qu’après un échange difficile. |
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CNDP, septembre 2001
Cette
page est disponible sur le site du CNDP, en format *pdf :
Exemples de réalisations. Annexes (PDF, 480 ko) Rédaction : groupe d’experts sur les programmes scolaires de français, sous la direction d’Alain Viala. Coordination pour la direction de l’Enseignement scolaire : Aline Bibily (bureau du contenu des enseignements) |